CHOIX D^OBSERVATIONS DE BLESSURES PAR IMPRUDENCE
petites. Les fémurs, brisés à la môme hauteur, sont également carbonisés.
Les viscères abdominaux existent encore et ne sont presque pas altérés. Ils forment une masse agglutinée, mais facilement recon* naissable. L^estomac et les intestins sont seulement reyenus sur eux-mêmes. Le cœur est manifestement i*étracté ; on voit néanmoins que son volume normal n^était pas celui d^un cœur d^adulte. Les organes génitaux sont encore apparents, mais carbonisés, et Ton retrouve quelques poils disséminés sur le pubis, comme chez un adolescent.
Il n^y a d'ailleurs rien de plus à noter; et nous constatons çne ces restes sont ceux d^un jeune garçon parvenu à Page de la puberté.
Troisième groupe. — Le troisième cadavre que nous avons examiné est plus complet.
La tête est intacte; les os du crâne, secs et cassants, sont peo épais. La dure-mère a éclaté dans un point et a laissé s'échapper une portion de matière cérébrale qui tapisse Tintérieur du crâne en formant une couche de matière blanchâtre et comme savonneuse. Quant à la masse encéphalique, réduite au volume d'une tète de fœtus, elle a la consistance et la couleur rosée d^un ris de vecn imparfaitement cuit. Quelques filets rouges solides marquent le trajet des vaisseaux, et Ton retrouve dans le cervelet la trace de> deux substances nerveuses.
Les deux mâchoires sont pourvues de dents : 14 k la mâchoire supérieure et 13 à la mâchoire inférieure; aucun vide n*existe entre elles; Tune des petites molaires fait saillie au-devant des dents voisines. Il est évident que les dernières grosses molaires n^ont pas encore paru. Les dents qui existent sont d'ailleurs peu usées.
Les parois des cavités thoracique et abdominale sont intactes, mais parcheminées.
Les poumons sont comme splénisés ; le cœur, très-volumineux, est entièrement rempli dans ses quatre cavités par une matière ayant la consistance de la cire solidifiée, la couleur du plus beau carmin^ et formée par le sang altéré sous Tinfluence du feu et transformé en un magma où dominent la graisse et la matière colorante. Tous les gros vaisseaux contiennent de semblables caillots.
Le pénis et les testicules sont brûlés, mais distincts, et le pubis pourvu de quelques poils roussis.
Les disques vertébraux lombaires, mesurés comme ceux du premier cadavre, ont en largeur 4 centimètres 1/2 seulement. L^humérus et le radius, demeurés entiers, offrent, le premier 30 centimètres 1/2, et le second 23 centimètres de long. La main est rétractée et carbonisée. Les fémurs sont carbonisés | et brisés.
Ces restes appartiennent k un cadavre déjeune homme Agé de moins de vingt ans et d^une taille moyenne.
Quatrième groupe. — - D^autres débris dissociés formaient un quatrième groupe, et c*est avec beaucoup de peine qu^on parvient à y reconnaître des fragments propres à signaler leur origine.
D^une part, on trouve la branche droite de la mâchoire inférieure, amincie, racornie, réduite à la lame externe et ne portant pas de dents. Ce fragment est d^ailleurs d^assez petite dimension.
Le maxillaire supérieur existe aussi, mais fort incomplet. La voûte palatine et la portion nasale des os sphénoïde et palatin sont encore recouvertes de quelques parties charnues desséchées. La langue y est encore adhérente.
Nous trouvons un membre supérieur du côté gauche réduit à quelques fragments, ainsi qu^une très-petite portion de Pomoplate comprenant Papophyse coracolde et le bord antérieur de la cavité articulaire; Thumérus à moitié brisé, et les deux os de Tavantbras réduits en charbon et confondus au milieu de quelques parties molles qui se terminent par un moignon arrondi, correspondant à la main, dont les différentes parties sont impossibles à distinguer.
11 existe, en outre, une masse volumineuse informe, au milieu de laquelle on peut cependant démêler les parties suivantes, qui sont comme aplaties par une pression considérable, dans laquelle se serait abîmée toute la charpente osseuse du tronc, et notamment la colonne vertébrale. Il reste seulement une portion de la paroi* thoracique comprenant six fragments de côtes unies entre elles. Les cartilages costaux n^ont pas été envahis par Possiâcation.
Au-dessous de ces fragments, la masse de chair cuite et desséchée laisse deviner une séparation médiane au fond de laquelle on découvre Torifice de Tanus et une ouverture béante surmontée de quelques poils et qui est manifestement celle de la vulve.
Il est démontré pour nous, par cet examen, que ces divers débris ont appartenu au cadavre d^une femme qui a dépassé Tâge de la puberté et n^a pas atteint celui de la vieillesse.
Taroieu, Bleuurei. 19
290 CHOIX d'observations de blessures par imprudence.
Cinquième groupe. — Enfin nous avons trouvé la tête d^un chien de petite espèce qui n^a subi d^autre altération que la dessiccation des parties molles.
Conclusions générales, — En résumé, au milieu des débris racueillis sur le théâtre de JlUncendie de la rue Beaubourg, et qui ont été soumis à notre examen, nous avons reconnu les restes et quatre cadavres humains :
1<^ Le cadavre d'un homme adulte ;
29 Celui d'un adolescent ;
30 Celui d'un jeune homme de moins de vingt ans ;
40 Celui d'une femme qui a dépassé Page de la puberté et n'a pas atteint celui de la vieillesse.
50 Tous ces cadavres ont subi Faction du feu, à des degrés divers, et sont, en grande partie, carbonisés. Us ne portent pas it traces d'autres lésions.
60 II existait, en outre, au milieu de ces restes humains, qaelques débris appartenant à un chien.
Nous ne nous proposons pas de revenir sur les signes d^identité qui nous ont guidé dans nos recherches. C'est seulement sur iai effets anatomiques de la combustion que nous voulons insister iâ C^est pourquoi nous croyons utile de rapprocher ces faits de quelques autres, et notamment des détails très-précis, recueillis dau rimportante affaire qui a fixé notre attention sur ce sujet.
Obs. g. — Résumé des lésions produites par le feu sur le cadavre à la comtesse de Gœrlitz ^. — La tôte, méconnaissable, était rédniti au volume des deux poings, et était partout également brûlée. Les débris présentaient une coloration brun foncé, d*un brillant gru comme un enduit de vernis.
Le cou, comme la tôte, était brûlé dans toute sa circonférenee, avait le môme aspect, mais paraissait avoir moins perdu de sob volume que la tôte. A la partie antérieure du corps, la brûlure se prolongeait sur le thorax, presque jusqu'au creux de l'estomac; di là elle se dirigeait en forme d'arc des deux côtés de la poitrine, en remontant, de telle façon que les vêtements qui étaient intacts se trouvaient presque à la môme hauteur que les parties non brûlées du corps. A la partie inférieure de la poitrine, au point oh U
1. Voyez A. Tardleu et Rota, Relation médico-légale de VassiUiinai iris êomtesie de Gœrlitz^ accompagnée de notes et réflexions pour servir à fàifioire de la combtulion humaine spontanée, {Ann. d*hyg. pubL et de^èL lég,, Paris, 1850, tome XLIV, p. i9i et 363, et 1851, tome XLV, p.«.)
brûlure était limitée par la peau, celle-ci faisait, au niveau de la partie brûlée, une saillie d^environ i pouce, et était légèrement carbonisée vers ce bord. Au-dessus de ce point et en avant, les vêtements et les parties du corps, excepté le sternum, les clavicules, les côtes et les intercostaux, étaient si uniformément brûlés, qu^on aurait pu croire que la peau des seins et les muscles de la poitrine avaient été enlevés avec le couteau. Sur cette surface brûlée, les parties charnues, et surtout les muscles intercostaux, avaient une couleur brun foncé; mais elles étaient moins luisantes que la tête, et Ton pouvait les distinguer des parties osseuses de cette région qui avaient un aspect gris noir.
