ACCIDENTS DK CHEMINS DE FER
ment notre qualité et Tobjet de notre visite. Le sieur N..., qui s'est montré durant tout le cours de notre entrevue très-intelligent «t préoccupé à Textréme des résultats de Faction quMl a intentée à la compagnie, a résisté d^abord à toute demande d^examen de notre part. Il aurait voulu pouvoir prendre Tavis de ses conseils. Il avait, disait-il, été examiné bien des fois, les constatations de Texpert devaient suffire. Nous lui avons représenté quMl était parfaitement libre, mais que notre mission était une mission de vérité et de justice; que la dernière visite qui lui avait été faite remontait à plus de cinq mois, et qu'il était très-important à tous les points de vue de constater s'il n'était pas survenu de changements dans son état; qu'enfin son refus de se laisser examiner par nous pourrait être mal interprété et donner à penser qu'il avait quelque chose à cacher. Ce dernier argument a paru le toucher et il a fini par se prêter à notre examen, non sans récriminations et sans <ïommentaires de tous genres. Nous ne pouvons nous dispenser de mentionner ici l'impression que nous avons ressentie en voyant le sieur N..., sans cesse en défiance, ne répondant à nos questions les plus directes et les plus simples qu'avec un embarras et une hésitation évidents; se jetant à chaque instant dans des digressions hors de propos qui n'ont pu, du reste, troubler en rien, rendre ou moins complètes ou moins sûres les investigations auxquelles nous nous sommes livré.
On serait tenté, d'après les allégations qui se sont produites, de se représenter le sieur N... comme affaibli par la souffrance et traînant, depuis l'accident dont il a été victime, une existence misérable et sans cesse menacée. Nous affirmons qu'il n'en est rien : le sieur N... est un jeune homme d'une vigueur peu commune, offrant tous les attributs de la santé la plus florissante. Nous l'avons trouvé au lit, mais il n'était que onze heures du matin et il ne se lève généralement qu'après midi. Cette dernière circonstance nous a promis de procéder dans les conditions les plus favorables à un examen très-complet.
Nous avons reconnu tout d'abord que le sieur N... peut prendre dans son lit toutes les positions qu'il veut et avec la plus entière liberté de mouvement. Il était assis et lisait; nous avons constaté que, dans cette attitude, les deux membres inférieurs étaient étendus parallèlement tout à fait à plat sur le plan horizontal que forme le lit, et sans autre différence qu'une apparence de très-léger allongement du membre droit qui tient à l'inclinaison de la moitié correspondante du bassin.
330 cuoix d'observations de blessures par imprudence.
Il est impossible au premier coup d'ceil de ne pa» être frappé "^ développement des muscles des membres inférieurs chez le swnr N...' Ce développement nVst pas seulement considérable pourl68 lieux membres. Il est plus marqué, notablement plus marqué da oôté droit que du cété gaucbe, et c^est précisément le côté droit t;ui serait atteint de paralysie. Cette particularité plus qu'étras^ •niavait pas échappé à l'honorable expert de Montpellier, qui n^ent cependant tenu aucun compte, quoiqu'elle soit impossible à comprendre dans un membre paralysé. Nous- '▼errons comment s'explique par uuétat tout contraii'e ce surcroît de volume 'du membi^.
'Poursuivant notre examen, nous avons facilement troavé h trace de la fracture de l'os du bassin du éôté droit dans la partie qui répond au pli supérieur et interne de la cuisse derrière ]m bourses. Mais eu même temps que l'on s'assure du point où la soiotion de continuité a existé, on voit que la consolidation de la fraeture s'est opérée d'une manière véritablement parfaite et presque inespérée sans déplacement ni déformation et sans laisser après 'elle autre chose qu'un peu>de gêne dans les mouvements d*écartB' ment de la cuisse qui sont plus bornés qu'ils ne devraient Têtre. Mais, disons-le dès à présent, c'est à cela que se bornent ponrle eieur N... les conséquences de l'accident de 6 uîllet 1865.
Nous avons exploré la sensiniiue aes memiires inienoars, -nos que nous ayons la moindre confiance dans cette épreuve dans laquelle on est conduit à recueillir les impressions plus ou moins sincères de celui qu'on interroge, mais parce que précisément tes tergiversations de celui-ci ont une certaine valeur morale -qui n*eil pas à dédaigner. L'épreuve consiste à pincer plus ou moins fortement un point du membre que l'on suppose frappé dUnsensilftlité. Or, rien n*est plus facile à une personne avertie que iie se défendre contre cette sensation de douleur, toujours trôs-îsnpportable. Cette épreuve nous a montré que le sieur N .. se défiait ie ses propres impressions, et craignait qu'en répondant conformément à ce qu'il sentait il ne dît l'inverse de ce qu'il eût falla. Quand nous l'invitions à fermer les yeux pendant que nous ton* ohions tel ou tel point du membre, il se hAtait de les rouTrir. Novs Pavons fait mettre sur le ventre, et alors le pinçant sur la partia postérieure, la où il ne pouvait pas voir, nous n'obtenions pas é» réponse (\e lui, ou il posait la main pour savoir si réellement nom l'avions touché. Nous l'avons chatouillé sous la plante des pieds, et même du côté réputé sain, nous n'avons déterminé que qoelqtiM contractions des orteils qui se sont produites également, aaîa