CHOIX D*OBS£RTATIORS DE BLESSURES PAR QIPRUDEEICE
148. Le^BÎeur Riquer, employé à l'intendance de la maison de S. A. I. le prince Jérôme Napoléon, atteint de onze blessures, est mort à rhôpital de Lariboisière, le soir «môme de Pattentat. Aa bras gauche existait une plaie pénétrante. A la cuisse du même côté on en comptait trois, en ayant, en dehors et en dedans, li première, traversant presque toute Tépaisseur du membre, avait dilacéré les muscles dans une grande étendue, ce que ne pouTait faire soupçonner Tétroitesse de Torifice extérieur. A la jambe droite, en dehors, une large plaie profonde et une autre en dedans au-dessous du genou. Au-devant de Tabdomen, on compte quatre plaies, dont deux ont pénétré dans le ventre et perforé les intestins en trois points différents. On retrouve un fragment engagé dans le gros intestin. Un peu de sang s^est épancbé dans le péritoine où rinflammation n*a pas eu le temps de se développer. Enfin, juste au milieu du front, on voit un trou béant, en apparence très-régulièrement arrondi, mais dont en réalité les bords sont inégaux. L^os frontal est perforé de part en part sur la ligne médiane, entre les deux arcades sourcilières. La table externe est coupée nettement, et présente une ouverture assez régulièrement ronde, de six millimètres de diamètre ; la table interne est comme déchirée dans une étendue plus que double. Le corps étranger n'a pas été retrouvé dans le cervea u ; il 8*était probablement perdu dans les sinus de la face, à laquelle on ne devait point toucher. Le cerveau a été atteint et du sang est épanché dans la substance nerveuse. La mort est le résultat nécessaire de la plaie du crâne et de la lésion du cerveau. Les blessures du ventre et des inietUns n^eussent pas été moins graves, quoique moins rapidement mortelles.
149, Le sieur Batly, garde de Paris, est mort le 15 janvier, à onze heures du soir, à Phôpital Lariboisière, atteint de neu/* bletsures. L^examen cadavérique a eu lieu le 16 janvier. Au-dessns de Pœil gauche, une plaie pénétrante a traversé l'os frontal, en déterminant une perte de substance considérable. L^os a été perforé d^outre en outre. Gomme sur la première pièce, Pouverture de la table externe est assez nette, irrégulièrement ovalaire, ajant 6 millimètres dans sa plus grande longueur et 4 dans sa plus grande largeur. La table interne a été brisée très-irrégulièrement comme soulevée et déchirée en écailles, dont plusieurs ont été retrouvées à plus d^un centimètre dans la substance cérébrale. La perte da substance de la table interne est quatre fois plus grande que [osUe de Tautre table. Le seul corps étranger, retrouvé à quatre oaati-
mètres de profondeur dans la substance cérébrale, était gros comme une tête d'épingle. Au côtégaucbe de la poitrine, une plaie large de 3 centimètres a pénétré jusque dans cette cavité en déchirant les viscères. L^avant-bras droit présente, au-dessus du poignet, une plaie contuse avec épanchement de sang très-étendu. La cuisse droite a été frappée en quatre endroits par des projectiles de très-petite dimension, qui n^ont laissé qu^une très-petite plaie. Il en existe deux semblables à la jambe gauche. La mort est manifestement le résultat des graves blessures de la tôte et de la poitrine.
150. Le Haas^ négociant américain. Âgé de 35 ans, rue du Ghâteau-d'Eau, 81, à Thôtel de TUnion, a reçu une seule blessure au sommet de la tête. Le cuir chevelu avait été profondément déchiré dans une étendue de 4 à 5 centimètres. Cette plaie n^avait déterminé au premier moment qu^une très-abondante hémorrhagie, et avait pu paraître sans gravité ; mais le quatrième jour, le sieur Haas prenait le lit avec un violent frisson, des symptômes cérébraux, de la paralysie, se manifestaient, et il succombait le 26 janvier à une lésion du cerveau, suite directe de sa blessure.
151. Le sieur i^a/Jin, maître d^hôtel, rue- de la Micbodière, 27, yisité le 17 janvier, est atteint d'aune seule blessure consistant en une plaie à Tangle de la paupière du côté gauche, qui a déterminé un gonflement énorme avec inflammation phlegmoneuse de Porbite. La fièvre est très-violente, les douleurs extrêmement aiguës, Tétat très-grave, d^autant plus que le blessé est déjà privé de Tautre œil. Il y a donc lieu de concevoir des iuquiétudes sérieuses, Boit pour la vue, soit môme pour la vie.
Nos craintes se sont justifiées. Le sieur Raffin a succombé le 27 janvier aux suites de sa blessure.
152. Le sieur Dussange, apprenti ébéniste. Âgé de 13 ans, demeurant rue Rossini, 10, visité le 19 janvier, est atteint de neuf blessures. A la tempe droite, une plaie large et profonde, qui a pi*obablement intéressé la botte osseuse. Une superficielle à la joue du môme côté. A la main droite, une plaie assez profonde sur la face dorsale, et une autre sur le poignet. Â la jambe gauche, deux plaies avec perte de substance assez étendue. Deux à la cuisse droite et une au pied droit. Cet enfant est en proie à la fièvre, et dans une stupeur dont le délire seul le fait sortir. Son état est trèsgrave et sa vie en danger. Les symptômes cérébraux ont été en augmentant de jour en jour depuis notre première visite, et cet •nfant a succombé le 5 février.
332 CHOIX d'OBSERTATIONS BE BLESTORES par IHPRnDE!YCE.
153. Le sieur Chagsard, commis aax yentes, demeurant me de Lancry, 27, visité à Pliôpital Saint-Louis le 18 janvier, est atteint de êept blessures. Au bras droit, deux plaies dont Tune pénètre profondément dans les chairs; une superficielle au poignet. Aq côté externe de la jambe gauche, une plaie assez large pénètre jnsqu*au péroné, qui est dénudé. A la partie antérieure, il en existe deux moins graves. A la cuisse droite , en dehors , il exUte une dernière plaie. La douleur et la fièvre sont vives. Une infection purulente développée d'une manière soudaine le jour même où Ton a extrait le corps étranger de la blessure a emporté le sienr Chassardle 6 février. On a trouvé, à Pautopsie, une infiltration de pus considérable dans Tos lui-même et des abcès multiples, caractéristiques de rinfection purulente.
154. Le sieur Dahlen, garde de Paris, visité au Val-de-Grâce le 16 janvier, est atteint d'une seule blessure consistant en une plaie de l'avaùt-bras droit, située au-dessous du coude, en dehors de Particulation et traversant les régions antérieures près du pli do coude. Cette plaie, large de 4 centimètres, très-continue, donnera lieu à de vives douleurs, à une inflammation très-vive et à une suppuration prolongée qui retardera la guérison au delà d'un mois. Cette grave blessure s'est compliquée d'une infection purulente qui s'est terminée par la mort le 8 février.
