ACCIDENTS DE CHEMIN DE FEU
il n'avait pas perdu connaissance sur le coup, mais il est resté dans un grand état de faiblesse dû en partie à l'hémorrliagie et à r«tat d'anémie qui en est résulté. Il a été contraint de rester à Versailles pour y être soigné pendant quinze jours, et est resté en tout cinq semaines sans pouvoir reprendre ses affaires.
2» Madame A. V..., couturière, a eu quelques contusions à la tête et à la jambe. En suivant le péroné de bas en haut, à partir de la cheville, en arrière, on sent un point où le doigt s'enfonce et oîi la pression détermine une douleur encore assez vive.
Une éruption d'eczéma s'est développée sur le membre blessé, principalement sur les parties enveloppées de l'appareil, et s'est généralisée. Jamais, ainsi que l'atteste le médecin ordinaire de cette dame, il n'y avait eu chez elle apparence d'affection herpétique. Mais ses règles ont été supprimées au moment de l'accident ; le repos forcé a altéré la nutrition générale, et l'on constate un état nerveux des plus pénibles caractérisé par de véritables attaques convulsives. Il est à craindre que ces troubles ne se prolongent.
3° Madame G..., marchande, a eu des contusions sur tout le corps, particulièrement du côté gauche. Les traces en sont naturellement effacées ; mais elle en souffre encore. L'incapacité de travail qui en est résultée a duré environ quinze jours.
4o Mademoiselle B..., institutrice, a eu le cou et la poitrine fortement comprimés. Elle n'a pas craché de sang, mais ses règles, supprimées à ce qu'elle dit, ne sont pas revenues. Cette indisposition, il est bon de le remarquer, est fréquente chez les jeunes femmes étrangères, dans les premiers temps de leur séjour à Paris. Mademoiselle S. B... se plaint de quelques douleurs qui revenaient parfois dans la tête. Elle n'a, du reste, été forcée d'interrompre ses occupations que pendant dix jours seulement.
5° M. S..., voltigeur au 3« régiment, a eu au côté gauche du cou une plaie contuse qui l'a retenu huit jours à l'hôpital et lui a laissé un peu de douleur et une certaine dureté de l'ouïe.
6» Madame M... est atteinte d'une fracture simple' des deux os de la jambe droite, qui n'est pas encore consiolidée deux mois après l'accident.
7» Mademoiselle M... présente de grands troubles dans la santé générale ; elle a perdu le sommeil et l'appétit. Ces désordres sont entretenus par une disposition nerveuse très-accusée ; mais, de plus, cette demoiselle a eu une fracture des côtes produite par une compression de la poitrine. Elle sera longtemps à se remettre
222 CHOIX d'observations de blessures par imprudence.
et de sa blessure et de la secousse morale qu'elle a éprouvée.
Obs. XXII. — Déraillement. Visite de quatre voyageurs. Blessures sans gravité. — Par suite d'un déraillement survenu le 6 novembre 1860 sur le chemin d'Argenteuil, plusieurs voyageurs furent blessés, et je fus commis par M. le juge d'instruction chargé de l'enquête, à l'effet de constater l'état des personnes suivantes que je visitai dans les premiers jours qui suivirent l'accident :
1° M. M,., a été atteint au côté droit et à la hanche de simples contusions , qui ont néanmoins causé d'assez vives douleurs et nécessité une application de sangsues. Les suites n'en doivent pas être graves, et, au bout de quatre jours, le blessé peut reprendre son travail.
2» Madame G... a eu le pied droit pris et tordu dans le montant de bois de la banquette. Elle n'a qu'une légère distorsion des ligaments qui rend la marche pénible, mais qui ne durera pas plus de quelques jours.
3" M. D... a été fortemen projeté d'abord en arrière, puis en avant, et présente des traces de contusions dans le dos et à la face. Des sangsues ont été appliquées. Les dents sont ébranlées et l'incapacité de travail peut durer une huitaine de jours.
4o Madame G... a été plus gravement atteinte. La jambe gauche est le siège d'une plaie contuse, large et profonde, autour de laquelle s'est développée une inflammation vive, qui s'étend jusqu'au périoste. La suppuration est abondante et la douleur encore aiguë. A la jambe droite, il existe quelques excorations superficielles.
Cette dame est condamnée à un repos de six semaines au moins, mais elle guérira sans conserver d'infirmité persistante.
Obs. XXIII. — Déraillement sur la ligne du Nord. Visite de huit voyageurs. Blessures peu graves à la tête et aux membres inférieurs. — A la suite d'un accident survenu, le 18 novembre 1861, sur la ligne du Nord, Je fus chargé par le juge d'instruction de constater l'état de neuf voyageurs, chez lesquels je fis les constatations suivantes :
lo .Le sieur T... a été fortement contus à la hanche et a eu la dernière fausse côte gauche brisée. Il est retenu au lit et a été soumis à une application de sangsues.
20 La dame P..., apprâteuse de dentelles, a reçu une violente contusion à l'œil droit, qui est tout à fait noir et ecchymosé. Elle présente, de plus, une très-large ecchymose à la face antérieure des deux cuisses et se plaint de douleurs dans les reins et dans les jambes.