‹ Étude médico-légale sur les blessuresChapitre 29 sur 72 · ACCIDENTS DE CHKMIN DE FER · texte numérisé non relu

ACCIDENTS DE CHKMIN DE FER

B..., sans tenir compte de l'arrangement fait en juin 1856 devant l'assistance judiciaire, s'est de nouveau adressé à celle-ci, qui lui a i-efusé son concoui's. Cependant il a formé contre la Compagnie une demande de i2,000 fr, d'indemnité.

Le tribunal, pour éclairer sa leligion, m'a désigné pour le visiter et constater les conséquences de la blessure qu'il a reçue.

J'ai procédé à cette visite le 19 avril 1858, c'est-à-dire plus dô' vingt-cinq mois après l'accident.

B,.. reconnaît les faits qui viennent d'être exposés et dit seultement que c'est par suite de laiblesse qu'il a cessé de travailler.

B... est un homtne de quarante-sept ans, vigoureusement constitué. Les blessures qu'il s'est faites lors de l'accident consistent en une double fracture des septième et huitième côtes gauches. La consO'^ lidation est complète et régulière. Il n'existe ni gêne dans la poitrine, ni épanchements, ni lésions quelconques des organes respi»ratoires. Il dit aussi avoir eu des contusions à l'épaule et au bras gauches, ainsi qu'aux boursesr II n'en reste bien entendu aucune espèce de traces ; car on ne peut attribuer à l'accident une variôo* cèle certainement fort ancienne.

Il n'y a donc rien qui puisse justifier la réclamation exagérée et le mauvais vouloir du blessé.

Obs. VIII. — Homme d'équipe blessé dans une manœuvre; simulation de blessures. — Le sieur N..>, homme d'équipe au chemin de fer du Nord, a^ été blessé en tombant dans la manœuvre d'une plaque tournante. Son état a été constaté, au bout de trois semaines; par le docteur Brun, dans les termes suivants :

« Conformément à l'invitation que vous m'avez adressée par votre lettre du 6 janvier, je me suis transporté aujourd'hui à la Chapelle Saint-Denis,, au domicile du sieur N..., ancien ouvrier au servi»» de la Compagnie, à l'effet de constater l'état de santé dans lequel il se ti'ouve.

« Le sieur N... a été blessé le 13 décembre 1857 ; le bassin et la cuisse du côté gauche, comprimés par un wagon en mouvementi sur une plaque tournante, ont été le siège d'une contusion à la suite de laquelle N... est resté pendant quarante-deux jours sans reprendre son travail ; après ce terme, le 26 janvier 1858, il retourna aux ateliers de la Chapelle ; il y travailla pendant trois mois, peu à peu il cessa de boiter, et il était considéré comme guéri. Mais, suivant son dire, les douleurs se réveillèrent àu moisf de mai, et» le 19, il quitta de nouveau son travail qu'il n'a pas re* pris depuis cette époque.

212 CUOIX d'observations de BLESSUHES par IMPRUDliNCE.

« Aujourd'hui il se plaint de douleurs dans l'aine et le bassin du côté gauche, et pz-étend ne pouvoir marcher sans douleur ni claudication ; et cependant la vue ni le toucher ne peuvent faire reconnaître aucune lésion dans le membre douloureux, non plus que dans le bassin; les parties ne sont pas déformées, les muscles ne sont pas amaigris, et c'est à peine si, dans l'aine, on peut trouver un peu de dureté auprès des scarifications pratiquées récemment sur la peau,

<( Dans cette situation, il est difficile d'expliquer les souffrances et la gêne accusées par le blessé, et je ne vois rien dans son état qui puisse faire admettre une infirmité dui'able. » '

Quelques jours plus tard, M. le docteur Nilo, médecin de la gare de la Chapelle, confirmait les précédentes observations dans la lettre que l'on va lire :

« J'ai reçu hier seulement votre lettre en date du 3 courant. Elle m'a d'autant plus surpris que je rencontre N... depuis plusieurs mois marchant comme l'un de nous. Il a eu primitivement une contusion à l'aine, pour laquelle il est venu se présenter à ma consultation le 2 janvier 1858, quatre ou cinq jours après son accident. Le 31 du même mois, je lui ai délivré un certificat de reprise ; il lui a été donné alors un travail de surveillance pour faire la convalescence, comme nous faisons d'habitude. N... est venu en simple consultation pendant tout le mois de février ; il s'est présenté sept fois dans ce mois-là. Du reste, je n'ai jamais considéré N... comme étant gravement blessé. Depuis le mois de février, je ne l'ai plus revu, et il a quitté la Compagnie sans même emporter son livret. »