155. Le sieur Walleau, concierge, demeurant rue Saint-Georges, 16, visité le 22 janvier, est atteint d^tine seule blessure consistant en une plaie à la partie interne et supérieure de la caisse gauche qui a donné lieu à un commencement de phlegmon. Cet état est assez grave et peut se compliquer; il exigera un traitement et un repos assez long. Transporté à la maison municipale de sauté le '2Q janvier, il y a succombé le 8 février. La mort a été presque subite. Le phlegmon qui était survenu paraissait en voie de guérison, lorsqu'une plaque érysipélateuse se montra sans cansc apparente sur la jambe non blessée. Deux jours après, une suffocation soudaine emporta le blessé, et les organes examinés après la mort ne laissèrent voir aucune lésion appréciable, si ce n'est une infiltration purulente peu étendue dans le point opposé à la blessure où le phlegmon reparaissait. Cette mort subite, conséquence de la blessure, est analogue à celles qui surviennent dans le cours des fièvres graves et de l'infection purulente elle-même.
156. La jeune Girodon (Marie), âgée de quinze ans, domestique, demeurant rue de Rivoli, 224, visitée à l'hôpital Lariboisiôre, a été atteinte de detAX blessures. L'une consiste en une plaie pénétrante
de rarticulation du genou, qui n*a pas moins de 2 centimètres de diamètre et qui s'accompagne d^une inflammation très>aiguô. L'autre est une fracture de la cuisse du même côté, fracture simple, sans doute consécutive à la chute amenée pai* la blessure du genou, qu'elle complique de la manière la plus pénible et la plus fâcheuse. Cette double blessure est très-grave, et Ton ne peut prévoir quelles en seront les suites ; car elle est de nature à compromettre la vie de la blessée, ou tout au moins à la rendre inârme pour le reste de ses jours.
L'absence de gonflement et de réaction locale éloigna l'idée d'amputation dans les premiers jours qui suivirent l'accident. Plus tard, vers les premiers jours de février, on vit survenir une tuméfaction notable du côté de l'articulation du genou avec augmentation de la douleur; en même temps la plaie qui jusque-là n'avait donné issue qu'à une ti*ès petite quantité de liquide séreux devint le siège d'un écoulement purulent. L'amputation fut presque décidée pour le 4 février. Mais une légère amélioration survint, 9i ridée d'opération fut écartée de nouveau.
Quant à l'état général on observa constamment un mouvement fébrile marqué, une agitation extrême avec altération de la face, et du côté de Tabdomen une constipation opiniâtre accompagnée de douleurs vagues dans les régions hépatique et splénique, douleurs qui semblaient indiquer des contusions profondes.
Vers les derniers jours de février on put constater une aggravation évidente de tous les S3^mptômes. Un épanchement douloureux, bientôt suivi de tuméfaction, se manifeste au côté interne de l'articulation du genou, puis un écoulement abondant du pus par la plaie amena une diminution rapide du gonflement. Quatre jours après, le 3 mars, apparaissait un nouvel empâtement à la face antérieure de la cuisse au niveau de la fracture, et le 6 le chef du service pratiquait une large incision verticale sur ce point devenu fluctuant, et par cette incision s'écoulait un sang pâle mêlé de pus.
A partir de cô moment, l'adynamie se déclare franchement avec tous ses signes : amaigrissement extrême et perte de forcj, diarrhée coUiquative, vomissements continuels de nature Lilieuse, formation d'eschares au sacrum, manifestation d'un érysipèle ambulant sur tout le membre malade. Puis enfin douleurs vives à la paroi interne du tborax, forniation présumée d'un épanchement dans la plèvre droite, mais sans frissons, sans ictère, sans symptômes du côté des articulations. Eufln la mort est arrivée le
334 CHOIX D*OBSERYâTIONS de blessures par IHPRUDBIICE.
18 mars à 2 heures du matin, après de violents accès de suffocation.
L'autopsie a été faite 30 heures après la mort. On n^a pu examiner que le memhre hlessé. La cuisse encore notablement tuméfiée, hien que le gonflement eût considérahlement diminué dans les quinze derniers jours, présentait, outre un raccourcissement de trois centimètres, une courhure marquée à concavité inférieure et interne. En faisant mouToir le fragment inférieur on arriTtit aisément à ramener le memhre dans une direction rectili-
gne.
Une incision pratiquée sur la partie moyenne de la face antérieure de la cuisse permettait d'arriver jusqu'au fémur. Dans Tépaisseur des parties molles on trouvait une vaste collection purulente à parois formée d'une part par la couche osseuse recouverte de tissu noirâtre, sphacélé, et d'autre part par la couche musculaire également sphacélée dans presque toute son épaisseor. Cette collection purulente enveloppait l'os sur sa partie antérieure et interne; elle s'étendait en hauteur de la partie supérieure des condyles du fémur à deux centimètres au-dessus des trochanters. Un second ahcès occupait l'intérieur du vaste interne sans présenter de communication avec le premier.
L'os lui-même, privé de son périoste dans une grande partie de son étendue, ne présentait aucune consolidation au niveau de li fracture. Celte fracture, très-ohlique en has et en dehors, commençait sur la face interne du fémur à 3 centimètres au-dessous du petit trochanter, et s'arrêtait sur la face externe à 19 cenUmètres au-dessus de l'interligne articulaire du genou. Le fragment supérieur, très-ohliquement dirigé de haut en has et de dedans en dehors, avait la forme d'un Y à hranches courhes, à sommet aign, qui correspondait au hord externe du fémur. Le fragment infériear avait une disposition inverse. Des productions osseuses très-irrégulières les éloignaient l'un de l'autre sans déterminer d'adhérence. Du côté du fragment inférieur on pouvait voir la moelle ossifiée dans une étendue de 2 ou 3 centimètres.
Les deux surfaces articulaires du fémur étaient saines. L^arti* culation du genou ne contenait pas de liquide.
A 7 centimètres au-dessus de l'extrémité inférieure on découvrait un orifice très-irrégulièremeut circulaire, situé sur la Taca externe de l'os, et par lequel le projectile devait évidemment aroîr pénétré. Et en effet, un trait de scie vertical et antéro-postérieur conduisait sur le co:*ps étranger lojé dans une cavité située i
Tanion du quart inférieur avec les trois quarts supérieurs du fémur, au-dessous de Pextrémité inférieure du canal médullaire, dans l'épaisseur du tissu spongieux légèrement épaissi mais sans trace d'ostéite bien évidente.
La cavité n'était circonscrite en arrière que par une lame de tissu osseux très-manifestement nécrosée, et d'une épaisseur de 1 à 2 millimètres.
Le projectile lui-même a la forme d'un coin de 1 centimètre à 1 centimètre et demi de la base au sommet, de 6 à 7 millimètres de haut et 4 à 5 d'épaisseur; l'une de ses surfaces est lisse et appartient bien visiblement à la surface externe de la grenade, toutes les autres faces sont irrégulières et rugueuses.
Exposé des caractères généraiix des diverses blessures, et appréciation de leur nature et de leurs conséquences, — Les 156 ^blessés dont la situation individuelle vient d'être sommairement indiquée, comprenaient 21 femmes et 11 enfants de 7 à 15 ans. Leurs professions très-diverses ne sauraient être rappelées ici; qu'il suffise de dire qu'ils appartenaient à toutes les classes, depuis les plus élevées jusqu'aux plus humbles, et que l'on a compté parmi eux 24 militaires (13 lanciers et 11 soldats de la garde de Paris), et 31 agents de l'administration.
