‹ Étude médico-légale sur les blessures, comprenant les blessures en général et les blessures parChapitre 19 sur 82 · Voyez la note placée à la fin de cet article · texte numérisé non relu

Voyez la note placée à la fin de cet article

masse blanche grisâtre qu^on a fait bouillir dans une quantité suffisante diacide sulfurique pur et concentré jusqu'à ce que Pazotate et le carbonate de potasse aient été décomposés. La solution, abandonnée à elle-même, s^est refroidie, et a laissé déposer do sulfate de potasse cristallisé.

Le liquide surnageant filtré a été mis dans un appareil de Marsli préalablement essayé, qui a donné un très-grand nombre de taches recueillies sur une assiette de porcelaine.

3o Examen des taches, — Nous avons soumis les taches provenant de ces deux opérations à un examen attentif, et nous avons reconnu que :

a. Elles offrent Taspect miroitant propre aux taches d^arsenic

6. Elles se volatilisent facilement au contact d^une flamme d'hydrogène.

c. Elles disparaissent immédiatement dès qu'elles sont touchées par quelques gouttes d'acide azotique pur.

d. En failant évaporer cette solution jusqu'à siccité, on obtient un léger résidu blanc, lequel, traité après refroidissement par l'azotate d'argent neutre très-concentré, fournit de rarséniaie d'argent rouge brique.

e* En dissolvant dans l'eau distillée bouillante une autre portion du résidu blanc obtenu par la réaction de l'acide azotique sur les taches, et en faisant passer dans la dissolution . préalahlement additionnée d'une goutte d'acide sulfureux un courant de gax hydrogène sulfuré, il se précipite ^ l'instant du sulfure d'arsenic jaune, soluble avec décoloration dans l'ammoniaque.

Ces caractère? établissent de la manière la plus incontestable que les taches recueillies par nous et provenant de la'douhle analyse du foie sont formées par de l arsenic.

Ao Formation de Vanneau arsenical, — Quelque évidente qae soit la preuve qui résulte de la formation des taches, nous avons cependant cru devoir y ajouter celle que l'on peut tirer de la mtnifestatiou de Tarsenic sous une autre forme, sous la forme d'an anneau métallique.

En conséquence, l'appareil de Marsh contenant la liqueur due à l'action de l'azotate de potasse sur le foie, et qui avait déjà fourni des taches nombreuses, a été disposé de manière à ce que l'hydrogène arsénié qui s'en dégage passe à travers un tube de verre dont une partie dans l'étendue de 25 centimètres est remplie de ouate destinée à diviser le gaz et à retenir l'humidité ainsi que le sulfate de zinc qui peut avoir été entraîné, et dont l'autre, plus

étroite et enveloppée d^une feuille de clinquant, est entourée de charbons ardents.

Le gaz, en traversant cette dernière partie du tube, s'est décomposé aussitôt et nous n'avons pas tardé à apercevoir un peu au delà un anneau très-riche en arsenic. Le tube est effilé çt fermé à la lampe et conservé pour être joint au présent rapport.

Analyse du tube digestif. — Les intestins divisés en petits fragments et réunis aux matières liquides qui étaient contenues dans le même bocal, ont été additionnés de 30 grammes de potasse à Talcool et placés sur le feu dans une capsule de porcelaine. Après quelques minutes d'ébullition, on a obtenu un masse savonneuse à laquelle, après avoir saturé l'excès de potasse par une suffisante quantité d'acide azotique pur, on a ajouté 300 grammes d'azotate de potasse, puis on a continué l'action de la chaleur jusqu'à ce que la masse ait été desséchée; on l'a ensuite projetée partie par partie dans un creuset chauffé au rouge.

La matière organique étant ainsi détruite, on a versé dans une capsule en platine le produit liquide qui s'est pris, par le refroidissement, en une masse blanche verdàtre que l'on a traitée à chaud par l'acide sulfurique concentré. Le produit de cette opération, dissous dans l'eau distillée bouillante, a fourni par le refroi* dissement du sulfate de potasse cristallisé et un liquide que l'on a introduit dans un appareil de Marsh préalablement essayé; on a obtenu des taches arsenicales dont nous reproduisons une partie t. Ces résultats nous ayant paru suffisants, nous n'avons pas analysé séparément l'estomac.

Analyse de Vurine. — L'urine rendue par M. de Praslin dan^ les derniers moments de sa vie, et qui nous a été soumise, pesait 300 grammes.

Après l'avoir additionnée de 2 grammes de potasse pour fixer l'acide arsénieux, on a évaporé jusqu'à rédaction des deux tiers du volume total.

Le produit, mélangé avec 30 grammes de nitre, a été desséché et incinéré dans un creuset chauffé au rouge. On a fait bouillir les cendres avec de l'acide sulfurique pour enlever la potasse, et

1. Une note soi-disant communiquée^ publiée par un journal de médecine et reproduite par presque tous les journaux politiques, semble indiquer que Ton n'a pas trouvé d'arsenic dans les intestins et que c'est là une preuve de la date éloignée de l'ingestion du poison. Le fait énoncé dans cette note et la conclusion qui en est tirée sont trop complètement erronés pour que nous n'ayons pas dû les relever ici. A. T.

i7i CIRCONSTANCES OÙ LES BLESSURES ONT ÉTÉ FAITES.

Ton a prolongé Taction da feu juaqu^à ce que le liquide ne ^^^aM plus que des vapeurs diacide sulfurique.

La liqueur filtrée, et mise dans Pajl^pareil de Marsh préalablement essayé, n*a pas fourni d^arsenic

Noua devons dire, dès à présent, que ce résultat négatif u*a riea qui doive surprendre. L'un de nous a signalé depuia longrte«i|» «# fait, à savoir : que Ton peut trouver de Tarseaie dana Turine à telle époque de rempoiaonnement, et ne pas en déoelcur plat tai-d 1.

1 . Le duc de Praslin s^est empoisonné avec de Tacide araénievx la journée du mercredi 18 août, et il a succombé le 24 du même moii i 4 heares 25 minutes. Je pense qu'il est utile et même nécessaire d*aU tirer Tattention da lecteur sur un certain nombre de faits relaiiliaBi altérations cadavériques qui ont été coDstatées, et sortoat à. rezpsrtiai médico-légale. Commis par le chancelier de la Cour des pairs pour faiis Tautopsie du cadavre et pour procéder à Tanalyse des matières suspectai; j'étais eu même temps invité *par lui à désigner un autre expert; jefls cboix du doeisar A. Tardieu.

Je ne dirai rien des symptômes éprouvés par le duo de Pjraaii qu'ils ont été décrits dans le procès-verbal d'autopsie.

Pour ce qui concerne la nécroptiej je ne parlerai que des trouvées dans Testomac. On se tromperait si Ton croyait que ces sont le fait de l'action locale de l'acide araénieux sur Testonuic; elles sont la conséquence de Vahsorption du toxique ; aussi détermiae-ion souvent la production de semblables eschares ou d'altérations aaslogues dans Testomac, alors qu'on t*est borné à empoisonner des amautaz en appliquant de l'acide arsénieux sur le tissa cellnlaîre sous-cutasë de la partie interne de la cuisse *.

On voit principalement ces altérations dans les cas ot la qaantilé d'acide arsénieux avalé était considérable, et surtout lorsque la mal«bft a dure longtemps. Je puis ajouter à l'appui de cette proposition ce qû s€ passe dans la plupart des cas d'empoisonnements par Pacide arsé* nieux qui se terminent promptement par la mort; en effet, nott-seaU» ment Testomac n'offre aucune eschare^ mais à peine est-il le siège d*iine légère inflammation.

Analyse ehimiqtu. — Foie. Nous avons opéré séparément sur 400 grammes de ce viscère : l» en incinérant par l'azotate de potesse ; S* ea décomposant la matière organique par le cblore. Nous n^aveos m$ voulu recourir au procédé de carbonisation par l'acide sulfurique^ tant prOné par Tlnstitut, parce qu'il est loin d'offrir les avantages ^e piésentent ceux dont il vient d'être fait mention.

Je ne dirai rien des 400 grammes de foie traités par l'azotate de potasse, si ce n'est que nous avons recueilli une quantrté très-eonsidérahle de tachies arsenicales dont aoi» avons constaté les eatadésea^ re ^ iV)iis a permis d'affirmer que le ibie contenait derarssnic. Swrabi

1. Voj«y lea expénencat 13, 14 et 15« de non Traiié de faMWC gft ft fl , pag^ SQt ds tow l»4« éditina.

un» Kjsssiriuss DOimn^EiLKs êtie mvinrÉBS. 175

loi M terminant ks opérattOBB ditnûques aiix(|uelle8 Bom «toiib et nèus lÎTrer; il wms re«t» mainteiiaiit à H^adr» a«x qoBitiam» ]KMées daBs rordonnancd de M. Iç

Sif«i : Qrfiljl,. A» Xaesoeil

latBft tt peur aatiBilkire à dee taô^encet pvérÛM, nmm cvqbb iiiii patwr «uMt Ï0 gaa bjpdrogène méoU qui a» dégageait de Tapparail à tmftn «I tube de iParve ^unA •• roagpa^ et ikm» aToos a^wm pias^pMMnédiatement âprds un anneau très-riche en arsenic.