Les deux bras paraissaient (dans la partie que la position du cadavre me permettait d^observer) carbonisés d^une manière uniforme, depuis le bout des doigts jusqu^à Tépaule, mais les tissus n^étaient pas méconnaissables; ils étaient seulement plus foncés que les autres parties brûlées, et tout à fait noirs. Tous les doigts étaient fortement fléchis; les deux mains Tétaient à un degré moindre. L^avant-bras droit était fléchi sur le bras, de manière à former un angle droit avec celui-ci ; la flexion était moins prononcée du côté gauche. La tête de Thumérus gauche, qui avait perforé le ligament capsulaire et le muscle deltoïde, faisait une saillie de 3 pouces environ directement en haut. Je ne trouvai pas de parties molles carbonisées sur la partie saillante de cet os ; mais au-dessous de Fépaule, Pavant-bras et Thumérus gauches étaient recouverts de parties molles carbonisées.
Le professeur Bischofl*, à Tappui de son argumentation touchant les causes de la mort de la comtesse de Gœrlitz, entreprit une série d^expériences sur les effets de la combustion. Nous citerons les résultats anatomiques de Tune d^elles qui se rapporte à la combustion d^un cadavre d^homme adulte opérée à Paide d^un feu de bois.
Yoioi quel était l'état du cadavre après une demi -heure environ d'exposition aux flammes.
Tout le côté gauche de la tête était noir et recouvert d^un charbon très-poreux. La tête, qu^on avait inclinée à droite, était, par snite de la rétraction de la peau et des muscles, revenue sur la ligne médiane et penchait même un peu à gauche. Les lèvres étaient écartées à cause de leur dessiccation, mais les dents solidement implantées et les mâchoires fortement serrées. La moitié gauche des parties molles du nez et les paupières de Tœil gauche étaient carboniséejs. L^orbite était desséché, mais sa forme était
292 CUOIX DOBSKRVATIONS DE BLESSURES PAR IMPRUDEITfCE.
Buffisamment conservée. Le muscle temporal gauche carbonisé était détaché de ses insertions supérieures ; quant à la partie inférieure, protégée par les os, elle conservait encore des restes de chair. Le cuir chevelu, à gauche, était carbonisé. Le crâne était dénudé également à droite, parce que les téguments s^étaient rétractés jusqu^à un pouce de l'oreille. Vers Tocciput, la peau était, carbonisée à la partie supérieure, consumée et brunie vers la base. La moitié droite de la face était noircie, grasse au toucher et brûlée à une grande profondeur dans Torbite ; sur Paile du nez, de ce côté, il y avait deux phljctônes brunes et sèches.
Les os du crÂne avaient conservé leur forme; mais les lames internes du pariétal gauche, la moitié gauche et une partie de U droite du frontal, le bord supérieur de la partie écailleuse du t^sporal et la face externe de la grande aile du sphénoïde, étaiest convertis en un charbon friable et cassant, de sorte que presqs« partout apparaissait le diploé brûlé. L^extrémité zygomatique ^ frontal et Textrémité frontale de Tos zygomatique étaient tu grande partie carbonisées, quoique ayant conservé leur fomi. Aucune suture n'était disjointe. Quoique la table externe des os du côté droit, atteints par le feu, présentât partout des fissures «t des déchirements, le diploé et la table interne n^en présentaicii aucune. De même il n'y avait de fissures dans aucune autre partie du crâne, là même où les parties molles se détachaient ane facilité.
La combustion ayant été continuée pendant deux heures encore, on trouva Tétat suivant :
Le crâne avait conservé sa forme. Mais les parties molles du c6t« gauche de la tête avaient complètement disparu. La peau, Itf oreilles, le nez, les yeux, les lèvres, les joues, les muscles, êtes particulier le masséter, le temporal et le buccinateui*, avaient dii* paru pour ne laisser qu'un peu de charbon.
Du côté droit, les os étaient encçre recouverts de parties molles et même de la peau, à l'exception du pariétal, du temporal, de U majeure partie du frontal à droite, et de la grande aile da sphénoïde. La peau, quoique rétractée et brunie, recouvrait le maaseter et le buccinateur droit jusqu'à l'aûgle de la bouche, et a*éten(iiit vers l'arcade zygomatique et Tangle de l'œil. L^oreille droits était dans le même état. Le muscle temporal droit s'était détaché de s& insertions, et s'était retiré avec la peau jusqu'au bord supériearde l'arcade xygomatique ; le muscle n'était pas carbonisé, mais rôti. A l'œil droit on distinguait encore la fente des paupières; mais*
ACCIDENTS PAR COUPS DK FKU, IN'CENDIES, EXPLOSIONS. 293
gauche, les paupières et Toeil étaient détachés de leurs attaches, tirés en dehors et brûlés.
Le nez et le cartilage nasal à droite sont également détruits. A la partie postérieure du crâne, les parties molles sont carbonisées et détruites à gauche jusqu^à la nuque, au delà de la ligne médiane ; à droite, elles sont détachées des os et rétractées de sorte que le côté droit de Toccipital, le temporal et l'angle postérieur du temporal, sont dénudés. Les parties molles rétractées formaient sur Tapophjse mastoïde droite une masse difforme à moitié carbo nisée, sur laquelle cependant on distinguait des restes de cheveux. La brûlure des os du crâne était ici considérable. Elle s'étendait depuis la ligne semi-circulaire jusqu'à la protubérance occipitale externe. Les os suivants conservaient leur couleur blanche et leur structure : la moitié droite et la base de l'occipital, le temporal droit, la partie du pariétal comprise entre la ligne semi-circulaire et la suture écailleuse, la face du frontal qui se dirige du côté de la fosse temporale, tout l'os malaire et probablement, en majeure partie, la moitié droite des maxillaires supérieur et inférieur, ainsi que l'os unguis et la lame criblée de l'ethmoïde.
Quant aux parties atteintes par le feu, la table externe du frontal gauche manquait en grande partie, et les fragments carbonisés s'en étaient détachés précédemment, de sorte que les sinus frontaux étaient ouvei*ts. Le diploé et la table externe étaient carbonisés et traversés par deux fentes béantes, dont l'une se dirigeait vers la suture frontale et l'aatre vers la région sus-orbitaîre. La suture coronale était intacte. Les lames extérieures du pariétal gauche existaient en plusieurs endroits, mais étaient blanchies par le feu, ainsi que les parties du diploé qui étaient mises à nu. Vers la bosse pariétale, l'os est traversé de part en part en trois endroits, et par ces fentes se sont échappés des liquides qui ont été carbonisés au dehora.
L'os de la pommette du côté gauche a conservé sa forme,^ mais il est brûlé à blanc, et fendu de manière à tomber en morceaux à a moindre secousse. L^apophyse zygomatique du frontal, le maxillaire supérieur et le temporal, sont dans le même état.
La partie écailleuse du temporal, l'apophyse mastoïde, et en général toutes les parties visibles de cet os, sont blanchies et fendues de manière à se détacher avec une extrême facilité.
La moitié gauche de l'occipital, en grande partie bi*ûlée à blanc, est parcourue de petites fissures. Le maxillaire supérieur du côté gauche est carbonisé, l'apophyse zygomatique en est détachée. Les
294 CHOIX d'observations dk blkssures par imprudence.
alvéoles sont noirs, ainsi que les dents, qui sont fendillées et détachées. La face antérieure du maxillaire supérieur est fendae, et Ton peut voir dans Tantre d^Highmore. Les os du nez« Tes ongnis du côté gauche et les lames de Tethmoïde sont carbonisés. Le maxillaire inférieur, depuis sa base jusqu'à Tangle et k Tapophne coronolde, est brûlé à blanc et sillonné de fentes ; les alyéoles sost carbonisés ; les dents sont fendues et détachées ; aucun dta ^ restés blancs ne présente de fissures. La tête est complétemest inclinée à gauche, à cause de la rétraction des parties moUei. Celles-ci sont en partie carbonisées, en partie grasses au toucher. Du côté du thorax, le feu avait détruit, à gauche, les restes dtf muscles de la poitrine, les côtes et la clavicule. Il est bon de fdm observer que les muscles de la poitrine avaient servi à une prépiration anatomique et que les bras et les omoplates avaient été détachés du tronc; mais les muscles avaient été conservés et recouverts avec la peau et une chemise. Le sternum est carbonisé à sot bord gauche. Le cœur et les poumons avaient été extraits préeédemment.