Le nombre des blessés ne donne pas l'idée des désastres causés par les projectiles meurtriers. En effet, la plupart des personnes atteintes l'ont été par plusieurs blessures à la fois. Et le chiffre de celles que nous avons constatées s'élève, pour l'ensemble des blessés, à 511, sur lesquelles porteront les considérations dans lesquelles nous allons entrer relativement au siège, à la forme, à la direction, et aux conséquences directes ou indirectes qu'elles pourront présenter.
Nous n'avons pas à nous étendre sur les causes de ces blessures et sur la manière dont elles ont été produites. Nous ferons seulement remarquer que, à part un très-petit nombre de contusions légères dues à des chutes ou à des coups accidentels, et de déchirures produites par des éclats de verre, toutes les blessures résultant de l'attentat du 14 janvier ont été faites par l'explosion des projectiles fulminants et par les innombrables fragments qu'ils ont lancés en éclatant. L'extrême ténuité de la plupart de ces débris • explique à la fois la multiplicité des blessures et leur forme particulière, ainsi que l'impossibilité dans laquelle un s'est trouvé le plus souvent d'extraire des plaies les grains de métal qui y étaient incrustés. Ajoutons que le pas de vis qui réunissait les deux moi-
336 CHOIX d'observations de blessures par IMPaUDEHGE.
tiés supérieure et inférieure du projectile creux, ainsi que les canenelures des nombreuses cheminées creusées à Tune des extrémitéi, ont dû exercer une influence très-appréciable sur la forme d'un certain nombre de plaies; de même que réléyation de la température due à la déflagration de la poudre fulminante, a douné aux fragments projetés le pouvoir de brûler les tissus dians la profondeur desquels ils étaient lancés. Il est môme permis de se demander» si quelque parcelle de poudre, qui n^aurait pas fclaté, n'aurait pas pu pénétrer dans quelques-unes des plaies, et ajouter aux désordres produits par les projectiles.
Le siège de ces nombreuses blessures était important à déterminer. On peut dire d'une manière générale qu'aucune partie du corps n'a été épargnée. En eflTet, les 511 blessures se répartissent à cet égard de la manière suivante :
A la tète 134 ainsi subdivisées :
Sur le crâne 43 )
Alaface 71 J 134
Aux yeux )20 )
Au cou ••.«•• 15
A la poitrine 18
Au ventre iO
A la partie postérieure du tronc , (J
Aux membres supérieurs 62
Aux membres inférieurs 263
Aux ortj'anes «5'énitaux 3
Il est impossible de ne pas être frappé de la proportion relativement énorme des blessures qui ont atteint les membres inférieurs et de ne pas rapprocher cette circonstance des conditions dans lesquelles a eu lieu l'explosion. Il faut se garder toutefois de donner trop d'importance à cette particularité, en présence du chiffre considérable des blessures dont le siège est à la tête.
Nous avons dit que la plupart des personnes atteintes auraient reçu plusieurs blessures à la fois. 59 seulement n'en ont eu qu*ane seule. Sur quelques-uns des blessés, nous en ayons compté onze, douze, seize, dix-sept, et jusqu'à vingt et vingt-deux. Le plus grand nombre eu présente au moins deux, trois ou quatre.
Toutes les plaies ofli'eut da^s leur forme et dans leurs dimensions la plus frappante analogie.
La plupart sont très-petites et ne dépassent pas un diamètre de quelques milimètres. Les autres varient de 1 à 3 centimètres ; et ces dernières dimensions sont même exceptionnelles. Au prexnier
aspect, les plaies paraissent affecter une forme assez régulière, généralement arrondie, comme celles que produisent le plus ordinairement les projectiles lancés par les armes à feu. Mais en j regardant de plus près, on reconnaît qu'aucune des blessures ne présente une forme régulière. Quelques-unes sont à peu près rondes ; mais leurs bords sont inégaux et comme déchiquetés. Un grand nombre sont triangulaires et reproduisent assez exactement Tapparence d'une piqûre de sangsue; enfin, nous en avons trouvé plusieurs tout à fait carrées. Ces différences de forme répondent très-exactement à celles des fragments multiples et inégaux en lesquels se sont divisés les projectiles explosifs. LUrrégularité d« quelques plaies est plus grande encore dans un petit nombre do cas où les téguments ont été déchirés obliquement et sur uneplui large surface.
Dans le plus grand nombre des cas, les blessures ont pénétré profondément, et si Ton voit parmi les blessures légères de petites excoriations superficielles et ne dépassant pas Tépaisseur de la peau, on peut affirmer que dans la grande majorité des cas les petits éclats de projectile se sont enfoncés plus ou moins loin dans les parties blessées. Ils ont ainsi parcouru un trajet dont la direction est très-variable, et dont la longueur est tantôt de 2 à 3 centimètres, tantôt de 15 à 20. Un grand nombre de blessures ont même traversé, soit une partie, soit la totalité d'un membre, et présentent deux orifices séparés quelquefois par une petite distance, mais souvent aussi par toute l'épaisseur de la cuisse ou du bras. Quelques-unes, heureusement en petit nombre, ont pénétré dans le crâne, dans la poitrine ou dans le ventre. Ordinairement le trajet parcouru par le projectile à travers les tissus est direct, et présente seulement plus ou moins d'obliquité. Mais nous avons TU plus d'une fois, notamment dans les blessures de la Jambe, le projectile, entré à la partie antérieure du membre, au-devant du tibia, contourner l'os et ressortir à la partie postérieure. Le même fait s'est présenté aussi dans quelques plaies <Ju bras et de la tête. Si l'on s'était borné à constater l'état extérieur des blessures au moment où elles se sont produites, on n'aurait qu'une idée trèsincomplète et tout à fait erronée de leur vèritMe nature et de leun caracîiret. A part, en effet, les hémorrhagies, qui, sauf pour quelques plaies de la tête et des membres, n'ont pas été très-abondantes, les plaies ont dû, pour la plupart, paraître très- simples; quoique, en réalité, elles dussent offrir plus tard des complications toutes particulières «t Traiment caractéristiques.
Tardibu, BUnmrm. tl
338 CHOIX D*OBSE1lTATtO!fS DE BLESSUBES PAB HCPRUDCHCI.
Si IMcoulement du sang à Fextérieiir a été, an général, pan oossidérable, TextraTasation et infiltration sangaînes dana la pra> fondeur des parties blessées sa sont montrées trèa-fréqnentas et très-étendues.
Nous avons rencontré soayenf des épanchementa énormes : et m n^est pas sans surprise que nous avons ru, quatre on cinq jaon après I^attentat, de petites plaies, qui semblaient une simple piqiirt, s^entourerd^un cercle eccbjmotique large de 12 on 15 eentimMra; quelquefois même tout un membre, la Jambe ou I*aTant-brai^ prendre une coloration bleuâtre pour une seule et étroite blassare située sur un point de son étendue. Il a, du reste, été fiicile de » rendre compte de cette circonstance, lorsqu^oa a tu chez les malbeureux qui ont succombé les désordres profonds dans répaisiesr des muscles, les déchirures des vaisseaux, Pattrition des tissas déterminés par un éclat peu volumineux, au fond d'ane plaie dontks dimensions ne pouvaient donner Hdée de semblables lésions
En même temps que Ton constatait les traces d^épancheiMib sanguins considérables dans les blessures, on voyait survenir w gonflement inflammatoire parfois très-étendu, qni, chez plosieais blessés, a été le point de départ d^in véritable phlegmon, eonplîcation très-grave, certainement favorisée par la nature et le ciractère de ces plaies, et qui en met anjourdliai quelques-uiit m danger.
