Sous la causeuse ob a expiré M"« de Praslin
A Textrémité de la baguette et du canon, on voit une large empreinte de sang coagulé, et le caillot s'étend jusque dans Tintervallg qui sépare la baguette du canon.
Cette empreinte parait provenir d^une goutte de sang liquide qui aurait coulé le long de l'arme et se serait coagulé k son extrémité.
Nous nous sommes assurés que ces diverses taches étaient bien formées par du sang. En effet, quelques parties du bois imprégné de sang, macérées dans Teau distillée pendant une demi-heore seulement, lui ont communiqué une coloration rougeàtre trèsmarquée. Par la chaleur, le liquide s^est fortement coagulé. La potasse a dissous le coagiilum et donné une teinte verte à It liqueur qui, traitée par le chlore et l'acide chlorhydrique, s'est décolorée en même temps qu'il se formait de nombreux flocons albumineux.
A la partie inférieure de la crosse, au point de jonction du cuivre avec le bois, on voit dans une étendue de Om,009 en largeur, et de 0m,006 en hauteur^ deux fragments de tissu graisseux, jaunâtre, desséché, faisant une saillie assez prononcée et entourés d'une petite quantité de sang.
Dans la rainure que forme la culasse de cuivre au point où elle s'attache à la crosse, se trouve un cheveu long de 0,01^ d'une couleur châtain foncé et qui est fortement engagé. A Pextrémité postérieure de la sous-garde, sur ses bords et sur le bois où elle s'attache, existent deux autres petits fragments de tissu cellulain graisseux, desséché et profondément incrusté dans la rainure de la sous-garde. Ce lambeau de chair n'est séparé de ceux qui se trouvent sous la calasse que par la partie la plus saillante du bois de la crosse.
Nous enlevons une petite parcelle de ces derniers fragments afin d'en constater exactement les caractères. Mais nous en laistons It plus grande partie en place.
L'examen microscopique nous montre une matière organisée dans laquelle on distingue de petites stries de sang et un bulbe pileux bien dessiné, que Ton compare sur-le-champ avec le bulbe • d'un cheveu et qui en offre tous les caractères. De plus, une portion de cette matière chauffée fond très-facilement et graisse fortement le papier.
A ces signes, on ne peut méconnaître le tissu cellulaire graisseux provenant du cuir chevelu. Quant au rapport qui peut exister entre la configuration des différentes parties du pistolet et quelques-unes des blessures existant sur le corps de Mme de
Praslin^ nous nous contenterons de rappeler qu*au niveau et audessus de la bosse frontale du côté droit, Tautopsie a fait voir deux plaies contuses k bords déprimés avec altération du tissu, perte de substance au centre, déchirure du tissu graisseux souscutané, et enfin ecchymose circulaire autour de la plaie. Cet ensemble de caractères ne permet pas de douter que ces deux blessures (n®* 4 et 5) niaient pu être faites par la crosse du pistolet qui a été soumis à notre examen et auquel adhéraient un cheveu et du tissu graisseux qui pouvaient avoir été détachés par la violence du coup de la partie du crâne oti siégeaient les plaies. Enfin, les gouttes de sang qui ont jailli sur plusieurs points du pistolet pro- Tiennent sans doute du choc de la crosse sur la tête et des plaies que ce choc a produites.
Conclusions. — Des recherches, analyses et examen qui précèdent, nous concluons que :
lo Des taches de sang peu nombreuses mais parfaitement caractérisées existaient sur la lame du poignard dont un fragment nous a été présenté.
2o Cet instrument dit poignard corse peut avoir servi à porter les coups et à faire la plus grande partie des blessures qui ont été constatées sur le cadavre de M"»« de Praslin.
3o II n*j avait pas de traces de sang sur le manche du poignard ni sur la portion de gaine que nous avons examinée.
4o Le pistolet est taché de sang dans une grande étendue ; mais il faut distinguer plusieurs petites taches provenant immédiatement du sang qui aurait jailli.
5o II existait à la culasse et à la sous-garde un cheveu engagé profondément dans la rainure et des fragments coagulés de tissu graisseux enlevés au cuir chevelu.