Le fait que nous allons rapporter paraîtra, sans doute, extrêmement remarquable ; et quoique différent des précédents, il nous a paru devoir en être rapproché comme trèspropre à montrer l'action lente de la chaleur sur un corps organisé, sans action directe du feu, ni combustion \^ table.
Qbs. ci. — Examen du cadavre d'un enfant nouveau-né troni derrière le tuyau d''un calorifère, et complètement momifié. ^ Vers la fin du mois de décembre 1849, on découvrit derrière le tnTtf d*un calorifère, dans une maison de la rue de Tournon, à Parts, 1» corps d^un enfant qui paraissait y avoip séjourné un très loof temps. L^examen de ce corps nous fut confié par la justice, et nooi avons pu faire les constatations suivantes :
Le cadavre est celui d^un enfant nouveau-né du sexe féminin- Le corps tout entier a subi une véritable momification, et es même temps une compression telle qu^il se présente sous raspeet d^une masse informe de couleur brun verdàtre, desséchée, ajtnt conservé à peu près son volume, mais ayant perdu une notaUe portion de son poids, qui est réduit à i kil. 25 grammes. Lu membres supérieurs et inférieurs, fléchis et fortement applifi^
sur le tronc, ainsi que la tête, qui est déformée, ont contracté des adhérences avec les parois du ventre et de la poitrine.
Le cadavre exhale une odeur de nature animale fortement empyreumatique, c^est-à-dire analogue à celle que donnent les matières incomplètement décomposées par le feu.
L^ouverture du corps montre que les organes intérieurs sont, comme les parties extérieures, complètement desséchés et réduits À une simple lame d^une consistance analogue à celle du carton. Ce sont là les seules traces que l'on trouve des poumons, du cœur, du foie, des intestins, dont il est impossible de reconnaître la structure, et que nous devons renoncer à examiner et à soumettre aux procédés docimasiques. Les os des membres sont incurvés ; nous trouvons à Pextrémité du fémur le point osseux épiphysaire.
La tôte, ainsi que nous Pavons dit déjà, est déformée ; le cuir chevelu, parcheminé, se laisse enlever facilement, et Ton découvre les os du crâne à nu. Il existe à la partie droite une fracture qui s'étend de Pangle antérieu^ du parâétal à la tempe du môme côté
«t en arrière vers Tocciput. Les fragments de Tos brisé sont enfoncés. On trouve, au niveau de la fracture, une portion du périoste
-et des téguments moins complètement parcheminés que les parties
voisines, et offrant une coloration verdàtre, certainement due à
une infiltration du sang. La substance cérébrale a entièrement
disparu.
Les conclusions de notre rapport étaient les suivantes :
io Le cadavre que nous avons eu à examiner est celui d*am
enfant nouveau-né, du sexe féminin, né à terme et parfaitement
conformé.
29 Le corps de Tenfant a séjourné dans an lieu exposé à une très-haute température, qui a produit la dessiccation des tissos et la momification du cadavre ; mais qui n'a pas déterminé 4e brûlure ni de carbonisation.
30 Le séjour du corps dans le lieu dont nous parlons a été trèsprolongé et remonte certainement à plusieurs années.
4o Le cadavre a subi une déformation et une co mp r es sion du tronc et des membres résultant de la position qni loi avait ^ donnée et des dimensions du lieu où il a été enCmaé»
5o II existe à la tôte une fracture très-éfesdne, qui n'est f«* ** fait du travail de l'accouchement, mais qoi révolte de Tt«4<Hft^ directes. Les dimensions du tronc, rapp r o d bé es de cell** *' ^roit où le cadavre a été trouvé, semblent ladiqoer qa* ^*
296 CHOIX D'OBSKilVATIONS Di: BLIISSURES PAR LMPRUDKNCK.
a été faite avant que le corps ait été déposé dans cet endroit. En effet, Tespace mesuré a été trouvé large de 12 centimètres, et la plus grand diamètre du crâne ne présentait que il centimètres; il faut ajouter que renfoncement des fragments diminue encore les dimensions de la tête.
60 La fracture du crâne a pu être la cause de la mort; elle doit être attribuée à des violences exercées sur la tête et consistant es un écrasement.
Ob3. cil — Explonon de gaz. Autopsie de quatre individus tût: fracture du crâne; brûlure, — Le 2 janvier 1862, ane explosion de gaz eut lieu au casino Cadet et fit de nombreuses victimes.
Chargé par le parquet d^examiner les cadavres de quatre individus qui avaient péri dans cet accident, je constatai chez V\a d^eux une fracture du crâne dont la région occipitale était fracassée. Les trois autres, dont Tun survécut dix jours, étaient mort par suite de brûlures profondes.
Obs. cm. — Explosion de pétrole. Incendie ^ trois victimes; s»phyxie^ brûlures, — Le 6 janvier 1862, je fus chargé de procéder à Tautopsie de la veuve L..., que Ton trouva morte dans son appartement, situé au-dessus d^un magasin de produits chimiqnei, où une tonne de pétrole avait fait explosion et avait déterminé u violent incendie. Le feu n'avait pas atteint cette dame, mais na* fumée très-épaisse et odorante avait envahi sa chambre à coocbir et Pavait fait périr par asphyxie.
Plus tard, les 16 et 23 février^ j^eus à examiner les cadavrvs de deux autres victimes du même accident, qui succombèrent à rbA* pital des Cliniques, Tun six semaines, Pautre sept semaines après, aux suites de brûlures très-étendues.
Ob3. CIV. — Explosion de picrate de potasse. Accident de la fiui Sorbonne ; effroyables mutilations; conditions de ^explosion. — On vît pas oublié la terrible explosion qui eut lieu dans les ptemieff mois de Tannée 1860, place Sorbonne, dans les magasins di produits chimiques de M. Fontaine, et qui fut attribuée ao picrate de potasse ^. Dès le lendemain de ^accident, je foi chargé par M. le juge dUnstruction de procéder à. TexameQ à» victimes.
Je ne crois pas avoir procédé jamais à une opération plus »*isissantô. Des cinq cadavres que j^avais à examiner, trois étaieat
1. Chevallier, Dangers de l'emmagasinage et du maniement des s^Mmas explosives. {Annales à'hyg. et d» méd. /ê^.,l2« série, 1869, t. XXXII, p. lOi)
réduitâ pour aiasi dire en lambeaux, le quatrième était entièrement carbonisé. Je vais donner un aperçu des résultats de ces di* verses autopsies.
lo Une jeune fille qui s^était tuée en se sauvant par une fenêtre, était tombée sur les pieds d^abord, puis sur les genoux et sur le front où Ton voyait des contusions superficielles. Mais il y avait en môme temps contusion du cerveau, et c'est à cette lésion que devait être attribuée la mort, conséquence indirecte de Texplosion.
2o Le fils de M. Fontaine avait été trouvé dans une cave, son cadavre présentait une carbonisation générale et complète. Il notait le siège d'aucune lésion extérieure, d'aucune mutilation, les organes internes n'avaient pas subi de coction. Le coeur et les vaisseaux étaient vides, les poumons fortement engoués.
30 Le sieur B... avait la tête et le cou fracassés, le bras gauche et la poitrine broyés. Le crâne était comme scalpé, le cuir chevelu tout a fait enlevé. Le ventre était ouvert et les deux membres inférieurs complètement broyés.
40 Chez le sieur D..., la tête avait éclaté; il ne restait qu'un lambeau de cuir chevelu déchiqueté et une oreille. Le tronc présentait une large ouverture béante faite par le choc du cadavre contre un banc qui l'avait coupé pour ainsi dire en travers. Au fond de cette plaie on voyait les viscères broyés. Le bassin et la caisse droite étaient fracassés et l'articulation du genou largement ouverte.