Nous n*avons pas été moins frappé de TacuTté et de la violenee des douleurs qui accompagnent la plupart des blessares, même l6i plus légères en apparence. Les douleurs qui ont le caractère d'élancements ont souvent été en augmentant dans les Jours qù ont suivi celui du crime, et se sont propagées à de grandes dîttf^^^ sur le trajet des nerfs. Une petite plaie de la face interne deb cuisse ou du bras a souvent déterminé d^atroces souif^nces dasi toute retendue du membre. Plusieurs blessés avaient perds h sommeil et étaient en proie à une agitation fébrile qai n^étaitpa sans gravité.
Un caractère non moins remarquable des plaiea fiâtes par les éclats des projectiles fulminants, c'est la formation d'esdura dues certainement à la brûlure, et que nous avons rencontrées li très-grand nombre de fois. On a vu, du sixième an haitième Joor, ces escbares se détacher et laisser à nu une snrfkce crmuM^ inr^ gulièrement circulaire, à bords taillés k pic, rouges et eaÛÊtÊûnÊÊ à fond jaunÀtre et donnant lieu à une snppuration âbootests. Chez plusieurs blessés, le même membre offrait dnq os lit
ulcérations profondes, assez semhlaLles au trou que fonn« un cautère.
Les plaies pénétrantes, celles qui trayersent d^épaissea masses charnues^ doivent nécessairement donner liea à une auppuration longue et considérable, et il en est on grsnd nombre qui se présentent dans ces condîtiona étiez les blessés du 14 janvier. Mais même parmi les plaies moins profondes, il n^en est pas, sauf quelques excoriations superficielles, qui se soient réunies immédiatement, c'est-h-dire sans inflammation suppurative.
Quelques blessures ont offert des caraetèrei partùmliers^ en raison des lésions qu^elles ont produites.
Nous avons constaté plusieurs plaies qui avaient pénétré dans les articulations, où rc^staient engagés les fragments de projiectiles, qui donnaient lieu à une inflammation articulaire et à dés douleurs très-vives. Chez six blessés, les os avaient été fracturés, trois fois le crâne, une fois la cuisse et les deux os de La jambe, et une dernière fois le péroné. Trois de ces fractures étaient compliquées, comminutives et accompagnées de nombreuses esquilles, n serait superflu dUnsister sur les caractères et la gravité spéciale de semblables lésions.
Les plaies qui ont frappé la poitrine et le ventre ont, cher tro& blessés, pénétré dans ces cavités et déchiré le poumon et les intestins, oti des fragments de projectiles ont été retrouvés.
Nous devons une mention particulière aux blessures des yeux qui ont été nombi'euses, ainsi qu^on Ta vu, et qui ont déterminé daa inflammations extrêmement violentes de Tosil et de Torbite, pouvant, dans quelques cas, et notamment chez trois des victimes, entraîner presque certainement la perte de rœil bi«>r.sé, et peutêtre même la mort.
Enfln, les parties sexuelles ont offert trois fois des blessures qui, dans un cas, ont présenté des caractères d'une gravité singulière. Xi0 membre viril traversé de part en part dans toute sa largeur, rhrèthre et les corps caverneux déchirés, Furine s'écoulant par la double plaie, le gonflement, Finflammation, la douleur des partie lésées, tels sont les désordres terribles produks par un dei fsagmants lancés lors de Texplosion des projectiles fulminants.
Tels sont les caractères généraux que nou3 ont offerts les nomlireuaeB blessures résultant àe cette explosion. Il nous reste à en apprécier les conséquences, faciles d^ailleurs à prévoir d'après lea détails dans lesquels nous venons d'entrer.
NaoB avons déjà fait voir que 1^8 156 blessés pouvaient 6€re»
340 CHOIX d'observations de blessures par mPRUDERCB. diTisés en cinq catégories suivant la gravité de leurs bleisura
9 ayant succombé,
6 atteints de blessures très-grayes, 18 atteints de blessures graves, 56 atteints de blessures de moyenne grayité, 67 atteints de blessures plus ou moins légères.
Noas n^ayons pas à revenir sur le degré particulier de gravité qu^elles peuvent offrir chez chaque individu blessé. Nous derons seulement faire remarquer, d'une manière générale, que les conséquences de ces diverses blessures seront moins bénignes que pourrait le faire croire le nombre relativement minime des victimes qui ont, dès à présent, succombé ou dont la yie est encore ei danger.
Les complications nombreuses qui sont survenues et que nous avons décrites, les épanchements sanguins, rinflamxnation ponilente, les déchirures profondes, les douleurs névralg^iques, aggra- Tent singulièrement Tétat du plus grand nombre des blessés, et retarderont considérablement leur guérison. 11 est même à craindre que, pour quelques-uns, ces complications deviennent plus tard funestes, et que Ton ait à enregistrer plus tard de nouveaux et irréparables malheurs. Mais, dans tous les cas, il faut s^attendre à .Toir se prolonger au delà de la limite ordinaire ^incapacité da travail personnel résultant des blessures faites par les fragments de projectiles, même chez ceux qui ne sont pas atteints très-profondément, et dont les blessures ne présentent qu^one gravité moyenne.
La cicatrisation complète des plaies ne mettra même pas toojours un terme aux accidents produits par les blessures. La persistance de douleurs plus ou moins aiguës, la gène des monvements, la difficulté de la marche chez ceux en si grand nombre qd ont été atteints aux membres inférieurs, se montreront comifi* conséquences secondaires de ces plaies, pendant un temps certainement très- Ion g.
L^exiguité de la plupart des fragments qui ont pénétré dans les parties blessées, en rendant Pextraction très-souvent impossiblA. ajoutera encore à la durée des accidents consécutifs que nous venons de signaler, et qui chez quelques-uns ne disparattront jamaif sans doute complètement.
Il en est de même de cert^iines infirmités incurables qui saivroBi iD4Titab!6meiit quelques-unes des blessures que nous aroas e^o**
tatées ; telles que 1 1 rétraction des muscles déchirés, Fan "cylose incomplète des articulations lésées, la claudication des m?mbre8 fracturés, la perte d'un œil, qui dès à présent peuvent être prévues pour plusieurs des victimes. Je me suis attaché à consigner la profession de chacun des blessés, afin de permettre d^apprécier au point de vue de leurs travaux et de leurs occupations personnels a portée et les conséquences réelles de Tincapacité de travail et des infirmités incurables qui peuvent les atteindre.
Conclutions. — Nous avons terminé le long exposé de Pétat des diverses personnes blessées lors de Patientât du 14 janvier; nous avons donné la description générale des blessures, et apprécié leur nature et leurs conséquences; nous résumerons les développements qui précèdent dans les conclusions suivantes :
lo Les victimes de Pattentat du 14 janvier qui se sont fait connaître, et que nous avons visitées, sont au nombre de 156, chiffrs qui reste certainement encore au-dessous de la réalité.
29 Les blessures qu^elles ont reçues s^élèvent ensemble à 511; fiur un grand nombre on en compte plus de dix; deux en présentent plus de vingt.
30 A Pexception de cinq ou six qui sont le résultat de contu- 3o A Pexception de cinq ou six qui sont le résultat de contusions accidentelles, déchûtes ou de déchirures faites par des vitres l>risées, toutes ces blessures ont été produites par Pexplosion des projectiles fulminants et par les éclats presque innombrables qui ont été lancés de tous côtés.