6o La présence de ces lambeaux de chair, d^un cheveu et de gouttes de sang ayant jailli, démontrent de la manière la plus évidente qu*un coup a été porté sur la tête avec la crosse du pistolet ; et d^un autre c6té deux des plaies qui existaient sur le crâne ont un aspect et des caractères tellement tranchés qu^on ne peut douter qu^eiles ne résultent de Faction d\in corps contondant tout À fait analogue à la crosse du pistolet saisi. 23 août 1847.
Signé Baron Pasquier, A. Tardieu, Chevallier.
IV. Analyse chimique de la matière blanche renfermée dans un /7a- Tardieu, Bleuures. li
i62 CIBCOW&TAKCKS OÙ i£S BLESSVIES DUT ÉTÉ FAITES.
con et trouvée dans la poché de M. de Pra$li$L^ it 20 ooiiU i. — L*o«- Tertura du flacon étant faite, nous avoua recûDAti qu'il contenaît une matière blanche pulTérulente exhalant une forte odeur et laudanum de Sydenbam. Cette matière blaaehi). a^était paa ■èriit. mais eu partie humide, particulièremant prèa du houchon, et dan les parties c[ui se trouTaient sur les paroia du flucoii^ Qoelqnii parties ont une couleur jaaae« ce qui sembla démcyitrer qoe il matière blanche pulvérulente a été introduite dans un flacon ajuit contenu un liquide que Todeur et la couleur indiqueat comiv étant du laudanum de Sjdenham.
Une petite portion de cette matière pulvérulente^ jetée aurtki charbons ardents, a fourni des fumées blanches exhalant jm» odeur alliacée indiquant la présence de Tarsenic.
Une portion de cette poudre, traitée par l'eau distillée, a foomi un liquide qui, introduit par portions dans un appareil de Marsh que nous avons fait apporter à la maison d*arrêt et qui fonetionnaità . blanc, a donné des taches fti'senicales de diverses diaaensioos. eeXon que le liquide employé était introduit en phta ou moins grande quantité dans Pappareil.
Ces opérations étant teiminées, nous nous sommes rendus dans notre laboratoire, oti nous avons continué ro|>ération en agissant de la manière suivante :
Nous avons détaché, autant qu'il était possible, cette matière; nous l'avons desséchée, et nous en ayons pris le poids. Ainsi desséchée, cette matière pesait 4 grammes 30 centigranunes. Un gramme de cette matière a été introduit dans un tube de verre ferme à Tune de ses extrémités. Ce tube a été placé dans un creuset rempli de sable, puis chauffé ; Tacide ai'sénieux introduit dans le tube s'est sublimé, mais il est un peu sali par une matière pnh venant de la décomposition d'une substance organique qui a fooni une petite quantité de charbon. Ce charbon brillé dans un creaset de porcelaine n'a pas laii^sé de résidu sensible.
Nous attribuons la présence de cette matière organique à ce qoe l'az'senic a été introduit dans^ une bouteille qui avait conteua do laudanum, qui avait mouillé en partie rax*senic.
En résumé : la matière blanche trouvée dans la poche de la robe de chambre de M. de Praslin est de l'arsenic blane connu sona \» noms d'acide arsénieux, d'oxyde blanc d'ai'senic.
Signé A. Chevallier.
1. Cette analyse a été faite dans la prison du Luxembourg, et les léeullats sa ont été transmis sur-k-charap à M. le chancefier. A. C.
LES BLESSUBES DOIVERTHBIXBS ÊTRE IMPUTÉES. 16)
y. Anatffêê Mmiqme dit ta^us exiêtant mr un faïUiuU qui aiuraU èU souillé le 19 août par une évacuation alvine du due de Pros/t» i #1 JUr lei draps du Ht» •— Les tachea des draps de lit et de la oonrertare étaient très-^pau marquées et n'ont pas loami d'arsenic.