50 Le dernier cadavre, celui d'un jeune homme de vingt-trois ans, offrait un aspect plus horrible encore. Il était méconnaissable et avait été mis en lambeaux. La colonne vertébrale, presque tout entière, était séparée du reste du corps. On retrouvait onze vertèbres auxquelles adhéraient k peine quelques débris de chairs noires desséchées, déchiquetées comme en charpie. La peau du dos avait été enlevée en un large morceau comme sur un écorché ; elle était noircie et incrustée du sable de la rue. Des lambeaux de muscles pendaient arrachés. Une des oreilles restait attachée à un débris de cuir chevelu tailladé et troué. On reconnaissait des fragments du bassin de l'os coxal, de la tête du fémur, comme hachés. La section de ces débris de squelette était dans certains points toute noire, dans d'autres saignante. Il restait encore des portions de la rate, du poumon, du menton garni d'une barbe longue châtain foncé, de la mâchoire inférieure, incrustée d'éclats de vitre : puis des lanières de peau de différente
298 cnoix d'observations de blessures par imprudence.
longueur et plus ou moins étroites ; des morceaux d^ossements broyés, enfin une masse de débris tout à fait informes.
Quant au picrate de potasse, qui, selon toute vraisemblance, avait causé la catastrophe, quelques mots suffiront pour préciser les conditions dans lesquelles il peut faire explosion. Je les emprunte à une note de M. Z. Roussin.
Ce sel affecte la forme de petits cristaux de couleur jaune oe jaune orangé, inaltérables à Tair, indifférents aux variations d« pression, de température ou d'hygrométrie atmosphériques, et qui ne sauraient ni s'enflammer ni détoner spontanément à li température ordinaire. Porté à une température voisine àt 300 degrés, ce sel se décompose brusquement à la manière d'une poudre très-brisante, et produit une explosion dont les eiTeti sont directement proportionnels à la quantité de matière qii s'enflamme et à la résistance que rencontre le dégagement gizeux.
Des expériences directes, exécutées dans les conditions les fJos variées de choc et de frottement, ne nous ont jamais permis de déterminer l'inflammation du picrate de potasse en dehors de l'intervention d'une lumière ou d'un corps en ignition. La trituratioi prolongée dans un moi*tier de porcelaine, alors même qu*on mélange du sable au picrate de potasse, le piétinement violent de chaussures sèches sur un parquet ou une surface de granit raguenx recouverts de picrate de potasse, le choc même d^un marteande/er 'Sur une enclume recouverte du même sel, n'ont jamais, entre les mains de M. Roussin, comme en celles de MM. Désignolle et Simonin qui s'occupent depuis plusieurs années de ce produit, provoqué la moindre explosion.
Les faits qui précèdent permettent donc de conclure, avec toote certitude, que l'explosion du picrate de potasse n^a pu, dans le terrible accident de la place Sorbonne, être déterminée que parle contact accidentel d'une flamme quelconque ou d*un corps en igfiition.
11 n'est pas sans intérêt d'ajouter ici, bien que nous n'ayons pu à nous en occuper spécialement, que cet accident donna lien i une série de procès civils extrêmement nombreux, dans lesqueb li responsabilité du fabricant, M. Fontaine, fut mise en jeu et actionnée avec une vivacité extrême en même temps que celle des Compt* g^ies d'assurances.
Obs. GV. — Blessures causées par dit projeeiUês esph-
«1/5 ^ — L^attentat du 14 janvier 1858, en jetant la consternation dans tous les cœurs honnêtes et le deuil dans plus de cent familles, a été la triste occasion d'une enquête médico-légale la plus terrible et la plus vaste qui se soit jamais présentée. Si, au chiffre considérable des victimes, au nombre plus grand encore des blessures, on ajoute la nouveauté formidable des instruments de mort employés à l'exécution du crime, et le caractère jusqu^alors inconnu, la marche toute spéciale et la gravité singulière des blessures, on comprendra l'intérêt douloureux, mais réel, que la science peut attacher k une relation exacte des faits que Fexpertise médico-légale a constatés. Les résultats de mes observations pourront être étudiés avec fruit, soit par les experts, soit par les chirurgiens, car ils comprennent la totalité des personnes atteintes.)
Je dois faire précéder Texposé des constatations faites sur les blessés et des considérations auxquelles elles m'ont paru pouvoir donner lieu, de quelques notions indispensables et authentiques sur la composition des projectiles explosifs lancés sur le passage de l'empereur, et dont les éclats presque innombrables ont produit les désastres qui rendront À jamais funèbre le souvenir de la soirée du 14 janvier.
On sait que deux des projectiles ont été retrouvés et soumis k l'examen d'experts spéciaux. Je les ai vus moi-même, et je puis affirmer l'exactitude de la description suivante :
La bombe a la forme et les dimensions d'un petit œuf d'autruche, dont les deux extrémités seraient également arrondies et un peu aplaties. Elle est en fonte commune et très-cassigite, composée de deux parties réunies par un pas de vis pratiqué dans l'épaisseur des parois. La hauteur totale est de 12 centimètres 5 millimètres ; son diamètre en largeur est de 7 centimètres 3 millimètres. La partie inférieure est armée de 25 cheminées garnies de capsules traversant toute l'épaisseur des parois et disposées de manière à faire converger le feu des capsules sous la charge placée dans l'intérieur. Les parois ont une épaisseur inégale, plus grande à la partie inférieure où elle s'élève jusqu^à 3 centimètres, beaucoup moindre dans la partie supérieure où elle s'abaisse à 5 millimètres seulement, de telle sorte que le projectile se retourne de lui-même dans sa chute et retombe nécessairement du cêté le plus lourd sur les capsules destinées k provoquer l'explosion. A la partie supé-
1. Tardieu, Beiation médieO'légale sur Valteniai du 14 janvier 1858. (Ann, d'hyg, pubL et deméd. lég., 1858, tome IX.)
300 cuoix d'odseuvations di: bli:ssures par imprudence.
Heure, il existe un trou pratiqué pour introduire la charge, et hermétiquement fermé par une vis de 2 centimètres d^épaisseur. Li capacité intérieure est de 120 centimètres cubes. On en a extrait une substance d^un blanc légèrement jaunâtre, fine, cristallioe, lourde^ et qui a été reconnue pour être du fulminate de mercure pur et sans mélange. La quantité extraite formant la charge éUit de 135 grammes occupant 84 centimètres cubes, c^est-à-dire plus des deux tiers de la capacité intérieure.
Le poids de la bombe non chargée est de 1 kilogramme SjT grammes ; par conséquent, après la charge, le poids s^élevait à ob peu plus d'un kilogramme et demi. Après avoir retiré la charg» et replacé les capsules sur les cheminées, les experts ont, à plusieurs reprises, laissé tomber le projectile sur un sol carrelé delà hauteur de 50 centimètres seulement. A chaque fois, il y a eu explosion d^une ou plusieurs des capsules; ils Tont lancée ensuite i hauteur de ceinture, à 5 ou 6 mètres en avant, et toujours lachate a déterminé Pinfiammation des capsules.
A ces détails, qui se rapportent spécialement aux bombes saisies, il convient d^ajouter que deux des trois bombes lancées contre TEmpereur étaient plus grosses que les autres ; enfin plusieurs fragments, qui ont causé tant de ravages, ont pu être représentés aux experts : un de ces fragments exti'ait du corps d'un cheral pesait 1 hectogramme. Aucun de ceux qui ont été retirés à» blessures des diverses victimes de Tattentat nç présentait un poids aussi élevé. Les plus volumineux que j^aie vus ne dépassaient pu les dimensions d^un œuf de pigeon et ne pesaient pas plus de 30 à 40 grammes.
Du reste, on a vu, d'après la forme et la structure du projectile explosif, que les éclats ont dû être plus ou moins volumineux, solvant la partie d*oii ils provenaient. Ceux du culot ont dû être moins nombreux et plus gros, tandis qu^à la partie supérieure, le métal était si mince que cette portion de la bombe a dû être en quelque sorte pulvérisée. La puissance du fulminate rend compte aussi du grand nombre de fragments, car on a évalué que 130 grammes de fulminate de mercure repondent à 2 ou 3 kilogrammes de poudre ordinaire. Mais, si l'on songe que la voiture impériale i été atteinte dans ses diverses parties par 76 projectiles, que les deux chevaux, composant Tattelage, ont reçu environ 40 blessures, que 24 chevaux de Tescorte ont été frappés de 125 coups environ, et que, enfin, 511 plaies distinctes ont été comptées sur les victimes connues de Tattentat, on voit que les trois
ACCIDliNTS PAR COUPS DE FEU, LNCE5D1ES, EXPLOSIONS. 301
bombes ne se sont pas divisées en moins de 7 à 800 fragments.