C'est seulement le 20 mars 1860 que, par suite d'une action intentée par le sieur N..., j'étais commis, par jugement de la quatrième chambre, à l'effet de le visiter, de dire quelle est la gravité des blessures qu'il a reçues, s'il en est résulté une maladie passagère, ou s'il y a lieu de craindre une infirmité permanente, enfin si, dans l'état où il est actuellement, sa blessure l'empêche oui ou non de travailler.

Par suite de cette commission tardive, je n'eus à examiner le sieur N... que vingt-huit mois après l'accident. 11 avait imaginé de produire, dans l'aine gaiiche, une vésication artificielle, à l'aide de laquelle il avait provoqué un engorgement ganglionnaire et des clouâ qu'il était de toute impossibilité de rapporter à une contusion dataint de plus de deux ans. Je ne vis là qu'une simulation et une supercherie grossières.

ACCIDENTS DE CHlîMlN DE FER.

Obs. IX. Chauffeur brûlé par la vapeur. — bifirmités incurablet.

Le sieur T.. . , chauffeur au chemin de fer de l'Est, ayant été

forcé de faire en pleine route une réparation urgente à sa machine démontée, fut brûlé par la vapeur. Les deux jambes avaient été atteintes; et dans toute leur étendue s'était produite une brûlure au second degré. Cette blessure se guérit très-lentement. A mesure que les plaies se cicatrisaient sur un point elles se rouvraient sur un autre ; et le sieur T. .. ne pouvait ni rester debout ni marcher.

Je le vis, à la demande de son conseil Me Nogent Saint-Laurent, le 15 janvier 1857, près de deux ans après l'accident. La peau ne s'était pas refermée et les deux membres inférieurs n'étaient recouverts que par un épiderme très-ténu, sillonné de brides irrégulières et tellement mince qu'on le voyait près de se rompre. En certains points la plaie était redevenue vive.

Il y avait là une infirmité incurable et des plus graves.

Obs. X. — Quatre ouvriers écrasés sur la voie. Deux morts ; deux gravement blessés. — Pendant la construction du chemin de fer de ceinture de Paris, le 8 mars 1863, la locomotive d'un train de ballast surprit et renversa quatre ouvriers occupés au travail de la voie sous le tunnel de Ménilmontant. Je fus chargé, par l'un de MM. les juges d'instruction, d'examiner les victimes de ce teiu'ible accident.

Deux des ouvriers avaient été tués sur le coup; leurs cadavres présentaient d'horribles mutilations : l'un était coupé en deux dans toute sa longueur; les membres de l'autre gisaient broyés sur le sol, la tête était fracassée et méconnaissable.

Les deux autres, transportés à l'hôpital Saint-Louis, avaient été seulement blessés aux membres inférieurs. Je constatai, chez le premier, une fracture de la cuisse ; chez l'autre, de simples contusions aux jambes et à la hanche.

Obs. XL — Homme d^équipe blessé dans une manœuvre ; mort des suites de l'écrasement de la jambe. — J'ai été commis par le parquet, le 13 mars 1853 , à l'effet de procéder, à l'hôpital Saint-Louis, à l'autopsie du sieur B..., journalier, employé au chemin de fer du Nord, qui avait eu la jambe écrasée par la roue d'une machine et qui succomba à une fièvre purulente consécutive.

Obs. Xll. — Ouvrier de chemin de fer tué par écrasement de la tête, — Un ouvrier du chemin de fer de l'Ouest, dont je fus chargé d'examiner le cadavre, a eu la tête séparée du cadavre par une locomotive qui l'a atteint sur la voie où il travaillait.

La lésion semble avoir été faite par une hache. La section e&t

214 CHOIX d'observations de blkssuhes i'ar imprudence.

presque complète et les deux moitiés de la tête ne tiennent plus au cou que par des lambeaux de peau et de vertèbres à demi brisées.

