ACCIDENTS DE CUEMINS DE FER
que des contusions trùs-l(5gères dont les marques s'étaient elfacées rapidement, et n'avait ressenti d'autre ébranlement nerveux que celui qu'avait causé la peur; il en était résulté une indisposition de quelques jours. Cette demoiselle prétendait aussi avoir éprouvé un peu d'irrégularité dans les époques menstruelles, mais ces trou bles sans importance trouvaient une explication naturelle dans un abaissement de la matrice et dans un engorgement de cet organe très-ancien et tout à fait indépendant de l'accident dont elle avait été récemment victime. •
Obs. XXVI. — Rencontre de deux trams. Plaie contuse sans gravité. Demandi' exagérée. — M"" G..., demeurant àRueil, se trouvait dans le même train que la demoiselle M..., lors de l'accident dont il vient d'être fait mention dans le cas précédent. Je l'ai visitée à la même date, de concert avec M. le docteur Oulmont, médecin en chef de la Compagnie de l'Est.
Elle avait eu au front, au-dessus du sourcil droit, une plaie contuse, actuellement cicatrisée depuis un certain temps. Au niveau de la cicatrice, je constatai un peu de gonflement du périoste. La vision, qui avait été troublée dans les premiers jours, est revenue à peu près à l'état normal. Il y a de la fatigue et un brisement général. Mais il convient de faire remarquer que la dame G..., de constitution très-débile et fort maigre, présente tous les signes d'une phthisie pulmonaire commençante.
Malgré les suites relativement peu graves de l'accident, la dame G... demandait à la Compagnie une indemnité de 150,000 fr., dont je n'ai pas eu de peine à établir l'exagération,
Obs. XXVll. — Déraillement sur la lijne de Saint-Germain. Visite d'une dame blessée. Exaçjération des troubles allégués et de la demande d'indemnité. — Madame veuve G... , couturière, a été blessée le 6 septembre 1853, par suite d'un déraillement, survenu au Vésinet. Elle dit avoir été obligée pendant plusieurs semaines de recevoir les soins d'un médecin, de suivre un traitement coûteux et de renoncer à son travail de maîtresse couturière. Depuis cette première demande, plus de six mois après l'accident, elle faisait .signifier à la Compagnie du chemin de fer de l'Ouest d is conclusions additionnelles dans lesquelles, prétendant que son état avait empiré et que sa vie, par suite d'accidents survenus pe.i lant le ' ours de sa maladie, était gravement compromise, elle élevait de n.OOO fr. à 25,000 fr. le chiffre de l'indemnité qu'elle avait primitivement réclamée.
Par un Jugement d'avant faire droit, du 9 avril 1859, je fus Tard. BU, Blessures. lo
226 CHOIX d'observations he hlussuiœs par imi'rudiîncij.
« comniis par la quatrième chambre du ti'ibunal civil, dispensé « du sed'ment du consentement .des parties, à l'elfet de voir et (( visiter la veuve G..., parties présentes ou dûment appelées; de- « faire connaître son état ; de constater, en m'aidant des certificats^ (i produits par la veuve G..., sa l'altération de sa santé est due à) a 1,'accident du 6 septembre 1858 ; de donner enfin rann avis sur «■ les conséquences qi'e son état dô souffrance a pu et pourra « enti'aîner tant au point de vue de sa santé en générai qu'à raison- « de l'exercice de sa profession. » Ma visite eut lieu le 18 mai 1859: h.uit mois et demi api'ès l'accident.
La dame G... est âgée de cinquante-trois ans, et a cessé d'êti'e réglée depuis- quatre' ans. Elle n'a reçu, lors du déraillement du triain dans^ lequel elle se trouvait, que des contusions en divers' points du corps, à la tête, au. visage, à la poitrine, à la lianclje, à l'une des jambes : elle a été retenue au lit pendant six semaines. Mais depuis cette époque elle se dit affectée d'une douleur per^ sistante au cœur, d'etouffementsi de palpitations, de bourdonnements dans la tète ; elle est en proie à une tristesse sans motifs etipleure souvent : malgré sou apparence dè force, la dame (î... est d'un tempérament très-nerveux. L'examen le plus attentif ne révèle aucane.altëratidp. ni dans le rhytbmenidansles bruitsdu cœur; et dans la poitrine nous ne constatons que quelques râles sibilants.