JUtswÊfQtiiim far le cMew; — On mîé que daaa le wàémokf que j^ lu à r Acadéaaia de Biédaeina en jvillet dernier, j*ai étaMi qit*en déoMapo- •aini )e laie parus cowant de chlore gaieuz à fniâ^ ea tranafaroee iamt JTaoîde arséBtaiix a» acide anéoiqae, et q«e FéB ne perd aBoase tria» du taoiqae» tandis qa'oB en peid em suivant tont aatre procédé; auBu seilro^VeB WaBCoap pkks d*anenio cb agiasast aiwc lechlere qu^en détruimdâ la OMtière Qrgaaiqae par un antre ag eat. Lea expérkneee qui aaV raient oeadwlt à ce résultat si ioiportant avaient toalet été faites arec des foies de chiens eo^poisoanés par l'acide arsénieas et dent le poids fBTîikit de 18& à 220 grammes; jamais je'n*avai8 opéré sur des loies dTbommee, ai anr «bc proportion aiisaî coasidérable de msdâér^k^ c^eatà-dire aar 40^ graaames. QQ*eei-il adTcn* : c*ett que tandis qae la matière organique des foies de dûene était à peu prés compléAemeat déceoiposée après q m & ê rê hêmrm de remploi du chlore gazeux, celle qui constituait les 400 grammes du foie du duc de Praslin ne Tétati pas au «lème degré, après aroir été trsTersée par le chlore pemâani le mime mfoae de ^emps; c^est cb qsi ezpJique la différence importante que nous •roos remarquée dans leis résultats que Toiei : la liqueur chlorée pdroteBant dea foies de (^ens, après avoir été chauffée jusqu'à Fébuilition peur en cf^asser le ^lore, demM immèéiaàemeni ée farmme en aècmdeaCT, lorsqu'on Tintroduit dans un appareil de Marsh ; tandis que la liqueur analogue ^tenue aTeo 400 grammes du foie du duc de PrasHu,^ m'a fêmm dans le même appareil et encore difficilement fus fBe(fB#t kàhât Jatmâireê èrtNiBilcs; évklemmeat if restait dans ostte dernière liqueur «Be trop grande quantité de matière animale pe«ar permettre à TarMaic 4e s'échapper; aussi avons-nous pria le parti de traiter le liquide qui ^Daraissait à peiBa des. taches jannes, par de Tacide sulfiiriqus pur et •oncentré, jusqu'à ee que la liqueur ne fît plus eiServeec^iise; le mélange -Aer eau noir a été mis dans un appareil de Marsk, et s'a pas tardé à fiMornir uae quanÉiiè vraiment pr9di§ieuu d'arseDie.

Un lait qui ne manquera pi^ de frapper oe«x qui s'ocoapeBt de toxi- «eBlc^gie, c'est qu'en même temps que Taoîde sulfwrique dégageast des vapeurs abondantes d'acide chlorhydrique (formé parl'afitioB du ^kire flBT l'hydrogène de la matière animale), qu'il chaaaBÎt une petite proyB T t ion de chlore en excès, il dcanait égalaDMot lieB à 1b prodnoboB du ^m OÊidê f«91tfdiîfiiB..<kmUBexil coiy.iliar dans bbb mtee liqiaaur la y iéac nee du dilore et de ce gaa* loaraqB'oa sait qB^ FiBSlaHl même eu ces ^eux corps sont en contact, le chlore s'empare de nnjrdiegèna de l*acide sulfhydtiqae et en précipite le soufre? Ce fait, pour moi inex-

X. Réponte aux questions posées dans Vordonnanee de M- le Ckiteeliert concernant l époque et la marche de V empoisonnement, -s- Prfmière qwstion. — Constater les cauus de la mort de M. le ducéi Praslin. — L^analyse chimique a pleinement confirmé les données de Tautopsie cadavérique et permet d'affirmer que la mort de M. le

pUcable, so reproduira-t-il dans d*autres occasions ou bien dépendait-il d*aQ état individuel à nous inconnu ? ravoue que si j^avais à aécitkr li question avec un aussi petit nombre de données, je me pronoocenûi a faveur de la négative, c'est-à-dire que j^admettrais qu*il ne se manifeitera que très-rarement.

Quoi qu*il .en soit, il est évident, diaprés ce qui précède, que f ai a compléter le procédé de décomposition de la matière organique par k chlore, les détails dans lenqueis je suis entré ailleurs n*enibra«ant pai toutes les espèces qui peuvent être Tobjet d'expertises médico-légaks- Voici les préceptes qui servent de complément à ce que j*ai déjà pobii».

!• Si Ton agit sur plus de 200 grammes de foie, il ne suffira pu de ûilre traverser la liqueur par un courant de chlore gazeux pendant fssin ^ttr««; il faudra prolonger ce courant pendant six, sept ou huit heurei, suivant la proportion de foie sur laquelle on opère.

2* Après avoir filtré et fait bouillir la liqueur chlorée pendant vu demi-heure environ, pour en chasser Texcès de chlore, on en etsajera une petite partie dans un appareil de Marsh ; si Ton obtient immédiatement ou peu de temps après des taches brunes brillantes, c*est qœ la décomposition de la matière organique a été suffisante, et Ton n'anra pas besoin de recourir à aucun autre traitement.

3* Si, au contraire, les taches ne se produisent pas ou qu*elles ne m condensent que difficilement, quelle que toit leur couleur^ on conclon que Faction du chlore, n'ayant pas été suffijamment prolongée, il rcsU encore une assez grande quantité de matière organique pour empècto Tarsenic de se montrer. Dans ce cas, on placera le liquide suspect dam une capsule de porcelaine, dans laquelle on versera de l^acide aiotiqiw pur et concentré jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'eiTervescence et Foa chauffera ; il se dégagera une énorme proportion d'acide azoteux et di

leur jusqu'à ce que la liqueur soit entièrement desséchée ; le produit di l'évaporation, traité par l'eau distillée bouillante pendant dix à qnisK minutes, fournira un liquide duquel on extraira à l'aide de l'appanildi Marsh tout Vartenic contenu dans la portion du foie sur laquelle on init opéré ; je dis tout Varienk^ persuadé que je suis qu'il ne viendra daas l'esprit d'aucun homme instruit et de bonne foi d'élever le moiadi* doute à cet égard.

Je dirai en terminant que ce n'est pas d'après des vues purement théoriques que j'ai été conduit à tracer ces préceptes, mais bien d'après des expériences rigoureuses que j'ai pu faire sur le tiers du foie du dte de Praslin, qui n'avait pas été employé à l'expertise ordonnée parla Cour des pairs.

Obf.ui.

duc de Praslin est le résultat d^un empoisonnement. Non-seulement le poison a laissé des traces de son passage dans le tube digestif, mais il a été absorbé et porté dans tous 'les tissus, en altérant jusque dans leur source les éléments mômes de la vie.

Deuxième question, — Rechercher à quelle eubstance la mort doit être attribuée, — Les lésions organiques révélées par Tautopsie cadavérique, notamment les eschares constatées dans Testomac et surtout les tacbes bémorrbagiques qui existaient à la face interne du cœur, indiquaient déjà, comme très-probable, Tingestion d'une préparation arsenicale.

Les recberches chimiques auxquelles nous avons soumis les viscères extraits du cadavre de M. de Praslin, démontrent d'une manière incontestable qu'en effet le poison ingéré est un composé arsenical.

Nous n'avons pas dû rechercher quelle quantité de substance toxique pouvait avoir été prise ; car, en thèse générale, cette question ne doit jamais ôtre posée ni résolue. Comme, dans aucun cas, il n'est possible de savoir en quelle proportion le poison, disséminé dans tout le corps, se trouve dans tel ou tel organe ; comme les variations de l'absorption, le nombre des évacuations, et les différents modes d'excrétion font nécessairement varier la quantité du poison éliminé, et que celle-ci reste toi:gours et nécessairement indéterminée; comme, d'un autre côté, il arrive constamment qu'une partie du toxique est perdue par le fait même de l'opération, quel que soit le procédé mis en usage, on comprend qu'il ne faut jamais chercher à résoudre le problème dont il s'agit, et que la seule chose véritablement importante est de constater sa présence et sa nature.

Nous nous bornerons donc à affii*mer que M. de Praslin est mort empoisonné par une préparation arsenicale.

Troisième question, — A quelle époque les substances toxiques ontelles pu être ingérées ? — Pour résoudre cette question, il est nécessaire de fixer d'abord, avec le plus de précision possible^ l'état physique dans lequel s'est trouvé M. le duc de Praslin depuis la découverte du crime jusqu'à sa mort ; l'époque à laquelle ont paru les premiers symptômes de l'empoisonnement et la marche qu'ils ont suivie. Nous avons donc à rechercher si dans les pièces de la procédure, dans les faits officiellement constatés, ou dans ceux dont nous aurions été les témoins, si enfin, dans les circonstances matérielles établies par l'enquête judiciaire, nous trouvons quelques renseignements propres à nous éclairer sur ces différents points.

Tabdieu, Blessures. ^^

178 ClB€05STA!fCES OÙ LES BLEtôUKlùS OfllT ÉTÉ FAITES.

Un premier fait qaUl importe de meiktioDiner, c^est qu^nne fetile fiole contenant de Tadde arsénieux a été trouvée dans Ijl pocb de kl robe de chambre de M. de Prailin, 1» ^ndredi 20 aoèti 2 henrefl, lorsqu'on Fa trÉnsporté dn. r«a-*de»€kaiMft6e au aecni étage, ainsi qne cela résulte dn proéès-'Yerbal àm perqantUoa an datft de ce joar. Cette robe de ckmibret ^^ laiae, de coulaor bna^ dosdilée de hUa, orait été donaée» à M. le duc W 18, vers iObeoiB du: maiin* aa momeat 06 M le procureur' du roi ai M. le jifi d^instnictiea Totit fait cikaz^ger de robe de diambra et de paatirfqa On peut donc regarder comme établi que, ayant ee chas^penaÉléi vêtenent, M. de Praslin ne poavalt pas eaeore aToir le pqùoB entre ses mains, puisque ses premiers yêtementa aTaisol 4H Sanaédiatementmis a(0<i8S€ellé,etqa'ilsneeontanaieat{>aaiepoimB: celui-ci, en effet, n'a été retrouvé que plus tard dans la robe à dnacnbre brunie que M. de Praslin a gardée constamment defui bn moment ob il a quitté celle dont la ceakeur était ^rîaa. Lsné^ daratioDs de M. de Praslin ont occupé une grande partâe ém cÊik prenâère maftinée et oni dnré jusqu'à rbeore oh Ton a farecédel Pautopsie de Msm la duchesse, c'est-à-dire à midi trois fUtfts Jusque-là il paraît impossible que Ls poison ait été pria.