Les détails préliminaires dans lesquels je viens d^entrer, n^étalent pas inutiles pour mieux faire comprendre le véritable caractère des faits complètement nouveaux que j^ai consignés dans ce travail, dont j'indiquerai d^abord les principales divisions .
Je commencerai par donner un aperçu de la situation individuelle de chaque blessé, en les répartissant en cinq catégories, suivant la gravité de leurs blessures, et en indiquant, pour chacun dVux, les conséquences immédiates ou secondaires que celles-ci pourraient avoir.
J^entrerai ensuite dans des considérations générales dans lesquelles je m^efforcerai de déterminer avec précision Ids caractères des plaies, leur siège, leur forme, leur direction, leur marche et leur terminaison antérieure.
De ces deux ordres de faits, je déduirai les propositions qui devront servir de conclusions à ce travail.
Exposé de la situation individwlle de chacun des blessés, — Les victimes de Tattentat du 14 janvier n^ont pas toutes été connues. Malgré le zèle de Tadministration pour découvrir toutes les personnes qui avaient été frappées, malgré mes propres efforts, plusieurs sont -certainement restées ignorées, plus d^un nom indiqué a été impossible à découvrir. Nous avons su de la manière la plus positive que quelques-uns des blessés avaient immédiatement regagné la province. En résumé, les constatations dont j'ai été chargé ont porté sur 156 personnes. Je ne comprends pas dans ce chiffre un individu, le seul, du reste^ qui ait cherché à se faire passer indûment pour une victime de l'attentat^ et qui, atteint de brûlure légère, s'était fait admettre k l'hôpital Necker où il fut bientôt forcé de confesser sa fraude devant l'insistance éclairée du chef du service chirurgical, M. le docteur Depaul.
Pour plus de clarté, j'ai rangé les blessés en cinq catégories de la manière suivante :
A. Blessures légères.
B. Blessures de moyenne gravité.
G. Blessures graves.
D. Blessures très-graves.
E. Blessures suivies de mort.
C'est dans cet ordre que je vais les passer successivement en revue.
1'" Catégorie, ^ Blessures légères, — Cette première caté-
302 CUOIX d'observations de blessures par IMPHUDENCE.
gorie comprônd 57 personnes dont les blessures lég^ères n'ont eu pour les unes aucune suite fâcheuse, et pour les autres n'ont entraîné qu'une courte incapacité de travail qui a*a pas dépassé en général quinze jours.
1. Le sieur Alessandri, attaché à la police du château, visité le 16 janvier aux Tuileries, où il n'a pas cessé son service, est atteint de trois blessures qui consistent en deux petites plaies à la tempe gauche et à la fesse du même côté, et une plus profonde avec contusion au côté gauche de la poitrine. Ces blessures sont saas gravité, et ne doivent entraîner aucune incapacité de travail.
2. Le sieur Armand Justin, employé à la Banque, rue de PïtH vence, 13, a reçu trois blessures consistant en une plaie peu profonde à la partie antérieure de chaque jambe et une déchirure da pied droit. Ces blessures légères ont seulement retenu le sieur âi^ mand trois jours à la chambre.
3. Le sieur Joseph Bernheim, âgé de 15 ans, domestique du concierge de rOpéra, rue Lepelletier, visité le 19 janvier, a reçu m seule blessure consistant en une plaie à la jambe gauche assez large, tuméfiée, et accompagnée d'une inflammation assez viye pour l'empêcher de marcher pendant quelques jours.
4. Le sieur Bessin, domestique, demeurant rue de la Ghausséed'Antin, n* 43, visité le 19 janvier, est atteint de d^ux blessures. Au sommet de la tête, un petit éclat a intéressé le cuir cheveln. Au pied gauche, k la base du gros orteil, une petite plaie non pénétrante, mais déterminant une certaine inflammation et ane assez vive douleur. Ces deux blessures n'ont d'ailleurs pas de gravité.
5. Le sieur Boissé, lancier, visité le 17 janvier, a été blessé dna fois à l'oreille et k la cuisse droites. Mais ces deux plaies n'ont aucune gravité.
6. Le sieur BondoiÂX, lancier, visité le 17 janvier à l'hôpital dn Gros-Caillou, est atteint de quatre blessures. Une plaie de 1 centi* mètre i/2 de largeur au sein gauche ; une k la fesse. Une au-dessous du jarret gauche, et la dernière à l'angle de l'épaule droits. Ces blessures n'ont, du reste, que peu de gravité.
7. Le sieur BonfUhon, licencié en droit, boulevard Poissonnière, n^ 16, à Montmartre, visité le 21 janvier, n'a reçu qu'une contusion à la partie interne de la cuisse droite, blessure tout li fait sans caractère.
8. Le sieur Bourdin, sergent de ville, demeurant me du Petit- Pont, Q? 8, visité le 18 janvier, est atteint de quairê blassares.
Deux petites plaies au sourcil et à la lèvre ; à la partie antérieure de la cuisse, une plaie dans laquelle a pénétré un corps étranger qui j reste eugagé. Au-devant de la poitrine et k gauche, une petite plaie contuse. Malgré ces blessures, le sieur Bourdin a repris prématurément son service. Sans être graves, elles eussent exigé quelque repos.
9. Le sieur Boursêul^ valet de pied, visité le 16 janvier, rue du Bac, 62^ est atteint d'une seule blessure consistant en une foulure du pied gauche et une contusion au talon gauche résultant de la chute qu*il a faite, et d'ailleurs légère.
10. Le jeune Edmond Bouthemard, âgé de 14 ans, commis, demeurant chez son tuteur, rue Notre-Dame-de-Lorette, no 34, visité le 21 janvier, est atteint d^une seule blessure. A la partie interne de la jambe gauche une plaie qui pénètre jusqu'à 4 centimètres sous la peau, et dans laquelle reste très-probablement un petit fragment, blessure d'ailleurs sans gravité, et qui n'exigera que quelques jours de repos.
11. Le sieur Brondex^ garçon de caisse chez M. Archdéacon, rue de Provence, n° 72, visité le 21 janvier, est atteint d'une seule blessure consistant en une petite plaie superficielle au front, qui n'a pas de gravité, et ne Ta pas empêcher de continuer son service.
12. La demoiselle Rosine Buffot^ cuisinière, rue de Ponthieu, 38, a reçu deux blessures à la partie supérieure du front à la naissance des cheveux. Ces blessures consistent en deux petites plaies irès-rapprochées l'une de l'autre, pénétrant toute l'épaisseur du cuir chevelu sans atteindre les os. Elles ont déterminé une hémorrhagie considérable, des douleurs qui persistent après plus de trois semaines, et une incapacité de travail de huit jours.
13. Le sieur Casamatta^ inspecteur, demeurant rue des Gharbonniers-Saint-Antoine, no 36, visité le 20 janvier, est atteint de deux blessures. A la partie interne de la jambe droite au niveau du genou, une plaie d'où un fragment de projectile a été extrait. A la joue gauche une petite plaie. Ces blessures n'ont retenu le sieur Gasamatta au lit que pendant quatre jours, et il a repris son service avant d'être tout à fait guéri ; son chapeau, a été traversé.
14. Le sieur Chabrier^ lancier, visité le 17 janvier À Thêpital du Gros-Gaillou, a été atteint de deux blessures : l'une à l'angle interne de l'œil droit ; l'autre à l'épaule droite, toutes deux fort légères.
304 cuoix d'observations de blessures par uiprudëncë.
15. Le sieur Chatellus, inspecteur des garnis, demeurant faubourg Saint-Martin, no 187, visité le 18 janvier, est atteint d*iiu seule blessure : une plaie au menton assez profonde, et accompagnée d^un gonflement assez douloureux. Les dents sont ébranlées; il n^y a pas de fièvre, et Pétat du blessé est sans gravité.
16. Le sieur Chanveau^ garde de Paris, visité le 22 janvier k la la caserne Saint- Victor, est atteint d^une petite plaie sans gravité sur le dos du nez.