Le fond do ûôiteiiij fortement taché a été enlevé à l'aide de etseanx, divisé en fragments qae Ton a traités par Tacide salfnliqne et convertis <en charbon. Ce Carbon a été traité par Peau négaie à l'aide de la chaleur, puis par l'eau distillée; il a fourai ma liquide qui, introduit par portions dans un appareil de Marsh fonctionnant à blanc et donnant d'abord de l'hydrogène pur, a iDurni, après Taddition du liquide et par la combustion, dee taches qui ont été reconnues pour arsetnicales.
Il en résulte : qae i® les taches qui se trouvaient sur les draps de lit et sur la couverture ne contenaient pas de substances toxiques.
2o Que les taches provenant de déjections qui se trouvaient sur le fauteuil saisi contenaient de Farsenic.
Signé Â. Ghev\luer. •
VI. Analyse chimiqw des déjections alvines et de Vurine rendues par M. de Praslin, dans la nuit du 21 au 22 août et le 22 au matin. — Sur les déjections recueillies, 300 grammes ont été introduits dans une capsule neuve de porcelaine, puis traitées par de l'acide sulfurique pur, de manière k obtenir un charbon bien divisé. Ce charbon fut traité par Teau régale à l'aide de la chaleur, puis repris par Teau distillée; une partie du liquide obtenu, essayé dans un appareil de Marsh fonctionnant à blanc et fournissant de l'hy- \ drogèoe pur, nous a donné, par l'addition de ce liquide, des taches l arsenicales ayant une teinte jaunâtre et en partie composées de ^ Bulfure d'arsenic.
Voulant nous convaincre que nous avions bien affaire à un produit arsenical, nous avons pris une autre partie de la liqueur: nous levons fait évaporer ; nous avons traité le résidu par du nitrate de ' yitasse, à l'aide de la cfaaiear, pour convertir le soufre du sulfure . an acide sulfurique, puis en sulfate de potasse. Le résidu qui devait contenir le sulfate et l'arséniate de potasse a été traité convena- * M— eat par Tacide suif arique à raide de la chaleur, puis pai* l'eau
i. Cette évacuation involontaire a eu lieu à la suite dn bain, le jeudi I9« le landemain du enma, Ymn trois heurts de faptèfr-nidi.
distillée : ce liquide ainsi obtenu nous a fourni des taches arsenicales.
Voulant acquérir une conviction plus intime de la présence de Tarsenic dans les matières déjectées, nous avons, en suivant le même mode d*opérer, traité 1,500 gramme^ de déjections alvines, en ayant soin de traiter le charbon obtenu à plusieurs reprises par Teau régale, avant de le traiter par Peau distillée : le liquide obtenu nous a fourni un grand nombre de taches arsenicales qui ont été soumises aux essais ordinaires et un anneau recueilli dans un tube.
Les urines ont été évaporées : le résidu a été incinéré par le nitrate de potasse : il nous a fourni par Peau et Pacide sulfurique un liquide qui nous a donné quelques taches arsenicales.
D'où il résulte pour nous : lo que les matières des d^'ections alvines contenaient une notable quantité d*arsenic.
2o Que les urines contenaient de petitq^ quantités d^arsenic.
Signé A. Chevaluer.
VII. Emfoisonnement de if. de Pra$lin. Symptômes observés depuis Vingestion du poison jusqu*à la mort. (Extraits des rapports de M. le professeur Andral et de M. le docteur Rouget, et des dépositions de M. le docteur J. Reymond.) — Mercredi iS août de dix heures du soir à minuit. — Vers dix heures du soir, M. de Praslin a commencé à être pris de vomissements <. Il avait le pouls extrêmement faible et était très- affaissé. Lorsqu^il eut pris un peu de vin de Bordeaux et de la glace, les vomissements ont cessé et il a para beaucoup plus calme. (Déposition de M. Reymond.)