La première obscsvatiea médicale dont M. Ied«icd« Pvasiîa ait

été Tobjetr est la Tisltie ordonnée par les magistrata hssteoetein.

daoa le bat de reekercber sur sa personne des tvaeca cie

prouTant être le résultat d'une lutte. L'un de nxMm a laseialéà

visité en qualité d'expert. Or, elle a eu. lieu immédialeaieat

l'autopsie de Mn>« la duchesse, c'est-à-dire y«rs 3i heure» 3/4« M. U

duc de Praslin a été examine dans le cabinet altenant à aa '<

à coucher, et dans lequel se trouvaient seulement avec lui les

decins chargés de le visiter et deux agents. U s'est dé

plétemeut, et les médecins l'ont quitté avant quHl eût repria w

vêtements, le laissant dans La cabinet o£i il s'eat habillé. Or ao

moment de cette visite, rien n'indiquait chex M. de Praalia b

Joindre trouble, la moindre souffrance physique. Ses

et sa parole étaient pai'faitement libL*ea ; la chaleur de la

était normale ; le pouls à peine accéléré ; le teint un jma p m

mais pas plus que ne le comportait une émotion coutenuew D atf

donc extrêmement vraisemblable qu'à cette heure de la premiàit

ournée, c'est-à-dire à 4 heures moins 4/4» le poison n*avaiip»

encore été ingéré.

C'e^t vers dix heures, dans la soirte de même jour, que pâmasent les premiers vomissemenU, ainsi qu'il résulte da Pimportank^

«MpotitioA ie M. Id docleiir Ré^fittoad. A xkiinnif , ee médédii IâlM6 k duc; trôs-âtfàtMé, ff? éc tm pofil» elffénMitiéttt faible ; ijmptôuiéA fBe^ rdn âbMf?» quêlqoflfds dans rentproifOfliMméttt par Facide anéniettx.

Ea parlant de eatttf édufid^, paiït-on défeiitiiixer le teixfpa (]tii a

dû séparer HB^dstiov dû poffon de Papparition de t^ premiéff»

«fl'ets ? n n'y a f K)A' d^àlwolif à cet Regard. Plasdetï^ cinJotttftaùéea

pmiTeiit flaire rarier la Hmite et retarda plos oa noins la matti«-

Hnrtation des symptômes de Flnfoxlcatioii arsenidale. La fbrme da

poison, pris solide ou dissons, en morceaux on en poodre trôs*

fine; la présence ou Tabsence de liquides acides ou non dans

Festomac; la plénitude ou la vacuitéidé ce tiscère \ la rapidité on

la lenteur avec laquelle a lieu FaBsorption accélèrent ou ralen^

tissent Faction du poison. Ici Facid» arsénieuic, pris à Fétat soHde

et grossièrement pulvérisé, sans qaUl y ait eu ingestion d^une

grande quantité de lîquifde, a pu ne {révéler sa présence qu'après

I ûv certain temps. Mais, en fixant le^ terme le plus reculé, on ne

y pont guère admettre, & moins dé circonstan ces: particulières strr

, lesquelles nous reviendrons, que ses eifists se soient fait attendra

pl\ia de trois <yoi quatre Iteures .

|; CTest donc vers la iln de ia/otirnée du meroredl 18 août que Fon I peut, avec le plus de rrafsem!>laiii6é,|tfxer Fépoque de Fingestioa •• du poison.

u Y a-f-il maintenant dans la marclxe des symptômes quelque

diose qui puisse faire croire que plusieurs doses de poison ao-

I tt&Axsi été prises à des époques phis rapprochées do moment de la

^ fliort? Rien ne Fiudiqae. En effet, si nous suivons le développé-

ment de la maladie, et si nous résumons à ce point de vue les

observations de MM. les docteurs Reymond et Ghayet, qui ont

faille Jour et nuit M. le duc de Praslin; et de M. Rouget, médecin

de la maison de Justfte affectée à la Cour des pairs, lequel a pré^

^ aidé à la translation de M. le duc de son hôtel à la prison i, nous

1^- 1. Les rapports de M. le professeur Andral n'avaient pas encore été

il publiés lorsque nous avons rédigé le nôtre ; et ils ne nous avaient pas

^ éCé eommuniqués. Mais la citation suivante, extraite de la lettre adressée

' lv3i août par M. Andral à SI. le chancelier, montrera combien l'oni-

^ aton de ce savant médecin est en tous points conforme & celle que

■^ sous avons exprimée : « Aujourd'hui que la marche de la mala'iie, le

jà développement de ses symptômes ont concouru pour démontrer que la*

mort de M. de Praslin a été due à Tempoisonnemcnt par Farsenic, il est

impossible de douter que Fiagestion de cette substance n'ait été la cause*

^ de Fétat dans lequel j*ai trouvé M. de Praslin le 20 aoôt. Je crois- qiiMI

voyons que les yomissements, commencés le mercredi à 10 heures du soir, ont continué pendant la nuit et n*ont cessé que dans li matinée du lendemain. Cette cessation des vomissements a pu ea imposer et faire croire à une sédation des accidents et à une amélioration réelle ; celle-ci n'a été qu'apparente , car d^autres symptômes témoignent que M. de Praslin était totgours sons rinflnesoe du poison. Plusieurs syncopes dans le bain, des évacuations involontaires, une grande prostration, une soif ardente , une extréne faiblesse du pouls, tels sont les phénomènes morbides constitéi pendant les journées du jeudi et du vendredi. Cela est si vrai cpt, pour faire passer M. de Praslin d'une chambre du rez-de-chansièe à une autre du second étage, on est obligé de le porter sur ni fauteuil. (Procès-verhal de perquisUion,)

Transféré au Luxembourg, le samedi matin 21, M. le doc d« Praslin supporte le trajet, tout en se plaignant ^'une soif intolérable. Pendant son séjour dans la maison de justice, les vomissements ne reparaissent pas, mais la faiblesse, la prostration ang" mentent. Les extrémités deviennent froides et cyanosées, les gai^ robes sont toujours liquides, l'urine rare, le pouls faible, l'intalligence intacte. Quelques mouvements spasmodiques précédent U mort, qui arrive le mardi 24, à 4 heures 35 minutes du soir, c'eità-dire le sixième jour après l'ingestion du poison.

C'est bien là la marche, ce sont bien les symptômes de l'empoisonnement par Tarsenic. Et il n'est nullement nécessaire, pour expliquer la mort tardive, d'admettre l'ingestion d'une nouvelle prise du poison à une époque éloignée de la première. Si lei vomissements ont cessé, ce n'est pas parce que l'état de M. le doc de Praslin s'améliorait ; nous pourrions, au besoin, citer an graa^ nombre de faits dans lesquels des malades empoisonnés par l'adde arsénieux ont péri quelques jours après avoir cessé de vomir, quoiqu'ils n'eussent pas pris une nouvelle dose de poison.

a dû prendre Tarsenic le mercredi 18 août. Je crois aussi que les tecidents qu il a éprouvés depuis la soirée du 18 août jusqu^à sa mort doivent avoir été le produit de Tingestion d*arsenic qui a eu lieu le me^ credi 18 août, et qu'il n'est pas nécessaire, pour s*en rendre comptfr d'admettre que de nouvelles doses de poison aient été prises altéh«ttrement. Il est très-ordinaire, en effet, de voir, en cas pareil, les symptômes s'enrayer et même diminuer à la suite des premiers vomiasementi, puis par sa présence dans l'économie, le poison va déterminer de nouveaux accidents qui résultent à la fois, et des progrès de la réaction inflammatoire et de la dispersion des molécules arsenicales dans U^ différents organes. » X. T.

Tout a donc été naturel et parfaitement en rapport avec les données de Pexpérience dans la marche de Fempoisonnement de M. le duc de Praslin.

Quatrième question. «— Si Vaction dei substances toxines ajpu être contrariée au détruite par d'autres agents. — Il n^est pas impos* sible qu'un narcotique puisse dans certains cas, en pai*alysant Taction absorbante de la membrane interne de Testomac, retarder et même détruire les effets d'un poison tel que Tarsenic. L'un de nous a démontré, par des expériences, qu'à l'aide de faibles doses d'un composé opiacé, on parvient à diminuer les vomissements et à en retarder l'apparition, à rendre les douleurs moins aiguës et à prolonger la vie l.

Si donc il était établi que M. le duc de Praslin eût pris un mélange d'acide arsénieux et d'opium ou de laudanum^ il serait possible que ces dernières substances eussent retardé, pendant quelques heures, l'apparition des vomissements. Mais rien n'autorise une semblable supposition ; les symptômes observés pendant^la vie, les recherches anatomiques et chimiques, opérées après la mort, ten- •dent même à prouver le contraire.

Ajoutons que cette circonstance ne changerait pas ce que nous avons dit au sujet de l'heure à laquelle le poison aurait été ingéré ; car si le mélange arsenical et opiacé eût été prb avant la visite qu'a subie M. le duc de Praslin, c'est-à-dire le mercredi 18, à trois heures et demie, il se serait trouvé, ainsi qu'on l'a vu dans les expériences dont nous avons parlé, sous l'influence de l'opium pendant l'examen des premiers médecins, et celui de nous qui y a pris part affirme que rien ne dénotait, à cet instant, •chez M. le duc de Praslin l'action d'un narcotique.

Conclusions. — Il résulte des symptômes observés pendant la maladie du duc de Praslin, des altérations organiques constatées après la mort, et des recherches chimiques auxquelles nous nous sommes livrés :

lo Que M. de Praslin est mort empoisonné par une préparation arsenicale.

2o Que l'ingestion du poison a très-probablement eu lieu vers la fin de la journée du mercredi, 18 août, après quatre heures et avant dix heures du soir.