17. Le sieur Cfticou^ commis marchand, rue des Moineaux, n" 8, visité le 21 janvier, est atteint de trots blessures : trois petites plaies au front et aux paupières du côté droit. Ces blessures légères n^ont arrêté le blessé que deux jours.
18. Le sieur DassonvUle^ professeur à Tinstitution Massin, ru^ des Minimes, n° 12, visité le 22 janvier, est atteint d^une simple égratignure au petit doigt de la main gauche, probablement produite par un éclat de verre, et du reste très-légère.
19. Le sieur Delmas, inspecteur, demeurant rue d'Arcole, n«5, visité le 18 janvier, est atteint de deux blessures : une contusios au front, et une petite plaie à la hanche avec pénétration d*aA corps étranger, gonflement et épanchement considérable. Cei blessures sont sans gravité.
20. Le sieur Dorme, âgé de 15 ans, garçon pâtissier, rue Saîni- Louis-au-Marais, u» 4, a reçu deux blessures : une petite plaie qd pénètre un peu au-dessous et en dedans du mollet droit, et dûs laquelle est resté un très-petit fragment de projectile ; une petite plaie superficielle au niveau de Phypochondre gauche. Ces blessures sans gravité n'ont entraîné qu'une incapacité de travail dt huit jours, due à la difficulté de la marche.
21. Le siour Duhardel, commis marchand, Grande-Rue, n" 38. à BatignoUes, n'a reçu qu^une seule blessure au front peu profonde, et n'ayant déterminé qu'une hémorrhagie abondante sans accidents consécutifs graves, et sans autre suite qu'une incapacité de travail de quelques jours.
22. Le jeune Henri Duliège, âgé de 14 ans, apprenti chez M. Vildien, opticien, rue du Ponceau, 1, visité le 21 janvier, est atteint de deux bles,sures : au-dessous de la narine droite, une plaie snperficielle accompagnée d'un peu de gonflement ; une autre petite plaie enflammée et douloureuse à rextrémHé de la pulpe du petit doigt de la main droite. Ces blessures n'ont aucune gravité.
23. Le sieur Duparloir, sergent de ville, demeurant rue du Petit-Pont, no 12, visité le 18 janvier, est atteint d'une seule Mes-
sure, consistant en une petite plaie située en dehors du genou gauche, et d^oU un fragment de projectile a été extrait. Elle est d'ailleurs sans gravité.
24. Le sieur Faididê^ lancier, visité le 17 janvier à Fhôpital du Qros-GaiUou, est atteint de deux blessures : Tune sur le dos de la main gauche, Tautre en dehors du genou du même côté ; toutes deux très-légères.
25. Le sieur Feugiêr^ garde de Paris, visité, le 22 janvier, à la caserne Saint- Victor, est atteint de deux blessures : une plaie avec ecchymose sur le tibia du côté droit, et une simple meurtrissure en dedans de la cuisse droite, toutes deux très-légères.
26. Le sieur Gacquer^ fabricant de meubles, demeurant rue de ' Montmorency, no 43, visité le 21 janvier, a été atteint de deux blessures : deux petites plaies au-dessous du menton et à la tempe gauche sans aucune gravité.
27. Le sieur Garnery, garde de Paris, visité le 22 janvier à la caserne Saint-Victor, est atteint de deu^ blessures : une petite plaie superficielle au-dessous de Toeil gauche, et une autre qu'accompagne une assez forte contusion en dehors du genou droit. Elles sont d'ailleurs sans gravité.
28. Le sieur Gaubert^ cocher chez le sieur Rougé, rue Saint- Dominique, no 13, visité le 21 janvier, est atteint de deux blessures : une plaie à Tangle de l'œil gauche avec gonflement des paupières, et une égratignure au poignet, toutes deux sans aucune
I gravité.
) 29. Le sieur Georges^ valet de pied, rue du Dragon, no 16, vi-
I site le 16 janvier, est atteint de quatre blessures : une plaie superficielle à Toreille droite ; une plaie plus profonde à la partie supé-
I rieure du bras droit. Dans la région dorsale deux plaies, dont Tune très-douloureuse, et tuméfiée par la présence d'un fragment de projectile. 11 n'y a d'ailleurs pas de fièvre, et la guérison ne se fera pas longtemps attendre.
30. Le sieur Gorju^ serrurier, demeurant faubourg Saint-Honoré, no 144, est reparti pour Elbeuf le 17 janvier. Il n'avait reçu qu'une blessure k la partie interne et supérieure de la cuisse droite, consistant en une plaie de 4 centimètres carrés, large, mais superficielle, qui causait seulement un peu de gêne dans la' marche.
31. Le sieur Goulard^ lakicler, visité le 17 janvier à l'Ecole-Mi- 11 taire, qu'il n'a pas quittée, est atteint d'une seule blessure, consistant en une petite plaie en dehors du pied gauche, et tout à fait exempte de gravité.
Tardiku, Blêsiuree, 20
30ti (iiuiN i/OKSi:iiVATi()Ns m: blkssuhks par imprudence
32. Le sieur Oranger, inspecteur, demeurant rue Saint-Louis-en rile, no 66, yisité le 18 janvier, est atteint éTune seule blessais, très-légère, consistant en une contusion de la hanche gaache accompagnée d'un peu de gonflement.
33. Le sieur Henrion, garde de Paris, visité au Val-de-Gràce le 16 janvier, est atteint de vingl blessures. Les membres inférieurs sont criblés de plaies très-petites pour la plupart superficielles, et représentant des brûlures ponctuées. En haut de la cuisse gauche. ati*dessous de Taine, il existe deux blessures plus larg-es. Au bras droit, deux plaies pénétrantes ont une forme irré^lièremest triangulaire. Une excoriation légère existe en outre au scrotuiD. Malgré leur multiplicité, ces blessures n^ont pas de graTÎté, et h guérison ne se fera pas attendre an delà de quelques jours.
34. Le sieur Hurst, interprète k l'hôtel du Louvre, demeorut rue de Ponthieu, n<^ 7, visité le 19 janvier, est atteint d'une seule blessure, consistant en une contusion et excoriation au--deTant db genou, suite d'une chute, accompagnée de douleur dans Tartieolation et de difficulté dans la marche. Cette blessure est légère, et n'exigera que quelques jours de repos.
35. Le sieur Jacquier^ inspecteur, demeurant rue Bonaparte, n*li visité le 19 janvier, est atteint de trais blessures : une plaie cobtuse au genou gauche non pénétrante, et deux petites plaies raperficielles k la lèvre supérieure et k Pœil gauche. Ces blessares sont sans gravité. Le chapeau du sieur Jacquier a été traversé i la base.
3G. La dame Lâchasse^ concierge de TOpéra, rue Lepelletier. visité le 19 janvier, a reçu trois blessures : deux petits éclats an côté gauche du nez et une hlessure à la main. Anoune u^a de gravite.
37. La jeune Caroline Ladurelle^ âgée de 11 ans 1/2, fille ds sieur Ladurelle, maçon, demeurant rue de l'Empereur, n^ 4â, i Montmartre, visitée le 21 janvier, est atteinte d'un? seule blessait. Petite plaie non pénétrante, au-devant de la poitrine, au-desse» et au dedans du sein gauche, sans gravité, mais ayant détermiae une suffocation assez prolongée.
38. Le sieur Ledoux^ cocher de l'Empereur, visité aux écuries le 19 janvier, est atteint de deux blessures : une petite plaie très douloureuse à l'oreille gauche avec présence d'un éclat; une pli» longue de 2 centimètres 1/2, et profondément déchirée sur le côté interne du médium de la main droite. Ces deux blessiu^s. quoiqM devant entraîuer pendant plusieurs jours une assex vive doolev, n'*ont pas de gravité, et le blessé n'a pas interrompu son servie»-
39. Le sieur Lelarge, garde de Paris, visité le 22 janvier à la caserne Saint-Victor, est atteint de «ta: blessures : une petite plaie, d^où un corps étranger a été extrait à Tangle interne de Pœil droit; une au sourcil droit, où est resté un petit fragment; une plaie entourée d'une très vaste ecchymose en avant de l'aisselle gauche; deux à la jambe gauche, au-dessus et au-dessous du genou, et une dernière à la cuisse gauche avec épi^nehement sanguin. Ces blessures, malgré leur nombre et leor siège, n'ont pas eu la gravité qu'on pouvait craindre, et l'état du blessé est satisfaisant.