Obs- XIII. — Homme d'équipe mort des suites d'ww coup de tampon; déchirure de Testomac. — Il avait reçu un coup" de tampon qui l'avait atteint en plein dans l'bypochondre gauche. Renversé sans connaissance, il avait repris ses sens assez vite et avait accusé une très-violente douleur, bientôt suivie de vomissements opiniâtres, puis d'un refroidissement général et d'une mort très-prompte. J'ai fait, à l'hôpital Lariboisière, l'autopsie du sieur L... , homme d'équipe au chemin de fer du Nord , et je constatai une déchirure complète de l'estomac et du duodénum , lésions nécessairement et rapidement mortelles, bien manifestement produites par la violence du choc.

Obs. XIV. — Choc dans un train en marche. Fracture et contusion. — B... a été blessé le il mare 1861.

Je l'ai visité seulement le 2 décembre de la même année.

Il avait eu l'avant-bras droit fracturé et il restait de la roideur de l'épaule. Je constatai en même temps une cicatrice du cuir che- ■velu, au-dessus du front à gauche, et une cicatrice en arrière de l'oreille, du même côté. Mais les mouvements ne sont pas très-difficiles, et aucune infirmité n'est la conséquence de l'accident.

Obs. XV. — Accideiit simple sur la ligne de VEst. Fracture de jambe. — Le sieur L...'(de Gray), négociant, a été blessé, le 31 janvier 1859, sur le chemin de fer de l'Est.

Un médecin, qui l'a vu le lendemain de l'accident, constate une fracture de la partie moyenne de la jambe droite avec gontiement, ecchymose et petite plaie d'un centimètre environ, produite par la .soFtie du fragment inférieur, sans esquilles. Il n'est survenu aucun accident; en dix jours. la plaie se cicatrisa, et l'on reconnut une fracture simple oblique des deux os qui laissa prévoir la claudication. Au bout de trois mois, la consolidation était complète , mais le blessé ne pouvait marcher sans béquilles. L'articulation du pied restait empâtée.

Au moment de ma visite, qui eut lieu neuf mois après l'accident, 'Je constate seulement une différence légère de volume entre les deux membres. La fi'acture est d'ailleurs parfaitement consolidée •et il n'y a que très-peu de raccourcissement. La douleur se réveille sous l'influence des mauvais temps.

Obs. XVI. .— Blessures reçues dans un train en marche, à la tête et à la poitrine. Accidents immédiats assez graves. Pas d'infirmités persistantes. — Commis par un jugement de la quatrième chambre

ACCIDKNÏS DE CUEMIN DE FER. ^1»

du tribunal de la Seine en date du 13 janvier 1860, à l'effet de visiter le sieur B..., lieutenant au 49o de ligne, dire l'importance des blessures qu'il a reçues lors de l'accident du chemin de fer de Lyon, les conséquences actuelles de ces blessures et celles qu'elles peuvent entraîner pour l'avenir, dispensé du serment par ledit jugement, nous avons procédé, lé 23 janvier courant, à la visite du sieur B..., en présence du médecin en chef de la Compagnie de Lyon et avons entendu contradictoirement les dires des parties assistées de leurs conseils.

Le sieur B,.., qui se trouvait dans le convoi qui a éprouvé un accident à Dai-cey au mois d'août 1859, a été gravement blessé à la tête et au côté droit de la poitrine. Il a ressenti sur le coup une perte de connaissance, qui s'est prolongée pendant assez longtemps;, et à laquelle a succédé pendant deux jours une vive excitation. Il avait à la joue droite une plaie profonde, qui pénétrait jusqu'à l'os de la pommette, et une côte cassée.

Un congé de convalescence de trois mois lui a été accordé, et il n'a repris son service que tout récemment.

I^ous constatons à la joue une tumeur grosse comme une petite noix, qui correspond à une cicatrice profonde, et qui n'est d'ailleurs nullement douloureuse. 11 n'y a pas d'autres traces de blessures à la téte. ÏNous trouvons, sur la quatrième côte, le cal qui indique le point fracturé. Bien que ces blessures soient parfaitement guéries et que la santé générale paraisse bien remise, le sieur B... se plaint d'avoir desmauxde tête et d'éprouver facilement une oppression douloureuse, symptômes consécutifs très-ordinaires et inévitables à la suite des blessures accompagnées de commotion profonde, comme le sont toujours celles que produisent les accidents de chemin de fer.