Jeudi i). — L^état était à peu près le m'ême que la veille ; les vomissements avaient recommencé dans la nuit et dans la matinée. Mis dans le bain, M. de Praslin s*y trouve assez mal, il a une syncope en y entrant et en sortant. En sortant de ce bain il fut placé
i. Cest là le premier symptôme d'empoisonnement qui ait été positivement constaté. Les dépositions de M. Allard, chef du service de sûreté, et de rinspecteur principal Philippe, recueillies dans les derniers actes de Tenquête judiciaire, ont fait connaître que M. de Praslin, dans la journée de mercredi^ était allé un grand nombre de fois aux lieux d*aisances. Mais il n*e8t nullement établi que dans ces visites multipliées il y ait eu des évacuations ; et qu*elles niaient pas eu plutôt pour motif de rendre la surveillance plus diâicile. Quoi qu'il en soit, ce qu'il y a de très-important k noter, comme nouvel indice de Theure A laquelle le poison a été ingéré, c*est que la première entrée du duc dans les lieux d*aisance8 n*a eu lieu qu*entre cinq et six heures du soir. A. T.
8ar un fauteuil sur lequel il eut une évacuation inyolontaire. (Déposition de JV. Reymond,)
Vendredi^ 20 août, 3 heures de Vaprès^iidi. — c J'ai trouvé M. de Praslin couché dans son lit ; je lui ai demandé comment il se trouvait : il m'a répondu qu'il était mieux. Sa parole était assez ferme, son intelligence très-nette. M. de Praslin n'accusait aucune douleur dans le ventre et la pression n'en déterminait aucune dans cette partie. La langue avait son aspect naturel, la respiration s'exécutait normalement. Toutefois, avec cet ensemble de symptômes qui semblaient assez rassurants, deux autres attirèrent toute mon attention : c'était, d'une part, la petitesse extrême du pouls que Pon pouvait à peine trouver, et qui était très-irrégulier; c'était, d'autre part, le froid glacial des extrémités ; Pauscultation du cœur en montrait les battements faibles et irréguliers comme ceux du pouls.
t Les deux derniers symptômes que je viens de mentionner ne doivent pas laisser sans inquiétude sur l'état de M. de Praslin. Quant à la cause qui a déterminé cet état, on ne peut encore expri ' mer que des doutes. Les fortes émotions morales qu'a éprouvées M. dé Praslin ont pu suffire pour le produire ; mais il est possible aussi qu'il soit dû à l'ingestion d'un poison 1. La marche ultérieure des accidents pourra jeter sur ce point quelque lumière. Je pense qu'il serait nécessaire que l'on conservât à l'avenir toutes les matières évacuées afin qu'elles soient analysées, d {Premier rapport de M. Andral,)
ii heures du soir. — Les forces sont un peu relevées ; il n'y a pas eu de nouvelles évacuations; le pouls si faible et si irrégulier, à deux heures, a repris un développement suffisant, et il est redevenu régulier; ii ne lui. reste plus d'anormal qu'une assez g -ande fréquence; les mains sont aussi moins froides^. » {Deuxième tapfiirt de M. Andral.)
. 1. On voit que dès sa première visite, M. le professeur AndraJ, le ««ul méàMMi gui, à wUe époque^ ait eu à s'expliquer offieiellement et cornue expert •ur Tétat de M. de Praslin, établit formellement la possibilité de Tempoisonnement. Cest là la seule réponse qu'il soit convenable de faire aux attaques comme aux justifications qui ont alimenté la presse politique et médicale. A. T.
i. C'est à ce mouvement réactionnel de^ la circulation que se borne, en définitive^ cette prétendue amélioration dans l'état de M. de Praslin, snr laquelle on a fondé l'hypothèse de l'ingestion répétée et successive de plusieurs doses de poison. Mais il est facile de voir par les détails
IM GIBûOmTiUKES OU I£S BLESSURES ÙtfT ÈTt PAIIES.
giiMriii 21 à 9«alre Adurei du im(ûi. — c Le d«c « ëlé trutsteé sans accident de son hôtel à la prison du làaMàtomr^ U a m^»meiit éprovvé un refroiiiiflMBiaiit asses aea«Q>le «les muttémôÊH «t «10 so^asMi Tive. >
U9ê kmrê aiyrit tim arrivée. — c Visage aaMs «alm*^ mn pti plna coloré qae da&a Pétat aonnai; regard mn pea moarteiA ; <^ lenr rétablie ]^toat excepté aux mains; oppfesBiMi sodérii^ pools asses développé, donnant de 80 à 85 palsationn par adnÉb; langue nette; soif trèa-vive; ventre sans douleur; noeum ment ni envie de vomir.