4° La plupart des blessures ont pénétré dans la profondeur des organes, et, malgré leur peu d'étendue apparente, ont déterminé des déchirures et des désordres considérables.
5o Ces plaies, par suite de la nature des projectiles inégaux, irré> gnliers et brûlants qui les pénètrent, par suite de leur étroitesso et de leur profondeur, se compliquent d'épanchement de sang, do phlegmons, de douleurs névralgiques qui ajoutent beaucoup^à leur cavité.
6o Neuf des victimes ont succombé, et six autres ont été ou sont encore en danger.
7o L^incapacité de travail personnel, résultant des blessures pro* duites par Pexplosion des projectiles fulminants, sera en général prolongée ; et quelques-uns des blessés resteront certainement affligés d'infirmités incurables.
Les accidents produits par Texplosion des chaudières de machines à vapeur ou des appareils à eau employés pour
3C CHOIX d'observations de blessures par mPRUDENCB.
dhauffer et ventiler les édlQces pablics ou particuliers ont été étudiés avec la double autorité du physicien et de l'hygiéniste par A. Guérard, dans un très-intéressant mémoire * publié à Toccasion de faits dont la place est marquée dans cette étttde, et que je rappellerai sommairement (Obs. GYI, GMI et CVIU).
0Bft. G VI. — Le il janvier 1350, à Thospice des aliénés de Bloi?. r<appareil de chauffage ne fonctionnant que le jour, par suite ^i iwfo>idis6ement considérable de la température pendant la nnit. Veau se congela dans les tuyaux ascendants et ies obstrua; la circulation ue put pas s'établir, et la chaleur s'accumula de plus ei pLus dans Teau de la chaudière, jusqu'au moment où la teusioa de la sapeur fCit devenue supérieure à la résistance des parois di Tappareil. La chaudière, de 81 litres de capacité, fit explosion, et, en se déchirant, frappa mortellement deux hommes, démolit Id fourneau, renversa la cheminée et enleva la toiture.
Obs. CVIL— Le 8 janvier 1858, à l'église Saint-Sulpice, k Paris, à dix heures et demie du matin, pendant la messe basse qui m célébrait à la chapelle de la Vierge, une violente et subite détoaation se &i entendre, et en un instant la chapelle fut remplie d^oa» viapeur épaisse, le sol inondé d'eau bouillante; la petite chairs placée à l'entrée de la chapelle mise en pièces, ainsi qa*un grand nombre de chaises. Trois personnes furent tuées sur le coup, denx autres succombèrent dans la journée. Quant aux blessés, le nombre a dépassé dix, et quelques-uns l'ont été d'une manière extrêmement grave; un de ces derniers a eu la joue presque enlevée et 11 mâchoire inférieure brisée. Lee accidents produits ont consisté en brûlures au premier et au second degré, pUies par arracbe«ent, plaies contuses^ contusions ; chez quelques personnes, il y a en asphyxie et congestion cérébrale, dues à Taction de la vapeir brûlante qui remplissait l'espace. Enfin l'émotion causée par na événement aussi déplorable qu'imprévu a entraîné les suites i«t phu fâcheuses chez quelques-uns des assistants. La projection de Tean bouillante a suivi de près celle des débris de la chaire et des obaises sur les principales victimes : je me crois fondé à le snppMer par le siège de la brûlure qui occupait toute la face, et
1. A. Ouërard^ Sur let explosions des appareUt d eau empla^èt pcmr cbauffir el venlUer les édifea publia ou partkuiàÊn^ ^Aum^ d!^* éi é» mUi. Ug,, 2» série, tome IX, p. 380.)
dait méconnaisaables lot traits du vLiagd. On a pu constater C6 résultat sur trois personnes déposées à la Morgue, dont la figure, d^un rouge vif, était en môme temps le siège d^une tuméfaction énorme. Ces victimes ont dû être d'abord renversées, puis inondées d*eau bouillante. J'ai été immédiatement appelé à donner des soins à une dame qui offrait à la figure et aux mains des brûlures superficielles, à la partie interne de la cuisse gauche une large contusion, et en dedans du genou droit une autre contusion beau* coup moins étendue. Les vêtements de cette dame étaient trempés ; elle m*a dit avoir été transportée, sans savoir comment, assez loin de sa place première. Lea brûlures ont été guéries en peu de jours ; quant aux contusions, la peau désorganisée s'est séparée peu à peu des parties saines, et, à la chute des eschares, la plaie de la cuisse gauche mesurait environ 20 centimètres en hauteur sur 12 en longueur, et celle du genou 8 sur 6. La pren^ièra n'est pas encore cicatrisée aujourd'hui 31 mars (près de trois mois après l'accident). II est important de remarquer que, par la position de la malade au moment de l'explosion, c'est le côté externe de la cuisse gauche qui était tourné du côté du poêle, circonstance qui prouve qu'ici la plaie contuse a été produite par l'action des projectiles.
Obs. CVIII. — A l'hôpital Lariboisière, dans le courant de l'hi- ▼er de 1857, un des poêles du système Grouvelle, établi dans les salles d'hommes, poêles remplis d'eau au milieu de laquelle circule la vapeur, et qui, en s'échaufiant, élève la température de l'air, éclata au milieu de la nuit. Le bruit de l'explosion, bien qu'il ne fût pas très-foi't, causa une vive frayeur aux malades, qu'il arracha brusquement au sommeil. Les fragments ne furent pas lancés avec une grande force, car on reconnut qae l'un d'eux, en atteignant le mur voisin, en avait à peine éraillé le stuc, et qu'une table de nuit rencontrée par un autre ne s'en trouvait nullement endommagée.
Obs. CIX.*- Pendant le bombardement de Paris, l'hospice de la Salpètrière a reçu une quinzaine d'obus, dont plusieurs sont restés enfouis dans le jardin, d'où Ton n'avait pas cru devoir les retirer encore. Trois militaires de l'ambulance, ne sachant que faire de leurs loisii*s, étaient parvenus à déterrer un de ces projectiles et voulaient le démonter; malheureusement l'obus a fait explosion, et ses effets ont été terribles. Deux de ces hommes ont été tués sur le coup. Le troisième a été très-grièvement blessé. Une femme de service et sa belle«œur ont été éjKMivsatabJsmant
344 CHOIX d'observations de blessures par imprudencb.
mutilées. La première a eu Tépaule enlevée, et la seconde, la caisse coupée. Leur état est désespéré.
Un second fait, non moins déplorable, a conduit celui qui en était responsable devant le tribunal de police correctionnelle.
Obs. GX. Le 30 janvier 1871, vers six heures et demie du soir, une épouvantable explosion ébranlait le passage de FOpéra et répandait la terreur parmi ses habitants. Un obus de gros calibre, que Ton dévissait dans la boutique de M. G..., successeur de M. Caron, armurier, venait d^éclater, en frappant instantanément de mort Touvrier qui cherchait à le décharger et un malheureux passant.
La boutique offrait Timage du plus effrayant désordre. Toat était brisé, haché, confondu; les glaces, les vitrines, avaient été réduites en menus fragments. La pendule, accrochée à la muraille, avait été épargnée; elle sMtait arrêtée en marquant six hearef cinquante minutes. Au milieu et en travers de la boutique, parmi les débris d*armes, de chaises, d*outils et des éclats d*obus, gisait, enveloppé dans un tapis, le corps d^un homme. C^était PouvrierR..., Fauteur et la première victime de Paccident.