1. Voyez Orûla, Mémoire sur quelques points relatifs d Vempoisonnement produU par tes préparations de plomb, de euivrêt d^anenie et de mercure» Annales d'hygiène, tome XXXVIII, p. 199.

:i'> Que la marche des symptômes a été rég^uliôre et telle qii^on rol»ierve dans les empoisonnements par Tacide arsénleux.

-lO Que la cessation des vomissements ne doit pas être attribuée k une amélioration, même momentanée, qui 86 serait nuuûfattée dans Tétat du malade, puisqu'il a continué À être ea proie à d« symptômes graves d*intoxication arsenicale.

b^ Que la mort, quoique tardive en apparence, peut être Tdlrt naturel de la quantité d'acide arsénieux ingérée six jours aiqMh ravant.

Signé : Orfila, A. Tardisu.

Une autre affaire qui a eu non moins de retentissement que l'affaire Praslin, et qui a vivement ému la population parisienne, doit trouver place ici : c*est Taffaire TroppmaniL

Obs. II. — Un crime sans précédents, le meurtre d'aune famille entière tombant sous les coups d'un assassin, a été commis anz portes de Paris, le 20 septembre 1869. Le nombre des victimes, U multiplicité et la diversité des blessures, suffiraient pour donner à cette affaire, en dehors de Témotion si universelle et si profonde qu'elle a soulevée, un intérêt considérable au point de vue de la médecine légale. Mais ce ne sont pas seulement les constatations fiites sur les cadavres d§ la dame Kinck et de ses six enfants qui doivent fijLer l'attention des médecins ; une question plus intéressante et plus grave a été posée aux experts, celle de savoir si un leal meurtrier a pu accomplir Pœuvre sanglante. Cette relation contiendra donc eu promière ligne les procès-verbaux des autopsiai et de visite de Tinculpé qui ont été faites par MM. les docteurs U. Trélat, L. Pénard et G. Bergeron ; et en second lieu la consultation rédigée en réponse à la question qui vient d*être rappelée par M. le pix)fesseur A Tardieu, adjoint pour cette dernièiv partie de la mission médico-légale aux précédents experts, lynfln le meurtre de Kinck père attribué à un empoisonnement par Tftcide prussique, a donné lieu à des recherches très-intôressantat et très-neuves que M. Z. Roussiu a exposées dans un rapport qui complétera Tensemble des documents scientifiques relatifs À Taf* faire Troppmann.

1. Tardieu, Bêlation mèdUchlégalt d$ VaffMn Trfippmamnt (aummmai éê AtMl pênonnet, btêuurei mnUiflei, empoinmnemênt pmt l'aêidê jirwm'tfiii) {Afin, d*hygiène et de médecine légëU, %• eérie, 1870, tome XXXIII, p. éâêx

LES BLESSURES D0ÏVEKT-HU£S b^TRE mUTÊBS. itS

L RAPPORT CONCERNANT L^AOTOPSIS MB CADAVRES l^B LA DAME ILCXCR vrr DE CINQ DB SES SNPAKtB, FAOTB LE 22 SBPTBMBRft

io Eramm du eaéÊMfrt ée la dâim Kincic. — Le premier eadayre 6êt celui d^Hiie femme de taille moyemne (l'^^S), roboste et fortement constituée; elle parait Agée dé trente^cinq à quarante ans; le ventre est développé, proéminent ; la femme paraît être enceinte de cinq à six mois.

Coaame signe poavant aervir 4 Pideiitité, noas eonstaton», A la partie interne et inféiieure de la jambe gaudie, un ulcère varir queux recouFert d^un oarré de taffetas noir ; les dieFenk chAtaia foncé, mêlés >de ckeveux blancs Fars les tempes et la racine do front, sont lamenée ea arrière et maintenus par un cordon noîp.

Nous ne constatons aux mains, aux poignets, aux bras, aucune exeoriation ou ecchymose, indiquant une résistance, une lutte;. 8«r le oorpa, existent de nombreuses plaies, les unes faites par un iu^trument tranchant, les autres par las coups d^un ins trament à la fois tranchant et ooatoadaiit, et «lont nous alloas donner une description détaillée :

ICn arrière, dans le dos, amis eoostatons de nombreuses bléssujes éridemmeatfaiteB par an instrament tranchant, un couteau; c^ plaies sont à borda rectiiigaei; elles cmt de i à 2 centimètres i/2 4e longueur; lea plss noaaLbreuaas ont 2 œmtimètnes.

Rlles ont été évidemment faites par la même ame.

Entre les demx éponbi, nous eonsiatoas : deux plaies, TuAe, un pe« à gauche, de direction transversale^ ayant 2 centimètres i/2 de longueur, la seconde, un peu à droite, mats très-rapprochée de la première, de direction oblique en bas et en dedans, longue de 2 oantimètres.

Dans la maste des mmselêi de VàpauU gaadie^ deux autres plaies, Tune de direction transversale, ayant 2 centimètres i/2 de longuBor et une profondeur égales; une seconde, de 2 centimètres de longueur un peu au-desBoot de la précédente et de direction oblique ett bas et en dehors :

Oant fa mofsê dm mnteUs de l'èptmU droiU, une plaie à bords béante, longue de 3 centimètres 1/2 et, à son angle interne, profonde de 4 centimètres.

Au milieu du dos et un peu au-dessous des pkuet prècèdêmmini dètrkêf^ à trois o« quatm travers de doigt de la pUie médiane,

deux autres blessures superficielles, de direction transversale, parallèles et très-rapprochées Tune de Tautre, indiquant denx coups frappés presque simultanément : ces plaies ont, de longueur, i centimètre 1/2.

Vers les dernières côtes gauches, nous constatons six blessuref goupées très-près les unes des autres ; cinq de ces blessures sont peu profondes, mais -une sixième, plus en dehors, dont un des bords est déchiré et forme une languette saillante, est béante et profonde : le doigt introduit pénètre dans la cavité de rabdomen.

Sur le milieu du dos^ très-près de la colonne vertébrale, nom constatons une plaie transversale béante, profonde, pénétrant daas la poitrine; la sonde, introduite, s^enfonce profondément.

En bas des reins^ aux lombes, existe un groupe de cinq plaies, très^rapprochées^ de direction légèrement oblique en bas, Umla parallèles : ces blessures sont peu profondes. Elles ont été faitdi coup sur coup.

En résumé, nous constatons, dans les reins, dans le dos, dixneuf coups de couteau qui se groupent assez régulièrement en trois zones distinctes : — entre les deux épaules, — en bas et à gauche de la poitrine, vers les dernières côtes, — au milieu des lombes.

Sur la partie antérieure du corps, nous constatons :

Au côté gauche du cou, vers Tangle de la mAchoire. une plaie à bords contus, irrégulièrement curviligne, peu profonde parce qne le coup a porté sur l'angle osseux de la mâchoire; cette plaie faite par un instrument à la fois tranchant et contondant, tel que sertit un couteau à lame brisée, enfoncé et retrouvé dans la plaie, commence à 2 centimètres au-dessous et en avant du lobule de ForeiUe, et se continue obliquement vers Tangle inférieur de la mAchoiiv dans un trajet de 5 à 6 centimètres.

Au-dessous de Vangle de la mâchoire et en haut du cou^ nous constatons : une plaie profonde, béante, remplie de débris de paille et de sable, plaie à bords contus, irréguliers.

En disséquant cette plaie^ nous constatons qu'elle est profonde de 6 à 8 centimètres : le larynx est ouvert et comme troué ; la cavité pharyngienne ouverte également; les carotides n'ont pas été ouvertes et il n'y a pas eu d'hémorragie foudroyante ; mais l'artère linguale et des branches de la veine jugulaire ont été ouvertes très-près du gros tronc veineux, et il en est résulté une hémorrhagie considérable.

Enfin, comme autres blessures, il existe, au menton, uae plaie

triangulaire avec laihheau saillant, pr/Bsque détaché, — sous le menton, deux plaies superficielles faites par un angle contondant, — et en avant de la cuisse, près du pli inguinal, — trois plaies par instrument tranchant, faites coup sur coup ; car elles sont de même direction et très-rapprochées.

En ouvrant les cavités thoracique et abdominale, nous constatons la trace de trois plaies pénétrantes : deux dans le côté fr ^ache de la poitrine", une dans le ventre.

Les deux traces intra-thoraciques des plaies pénétra jtas de poi* trine existent : Tune, entre la neuvième et la dixièn-a côte, entre Tangle et la tête de la côte ; — Tautre au-dessous de la quatrième côte, à 3 centimètres de Tangle de la côte. La troisième plaie a pénétré entre la dixième et la onzième côte.

Un vaste épanchement sanguin existe tout autour du rein gauche, dans le tissu cellulaire périnéphrétique ; le rein a été déchiré vers spn bord supérieur.

Il existe une plaie pénétrante très-:profonde au lobe inférieur du poumon gauche.

Tous les viscères sont sains et bien conformés : il n^existe dans Testomac aucune trace d'aliments. En ouvrant Tutérus, nous constatons la présence d'un fœtus du sexe féminin^ au sixième mois de la gestation.

2o Examen du cadavre d^Emiiê Kinck. — L'alné des enfants. Agé de treize ans, n'a, sur le corps, aucun signe de puberté.

Nous constatons autour du cou des sugillations, provenant d'un lien constricteur fortement serré.

Il n'existe, sur le corps, aucune trace de lutte, ecchymose, contusion, pouvant indiquer que la victime se soit défendue.

Toutes les blessures existent au côté droit de la tête qui est fracassée. Comme trace extérieure, nous constatons, dans la région pai'iétale, quatre plaies curvilignes à bords écartés, plaies de direction presque verticale, de même longueur (5 à 6 centimètres) : — deux se trouvant à trois travers de doigt au-dessus et en dehors de l'oreille ; deux autres derrière l'oreille, dans la région temporo-pariétale, ces deux dernières très-rapprochées et séparées par une mince languette de cuir chevelu.