DoMê la soirée, — > « Pouls petit, fréquent, fililèraM; froides; oppression extrême; oonstriction trèe-lbrte de Le gorfs; ventre météorisé et un peu douloureux ; absence complète dViit d^Miis Tarrivée au Luxembourg; pas de vomissements ; déiedioM nulles. » (Rapport de M. Rouget,)
Dimamche^^^ Mêmes symptômes, mais ))eaaooiip plminteaMs; constrictions spasmodiques de la gorge extrêmes; dégfaitîtNS .très-douloureuse; soif ardente; la langue est d^un loage IntniM ainsi que toute la membrane muqueuse de la hoscbe et da pherynx: sentiment de brûlure depuis la boneàe jusqia^à i*ejnis; ses* tre ballonné et douloureux au toucher; mouvement £ébrî2e trèsprononcé; pouls fréquent et irrégulier^ tantôt fort, ten(kôi Inbls; oppression trés^orte; point de nausées, point de -TTmisswneîi: deux selles à la suite de lavements; urine en très-petite ^fi^ititt, malgré remploi des diurétiques. (Troisième rapport ds Jf. iLsM^ Rapport de M. Rougel.)
A minuit. — Malaise très-grand; déCsilUnce nomeatenés. Ll reste de la nuit ne présente rien de partienlier, ai ce aVst mê oomplôte insomnie. (M. JRouget,)
Lundi 23. — Ëtat encore aggmvé; altératioa piDibede dis traits; teinte d^un rouge brun répandue sur toute Im, £ece; intflUh gence conservée dans son intégrité ; soif incessante ; con striction delà gorge excessive; déglutition extrêmement pénible; langue rouge et sèche; ventre très-baik>nné et douloureux: grande gèae de la respiration; pouls fréquent et petit ; extrémités trèe-froidet; pas de selles; pas d^urine. (Ifjf. Andraiet BmtgeL)
Mardi 24, 7 he^rei du matin. — La voe était dereane très-troe-
mêmes que Ton vient de lire\ qae cette journée du 20 août est ioia d*avoir été satisfaisante et a inspiré à M. Andnd de vives inquiétadsk
trôme. Le pouls était fréquent et trôs-faible. Uintellig«iMM «e •oe^^ Mryait tif^otn îAtaciê. fg i tth'Mmi re^ipovt et Jf. JlniM.)
extrémités étaient glacées ; le pouls à peine sensible et très-^A^ fnBAt T«at«nnc»9jftt qim» fti frocktinè.
M. le duc de Prwfthi, 4|Ui -cMUMnqiâl «Mlli «il pirAKMA dVn|»€t, art «dainistf<é 4 S hêf ax > m i€ dMaie ••t fmkàik le tetiicr ttoupif à 41iimret 35 nianti». (AHpiNrt ^ IT. âwi f H .)
VnL iliilcpttf «MlMiirégw dé M. éB ^êm éè ftniim. ^ JAm «optérttfur. — Le cadavre de M. le duc 4ê Pmsbià p t tmt Ê m mmû rig^ 4î*é MBtt marquée. De noaUbrcoMB «vifillarttaii^bdvMâriiqueB, et «ne OBlortJfeiett "mlneée «s remarfue vur Im mmArm el à la parUa postérieure du corpa. <— Une salive èdrawiiBê «^éeksp^ de la hmh che, et le p^artour de Paatis «est BoaiQé par aae mmb grande qwAlité île onittèreB iécalM qui «e aoot écouléat Wrt -éa Hik testin.