40. La dame Lequeux^ visitée le 16 janvier à la maison municipale de santé, est atteinte de tien/' blessures. L'œil droit a été assez violemment contus ; la face est marquée de six petites plaies semblables à des piqûres. Une plaie superficielle existe au-dessus du sein gauche. Enfin l'avant-bras droit est traversé par un petit fragment de projectile sans que les os aient été atteints. Toutes ces blessures sont légères, et Tétat de la dame Lequeux n'a aucune gravité : elle conservera seulement quelques douleurs locales pendant un certain temps.
41. Le sieur Leriche^ garçon an café de l'Opéra, visité le 21 jan vier, est atteint de deux blessures : un petit éclat au côté gauche du cou, et une petite plaie k la main gatiche produite par un fragment de verre, blessures d'ailleurs très-légères.
42. Le sieur Nirolas Lippert, rue de la Fidélité, n* 20, a reçu deux blessures : l'une consistant en une petite plaie au côté gauche du cou, Tautre en une contusion superficielle au bras droit. Ces blessures n'ont pas de gravité, et n'ont entraîné qu'une incapacité de travail de quelques jours.
43. La dame Maréchal^ demeurant passage Jouffroy, visitée le 21 janvier, est atteinte d'uiM seule blessure : une petite plaie au sommet du cuir chevelu, sans aucune gravité.
44. Le sieur François Martin, commissionnaire à l'Opéra, rue du Faubonrg^Montmartre, n* 33, a reçu deux blessures : l'une au «oorcil gauche, et l'autre k la cuisse du même côté, un peu audessus du genou. Ces blessures n'ont aucune gravité, et n'ont pas «ntratné d'incapacité de travail.
45. Le sieur Michaud, sous-brigadier de la police municipale, demeurant rue de la Calandre, no 28, visité le 17 janvieY*, est atteint de deux blessures. A la jambe gauche, au-dessus de la malléole externe, une plaie contuse, large, mais superficielle. Une plaie semblable à la partie postérieure de la cuisse gauche. Ces deux
308 CHOIX d'obskrvations de blessures par imprudence.
blessures sont d'ailleurs légères, et n'exigeront qu*uii repos de quelques jours.
46. Le sieur Millet, tonnelier, demeurant rue du Rocher, no 16. visité le 19 janvier, est atteint d'iifi« seule blessure, plaie peu profonde, située à la partie interne de la cuisse gauche, et assez doaloureuse, toutefois sans gravité.
47. La dame Nordon^ demeurant rue du Faubourg-Montmartre. no 40, visitée le 21 janvier, est atteinte d'un^ seule blessure, consstant eu une très-petite plaie de la joue gauche avec une assez rin irritation de Tœil du même côté. Son état n'a aucune gravité.
48. Le sieur Péraldi, officier de paix, demeurant rue du Poat- Louis-Philippe, n<» 9, visité le 18 janvier, est atteint de devxplm superficielles au front et au pouce de la main gauche. Malgré o^ courbature générale, le blessé a repris son service.
49. Le sieur Piel, inspecteur de police, demeurant rue Saint-Gcmain-rAuxerrois, 68, visité le 19 janvier, est atteint d'une seak blessure : une forte contusion k la partie externe de la coifle droite qui n'a d'ailleurs aucune gravité.
50. Le sieur Quenet^ auxiliaire à la police municipale, denearant rue Belle-Gbasse, 29, visité le 18 janvier, est atteint d'or seule blessure : une simple écorchure au front^ assez légère posr qu'il ait pu reprendre son service.
51. Le sieur Roblot, domestique à l'hôtel de Bade, bouleraid dis Italiens, visité le 19 janvier, est atteint d'une seule blessure; k Ii cuisse droite une plaie superficielle, mais large coznme vme j^éa de cinq francs et très-enflammée, sans gravité cependant, etoed^ vant entraîner que quelques jours de repos forcé.
52. Le sieur Roques, étudiant en médecine, demeurant me Hzoteville, 32, visité le 22 janvier, est atteint de deux hleasomdeux petites plaies très-superficielles, l'une à l'épaule gaodie. l'autre en avant de la jambe du même côté. Ces blessures sontti^ légères.
53. Le sieur Rougé, sergent de ville, demeurant faubourg Sm^ Martin, 132, visité le 20 janvier, est atteint de deux blessuiei: Q>< plaie à la joue gauche et une au-dessus du genou du même e6lé, avec un gonflement assez considérable. Ces blessures, assez dotlou reuses, quoique sans gravité, n'ont pas empêché le sieur Roo|« de continuer-son service.
54. Le sieur Henri Rotuseau^ cuisinier, demeurant rue du Joor. 29, visité à THôtel-Dieu le 16 janvier, est atteint de deux bletsures situées k la partie antérieure de la jambe droite : l'ane ib-
ACaDENTS PAR COUPS DE FEU, INCENDIES, EXPLOSIONS. 309
périeure, large de 3 centimètres, mais superficielle, et résultant d'une sorte de frôlement du projectile ; la seconde plus petite, mais ayant pénétré dans les chairs : toutes deux d'ailleurs exemptes de gravité, et ne devant entraîner qu'une incapacité de travail de quelques jours.
55. Le sieur Roussel, officier de paix, visité le 15 janvier, est atteint de deux blessures, qui consistent en contusions à la partie droite du front avec excoriations trôs-superficielles, qui ont déterminé une hémorrhagie immédiate fort abondante, mais qui n'ont pas de gravité, et ont permis au blessé de se relever dès le lendemain.
56. Le sieur Rumigny, garde de Paris, visité à la caserne Saint- Victor le 22 janvier, est atteint de deux blessures. Une plaie avec gonflement assez marqué au-dessus du sourcil gauche, une autre au-dessus du sourcil droit avec ecchymose et irritation assez vive de l'œil correspondant. Ces deux plaies n'ont d'ailleurs pas de gravité.
57. Le fiieur Sc/iar(i, maître d'hôtel rue Fontaine-Molière, 38, a reçu deux blessures légères, l'une à la main droite, l'autre à l'épaule gauche. Aucun accident n*a suivi ces plaies peu profondes, qui n'ont entraîné aucune interruption de travail.
58. La j'eune Amélie Schneitzhoeffer^ Agée de douze ans, demeurant chez ses parents, passage de l'Ëlyeée des Beaux-Arts, 10, à Montmartre, visitée le 21 janvier, est atteinte de deux blessures : deux petites plaies^ gonflées et douloureuses, au-dessous de l'oreille gauche et au front, d'ailleurs sans gravité.
59. Le sieur Maurice Serot, étudiant en droit, rue Neuve-des- Poirées, 6, n'a reçu que deux très-légères blessures ; une contusion k l'épaule gauche, due à l'action superficielle d'un projectile qui a traversé les vêtements sans déchirer la peau, et une excoria tion très- superficielle k la joue droite. Il n'a pas été retenu à la chambre.
60. Le sieur Solary, employé au ministère de la marine, rue Saint-Honoré, 277, a reçu au mollet droit une blessure légère, con sistant en une petite plaie pénétrant à une certaine profondeur dans les muscles, mais qui n'a causé qu'un peu de douleur, et n'a entraîné aucune incapacité de travail. Elle s'est cicatrisée d'ailleurs assez lentement.
61. Le sieur Souveras, inspecteur, demeurant rue de l'Ecolede-Médecine, 11, visité le 18 janvier, est atteint d'une seule blessure, qui consiste en une déchirure de la lèvre supérieure, trans-
310 CUOIX D OBSERVATIONS DE BLESSURES PAR IHPRUDliiNCb.
percée par un proje(5tiIe qui a cassé une deot. Aucun accident &a suivi cette blessure, qui ne retient pas le blessé, et a gaéri en quelques jours.
62. Le sieur Thoretton^ commissionnaire, rue Coquenard 22, a reçu deux blessures sans gravité. Tune à la face, Tautre à la caine gauche. Les plaies se sont cicatrisées assez rapidement, et nW entraîné aucune incapacité de travail.
