‹ Étude médico-légale sur les blessuresChapitre 32 sur 72 · ACCIDENTS DE CHEMIN DE FER · texte numérisé non relu

ACCIDENTS DE CHEMIN DE FER

30 Le sieur H..., marchand de vin, est atteint d'une plaie contuse à large lambeau triangulaire à l'angle interne du sourcil gauche. Il souffre beaucoup de la tête. 11 a, de plus, une forte contusion en arrière de la cuisse gauche, où nous constatons une profonde extravasation de sang.

40 La petite fille de M. H..., âgée de six ans, n'a que des contusions aux cuisses.

50 Le sieur D..., charpentier, âgé de cinquante-quatre ans, présente une plaie coutuse à très-large lambeau triangulaire à l'angle interne du sourcil gauche. 11 n'a cependant pas perdu connaissance, et se plaint d'une gêne dans la tête qui l'empêche de travailler. Il a des contusions aux genoux.

6° Le sieur D..., âgé de trente ans, conducteur d'omnibus, fils du précédent, n'a que des contusions avec ecchymoses à l'œil droit, au nez et aux genoux.

70 Le sieur P... a été blessé à la jambe gauche. Au devant du tibia, il existe une. plaie de 6 centimètres de longueur assez vivement enflammée, mais peu profonde, qui exigera un repos de quel' ques jours.

80 Le sieur Ph. .., homme de peine, n'a qu'une plaie contuse au dos du nez avec une ecchymose assez étendue ; mais il se plaint d'une sensation de courbature et de brisement général, avec douleur épigastrique, qui ne lui ont pas permis de reprendre encore son travail journalier.

Obs. XXIV. — Déraillement et collision sur la ligne de Sceaux. Visite de quatorze voyageurs, quelques-uns très-grièvement blessés. — Le 8 août 1854 eut lieu, sur le chemin de fer de Sceaux, l'un des accidents les plus graves dont j'aie eu à constater les suites. Les wagons s'étaient brisés et comme repliés sur eux-mêmes en broyant les jambes d'un grand nombre de personnes.

La justice ordonna une enquête immédiate, au cours de laquelle j'eus à visiter quatorze voyageurs blessés. Je résume mes constatations :

Trois des blessés n'avaient que des excoriations et des contusions superficielles aux jambes, provenant de chutes et qui ne devaient entraîner aucune incapacité de travail.

Quatre présentaient des plaies contuses au visage, aux jambes, à la hanche, occasionnées par le choc, et l'incapacité de travail* qui devait en résulter pouvait se prolonger de huit ou quinze jours à un mois ou six semaines.

Quatre autres étaient atteints de fractures simples ou comminu

224 cuoix d'observations de blessures par imprudence.

tives, toutes aux membres inférieurs. Elles n'offraient pas de complications, mais ne pouvaient être guéries avant cinq ou six mois. Ces blessures devaient, de plus, laisser après elles des infirmités incurables, raccourcissement des membres, claudication, ankylose.

Enfin, trois présentaient des blessures d'une extrême gravité • fractures multiples, écrasement des cuisses, qui nécessitèrent Tamputation. Tous trois succombèrent rapidement aux suites de l'opération.

Obs. XXV. — Rencontre de deux trains. Accidents légers. Allégation exagérée de troubles nerveux et de maladie de matrice. — La demoiselle M..., couturière, a été victime, le avril 1867, d'un accident pour lequel elle a intenté une action à la Compagnie de l'Est. En quittant la station de Noisy-le-Sec, un train de marchandises venant de Mulhouse est venu heurter le train où elle se trouvait, allant à Paris. Ce choc détermina chez cette demoiselle une commotion violente et, suivant sa i*equête, des contusions fort douloureuses dont les conséquences sont des plus graves.

Par ordonnance de référé en date du 20 avril 1867, nous avons été commis « à l'effet de visiter la demoiselle M. .., de véi'ifier l'état de maladie qui était résulté pour elle de cet accident ; de dire quelle était la gravité de la maladie, en quoi elle consistait ; si elle avait entraîné pour ladite demoiselle une incapacité de travail, pendant combien de temps, et d'évaluer le préjudice qui avait pu en résulter. » Nous avons de plus reçu de l'avoué de cette demoiselle un dire par lequel il nous invitait « à constater notamment si les désordres graves qui s'étaient manifestés dans la santé de ladite demoiselle, par suite de l'accident dont il s'agit, n'avaient pas persisté jusqu'à ce jour, et si la complète guérisou ne devait pas encore être longtemps retardée ; si, à raison même de cet état de langueur, d'ébranlement nerveux et de faiblesse, qui interdisait à présent tout travail à ladite demoiselle, celle-ci n'était pas obligée de suivre un régime particulier, de prendre des soins exti'êmes, d'aller à la campagne, de faire une saison d'eaux, etc.. ; ce qui devrait entraîner ladite demoiselle dans des dépenses qu'elle est dans l'impossibilité d'effectuer, étant complètement dénuée de ressources. 0

Nous avons procédé à la visite de la demoiselle M..., le 10 mai, quarante jours après l'accident; et nous avons reconnu qu'il n'existait chez elle pas la moindre trace de blessures. Elle n'avait reçu

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