Cet infortuné était vêtu d^une blouse et d'une cotte de toile bleue ; il avait le bras droit légèrement brûlé. Son corps meurtri, noirci, défiguré, couvert de blessures, était horrible à roir, Sôm deux bras avaient été brisés. Une plaie pénétrante au côté gauche de Tabdomen présentait une large et sanglante ouverturt par laquelle s'étaient répandus les intestins.
La seconde victime était le sieur P..., cordonnier. Il avait été atteint à la tête par un éclat au moment où il traversait le passage; il n'avait pas tardé à rendre le dernier soupir. On avait ramassé près de la victime un éclat d'obus couvert de sang coagulé, auqosl adhéraient des cheveux, des fragments d'os et une portion de sob* stance cérébrale. Quanta l'éclat qui avait tué B..., on l'avait retrouvé enfoncé dans une cloison séparant le fond du magasin dHin cabinet noir où est établie la forge; il portait aussi des traces de sang et des fragments d'étoffe.
La boutique faisant face à celle de l'armurier avait eu sa devanture brisée ; la commotion avait également brisé les vitres de plusieurs magasins du voisinage.
Obs. CXI. Le train, parti de Marseille, avait à l'arrière quatre wagons de munitions de guerre venant de la ligne du Midi, en
destination de Toulon. Ces wagons étaient séparés des voitures de Tojageurs par un seul wagon de messageries. Le train se trouvait entre Bandol et Ollioules, lorsqu'une détonation terrible, épouvantable, s'est fait entendre fort loin : c'étaient les wagons de munitions qui venaient de faire explosion.
L'événement a été affreux. Plusieurs voitures ont été détruites, et parmi les voyageurs il y a eu de soixante à soixante et dix personnes tuées. Le nombre des blessés s'éleva à un chiffre au moins égal.
Le convoi se composait de vingt wagons : onze ont été broyés, les neuf autres étaient en lambeaux. Les rails ont été arrachés sur une longueur de 150 mètres, et, quoique le désastre ait eu lieu en rase campagne, les maisons éloignées ont eu leurs toitures arrachées.
Le nombre des victimes s'élevait tout d* abord à cent quatre. Les rapports disaient soixante-huit, mais il en mourait à chaque instant.
La commotion a été si violente, que la plupart des blessés et presque tous les morts ont eu les yeux arrachés de l'orbite et la figure criblée d'éclats de vitres.
En dehors des pertes du personnel, les ravages matériels sont immenses, des champs entiers d'oliviers ont été brisés et en grande partie arrachés, un certain nombre de maisons de campagne se sont effondrées ; on a trouvé des lambeaux de cadavre à Une distance de 1,800 mètres, et des débris de rails, ainsi que des milliers de boulons, ont été projetés comme des paquets de mitraille à plus de 500 mètres.
Les voyageurs qui se trouvaient les plus rapprochés du centre de l'explosion n'ont pu être reconnus qu'à des signes particuliers, par suite de l'écrasement de la tête contre les parois des wagons; l'aspect de cette masse de cadavres mutilés était horrible à voir et surtout inexplicable, à cause des divers effets qui s'étaient produits. Dans un même compartiment, sur une famille espagnole, le père a été foudroyé, la mère assez grièvement blessée, un garçon de sept ans a reçu une légère écorchure à la main, et la petite fille, âgée de quatre ans^ n'a pas eu la moindre égratîgnure. Au reste, tous les blessés ont été principalement atteints à la face par des éclats de verre, de bois et de fer. C'est incontestablement le plus atroce sinistre qui ait eu lieu sur les voies ferrées à cause de set proportions désastreuses comme perte de corps et de biens.
346 CHOIX D'OBSERVATIOKS de blessures PAA DftPROBBBCC.
Artids V. — Aooidmts diTars.
J*ai choisi parmi un grand nombre de cas d'accideDU dt cause diverse, quelqties obseryaiions qui pourront servir de type, en raison de leur nature et de leurs circonstance» particulières. Je signale notamment les blessures résultant d'une chute provoquée, du choc d'un objet tombé d"*une certaine hauteur, d'une piqûre par un éclat de vitre, du contact d'nn liquide corrosif répandu, d'un projectile lancé sur l'œil, de la morsure d'un cheval ou d'un chien non enragé. Il en est encore beaucoup d'autres dont je parlerai dans la suite de cette étude.
Obs. GKII. — Chute dans une fosse; luxation de Vépaule; pas éi suites graves» — Le sieur F..., entrepreneur de menuiserie, éttiLt tombé dans une fosse d'aisances restée ouverte, demanda une indemnité au propriétaire de la maison où avait eu lieu raccident.
Uue ordonnance de référé, qui me dispensait du serment, me chargea de constater Tétat du blessé. La chute avait eu lieu le 26 novembre 1862, je procédai àTexamen du sieur F... trois semaines après.
II était tombé sur le coude droit et sMtait démis Tépaule. La luxation avait été bien réduite; mais il restait encore une as3«ii vire douleur et une contracture spasmodique des muscles ; du reste aucune difformité. Je ne trouvai aucune trace apparente d'uae contusion que le sieur F... dit avoir éprouvée au talon droit. Son état est dès à présent assez satisfaisant pour qu'il puisse sortir et reprendre ses occupations, ou du moins se livrer à un travail de surveillance sur ses ouvriers.
Obs. CXIII. — Chute d''une pièce de bois sur la tète. Pas de Usicms graves; demande exagérée. — Le sieur B..., entrepreneur de peinture, était occupé, le 14 octobre 1858, à des travaux de sa profession dans une maison des Champs-Elysées, lorsqu'une pièce de bois tombée d^un deuxième étage Tatteiguit à la tète et le renversai terre presque sans connaissance. Il dit avoir été retenu au lit plus de trois semaines, et devait être éloigné de ses affaires, suivant Vopinion de ses médecins, au moins pour trois ou quatre mois. II mit en cause, à un double titre, le sieur G..., père et patron da jeune ouvrier qui, par maladresse, avait jeté la pièce de bois, et réclama 10,000 francs de dommages-intérôts ; mais la partie ad-
ACCIDENTS DITERS. 347
Terse soutint que la maladie du •ieor B... n^était paa la suite de Paccident.
Cesi dans cet état que la 4fi chambre du tribunal cIyU rendit, à la date du 13 janvier 1859, le jugement dont la teneur suit : « Attendu que sans qu^il soit besoin de statuer, quant à présent, sur la question de responsabilité que B... prétend mettre à la charge de G..., laquelle question demeure expressément réservée, il convient^ en présence des allégations contraires des parties, sur Pétat et la nature ainsi que sur la cause du mal dont se dit atteint B..., de faire préalablement constater cet état par un expert.
a Parées motifs: avant faire droit, dit que, par Amb. Tardieu, docteur-médecin, dispensé du serment, du consentement des pas*ties, il sera procédé à la visite et à Texamen de B..., ii l'effet : . !• de dira la maladie dont il est atteint; 2» d^en décrire les effets at les résultats sur la personne de B...; 3° dUndiquer Toi-igine et la cause, etc., notamment de donner son avis sur la question de saToir si cette maladie provient des conps ou chocs reçus par B,.. sur la tête. »
La visite à laquelle je procédai le 7 février 1659, trois mois et demi après Taccident, en réduisit beaucoup la prétendue gravité. Bien que le sieur B... déclare avoir une dépression sur le sommet du crâne et éprouver encore des étourdissements qui rempôchent de travailler, de faire le moindre calcul et de se soutenir sur se* jambes, il demeure évident que le coup qu'il a reçu n'a pas porté assez directement sur le crftne et n'y a pas laissé la trace d'un enfoncement ; une pareille blessure aurait eu très-certainement de bien autres suites. Quant aux étourdissements, il semble que leur persistance est beaucoup plutôt en rapport avec la constitution du sieur B... qu'avec l'accident qui l'aurait atteint il y a plus de trois mois.