En résumé de l'examen qui précède, nous concluons que :

lo Le sieur B... a été gravement blessé à la tète et à la poitrine.

2o Ces blessures ont été immédiatement suivies d'accidents trèssérieux, mais qui ont été heureusement conjurés.

3° Elles n'ont laissé et ne laisseront après elles aucune infirmité persistante, mais seulement une très-légère difformité au visage et des symptômes qui disparaîtront d'ici à quelques mois, et permettent dès à présent, au sieur B..., de reprendre son service à l'intérieur, mais non de faire .campagne.

Ous. XVII. — Train tamponné en gare. Commotion générale. Aucune suite grave. — La dame R..., marchande de confections à €harleville, a été victime d'un accident survenu le 13 septembre

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1869, lors du choc survenu au train dans lequel elle se trouvait à la rentrée en gare à Paris.

Par ordonnance de référé du 30 du même mois, j'ai été commis, après avoir été dispensé du serment, à l'effet de constater l'état de cette dame, de rechercher les causes de ses blessures, d'indiquer la durée probable de la maladie, évaluer le préjudice éprouvé et l'indemnité qui peut être due.

La dame R... a perdu connaissance au momentde l'accident. Elle a craché du sang et dit avoir perdu du sang par le fondement. Elle conserve, après un mois environ, une sensation d'étouffement et de douleur dans les reins. Mais je constate que la respiration rceexe -s librement et d'une façon très-pure, et que le cœur fonctionne d'une manière tout à fait normale. Il existe un peu de douleur à la pression, le long de la colonne vertébrale etsur lescôtes ; mais, en réalité, aucune lésion sérieuse.

Obs. XVIII. — Déraillement sur la ligne de Lyon. Blessures à la tête et à la poitrine. Aucune suite grave. — M. S..., capitaine au 49e de ligne, qui a été blessé, le 1" août 1859, à Darcey, a été examiné, le 24 du même mois, par le docteur Devilliers, médecin en chef de la Compagnie de Lyon. Il dit avoir eu le côté gauche de la poitrine fortement comprimé entre le bord d'une banquette et les planches de la toiture du wagon où il se trouvait; il prétend ressentir actuellement une certaine gêne dans les mouvements respiratoires et une oppression qu'il n'avait jamais éprouvées avant l'accident ; de plus, il accuse une douleur passagère et assez vive dans l'épaule du même côté.

Le docteur Escalonne, qui l'a traité à Fontainebleau, lui a fait poser des sangsues, appliquer des cataplasmes et suivre un régime doux, l'assurant que les symptômes qu'il éprouve iraient s'affaiblissant peu à peu.

Il l ésulte déjà de ces divers détails qu'après l'accident la position du capitaines... n'a pas été considérée comme grave.

Aujourd'hui, l'examen de la poitrine permet de reconnaître, extérieurement d'abord, la trace des piqûres de sangsues au niveau de la partie externe du sein gauche, mais la palpation ne dénote l'existence d'aucune lésion matérielle ; les côtes et les espaces intercostaux, au niveau des points comprimés, sont dans l'état normal, et l'on n'y développe même pas de sensibilité appréciable par la pression. Les mouvements de l'épaule gauche et du bras sont également intacts. L'auscultation de la poitrine donne lieu aux observations suivantes : 1° Un peu d'obscurité du murmure vésiculair»

ACCIDENTS Di: CHlîMIN DE FER. 217

dans une certaine étendue de la partie latérale et moyenne du poumon gauche, obscurité due très- probablement à la présence de fausses membranes développées entre les deux feuillets de la plèvre, qui s'est enflammée à la suite de l'accident. 2° Quelques rhonclius bronchiques indiquant une bronchite consécutive à la pleurésie, mais peu profonde. Ces divers symptômes expliquent la gêne de la respiration et la douleur passagère qui existent.

Du reste, la constitution du capitaine S... paraît très-robuste et n'avoir pas notablement souffert de l'accident ; il a même conservé de l'embonpoint et de la force.

En résumé, la compression éprouvée par la poitrine a eu pour résultat de développer une pleurésie locale, puis une bronchite consécutive, accidents qui, dans le cas présent, ont été sans gravité, mais dont il reste aujourd'hui des traces évidentes qui pourront sans doute disparaître complètement si la capitaine S... se soumet à un traitement régulier et suffisamment énergique (vésicatoires, etc.), car celui qui a été employé est resté insuffisant.