En disséquant le cuir chevelu, nous constatons trois fractures avec enfoncement, contusion, déchirure de la matière cérébrale, deux correspondant aux deux plaies pariétales, une^ avec enfoncement d'une large lamelle curviligne du temporal brisé, et corres* pondant aux deux plaies situées derrière l'oreille.

186 CIRtiONSTANCES OÙ LES BLESSDBE6 0!IT ÉTÉ FAITES.

Au*devant de Toreille, à VamgU de la mâchoire^ ane plaie ii Uàrameut cui*vUigiie, à bords rentrante, descendant an devant de r^reille vers Tangle de la mâchoire dans on trajet de 4 à 5 caatimètres.

A Tautopsie nous constatons : au poumon gaaehe, des nojan i^oplectiques disséminés; * au poumon droit, quelques eccb^moses sous-pleurales; de fines et très-nombreuses eedijiausw formant comme une sorte de pointillé sons le périeaMe.

Dans Testomac, nons constatons Tezistenee de paroelles gnissensés dans un demi-verre d^ua liquide séreux jaanâti>e.

3o Egatnçn du cadavre d^Henri Kinek. — > Le second fils est âgé de dix ans.

Il ne présente, sur le corps, aucune trace de lutte : -ooaame Us»> sures, nous constatons : au milieu du front une plaie contnse, profonde, À bords contas — au-dessus et au cuir cheveln, deux plÔM de même nature.

A la racine du nez, une plaie contuse profonde : 'las os ssnt brisés 6t on sent avec le doigt des esquilles osseuses.

La région temporo-pariétale et occipitale droite a été écrasée à coups de pioche; il existe deux énormes fractures avec débibrsn&ent, larges esquilles osseuses, issue de matière cérébrale.

A Tautopsie nous constatons : au milieu de Tos firontai «teoti^ respondant à la plaie médiane du front, un trou qnadrangslaSre fait comme À remporte-pièce; bous conservons et détackoas st fragment osseux dont le trou quadrangulaire pourra s*adapt« à Textrémité quadrangulaire d'une pioche, pic de carrier, etc.

A Tautopsie, nous constatons une intégrité absolue des yiscèm; autour du poumon droit, des adhérences ceUuleuees; le eœor sit vide, rétracté, il existe, dans Testomac Tide d*aliinents, quelqu» mucosités Jaunâtres.

4" Examen du cadavre d'Achille Kinek. — Le troisième enfiuitMt Agé de huit ans et demi; sur le corps, nons ne constatona aocoie trace de résistance, de lutte.

Comme trace extérieure de blessures, nons constatons, au su» Usu du front, une plaie transversale à bords eontus, évidenunsitf faite par un instrument à la fois tranchant et contondant, et, sa fond de la plaie, des débris osseux de la tabla extei^e de Tes- LVeii droit est enfoncé, crevé (il y s issus de matière eérébrsis); -» mais Tareade orbitaire n'est pas brisée; le coup a été porté daas l'osil même; la paupière iaférieure est saillante et détachée; la paupière supérieure, détachée en deux iambaaiix demi-

circulaires, est enfoncée, avec Pœil, vers son angle externe.

Au-dôssus du sourcil droit nous constatons Texlstence d'une plaie contuse superficielle, et, au côté gauche du nez, de deux ou trois petites plaies contuses ; dans la région pariétale gauche, vers sa partie inférieure, une plaie contuse dirigée d'avant en arrière, à boi*ds écartés, longue de 3 centimètres 1/2 et au fond de laquelle on sent les os brisés et des esquilles détachées.

La moitié latérale gauche de la face, tout autour de l'oreille, est littéralement brojée et formée de lambeaux saignants et de débris osseux.

L^oreille est déchirée au-dessus du lobule.

A la temt)e, entre l'œil et l'oreille, existe une plaie profonde avec écrasement des os, dans laquelle le doigt pénètre, entrant dans le cerveau mis à nu; la plaie a 4 centimètres 1/2 de longueur.

Un peu au-dessous de la première, au-devant de Toreille, tine seconde plaie de même nature et de même dimension; — une troisième, au-dessous du lobe de l'oreille ; — enfin, derrière l'oreille, dans la région temporo-mastoïdienne, une plaie irrégulière, triangulaire, avec enfoncement des os, issue de la matière cérébrale.

Chacune de ces quatre blessures était une blessure mortelle.

Au-<ieisou8 du tmnton, nous constatons l'existence de deux plaies, à un centimètre l'une de l'autre, faites soit par un instrument piquant, soit par l'angle saillant d'un instrument à la fois tranchant et contondant.

AU'devûni et sur les côtés du cou, nous constatons :

En haut du cou, à droite, une i\ugillation résultant d'une forU pression du pouee^ — et, au-devant du cou, une sugillation transversale, séparée par un intervalle de 2 centimètres 1/2, d'une sugillation plus longue, — et, enfin, une troisième trace, un peu au-dessus de la précédente, — ces dernières traces indiquant évidemment la pression de trois dotgts du reste de la main.

A C épaulé : — au sommet de Tépaule, trois plaies contuses de S centimètres, demi-elliptiques, — une, présentant une saillie triangulaire d'un lambeau d'un de ses bords, une sorte de frai' tmre.

A roeeiput, nous eonataions une plaie contuse irrégulière parais* sant faite par un coup de pioche ou pic de carrier, — avec enfoneement des os et attrition de la masse cérébrale.

Dans les reins, au côté gauche, à deux travers de doigt de la oolonne Tertébrale, nous constatons l'existence d^une plaie à bords curvilignes^ béante, profonde, au fond de laquelle on sent les

esquilles osseuses détachées : cette plaie existe au niveau de la dixième vertèbre dorsale.

Dans les lombes, existe une seconde plaie contuse, béante, profonde, pénétrant dans la cavité du bassin, un peu au-dessus da rebord iliaque gauche, et à trois travers de doigt de la colonne vertébrale. Au poumon gauche, à la base et sur les côlés du lobe inférieur, existe une plaie contuse avec déchirure du poumon : ta sommet et dans le poumon droit, quelques suffusions disséminas. L^espace intercostal, entre la dixième et la onzième c6te, est déchiré sur une longueur de 6 à 8 centimètres; — la onzième côte est fracturée.

Au creux épigastrique^ nous constatons, extérieurement, la traee d^une piqûre — et, par la dissection, nous constatons que la pointe d^une arme a déchiré le bord inférieur du foie et perforé Testomac. Cette plaie, à peine apparente, et qui ne se reconnaissait qu'à un examen attentif, pouvait, seule^ entraîner la mort.

Il n'y avait, dans Pestomac, aucune trace d*aUments.

5o Examen du cadavre d'Alfred Kinck. — Le cinquième cadaTre est celui d^un enfant âgé de cinq ans.

A la région temporale et tout autour de Tangle externe de Pœil droit, existe une plaie contuse large, irrégulière; — une, semielliptique, à Tangle externe de Tcûil.

Au-dessous de Voreille gauche^ nous constatons une plaie également semi-elliptique, à lambeaux détachés.

Derrière Voreille droite et descendant vers Papophyse mastolde, existe une plaie contuse avec écartement des bords, longue de 4 à 5 centimètres, — plus en dedans et presque parallèlement, troii autres blessures évidemment faites coup sur coup.

Au-'devant du cou^ nous constatons Texistence de trois plaies, • trois trous béants, les deux externes séparés par une languette de peau de 2 à 3 millimètres, et le second séparé du troisième par une languette d'un centimètre environ; le larynx est ouvert H comme troué; de nombreux vaisseaux sont déchirés; Thémorrhagie a été rapidement mortelle.

Ces blessures nous semblent avoir été faites par une arme telle qu'un couteau brisé agissant à la fois comme instrument tranchant et contondant.

Au-devant de la poitrine et au côté droit, près du creux épigastrique, sur les dernières côtes, existent trois plaies ti*ès-rappro chées semi-elliptiques faites coup sur coup; le cartilage de li sixième côte a été coupé.

En retournant le cadavre, nous constatons : en arrière, à Tocciput, une plaie contuse ovalaire; — sur les côtés du cou, un peu en arrière et à droite, deux petites plaies contuses.

Ltnfant a lutlé^ t*e8t débattu, a cherché à se défendre : une profonde coupure semi-eUiptû^ existe sur le dos de la main, et deux autres sur les côtés de la première phalange de Pindicateur de la main gauche.

A i^autopsie, nous ne constatons aucune lésion viscérale : le cœur est flasque, rétracté; Testomac est entièrement vide; Fenfant est mort par hémorrhagie.

60 Examen du cadavre de Marie-Hortense Kinek. — Le dernier, le sixième cadavre, est celui d^une petite fille ftgée de deux ans et demi; à la région temporale, au-dessus de Parcade sourcilière, existe une contusion curviligne de 3 à 4 centimètres de long; — tout autour, des sugillations hrunfttres.

Uoreille droite est à moitié arrachée.

A la racine du nez, existe une plaie contuse, béante, profonde, dirigée vers Vœil droit qui est enfoncé et crevé : il y a issue de matière cérébrale ; la blessure était mortelle.

Aux deux côtés de la bouche, nous constatons deux [Claies contuses semi- elliptiques (3 centimètres 1/2); — sous le menton, une plaie profonde, irrégulière^ triangulaire; — une autre, au-devant du cou, superficielle.

il la base de la poitrine, au côté droit, sur Us fausses côtes, existent trois plaies, béantes, profondes; une d^elles est irrégulièrement elliptique.

Au ventre, existent deux plaies béantes, irrégulières, elliptiques, — Tune au-dessus, Pautre au-dessous de Tombilic, avec issue d^anses intestinales faisant hernie.

Il n'y a, dans Pestomac, aucune trace de matières alimentaires.