Obs. CXIV. — Blessure de rartère axiUaire par un éclat de vitr$ brisée. Hémorrhagie foudroyante, — J'ai été commis par le parquet, à la date du 16 novembre 1858, à l'effet de procéder à Tautopsie du sieur S..., marchand de vin, qui, ayant été poussé contre une vitre, fut atteint par un éclat de verre qui, entré en arrière, traversa le creux de l'aisselle du côté gauche et vint faire saillie en avant en perçant la peau, de manière à faire croire à deux blessures faites par des coups directement portés.
L'artère axillaire avait été perforée et avait fourni un épanchement énorme de sang que Von trouvait coagulé et infiltré daxis toutes les couches musculaires de cette région.
348 CHOIX d'observations de blessures par imprudence.
Je conclus : i<> que le sieur S... avait succombé à une hémorrha* gie foudroyante produite par la lésion de Tartère axiliaire ; 2o qae cette blessure a été faite par le fragment de vitre qui m*a été représenté et qui, ayant pénétré par le bord externe et postérieur de la région de l'aisselle, Ta traversée et est venu faire saillie à la partie antérieure de la poitrine, sous la peau légèrement piquée; 3o qu^aucun coup n*a été directement porté au sieur S..., qui n*a été blessé qu^accidentellent par un éclat de la vitre brisée contre laquelle il a été poussé.
Obs. CXV. ~ Brûlure par V acide sulfurique chez un enfant. Dé* faut de surveillance ; difformité incurable, —Un jeune garçon de cinq ans, A. G..., se renversa sur le visage une bouteille de vitriol imprudemment laissée à sa portée.
La femme chargée de le surveiller et à laquelle était imputable le malheur résultant de cette négligence, fut poursuivie, et Tun de messieurs les juges d^nstruction me chargea de constater Tétatde Penfant. L^accident avait eu lieu le 12 septembre 1860, et remontait à un peu plus de deux mois lors de la visite à laquelle je procédai le 5 novembre suivant.
Le liquide corrosif avait atteint le front, la face, le cou, les
Le liquide corrosif avait atteint le front, la face, le cou, les mains qui étaient sillonnées de cicatrices difformes, et en quelques points de plaies non encore complètement guéries. Les yeux, par bonheur, n^avaient pas été atteints.
£n résumé, Tenfant était défigui*é, et s*il n*était atteint d*aacune infirmité, il devait conserver une difformité incurable, suite de Taccident.
Obs. CXVI. — Projectile lancé par un enfant. Contusion profana de Vœil; pa$ d^infirmtté persietante. — Le docteur B..., traversant un jardin public, fut atteint à Toeil gauche par un marron d'Inde qu*un enfant avait lancé au hasard avec une grande force.
Un confrère habile oculiste, M. le docteur Coursserant, appelé presque immédiatement après Faccident^ le 20 septembre 1857, constate que le projectile n^a pas pénétré, mais a produit seulement une contusion profonde avec épanchement de sang coagulé dans Tintérieur de Poeil. Il ne croît pas cependant le mal sans remède, et pense que dans six semaines, le docteur B... pourra reprendre ses occupations. Il est loin de regarder Tœil comme perdu, ainsi que le dit la famille.
Un autre médecin, le docteur Gastorani, qui avait vu le blessé le 2 octobre, reconnaissait de la mydriase, un léger trouble des
milieux transparents de FœH ayec épanchement dans la chambre antérieure.
Enfin, plus tard, yers le 20 octobre, environ un mois après Taccideut, M. le docteur Tavignot ne trouvait plus aucune trace de la contusion et ne constatait qu'une dilatation exagérée de la pupille que, suivant les termes d'une lettre écrite par lui le 19 février 1858, il croyait pouvoir attribuer à Temploi de la belladone. Cette mydriase était d'ailleurs le seul symptôme consigné dans un certificat délivré par M. Siebel.
Quant au docteur B..., il déclare avoir gardé la chambre trois semaines et n'avoir pu reprendre ses occupations qu'au bout d'un mois et demi, après avoir subi un traitement très -énergique: émissions sanguines générales et locales, purgations répétées, application de pommades mercurielles et belladouées.
M. le docteur B... ayant réclamé des dommages-intérêts au sieur G..., père de Tenfant, je fus chargé, par un jugement de la 4« chambre du tribunal civil, de l'examiner et do constater quelles suites avait eues sa blessure. Je le vis au mois de mai 1858, sept mois et demi après l'accident.
A ce moment il me dit conserver encore une grande faiblesse de Toeil gauche, au point de ne pouvoir ni lire ni procéder à des explorations médicales un peu délicates, ou aux plus simples opérations.
En réalité, si cette faiblesse existait, elle ne se révélait par aucun trouble, par aucune lésion appréciable, et sans nier les effets immédiats qu'avait dû produire le choc du projectile sur l'oeil, je conclus que pour l'avenir il n'en était résulté ni incapacité professionnelle, ni infirmité persistante.
Obs. GXVII.— Projectile lancé par unetifant. Contusion de Vœil; pas de suites graves; examen ophthalmoseopique ; in /ir mité antérieure. — Le sieur Y..., maître d'étude dans un grand pensionnat, reçut d'un jeune garçon, fils du prince de M..., une pierre qui l'atteignit au-dessus de l'œil gauche. La blessure n'eut pas de gravité immédiate; mais le sieur Y... prétendit qu'il avait perdu la vue du côté atteint à la suite de l'accident.
Une enquête sembla, au contraire, établir qu'il avait dès longtemps cet œil très-affaibli. Un jugement de la première chambre du tribunal civil chargea MM. Liebreich, Boys de Loury et moi d'examiner le sieur Y..., de constater l'état antérieur et actuel de ses yeux, les causes de cet état, quelle a pu être V nduei oe de la diversité des traitements suivis, dire dans le cas où il y aurait par
350 CHOIX d'OBSEBVATIONS de blessures par mFRUDBIlCS.
Y... inobseryatiom des prescriptions médicales, quelles aartieAt pu en être les conséquences ; indiquer le traitement à sniTre, a durée et les chances probables de guérison.
Cette expertise résidait pour ainsi dire tout entière dans Fa»men ophtbalmoscopique du blessé; les résultats en furent des phu concluants.
L'accident dont le sieur Y.. . avait été victime remontait à près de deux ans ; lorsqu'il fut soumis à notre examen au mois de mars 1867, il disait avoir complètement perdu Fusage de Fœil gauche, et cela seulement depuis qu^il avait été frappé par le projectile qu^avait imprudemment lancé le jeune prince de M...