I>at traces <^ direrBea blenon» r€o«ntas eristemt «tett plmnears partses da cerps. Noaa con^tatontt aotammeart : À la faea^ tm froaft^ ém «PÀs^gèrea «leaiialiaaa «npêrâcMlM, •MWwrIêB €*«&• <craM« paa ëpaîMe et véaauU ; «n «'sa «oafjte fat «loiai ée vicigl tit «•• ; à Tan^ «KTteme <ia Posil droit, umylaâe «n fcpa plne pro^Mâa fûê an pnéoédawte», IxngliB -de S ce«l. «ft reea wiette 'd>ine oovche plus épaisse ; dans l'angle interne àm VteSl igmadbé une «xeoriaticoi «HblaUes irréguàUM^ wfè ptnioiigaaat «or la 9à¥é 'ém aei et en pMtle taeatnsée; 4 la lôvre infidrietna, ^^loià^iuis fuftiin «caroka* p«a,iet tua» i«f;ite9s kdHXsmtkai «aagniM» diws f^èpaâssair Ass tiaana. Ca$ drvarsaa Maasapas oat pa, aîBsi que le fUt ùlwer^wr Tun tiè aowh édMf)p«r « Te^acnaftieti toa da la ndaAe qai m<Mi Iîm le jMtriBènMiAaiiiDaa, «t aa dc^f^ntr i^MmMM f«^«Ql»oat daquai^ qoBB J«Miri «ea aa tmcvivat •dVsae «<dita fm 'êpaiasai.
Les deux mains présentent dix petites plaies pliia OQ aMÔaa dlendmea, réoamaaait «ioâtiwéea^ ranaiMn* %ai#tas à lia nette époque, et nlniéiwnaat qoa las iiégmomUm^ La forme'da oaaaveotâa^ tions indique qu^elles peuvent résulter les unes de ocft^ -dWgla ^ ^Mgrattignavea; lat aKi^ras da diaraareaii
£a jaraba gsueiie, 4 aa partie •aaHériauffe <rt daas teiMa sa haotaar, affre noe ^etmttuéoti vMaeAe, «Nm à rsniltratioa «dfuiMi graada quantité de sang avas la peau <et dans les tiasws :smia^aa»ts. An cantrs <ia cette •éwMiwe «ttch^fmose^ «an «diatin|^ tine fiatita p4«e aa^etieiBlbe praafM eampAétaïaat diaftriaéa. L^épawÀaflMiit da
sang coagulé s^étend depuis la partie antérieure du g^nou jusqu'au cou-de-pied.
A la partie supérieure de la cuisse gauche, au-dessous du pli de Paine, existe une autre ecchymose moins étendue et moins profonde.
Cavité crânienne, — La boite osseuse n^offre rien de particulier à noter dans sa conformation ni dans sa texture.
Les méninges sont intactes. On remarque seulement dans le tissu cellulaire sous-arachnoldien, au niveau des yaisseaux qui se ramifient entre les circonvolutions, une infiltration peu considénble de sérosité un peu louche.
Le cerveau est sain ; sa consistance, sa couleur, sa stmctiir» sont tout à fait normales. On trouve une très*petite quantité de sérosité épanchée dans Tintôrieur des ventricules.
Cavité thoracique. — U n^existe pas de sang ni de sérosité épanchés dans la cavité thoracique. Aucune adhérence ancienne on récente ne réunit les feuillets de la plèvre.
Les poumons ont un volume assez considérable et une consistance assez grande. La partie antérieure et le sommet des deux pon' mons sont parfaitement sains. A la partie postérieure, il existe un engouement très «marqué et une congestion sanguine. On trouve même dans Tépaisseur du tissu pulmonaire, et à la surface, soos la plèvre, plusieurs noyaux de sang noir infiltré ayant les caractères de Tapoplexie pulmonaire.
Le cœur est volumineux, ses parois sont épaisses. Le ventricale gauche renferme une{>etite quantité de sang liquide. A Pintériear de cette cavité, sur les piliers et sur les différents points de la surface interne du ventricule, on observe un grand nombre de petites taches hémorrhagiques disséminées, formées par du sang épan* chô sous la séreuse endocardique, et qui dans quelques parties pénètre jusque dans Tépaisseur des colonnes charnues et du tissa propre du cœur.
Le ventricule et Toreillette droits sont distendus par un caillot volumineux, décoloré, fibrineux, qui se prolonge jusque dans Par» tère pulmonaire. ■
Cavité abdominale. — Tube digestif, — Le tube digestif est enleré dans sa totalité, depuis la partie supérieure de Pœsophage jusqu^i la dernière portion du gros intestin. — L^arrière- gorge et Pœsophage examinés avec soin n'offrent rien d'anormal.