Conclusion. — En résumé, de Pexposé qui précède, noua concluons que :

lo Les cadavres dont nous avons fait Pautopsie, sont ceux d'une femme et de cinq enfants morts par suite de leurs blessui'es :

2o Mmo Kinck par le fait de la multiplicité des blessures, du sang qu'elle a perdu, — en un mot, par hémorrhagies profuses.

30 L'alné des enfants, Emile, a été étranglé par la constriction du lien circulaire (cravate entortillée), — et achevé à coups dei pioche.

40 Le second, Henri, a été tué à coups de pioche.

i90 G1RCC»»TA»€E8 Oè LES BLESSURES Om tlt FiUTES.

50 Le troMÙèma, Achille^ » été étraBglé par pnêmUm àmê mtdn> au-devant du cou, — adicnré à coupe de pioche.

60 Le quatrième eufaut, Alfred^ et la petite ftUe, Murie^ Ottt élp frappée à coape de couteau.

La mort de la mère et des cinq «ifliiiit a M litffl a« M i l instaut : elle remonte à trois jours.

RAPPORT CONGERMAff? L^AUTOPSIE DU GÀiyArtRK Dt â^STAVS KUlCR,

FAITS LE 27 SBPTSMBinE 1869.

Le cadavre du jeune Gustave Kinck a été trouvé six jonss séidement après ceux de sa mère et de ses cinq frèrss et atmmr^ èui une fosse voisine de celle où les autres avaient été enfouis.

Le cadavre est celui d^un jeune homme âgé de seize aam : k putréfaction est déjà avancée, sous les pieds, au cou^ «lutrd kl épaules, i'épiderme s^enlève et se détache. — La vefttre est tamdfié, verdAtre; — le scrotum et la verge sont distendus et gomOét^

La face livide, tuméfiée « écrasée est méconnaîssahle.

Comme traces de blessures, nous constatons : en arrièfo dt corps, cinq plaies par instrument trazMîhant, peu profoM^es ? — deux à Tépaule droite (fosse sousHicapulaire)^ une à Tépavie §tii-> che, — deux vers le milieu du dos.

Mais des blessures graves, celles qui ont amené ki mort, k la partie antérieure du corps.

Nous constatons :

lo Au bras gauche, vers Tinsertion deltoïdienoe^ ddax très-rapprochées. Tune en avant, l'autre un pett ea d«d«ii% — communiquant entre elles et évidemment produites patw ua flièai coup de couteau qui a traversé le bras.

20- Au-devant du cou, une longue incision transversale^ nvécKâRe, longue de 6 centimètres, ^ au fond de* laquelle était resté 1» ednteau; le larynx, le pharynx sont ouverts; les artères carotides abolit pas été divisées.

3o Au-devant de la poitiine existent deux plaies presque tnu^ versales, ayant toutes deux 3 à 4 centimètres, Tune à deux travers de doigt en dedans du sein droit, — Tautre en dedans^ du sein gauche, presque ad point correspondant.

En faisant Tautopsie, nous constatons que les deux veniricuUt de cœur soHt atteints it largement ouverts par les deux coups àm couteau.

En résumé :

LES BLESSURES DOIYKUT-EILES ÉTIffi nOTTÈKS, |9[

U La mort d# Giuitsve Kinek Mt W réraHat àé treri» blétsiirB», toote» trois morteUai, Tniie aa cmx, Im déur mitre» «nr veiitrih.

f ;^ Le coQtMti îtLimé d9M la pkd« du 00a a dft f«rvir k fam toutes les blessures.

3^ La more de Otutare Kinck rsauwte àt M^ oa dkt joam.

HAfPORT GONGEfUCàMT LA VmrW DK L^CUlPli UtOPPIfANH.

Il réculte de Tezameik aaquel lea experts se bdaI lÎTrés sur la fferaonoe de Troppmana, que, aana être d'appareikee atUétique^ ce dernier a le» maaaea maecolaires fermes et saillamtes et qv^l eet d^uBe gramde forée. Le métier de méeawcîeii, pea* le fait d'an exercice eoBtiaa, donne aux moareiaenta de rarvaxxl-tois et de la mai», à laetion du poiffnêi, beancenp de strelé, de vi^ear e« de précision»

Treppmann ayait an yisage des égraligpaarea^ «1 c64é droit du front, derrière Toreille gauche, à la joue gauche, tracas manifostisA de emtpê d'ea^f.

II arait, au cair ehevela, de largea places- dénadéea, provenant de diev^ux arrachés, au-dessus de roceillB gaache, enafriàcadolâ tête, Ter» Foccipat*

n a^mt, à. la maia dsoâte» dea égratignarea ; à la main gata^a entra le peaco et l'index,, dana Ua&gla de Aetaîon,. une entaille pr«^ fioade^ une ceapare laito par le tranchant d'uae lame : il se aérait fait cette blessnree en cherchaat à arracixer à Mo»* Kinck le ooahtaau qu'elle lai araît enlevé.

A. cea constatation» a'esi borné le rôle dea e:Cperta relatireiBeitt à Fexamen de l'iacalpéf ils n'oiiA pas mt à readre compte de aea éâit

Kârpotn nénco-LÉef^t km aÉPON» axjx otsanoors poséas, loo-

CHam lA I«083]BIL1TÉ DàTTXIBUBR LX CaAOfB A UN SBUL KBUa- IKIBR ET CONCaRNANT LtiPOQtJX BXaCVK DB LA BiORT JAS fïLM klSÉ,

CciaaEiis le 7 octobre 1860, par M. le juge dUnâtruction Douetd'Arcq, à Teffet de donner notre avis sur les questions suivantes :

ifi Bst-il possible d'admettre qu'un individu seul ait pu com^ mektrer le meurtre de la famille Kinck et de ses cinq enfants, étaat dofloié ce fait qae la môre, la plus petite fille et le plus jeune des

garçons ont été retrouvés loin des trois autres, isolés pendant vingt minutes, et que les trois garçons ont été ensuite repris et emmenés après le meurtre des premières victimes? 2^ G. Kinck a-t-il été tué avant la femme Kinck et ses cinq enfants, Ta-t-il été en même temps? Ta-t-il été à une date postérieure?

Nous avons procédé à Pexamen et à la discussion des deux queitions qui nous sont soumises, en étudiant, au double point de vue qu^elles comportent, les constatations faites sur les cadavres et consignées dans les précédents rapports de trois d^entre nous.

Première question. — En effet, c'est uniquement d'après cet constatations que nous devons nous former une opinion sur la nature des blessures, leur ordre de succession, sur le genre de mort auqtiel a succombé chacune des victimes; que nous pourrons • fonder un jugement réfléchi touchant la principale question qui nous est posée, celle de savoir si un seul individu a pu accomplir le meurtre de la femme Kinck et de ses cinq enfants. Nous noas abstiendrons de toute hypothèse; nous ne prétendons pas reproduire dans tous ses détails la scène du massacre de cette famille, nous nous attacherons aux indices matériels fournis par Texamen des cadavres, d'où doit ressortir la possibilité ou Timpossibilité du fait que nous avons à établir.

Il semble au premier abord difficile d^admettre et presque impossible à concevoir que six meurtres, presque simultanés, paissent jamais être l'œuvre d'un seul, et nous ne craignons pas d'être démenti en affirmant que, ni dans les annales judiciaires, ni dans celles de la science médico-légale, jamais encore un pareil fait ne s'est rencontré. Mais ce serait s'exposer à de graves erreurs que de se laisser entraîner à cette impression première et de s^en tMÛr aux enseignements de l'expérience. C'est surtout en médecine légale que celle-ci est trompeuse et que l'on doit se défier dei hypothèses théoriques. Chaque fait doit être étudié et Jugé en luimême, car chaque fait se présente dans des conditions particulières et nouvelles. Les combinaisons, et Ton peut dire les hasards d'un acte criminel sont infinis, et ce que l'observation nous a appris de plus certain, c'est qu'en pareille matière tout est possible.

Dans le cas qui nous occupe, si nous faisons l'application de ces principes, un premier fait d'une importance capitale est établi par l'instruction, et nous est signalé par les termes mêmes de l'ordonnance qui nous commet, c*6st que les six personnes dont les cadavres ont été trouvés réunis^ avaient été séparées au moment du meurtre pendant environ vingt minutes et divisés en deux

g^roupes, de telle sorte que trois senlement à la fois avaient été conduites à la mort. Ce n^est donc plus de six assassinats simultanés que nous avons à nous rendre compte, mais d*un nombre moindre de moitié et par suite d*nn acte de moitié moins difficile à expliquer et à comprendre. Mais ce n'est pas tout : la procédure nous fournil un renseignement non moins certain et plus précieux encore, en nous faisant connaître la composition de chacun des deux groupes: dans le premier la mère, la seule victime qui fût dans la force de l*ftge, et avec elle ses deux plus jeunes enfants, une petite fille de deux ans et demi et un petit garçon de cinq ans ; dans le second, trois garçons plus âgés mais bien jeunes encore, de treize, dix et huit ans et demi.

Examinons d'abord comment ont été frappées, comment ont péri les victimes du premier groupe. La mère, qui portait dans son sein un septième enfant, a reçu plus de trente blessures, toutes faites par un instrument tranchant tout à fait analogue au couteau qui a été trouvé brisé sur le lieu du crime. Frappée d'abord par derrière c'est-à-dire par surprise, elle a eu ensuite le cou coupé, la poitrine et le flanc ouverts ; la perte de son sang a déterminé une perte de connaissance rapide et n'a pas tardé à amener la mort. Pendant ce temps, la petite fille était assommée d'un seul coup à l'aide d'un instrument contondant et aigu, qui pénétraità travers l'orbite jusque dans le cerveau, et le petit garçon avait le cou tranché et succombait comme sa mère. Pour ce premier groupe il est facile de voir que l'acte meurtrier n'a demandé ni beaucoup de tem p8,.ni une grande force physique, ni l'emploi d'armes multiples, ni l'intervention active par conséquent de "plusieurs assassins: un couteau et une pioche. Deux petits êtres dans la première enfance dont on a pu se débarrasser presque d'un seul coup; et sur la mère de très-nombreuses blessures, mais toutes portées avec le même instrument et attestant L'acharnement d'un seul, plus que la vigueur ou l'action de plusieurs. Et quant à la durée de la première scène, elle a pu n*étre pas très-longue et se renfermer dans les quinze ou vingt minutes que Ton sait s'être écoulées avant que les trois garçons du second groupe aient été ramenés sur la place où ils devaient tomber à leur tour. En supposant même que la dame Kinck n'eût pat encore rendu le dernier soupir à ce moment, elle était certainement privée de sentiment et hors d'état de se ranimer pour avertir ou défendre ses trois fils.