Il est donc impossible, dans l'état actuel des choses, de statuer d'une manière certaine sur la position du capitaines... et de régler l'indemnité qui doit lui être accordée d'après des bases équitables. On peut prévoir, en tout cas, que l'accident dont il a été atteint ne laissera très-probablement chez lui aucune lésion ou maladie de quelque gravité.

A la date du 25 octobre 1860, M. le capitaine S... fut l'objet d'un nouvel examen de la part du médecin de la Compagnie. A ce moment, il se plaint principalement de ne pouvoir courir, sauter,, faire des mouvements bi'usques et étendus, ni crier, ni monter à cheval, sans éprouver tout de suite une sorte de barre ou de suffocation à l'estomac, q\ii l'arrête dans ses mouvements et l'empêche absolument de s'y livrer. Il a dû même, dit-il, renoncer à suivre son corps à pied et par étapes, parce que la marche prolongée lui est impossible; enfin, à certains moments, il rend par la bouche des matières qu'il croit être du pus.

De l'examen auquel s'est livré M. le docteur Devilliers, il est résulté ce qui suit :

« Le faciès est excellent et l'embonpoint général du corps indique des fonctions digestives très-régulières et très-satisfaisantes; le pouls est normal. La poitrine, qui a subi une compression de la part des parois du wagon brisées au moment de l'accident, ne présente pas de déformation particulière ; elle porte sur le côté

gauche, au-dessous du sein, les stigmates des sangsues appliquées après la contusion. De ce même côté de la poitrine, l'auscultatiou ne décèle aucun bruit anormal des organes respiratoires, mais il existe une légère matité à la base du poumon, suite probable des adhérences des feuillets costal et pulmonaire qui se sont produites à la suite de la violente contusion éprouvée. Du côté droit de la poitrine et au-dessous du mamelon, on découvre quelques râles muqueux très-rares et légers ; le bruit respiratoire £;st moins franc que de l'autre côté dans toute la hauteur du poumon. Cependant, M. S... ne tousse pas habituellement, n'est pas plus sujet qu'avant à s'enrhumer ; il prétend seulement éprouver un peu de gêne dans l'inspiration. Rien du côté du cœur. De ces détails, il résulte que les lésions qui ont été la conséquence des contusions reçues lors de l'accident ont laissé comme trace une adhérence des plèvres du côté gauche et une sécrétion bronchique accidentelle du côté droit, accidents qui n'offrent pas de gravité réelle, mais peuvent en partie expliquer la gêne de la respiration dans certains efforts du corps ou de la voix, état qui, je le pense, pourra se dissiper avec le temps et un régime convenable. Il est néanmoins à regi'etter que le capitaine S... n'ait pas mis en usage un traitement plus actif, ainsi que je le lui avais conseillé. »

Un jugement de la quatrième chambre du tribunal de la Seine, du l^r mars 1861, m'a commis à l'effet de visiter le capitaine S..., que j'ai examiné le 13, dix-neuf mois et demi après l'accident dont il avait été victime.

Je n'ai plus constaté aucune trace appréciable des lésions qui ont pu exister, ni à la poitrine ni à la tête. D'ailleurs le capitaine a repris son service, et c'est à tort qu'il attribue à l'accident du chemin de fer toutes les indispositions, jusqu'à des clous, qu'il a eus depuis cette époque.

Obs. XIX. — Déraillement sur la ligne de VOuest. Grande frayeur; fausse couche. — La dame F... se trouvait dans un train de banlieue qui dérailla sur le pont d'Asnières. Elle ne reçut aucune contusion, aucun choc, et ne perdit pas connaissance, elle ne ressentit qu'une très-grande frayeur. Mais elle était enceinte de deux mois et demi d'une première grossesse. Le lendemain et le surlendemain, elle souffrit un peu ; une petite perte de sang apparut le quatrième joui-, et, le cinquième, elle fit une fausse couche qui la retint un mois au lit, sans complication d'ailleurs d'aucune sorte. Sa santé n'a pas éprouvé d'autres troubles; les règles se rétablirent après six semaines, et, à part un peu de leucorrhée et un certain

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