L^estomac, détaché séparément, et préalablement débarrassé des matières qu'il contenait, consistant en une petite quantité
d'gQ liquide brun, recueillies dans un bocal de verre neuf, présente à sa face interne des lésions très-graves et caractéristiques. — De Pextrémité du cardia jusqu^au pylore il existe sept large» eschares, dont les dimensions varient de 2 à 4 cent, disséminées le long de la grande courbure. Ces eschares sont noires, très-nettement circonscrites par un liséré d^un blanc jaunâtre; d'une consistance très -différente de celle des parties voisines, elles ont un aspect presque corné dans certains points. Autour de ces eschares, dans une petite étendue, la membrane muqueuse gastrique est un peu ramollie, et d'une coloration rouge foncé due k une vascularisation inflammatoire. Les eschares n'intéressent pas tonte l'épaisseur des parois de Pestomac. Il n'y a nulle part ni ulcération ni perforation. La membrane interne est saine dans toutes les parties qui séparent les eschares que nous venons de décrire. — Les matières contenues dans l'intestin sont recueillies comme celles que renfermait Pestomac.
L'intestin grêle, examiné dans toute son étendue, n'offre pas une seule eschare analogue à celle de l'estomac. Mais, à sa partie supérieure dans le duodénum et dans les dernières portions de l'iléon, la membrame muqueuse est le siège d'une violente inflammation, caractérisée par une rougeur sombre presque uniforme, résultant de l'ingestion très-considérable d'un grand nombre de petits vaisseaux capillaires. Cette membrane n'est d'ailleurs nulle part ulcérée ou détruite.
La partie moyenne de Tintestin grêle, celle que l'on appelle le jéjunum, est intacte. Il en est de même du gros intestin, qui, soit à sa face interne, soit à sa face externe, et à ses extrémités n'est le siège d'aucune lésion.
Foie, — Le foie est à l'état normal, tant pour son volume que pour sa coloration et sa texture. Il contient peu de sang.
La rate et les autres viscères abdominaux sont tout à fait sains ^.
Conclusions. — De l'examen cadavérique qui précède, nous concluons que :
lo Tout porte à penser que la mort de M. duc de Praslin est le résultat de l'ingestion d'une substance irritante.
2** L'analyse chimique des viscères extraits du cadavre est né-
i. La vessie était vide. Mais il est bon de remarquer que dans les derniers moments de la vie une certaine quantité d^urine avait été rendue. A. T.
110 CIRGQWrJUKES OÙ IfiS HLBSSCBfiS (HT ttt WÂXt^S.
mmtàn pdar détamitier U otase réellie dm là mort« la iiMhii^ dei amtîAi^K iiig^RiSMK et poar fournir Im mo^^Ms to visoviére iai fmtiou ]pos4«t dans l'oc^onnaAoe de M. le ekaaoefiar die Ff«iiei« yrMdsmt dl« U Goisr dee pnîn.
S«7ii^ : Orfojl, â. Tahimxu; Akimui.,
IX. Àmahf9ê des tùeires 9gtrûit9 en netàâmrê 4ê M^ Je Quatre bocaux sceliés et étiquetée renfermant : !• le fate ; 2e ta* tomae et iea matières qu'il ooutenait; 9» ka iatealiiia «Ktraîts di eaiuTre d» M. k dno de Praalin; 4o «ne certaine quauatité d>uiM rendue par lui dane les demien mcMsieiita de aa fie.
Bxtmim dm réactift, — Afin de noua aseurer avant %Mit de h pureté dea réactifs qui devaient être employée daas le coors di Boa eq^érienoea^ noua avoua pria 500 graïamea d^azotate de pe* tasse (nitre) que nous avons fait chauffer avec 400 gieiaïail d'acide aulfurique jusqu'à transformation complète de i^asetate en iulûite acide de potasee.