Que sont devenus ceux-ci ? La mort les a atteints plus rapide encore et plus sûre que celle qui avait frappé leur mère. Pour l'atné Tardieu, BUiSura. t3

l'94 CIRCONSTANCES OÙ LES BLESSURES ONT ÉTÉ FAITBS.

el le plus jeune d^entre eux, un double genre de Tiolence également prompt et meurtrier. La tôte fracassée à Taide d'^un instmment et par un procédé semblable à ceux ^e nous avons d^ reooniius sur la petite fille ; et le cou serré ju3q[u^à la straagali« MtKi sur Tun à Taide de la main, sur Tautre à Taidâ de sa cravata violemment tordue. Le troisième tombe et meurt assommé ptr daa coups portés à Taide d^uae pioche dont la poiata traverse Fbs du front comme an emporte-pièce. Quel que soit Tordre dans lequel chacun des enfants ait été frappé, qae la strangulation ail piréoédé pour deux d'entre eux» et de manière k paralyaer toat aaouvement, les coups terribles assenés sur la téta, il y a là, oa ne saurait le nier, remploi des moyens meurtriers lesplns soudaina. lés plus propres à surprendre les victimesetà rendre toute réaiaaace iolpossible. Ajoutons que nous ne trouvons plus ici remploi de rinstrument tranchant dont la lame s^était brisée, que quelque hlei^ aures secondaires ont pu être faites avec le troa^oa de cette anne. nais que la plupart et celles surtout qui ont causé la imorL» sont toutes faites avec l'instrument aigu et contondant, la piodie, daot la trace a déjà été constatée. La rage du meurtrier ne s'*eat pas, fltt effet, épuis«« dans les coups mortels qu'il a portés les premiecs et Ton trouve sur la face, sur la poitrine, sur le ventre, de aan- Ibreitses plaies dont qiMlques-unes sont a^ez irrégulièraa. hSêiB eatte circonstance n'implique nullement Tusage d^arittea divaraes ai surtout Faction de plusieurs bras. La pioche et le coataan«ftl peut-être, à défaut de celui-ci, la bêche nécessaire pour crauaar la fosse, rendent un compte exact et complet des diversea h lt a^'*»* aonstatécs sur les cadavres qui composaient le deuxième groaps. Pour celui-ci, ni pour le premier, le genre des violences, le nombre et le carartère des blessures, non plus que la nature des inakruitients ▼ulnérants, n'impliquent nécessairement la participation de plQ»d*un individu à cette œuvre de meurtre.

Les (H>ups, pour ces trois jeunes garçons, n*ont paa exigédavaa* tJSge le déploiement d'une grande force physique, mais seulaaMBi la<promptitude terrible et la fermeté de décision qu''afckeateni las crânes broyés et la strangulation, et qui peuvent se i^ncoatMr dons les mains et dans la volonté d'un seul homme plus aCtarement encore que chez plusieurs complices.

Il est une dernière remarque à faire, c'est que sur oinq des «x cadavres, on ne trouve aucune blessure indiquant la moindrelenlatif<e de résistance. Un seul, celui du jeune Alfi^, âgé de cinq aif et demi, et tué avec sa mère tit sa petite sœur, préaeihte auixaaaias

XES BLB66URE6 DOTVENT-ELLES ÊTRE mPOTÉES. I9S

plmieurs blessares qui montrent qa^ila olierciié à parer les coupe de couteau qui lui étaieiit 4X)rtét. Cette circonstance n'a rien dUncopciiiable avec les considérations que nous venons de présenter ; et, bien que Ton puisse être teiïté d'attribner ce défaut de rétfmtance et de lutte à Pag^ssion simahanée de plusieurs indlTidiM, se chargeant chaeitn dn meurtre d'une desTictimes, il fautrecoiw nàftre que Tisolement dee deux groupes, la confiance avec laquelle la dame Kinck et ses enfants se laissaient conduire, la nature des lîiesaiires et leur siège, ne permettent pas de douter que les ^ic^ times aient été frappées par surprise, et mises presque toutes du premier coup hors d'état de lutter et de-se défendre ; et qu'ainsi il n'y ait aucune raison de supposer que le meurtrier ait en besoin de Passistance de personne.

Les constatations faites par trois d'entre nous, sur Finculpé Troppmann, concordent d'une manière frappante avec les observa^ tions qui précèdent. Les légères blessures qu'il portait aux mains et au visage, les cheveux qui lui ont été arrachés, répondent aux circonstances que nous venons de relever, et sont en rapport avec la manière dont ont été attaqués et frappés Mme Kinck et son plus jeune fils, moins soudainement et d'une façon moins foudroyante que les quatre autres enfants.

Deuxième question. — La question de savoir si Gustave Kinck a été tué avant sa mère et ses cinq frères et sœur ne laisse pas place au doute.

Le cadavre de ce jeune homme a dté découvert et exhumé six Jours après ceux du reste de sa famille. Il présentait des traces de décomposition assez avancée^ et, bien que le séjour du corps dans la terre ait dû retarder la marche de la putréfaction, celle-ci a été tro^tvéeplus marquée que sur les cadavres qui depuis six jours étaient exposés à l'air.

Aussi, sans pouvoir déterminer d'une manière certaine le jour 0t l^eure de la mort du jeune G. Kinck, il est permis d'affirmer qu'il a été tué avant la femme Kinck et ses cinq enfants.

Ccmeltmoft. — De l'exposé des faits et de la discussion qui précèdent, nous n'hésitons pas à conclure que :

^ do II est possible qu'un seul individu ait pu commettre le meurtre Qb la femme Kincketdeses cinq enfants, et, dans les circonstanoee eu ce meurtre a été commis, il est infiniment probable qu'il est l'œuvre d'un seul.

2o Le jeune Gustave Kinck a certainement été tué deux ou trois jovcn avant la femme Kinck etses cinq enfants.

RAPPORT CONCERNANT L*BMP0I30NNEBf£NT DE JEAN KINCK PAR L*AGIDB

PRUS3IQUB, PAR M. Rt>U83IN.

Commis le 28 novembre 1869, à l'effet de procéder à Tanalyse des organes extraits du cadavre de Jean Kinck, décoQTert au environs de Belfort, et d'y rechercher tonte trace de poison, «t notamment d^octdtf prtisftçtie, nous avon8;reçu dans notre laboratoire, rue de l'Université, 160, et dans un parfait état de conservation, les scellés ci-dessous désignés dont l'analyse chimique fait robj«t de ce rapport.

Dans une petite caisse de bois blanc nous trouvons, soigneusement emballés dans un lit de paille et de varech, les cinq sceilét suivants :

!«' Scellé. — Un flacon en verre blanc à large ouverture, éti quelé : Matière cérébrale et méninges. »

2* Scellé. — Un flacon en verre blanc à large ouverture, étiqueté : « Poumons et cœur, §

3« Scellé. — Un flacon en verre blanc à large ouverture, éti» quêté : « Estomac et duodénum. »

4* Scellé. ** Un bocal en verre vert, à large ouverture. étiqueté : « Foie et rein droit, »

r>« Scellé. — Un bocal en verre vert, à large ouverture, étiqueté : c Grcs intestin, côlon ascendant, trans verse, descendant, 5 iliaque jusqu^au rectum. »

Les organes sont extrêmement ramollis, envahis par une putréfaction énergique et répandent une odeur nauséabonde ; leur réa^ tion au papier de tournesol est très-manifestement alcaline. L*ettomac et le duodénum seuls ont conservé une résistance très-sensil»!^ et ne répandent qu^une assez légère odeur cadavérique ; au papier do tournesol, la réaction de ces deux viscères est trôs-sensiblemtit acide.

L'estomac et le duodénum incisés dans toute leur longueur non ontoffe:*tune coloration tellement anormalequUl importe djinsiï* tor d'un^ manière spéciale. A Fexténeur, ces deux organe» n'offreut rien de spécial et prosenteot facilement une teinte grisâtre. Au contraire, toutes les surfaces internes, et notam* ment toute la muqueuse de Testomac. sont presque unifonnéxoent colorées en bleu grisâtre assez foncé. Cette teinte bizarre, loin da diminuer au contact do Fair, augmente très-notablement dlnteasité. Nous nous hâtons de détacher toute cette couche interne et colorée, et, dans cette opération, nous constatons que la matière

dorante bleue n*a pas pénétré à une grande profondeur dans les tissus et parait localisée dans une épaisseur moindre que 1 millimètre. Examinée au microscope ( amplification de 220 diamètres), une portion très^mince de cette muqueuse colorée nous a permis d^obsenrer que sa coloration bleue n^est pas produite par la pénétration d'un liquide coloré en bleu, mais résulte de la dissémination d^une multitude innombrable de petits corpuscules amorpbes présentant une couleur bleue très-foncée. Sous le champ môme du microscope, ces petits points bleus se montrentcomplétemeat insolubles dans Teau, Palcool, Péther et Pacide acétique. Ce dernier réactif, de même que toutes les liqueurs acides, exalte la couleur bleue des Ilots colorés et produit une nuance plus pure. La solution étendue de potasse caustique, celle du carbonate de potasse ou même une solution faible d^ammoniaque suffisent au contraire pour détruire presque instantanément la couleur bleue de ces corpuscules qui passent aussitôt au rouge ocreux. En touchant de nouveau avec de Peau acidulée les portions ainsi décolorées par «ne liqueur alcaline, la coloration bleue reparaît avec une intensité et une pureté remarquables.

