‹ Étude médico-légale sur les blessures, comprenant les blessures en général et les blessures parChapitre 27 sur 82 · ACCIDENTS DE CHEMINS DE FER · texte numérisé non relu

ACCIDENTS DE CHEMINS DE FER

que des coutusions très-légôres dont les marques s'étaient effacées rapidement, et n'avait ressenti d^autre ébranlement nerveax qae celui qu'avait causé la peur ; il en était résulté une indisposition de quelques jours. Cette demoiselle prétendait aussi avoir éprouvé un peu d'irrégularîté dans les époques menstruelles, mais ces trou blés sans importance trouvaient une explication naturelle dans un abaissement de la matrice et dans un engorgement de cet organe ti'ès-ancien et tout à fait indépendant de Taccident dont elle avait été récemment victime.

Obs. XXVI. — Rencontré de deux trains. Plaie contuse sans gravité. Demande exagérée, — M"** G..., demeurant à Rueil, se trouvait dans le môme train que la demoiselle M..., lors de l'accident dont il vient d*ôtre fait mention dans le cas précédent. Je Pai visitée à la même date, de concert avec M. le docteur Oulmont, médecin en chef de la Compagnie de TEst.

Elle avait eu au front, au-dessus du sourcil droit, une plaie contuse, actuellement cicatrisée depuis un certain temps. Au niveau de la cicatrice, je constatai un peu de gonflement du périoste. La vision, qui avait été troublée dans les premiers jours, est revenue à peu près à Tétat normal. Il y a de la fatigue et un brisement général. Mais il convient de faire remarquer que la dameQ..., de constitution trôs-débile et fort maigre, présente tous les signes d'nne phthisie pulmonaire commençante.

Malgré les suites relativement peu graves de Taccident, la dame G... demandait à la Compagnie une indemnité de 150,000 fr., dont je n'ai pas eu de peine à établir l'exagération,

Obs. XXVI I. — Déraillement sur la li^jne de Saint-Germain, Visile d'une dame blessée. Exagération des troubles allégués et de la demandé d'indemnité, — Madame veuve G... , couturière, a été blessée le 6 septembre 1858 , par suite d'un déraillement survenu au Vésinet. Elle dit avoir été obligée pendant plusieurs semaines de recevoir les soins d'un médecin, de suivre un traitement coûteux et de renoncer à son travail de m al tresse couturière. Depuis cette première demande, plus de six mois après l'accident, elle faisait -signifier à la Compagnie du chemin de fer de l'Ouest des conclusions additionnelles dans lesquelles, prétendant que son état avait empiré et que sa vie, par suite d'accidents survenus pe:i«!ant le cours de sa maladie, était gravement compromise, elle élevait de . 5,000 fr. à 25,000 fr. le chiffre de l'indemnité qu'elle avait primîtivement réclamée.

Par un jugement d'avant faire droit, du 9 avril 1859, je fus

Tardmu, BiMsures. 15

î2i28 cuoix d'observations de blessures par imprudence.

le médecin peut arriver à acquérir l'expérience personnelle' qui, jointe à une certaine pénétration, peut seule le mettre à même de déjouer les ruses des simulateurs. C'est pourquoi je me fais un devoir de publier les observations particulières qui s'offrent à moi dans la pratique, et qui me paraissaieol dignes d'intérêt..

Celle que l'on va lire est relative à un cas fort curieux de paralysie simulée à la suite d'un accident de chemin de fer. Elle est très-instructive à plus d'un titre, mais principalement en ce qu'elle fournit un spécimen très-frappant de ce que peut une analyse physiologique minutieuse dans rappréciation des caractères de la simulation.

0b3 XXX. - Déraillement sur la ligne delà Méditet^anée. Précipitation du train du haut d'un remblai. Visite d'un voyageur Uessi. Fracture du bassin, paralysie simulée^. —Sur rinvitation des coir seils de la compagnie du chemin de fer de la Méditerranée, je me suis transporté le 25 mai 1867 à F..., à 1 effet de visiter le sieur N... et de donner mon avis sur Tétat dans lequel il se trouve actuellement, et sur le degré de gravité que présentent pour le présent et pour revenir les blessures qu*il a reçues le 6 juillet 1865 lors de raccideol de Rognac. J^ai de plus reçu communication des documenta m^ eaux déjà recueillis dans Tintérêt de Tune et de Tautre partie, notamment des certificats délivrés par les médecins qui ont doime leurs soins au sieur N..., des rapports nombreux dressés à son sujet par M. le docteur Sanguin fils, médecin de la compagnie en résidence à Saint-Chamas, ainsi que du rapport de M. le docteur X..., agrégé à la Faculté de médecine de Montpellier, expert désigné par le président du tribunal de cette ville, au refus da doyen de la Faculté nommé par jugement du tribunal de la Seine. C'est d'après ces divers documents et d'après mes propres obsemtious que je suis arrivé à me former une opinion et à formuler les conclusions que je vais exposer en mon honneur et conscience.

11 est indispensable de retracer d^abord et dans toute leur exactitude les préliminaires de la visite à laquelle nous avons soumisle sieur N... Nous nous sommes présenté à son domicile accompagné de M. le docteur Sanguin, médecin de la compagnie qui lui était bien connu, et nous avons tenu à lui faire connaître trôs-explicite-

1. Tar<li'*u. Question médieo-légaU de la simulation, (Annaleê d*hvQ viR fS(>î<, 2« série, tome XXX, p, 100.)

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