Il est impossible d'attribuer la moindre gravité à cet. état, ni de le rapporter à l'accident du cliemiu de fer dont cette dame a été victime plusieurs mois auparavant/ .encore môins d'en faire la base de la demande d'indemnité exagéré;e qu'elle a formée.
Obs. XXVIII. — Acculent de marche sur la ligne du Midi. Blessure à la jambe, .sans infirmité. Demande d'' indemnité exatiérée.. — M. D..., négociant à Paris, a été blessé dans un accident slir-venu sur la ligne, du Midi dans l!été de. 1860.
Chargé par jugement de la quatrième chambre du tribunal de l'examiner plusieurs mois après, je constate simplement une petite cieatrice au-devant du tibia, sans gonliemeni du périoste. DèsJe premier mois, M^ D.., venait de Passy à Paris en voiture. Il s'est formé, tacdiveme.it au niveau de là plaie un petit abcès qui a exigé un' séjour au lit d.'uîi mois' et . qui détermine encore actuellement un peu de douleur. Il n'ya là rien de sérieux et pas trace d'infirmité ai craindre, soit, pou.- le prisent, soit pour l'avenir. M; D... n'ett; demandait p is mmns a l i Compagnie une indemnité de 550,000 ir 1 con onait cep n ' nt lui-aiéme, da .s-une lettre qu'il ai.'i.dres.^ai. au loudem i:i r.e m;i visite, qu'il avait pu se remettre
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sur pied après un peu p.us oe deux mois, i a.ieguaii, i es ivrai,, que le médecin de la Gomnagnie avait négligé de venir le visiler, sans quoi il aurait rendu compte de son état, et la Compagnie aux'ait compris qu'elle devait l'indemniser, tandis qu'elle ne s'est même pas inquiétée de lui.
Obs. KXIX. — Déraillement sur la ligne d'OrUamt. Voyageur blessé iixsfz gravement. Exagération des demandes d'indemnité. Formalités de prorédure concernant Vex-pertis' médico-légale. — Le sieur Gli..., meunier, se trouvait, le 4 septembre 1866, dans Texpressi parti de Niort à huit heures quarante minutes, lorsque ce trairi' dérailla; il occupait un wagon de première classe qui fut précipité le premier au fond du remblai et sur lequel les autres vinrent s'entasser. M. Gh... fut grièvement blessé à la jambe et au bras, et prétendit, outre ses souffrances immédiates qui devaient durer longtemps et peut-être toujours , ne pouvoir reprendre la direction de son établissement ; il réclamait, pour ce fait aussi bien que pour le préjudice matériel qui en était l'ésulté, une indemnité de 60,000 fr. et une pension annuelle et viagère de 3,000 fr. La Compagnie d'Orléans contestait et offrait une somme de 4,000 fr. poui' toute indemnité.
Cest d;)ns ces circonstances que, par un jugement d'avant faire ■droit en date du 10 janvier 1868, mes honorables collègues, les docteurs Baudouin, Legrand du SauUe et moi, fûmes charges de visiter le sieur Ch..., d'examiner son état, dejd^'e si l'altération que flous reconnaîtrions dans sa santé peut être attribuée à l'accident. Le jugement autorisait les experts à s'entourer de tous les renseignements qui leur paraîtraient utiles, notamment des certificats des médecins précédemment entendus ; il les dispensait en même temps du serment, mais la Compagnie du chemin de fer ne consentit pas cette dispense.
Notre visite eut lieu le 18 janvier 1868, près de dix-liuit mois après l'accident. Il ne restait absolument aucune trace des blessures, qui n'avaient consisté qu'en simples contusions ; et nous dûmes une fois déplus, en estimant à trois mois environ l'incapacité de travail qu'elles avaient entraînée, reconnaître l'exagération avec laquelle se produisent trop souvent les demandes d'indemnités formées par les victimes de ces sortes d'accidents.
La question médico-légale de la simulation est celle qui se prête le mijins à une exposition et à des préceptes didactiques. C'est par les exemples et par les faits seulement qne