Les faits précédents bien constatés, nous plaçons toutes les parties colorées de Pestomac et du duodénum dans un flacon à large ouverture où nous versons simultanément 200 grammes d'eau distillée additionnée de 5 grammes d'acide chlorhjdrique très-pur. Au bout de quelques minutes de digestion, le mélange répand une odeur très-sensible d'acide suif hydrique , en même temps que la coloration bleue des fragments de la muqueuse augmente d'éclat et d'intensité. Lorsque toute réaction parait épuisée, nous décantons la liqueur acide, dans laquelle nous constatons la présence : if d'une petite proportion d'acide suif hydrique ; 29 d'un sel de fer au minimum ; 3^ d'une très-notable proportion de sulfate de potasse. Les fragments colorés de la muqueuse sont alors soumise de nombreux lavages tant à l'eau distillée tiède qu'à Palcool et à Péther , Jusqu'à ce qu'aucun de ces dissolvants n'enlève plus aucune trace de matière soluble. En cet état, ces fragments, vus surtout par transparence, sont d'une teinte bleue très-pure bien qu'assez claire. Nous les baignons alors dans une solution d'ammoniaque caustique très-pure et très-étendue, et, d*une manière presque soudaine, toute coloration bleue disparaît des fragments : ces derniers deviennent presque entièrement blancs avec un léger reflet verdfttro bien manifeste. La liqueur ammoniacale, décantée et filtrée au papier Berzélius, est absolument limpide et incolore. Sursaturée

par uu léger exoè» diacide acétique, elle b« donzM lîau h amom dépôt 041 coloration. Mats, si Von iQonte alors aw liquide qoeifoet gouttes d^une dissolution faihke de percblorure de for, ii se proMt tm abondant précipité bleu de nuance très^ure. L^analTse da* ci précipité ne laisse aucun doute sur sa nature ; il est exeluatTMMnt constitué par du bleu de Prusse véritable, comptétoment identiq» an. bleu de Prusse ordinaire du commerce. Quant aux fragmaali décolorés des muqueuses stomacale et intestinale, ils ne renfériMat pins, au bout de quelques lavages, qu^une petite proportion d^ozjda de ter facilement soluble dans Teau acidulée par Pacida dilorhf* drique. •

Les expériences, dont nous venons de donner le résumé, étiiblissent d'une manière incontestable la présence dans r«iaton(Utt si Isduodénum des corps suivants : lo bleu de Prusse tout formé; â» um très-petite proportion de sulfure de fer; 3o une notable quantité dt auiftite de potasse. Nous mettrons plus tard en lumière la aignii» cation précise de ces diverses constatations»

Tous leH organes proveuaiit de Tautopsie de Jean Kinck ssat

réunis ensemble et divisés rapidement en très-menusmorceaux, que

nous délayons aussitôt dans une quantité d'eau distillée suffisante

pour faire de toute la masse une bouillie très-claire et capable do

supporter Tébullition. Cette matière est introduite dans une spo*

Gteuse cornue tubuiée dont Textrémité communique avec un léûi»

gérant de Liébig, lequel, au moyen d*un tube recourbé , pénètre

lui-même dans un flacon rempli aux deux tiers d'une solution as

vingtième d'azotate d'argent. La cornue étant installée sur un baîx

de sable, nous y introduisons, au moyen d'un tube en S adapté àlft

tubulure, 100 grammes d'acide sulfurique pur dissous préaii^

blement dane 200 grammes d'eau distillée , et noua prooédens

immédiatement à une distillation trèsHuénagée. Au bout de dsuE

beures d'ébullition très-soutenue, nous laissons refroidir Tappi^

roii et nous constatons que dans le flacon renfermant la aolutîoS'

argentique il s'est produit un précipité d'une couleur brune aasss

foncée. Le précipité est lavé par décantation et recueilli avec soinz

il présente les réactions suivantes : l'acide azotique étendu ne lai

fait subir aucune altération; l'ammoniaque exalte sa teinte TH Mrr

et en sépare une substance que l'addition de l'acide azotique sépam-

sonoila forme de flocons blancs , caillebotés de chlorure d^argeat^.

complètement insolubles dans l'acide azotique concentré et bonîU

lant. Quant à la substance noire ellsr-méme, nous avons reoonnn

iians peine qu'elle est exclusivement constituée par du sulfure d-M^

LRS BLKSSURES 1)0T\TNT- ELLES ÉTtlE IHFUTÉCS. MW

gteut. Aucune trace 'de cyanure <f argent n^a pu 6tre décelée dant le précipité du chlorure argenti'que. Ces résultitta oomplétexnehl négatifs, touchant la présence de Paclde pniBBique dans les organM de Jean Kinck, inhumés depuis trois mois et envahis par la pdtrë« &ction, n^a rien qui doive surprendre, puisque les deux caradtèrtft les plus sainants de cet acide sont précisément son extrême volsAi*' lité et sa tendance à la décomposition en présence des matidttfS alcalines et ammonicales.

Les matières demeurées dans la cornue sont additionnées d^itll grand excès diacide sùlfurique pur et concentré, oat'boniséea pïït les procédés ordinaires et soumises ensuite aux reclierches méthtK diques d'une analyse complète. Nous n^entrerons pas dans let détails de ces longues opérations, attendu qu^elles n*ont fourni que des résultats négatifs, et qu^aucune matière^mlnérale toxique n^ pu être décelée.

Dans un de ses interrogatoires, antérieur de plus de trois semid* nés à la décourerte du cadavre de Jean Kindc, Phicnlpé Tropp>* mann déclare avoir préparé lui-même de Tadde pmssique cru distillant un mélange de trois parties de prussiflte jaune, detrx paN ties d'acide sùlfurique et deux parties d^eau. Pour appareil di^tiRa* toire il dit avoir employé deux cornues dont la première, rempfi* du mélange, sVngageait par son bec dans le bec plus large de 'k seconde, destinée à servir de récijnent, et, dans ce l>ut, refîroidié par Tapposition d*un linge mouillé. Pour chaulTer la première cornue, Taccusé dit avoir fait usage d*nne lampe à alcool.

Il est parfaitement certain qu^avec ces éléments et même KVéC Tappareil bizarre et grossier employé pour la distillation , oft "p&t^ très-aisément se procurer de Vaeide pmifiçtte dans un asscK grand état de concentration et capable, à la dose de quelques eenftt^ mètres cubes, de produire une mort presque instantanée. Ce procédé est connu de tous les chimistes, et le plus généralement entployiè pour préparer Tacide pmssique médidnal, attendu que Ta^Uli' produit par cette méthode est de tous celui qui se conserve le piaf longtemps sans altération, fl convient encore d'ajouter que tous les élétnents nécessaires à cette préparation redoutable sont des prb^ dnits chimiques vulgaires que tout marchand de cotfleurs délivra aa premier venu , et qui sont généralement employés dans une foule d^opératîons industrielles. Le seul point délîcat de Topération consiste à modérer Papplication de la chaleur et à échauifbr graduellement le fond de la cornue oh se trouvent les matières réa- ' |]r{88«ntes. Une température brusque o\x trop élevée produit infail-»

liblement de violents soubresauts dans U liqueur bouillante et provoque le jaillissement et le transport mécanique des matières fixes contenues dans le générateur ; ces impuretés se mêlent alorâ, en plus ou moins grande proportion, à Facide prussique distillé et touillent ce dernier produit. Or , ces substances secondaires, produites par la réaction de Tacide sulfurique étendu sur le prussiaU jaune de potasse, sont depuis longtemps connues et étudiées ; elles •ont au nombre de trois : io du sulfate de potasse ; 2o du salfat« de fer ; 3o un composé désigné sous le nom de ferroeyanmrê dt potatsium et de fer^ et qui se présente sous la fbrme d^une poudre blanche, insoluble dans Feau, jouissant de la propriété ^emt^ quable de bleuir spontanément au contact de Pair.

On comprend aisément ce qui devra se passer po<l mortem dan^ les organes digestifs de deux individus empoisonnés Tun avec à^ Facide prussique pur , et Fautre avec de Facide prussique prépare par une main inhabile et souillé par la projection des trois matières précédentes. Dans le premier cas, aucune coloration spéciale nt^ peut prendre naissance sur les muqueuses. Dans le second cas, au contraire, les trois produits fixes restent dans Fintérieur de Fe&tomac et j subissent les transformations naturelles que peut provoquer la fermentation putride. Le sulfate de potasse restera iualtéré; le sulfate de fer pourra, sous Finfluence du carbonate et du sulfhydrate d^ammoniaque , se transformer partiellement on totalement soit en oxyde de fer, soit en sulfure de fer, soit en ua mélange de ces deux composés. Enfin, de son côté, le ferroc^amwre de potassium et de fer, subissant peu à peu le contact de Fair ordinaire, prendra une coloration bleue proportionnelle à sa quantité et aux variations de Fafflux de Foxygône atmosphérique. U est donc incontestable qu^après un certain temps dUnhumation, Fintérieur de Festomac d^un individu empoisonné parFingestion diacide prussique impur devra présenter une teinte bleue plus ou moiiu intense, due à la transformation en bleu de Prusse du ferrocyatuan de potoisium et de fer, primitivement blanc.

Ces faits exposés, il nous parait impossible de n^étre ptf frappé de la signification précise que prend dans notre analyse la constatation matérielle et bien certaine dans Festomac de Jean Kinck : io d^une notable proportion de sulfate de potasse; 2* d'une petite quantité de sulfure de fer; 3o d'un bleu de Proass très-divisé et uniformément répandu sur toute la muqueuse, c'est-à-dire précisément des trois prpduits secondaires qui, après avoir pris naissance dans la préparation de Facide pruwiqot»

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