BLESSURES VOLONTAIRES SIMULÉES OU PROVOQUÉES
La simulation tient une grande place dans les faits qui sont du ressort de la médecine légale, et mérite une étude à part *. Il y a, en eflet, une incontestable utilité à rapprocher entre eux, et à considérer, dans leurs traits communs, les cas trèsdivers OÙ l'expert peut avoir à rechercher et à constater la simulation.
Nous ne nous occuperons ici que d'une façon sommaire de ce qui touche aux blessures en particulier; et nous indiquerons les signes généraux auxquels on peut reconnaître qu'elles sont simulées ou artificiellement provoquées.
Tantôt un individu se prétend victime d'une agression et montre à l'appui de sa déclaration mensongère des blessures consistant le plus souvent en des plaies très-superficielles faites par un instrument tranchant, dans un lieu accessible à la main du blessé. Parfois c'est un coup de feu tiré dans les chairs d'un membre à l'aide d'une arme chargée à poudre; ou mieux, comme je l'ai vu une fois, contenant un projectile de petite dimension. Dans tous ces cas, il importe de rappro cher de la blessure l'état des vêtements qui quelquefois, par le défaut de concordance des plaies et des solutions de continuité, suffit à déceler la fraude -.
D'autres fois, en vue de faire croire à un dommage plus considérable et de spéculer sur une blessure accidentelle ou
d. Voyez Boisseau, Des maladies simulées el des moyens de les reconnaître, Paris, 1870.
2. Voyez Marc, Rapport sur une blessure simulée (Annales d'hygiène publiqne et de médecine légale, l -)29, 1'" série, t. I, p. 2o7).
Hrescliet, Questions relatives à la simulation des blessures .{A 7inalcs dliy- (jiéne, 1833, t. IX, p. 417).
Devergie, Suicide par un instrument trnncliant simulaiit [lliomicide (Annales d'hygiène, t. IV, p. 414).
458 DISTINCTION nu SUICIDE, DE l'eGMICIDE
sur les suites de coups reçus réellement, la simulation consiste à exagérer ou à aggraver les conséquences d'une blessure, soit par la rupture de la cicatrice, ou par des applications irritantes faites sur une plaie ; soit par la simulation d'une paralysie ou douleur consécutive à une luxation ou à une fracture.