Les deux yeux, examinés directement à Fophalmoscope, se présentent dans Fétat suivant : L*œil droit est atteint d^une myopie très-prononcée. A Fœil gauche, il existe une hernie de Tiris et des stries circonscrites dans la substance corticale antérieure et postérieure du cristallin. Le fond de Fœil visible est complètement normal, et Fon soupçonnerait une grande exagération dans U perte de la vue alléguée par le sieur Y..., si l'expérience avec les prismes ne démontrait qu'il existe réellement de ce côté une amblyopie très-prononcée avec ptosis congénitale.
Il résulte^ en somme, de cet examen ophtbalmoscopique que W fond de Fœil prétendu malade apparaît très-net, et que le nerf optique ainsi que les membranes profondes n^offrent pas la moindre altération morbide, ce qui n'aurait certainement pas lieu si la perte de la vision avait été produite par Faccident auquel Fattribue le sieur Y... L'intégrité des milieux et des membranes profondes de Fœil est au contraire parfaitement en rapport avec ce que Fon observe dans tous les cas où Famblyopie et Pamaurose proviennent de ce qu'un des yeux est exclu de la vision binoculaire, comme dans le strabisme où toi:gours un œil devient amblyope, sans présenter aucune altération pathologique.
Dans le cas du sieur Y. . . , il est évident que le défaut de la vision de Fœil gauche est lié, non k la blessure accidentellement produite par un projectile, mais à la ptosis et à la déviation de Fœil existant chez ce jeune homme depuis Fenfanci).
Obs. GXYllI. — Morsure dechêval sans suiUs gravBt, — Un juger ment de la 6e chambre du tribunal ^correctionnel me chargea, serment préalablement prêté, de visiter un sieur H..., charpentier, qpii avait été mordu par on cheval, « de constater la nature et la gravité de ses blessures^ la durée de Fincapacité de travail jusqn^à ce jour, li ces blessures devront laisser une infirmité permanents,
AtetBÊOfrs BifEW. 351
et le degré d^mportanee de cette infirmité, afnsî que les résultats pour la profession dudît H...; si cette infirmité sera temporaire, et dans ce cas sa durée et également son importance et ses résultats. » L'accident avait eu lieu le 14 fërrier i8dt; mon examen eut lieu le 20 mai, trois mois aprds la morsure.
Je constate à Pavant-bras gauche, sur le cdté externe, la cicatrice d'une plaie contuse simple, qui n>i pas traversé le membre, n n'j a ni amaigrissement, ni aftdbHssement de la force musculaire. En un mot, Taccident n'a eu et n^ura aucune suite sérieuse.
0b3. GXIX. — Morsure de ehevoL Infirmité cansécutive à la main ; eontettahen du fait; expertise eentradictoire. — - J^ai été commis par jugement de la 4« chambre du tribunal civil, à feffet d^examiner le nommé R..., terrassier, qui disait avoir été mordu au bras et à la main par un cheval appartenant au sieur B... Le fait était contesté par ee dernier, qui prétendait que la blessure dont se plaignait R... n^étaitpas une morsure.
Le jugement était ainsi conrçir r « Attendu qu^il y a lieu avant tout de connaître le caractère de la blessure de R..., et particulièrement de vérifier si, comme il le prétend, elle est le résulta^ de la morsure d'un cheval ; par ces metlIiEi : avant ^re droit, dit et ordonne que, par M. Tardieu, expert, que le tribunal commet à cet effet, lequel est dispensé du serment, R... sera tu et visité en présence des parties on elles dûment appelées, à Peffét d'indiquer l'état du doigt du sieur R..., la cause de la blessure, comme aussi les conséquences qu'elle pourra avoir.
' Le sieur R... n'a pas été visité au moment de Faccident et ne produit aucune constatation médicale établissant son état immédiat après la blessure. Il a pris conseil d'un pharmacien qui pendant quarante jours lui a fait un simple pansement avec de l'eau blanche. Il s'est présenté deux ou trois fols à la consultation de l'h^ pital Beaujon, où on lui aurait £t, prétend-il, qu'il n'y avait rien à faire, à moins qu'on ne lui coupât le doigt. Le seul certificat dont il soit muni est à la date du 4 marv 1859, et délivré par un médecin qui conclut à l'amputation. Quoi qu'il en soit, vers le mois d'octobre, le sieur R... a voulu recommencer à travailler aux terras*sements ; son doigt est redevenu douloureux et tuméfié et il n'a pu continuer.
Je l'ai visité le 9 mai 1859, neuf mois après Faccident.
11 n'y a plus trace de blessure à l'avant-bras ; mais le troisième doigt de la main droite présente au niveau de la deuxième phalange une double cicatrice en dessus et en dessoua du doigt, dont
352 CnOIX D*OBSEBYATIONS DE BLESSURES PAR mFRIJDBIffGS.
les dimensions et la forme répondent exactement à celles d^one plaie faite par la dent d^an cheval. La cicatrice est adhérente, Fartlculation est le siège d^une fausse ankylose et les moayements de flexion du doigt sont impossibles : ce qui constitue une infirmité incurable très-gônante pour un ouvrier obligé de vivre du travail de ses mains. .
Obs. CXX. — Morsure de cheval au bras. Lésion des nerfs; infr* mité persistante. — J'ai été chargé, par jugement du tribunal civil de la Seine, de visiter Pétat du bras d'un sieur L..., blessé par ua cheval de l'entreprise de la Compagnie des vidanges Richer. Cet homme avait été mordu, le 28 mai 1858, au bras gauche ; il avait été admis sur-le-champ à l'hôpital Saint-Louis, où il avait reçu les premiers soins, mais d'où il était sorti au bout de dix jours.
L'examen auquel je procédai le 30 mai 1859, un an juste aprèJ l'accident, me fit reconnaître qu'il avait été mordu en deux endroits et qu'il portait quatre cicatrices profondes correspondant à la double morsure située Tune au milieu du biceps, Tautre &a coude. Mais de plus, je constatai les signes d'accidents consécatifi beaucoup plus graves, consistant d'une part dans Tatrophie des muscles de l'avant-bras, et d'une autre part dans la rétraction des deux derniers doigts de la main qui restent fortement flé^is, indice certain d'une lésion des nerfs et notamment du nerf cubital.
Il y a là une infirmité grave. Toutefois il convient de faire remarquer qu'il n'a été absolument rien tenté pour combattre la complication de la blessure résultant de la lésion des nerla du bras, et qu'un traitement bien dirigé pourrait en atténuer sinon en faire disparaître complètement les effets. D'un autre côté, l'iufirmité de la main gauche n'empôche pas le sieur L... de se livrtfr à certaines occupations, telles, par exemple, qu'un seivice de surveillance qu'il aurait refusé, suivant la partie adverse, et qu'il est cer tainement très-capable de remplir.
Obs. GKXI. — Morsure de cheval^ suivie de mort par fièvre pum lente, — J'ai été chargé par le parquet de procéder, à l'hôpital Necker, le 2 mai 1857, à l'autopsie du nommé F..., palefrenier, qui avait été mordu au bras par un cheval et qui succomba k une fièvre purulente que l'on avait cru pouvoir attribuer à la morve aiguë.
. Obs. CXXII et GXXIII. — Morsures à la main par des chiens suspects. Rien de grave. ^ J'ai été chargé par M. le juge d'instm»-