Le sulfate obtenu a été disaous dana ua litre d'eaa dîatittèe bouillante. La liqueur, très-^rtemeat acide^ a été [^res^e piétemeat aaturée par la potaase à Taloool qui devait aervir à nos opérations ; puis elle a été introduite daaa qil appareil de Marah^ dana lequel ae trouvaient 6Û graoïeaaa de oae métallique.
L^appareil ainsi composé a fonetiouné jusqu'à Tentier épaîiement du sine, et pendant tout ce temps u^ pae donné aa seul atome d'arsenic
Cette épreuve complexe a démontré à la fois rabaeaoe d^araent daaa presque toua nos réactifs, à savoir : !• Taeetate de potaaM; 2? la potasse à Talcool ; do Tacide aulftirique ; 4« le xùae ; 5» rein distillée.
L'acide chlorhydrique a été ensuite essayé à part. On a iiiit peaser à travera 300 grammes de cet acide un courant d^hy^raftee sulfuré, et il ne s^est pas formé de sulfure d'arsenic. D*ajie antre part, on a £&it fonctionner un appareil de Mai^ak a^ac raaide chlorhydrique, et l'on n'a pas obtenu d'arsenic
L'acide chlorhydrique est donc aussi pur que Iea autres réactifs.
Enfin on s'est assuré de la pureté de l'acide azotique.
AntUyse du foie. — Après cette épreuve préalable, noua avoaa abordé l^analvse du foie.
LES BLESSURES DOmStir^ELOES tTRE mVCTÉCS. 171
Cet orgmiia a été diirifié en trois parties, dont éevx tealement oot été employées d«Bs bos expériences.
i* Bmmwèm ém féU f&rlêtklon. — 400 gnunues du foie ont été rëdiiils dans un inorti«* à l'état de pnlpe nmgeàtre qne Ton a délayée dans 2 litres d'eau distillée ; et eofimiB dans cet état pendent qnatre heorea à l^etion d'nn double courant de cÛore gnzeoz, agent if ui détroit la pree^fne totalité de ht matière orgâ-» nique et qui permet de décoovrir dans les organes environ tm tiare d'anenic de f^oe^foe ee que V<m obtient par tout autre procédé.
Le tissu du foie, traversé par le chlore, s^est changé en une eobetance caeéeose d*un blanc jaunâtre. Après Pavoir laissé reposer pendant douae heures on a filtré; et le liquide, provenant de la filtration, a été évaporé de manière à ce que le chlore qui 8^ trouvait en exoèe se dégageât. Nous ne nous sommes pas l>ornés à Tévaporation du liquide ; mais toujours dans le but de duMser le chlore, et aussi pour séparer une assez grande quantité d'acide sutfbydrique qui se forma dans cette circonstance <, noua l'avotts traité par Pacide sulfîirîque, 5 grammes environ, et placé ensuite dans Pappareil de Marsh.
Le traitemeM par l'acide sutfurique était tellement nécessaire que, avant qu*il eût eu Heu, la liqueur essayée dans Tappareil de Marsh donnait . A peine quelques taches jaunes de sulfure d*ar* ssnic; tandis qu'après oe traitement nous avoBs obtenu une quantité prodigieuse d'arsenic qui 8>st déposé, sous forme de taches, au fond d'une grande assiette de porcelaine que nous représentons, eC qui en est complètement couverte. *
2^ ExmMn du /oie par U HÎtre. — Le second tiers du foie pré* sentant le même poids que le précédent, écrasé dans un mortier de porcelaine neuf, et réduit en bouillie, à l'aide du liquide qui s'en était écoulé et que contenait le bocal où ce viscère avait été renfermé, a été mélangé avec 250 grammes d'azotate de potasse et 10 grammes de potasse destinée à fixer l'adde arsénieux.
Le mélange a été chauffé doucement dans une capsule de porce» laime jusqu'à ce qu'il ait été desséché. On l'a alors projeté par petites parties dans un creuset chauffé au roûge où s'est opérée l'incinération da mélange et la destruction de la matière organique. Le produit de cette incinération, coulé dans une capsule de latine, n'a pas tardé, par le refroidissement, à se prendre en une