63. Le sieur Touieau^ lancier, visité le 17 janyier à PEcole militaire, est atteint d*unê seule blessure, située en arrière de la coiav gauche, et accompagnée d^une ecchymose assez étendue autour de la plaie. Cette blessure n^est d^ailleurs pas graye, et n*a pas éloigné lé blessé de son service.
64. Le sieur Vatin^ lancier, visité le 17 janyier à TEcole militaire, est atteint d'une seule blessure en arrière de i'éptok droite, consistant en une plaie avec ecchymose assez forte, mil sans gravité, et qui n*a pas empêché le blessé de continuar ni service.
65 . Le sieur Vitry, commissionnaire À TOpéra, rue Rochpchoaart. 32, n^a reçu qu^tine très-légère blessure au bras gauche, d*ob iln^tft résulté aucune incapacité de travail.
66. Le sieur Adoljihe Voitey^ âgé de dix-huit ans, rue Cadet, 1^ a reçu cinq blessures : une au sourcil gauche, une au ventre, dm dans Paine gauche et deux à la cuisse droite ; ses vêtements oai^ en outre traversés en deux autres points. Les blessures ooDiistMl en petites plaies étroites mais profondes, dont deux avaient ivtflto des fragments de projectiles qni n*ont été extraits que tardiTMMst La cicatrisation n^a été complète .qu^après plus de trois semttiH sans qu'aucune complication survînt d^ailleurs, et Tincapaeilé àê travail a dépassé quinze jours.
67. Le sieur Sam tie/ Wassermann, de Jassj, demeurante Vhbtâ d'Angleterre, rue Montmartre, 56, visité le 21 janvier, a été attait d^une seule blessure, consistant en une plaie à la fnce, faite parte éclats de verre. Cette blessure légère n'a pas arrêté le blessé.
2^ Catégorie. — Blesxuras de moyenne gravité, — Cette secoA^ catégorie comprend 56 individus dont les blessures assez gravai ont entraîné une incapacité de travail de plusieurs semaiiMS, et devront môme chez quelques-uns laisser après elles des luitw plus prolongées.
68. La femme Ferdinand Anbrif, blanchisseuse ù Courbevoit. rue de Colombe, 5, visitée le 22 janvier, est atteinte de tept U^
ACCIDENTS PAR COUPS DE FfclU, INCENDIES, EXPLOSIONS. 341
snres. A la partie supérieure externe du bras droit, une pl»ie profonde a traversé la masse mvsculaire; elle donne lieu à use abondante suppuration et à de vives douleurs. Au-deraus du front 11 en existe une autre dans laquelle est resté engagé un corps étranger qui détermine une tuméfaction assez considérable. A* la jambe gauche, quatre plaies situées à la partie inférieure de oha* que côté du tibia forment des ulcères profonds, mais qui ne pénètrent pas jusqu^aux os. Une.dernière existe au-dessus du pied. €es dernières blessures constituent un état assee grave, et exigeront encore un long traitement et un repos prolongé pendant plusieurs semaines. En effet, revue après deux mois et demi; la dame F. >Aubrj présente encore une grande gêne dans les renversements 'du bras droit, de la difficulté à marcher et de la douleur à la plante du pied.
69. La femme Luce Aulfry^ épicière à GourbeVoie, rue du CShâ- ' leau, 38, visitée le 22 janvier, est atteinte de dix blessures : cinq
petites plaies actuellement cicatrisées aux joues, sur les paupières et sur le front; la jambe gauche présente en outre à la partie iftC^ rieure et interne cinq plaies profondes à bords taillés à pic, foiH mant de petits ulcéras, autour desquels les parties «ont tendues et douloureuses. L'état de la blessée est assez grave, et l'empêchera •pendant assez longtempsenoore de reprendre ses occupations. Mie reste atteinte d'une névralgie très-douloureuse de la jambe et' du pied gauche, qui la faisait encore beaucoup souffrir plus de deux mois après Tattentat.
70. Le sieur Berna^ garde de Paris, visité au Val-de-GrAce le =16 janvier, est atteint d'une seule blessure située vers le tiers* supérieur de la jambe gauche, pénétrant très-profondément, et d^où un projectile a été retiré par une contre-ouverture faite au mollet. Cette blessure exigera un traitement et un repos d'une quinzaine de jours environ.
71. Le sieur Jules Blmgy^ Agé de quatorze ans, demeurant rue Montmartre, 98, visité à l'hôpital Lariboisière le 16 janvier, est atteint de neu/* blessures. A la partie interne du pied gauche, une petite plaie pénètre profondément dans les articulations. La cuisse droite est le siège de deux petites plaies faites par des éclats. Une autre très-superficielle existe dans l'hypochondre droit. A la partie antérieure de la poitrine, au niveau, au-dessus et au*dessous du mamelon gauche on compte trois petites plaies semblables. La partie interne de l'avant-bras droit en présente une également. Enfin, une excoriation superficielle existe au sourcil droit. Aucune
312 CHOIX d'observations de blessures par imfrudehce.
de ces blessures n^offre de gravité, mais la première peut, en raison de son siège et de complications possibles, retarder la gnérisoi jusqu^à quinze ou vingt jours.
72. Le sieur Bounoure^ inspecteur de police, demeurant m Royale au Marais, 14, visité le 19 janvier, est atteint de dm blessures. A la partie externe de la jambe gauche une plaie étroite, mais très-profonde, avec douleurs lancinantes dans le mollet etk bas de la jambe. Une autre petite plaie existe au-dessous de li précédente. Cette blessure n^est pas sans gravité, et exige impérieusement un repos de plus de quinze jours.
73. Le sieur Brunet^ maréchal des logis de la garde de Ptm, visité au Yal-de-Gràce le 16 janvier, est atteint d'une êeuU blessure, consistant en une plaie très-petite située à là partie 'ak' rieure de la cuisse gauche, ayant à l'extérieur Papparenca «Totf piqûre très-superficielle, mais pénétrant en réalité très-profon(i&> ment en haut et en dedans, et déterminant une vive douleur, é» probablement à la présence d^un fragment de projectile. Cetie blessure exigera un repos et un traitement d'une quinzaine ^ jours au moins.
74. Le sieur Charier^ propriétaire, demeurant rue Blancli6,4t visité le 19 janvier, est atteint d'une seule blessure, •consistantes une plaie située au-dessous de Pœil gauche, et pénétrant joaqa) l'os malaire, accompagnée d'un gonflement qui atteste la préince d'un corps étranger, et ayant donné lieu à une hémorrhagie trèsabondante. Cette blessure n'est pas sans gravité, et exiger* à» soins assez prolongés.
75.. Le sieur Claye, rentier, demeurant rue Taitbout, 35, ,'n»té le 24 janvier, est atteint de quatre blessures : au milieu de U cuisse droite, à la jambe du même côté, trois plaies accompagnées d'un gonflement et d'une ecchymose très-étendue ; à la maUéob interne de la jambe droite, petite plaie ulcéreuse entourée d'oie large ecchymose. J.a fièvre et l'insomnie ont duré trois josn; l'état est encore assez grave, et la guérison n'aura pas lien a^ plusieurs semaines.
76. Le sieur Coing, sergent de ville, demeurant rue de la GtC 27, visité le 19 janvier, est atteint de trois blessures : une ^ profonde au-dessous de l'œil gauche avec gonflement conaidérabie et ecchymose des paupières, et d'où un fragment de projectile i été extrait par une incision; deux fortes contusions à la hanche it à la jambe gauche. L'état du blessé n'est pas sans gravité, et quinze jours au moins seront nécessaires k sa guérisOn.
77. Le sieur Conquer^ sergent de ville, demeurant rue Saint- Germain-rAuxerrois, 88, visité le 19 janvier, est atteint d'util seule blessure : à la partie supérieure de la cuisse gauche, une plaie pénétrante très-profonde, accompagnée d^une vive douleur. Le blessé a essayé de reprendre son service, mais a été bientôt contraint de s'arrêter. Il reste dans la plaie un corps étranger. L'état du blessé est assez grave, et il aura besoin de plusieurs jours pour se remettre.
78. Le sieur Cttûtn, maréchal des logis de lanciers, visité le 17 janvier à Thôpital du Gros-Caillou, est atteint de iroU blessures : au côté gauche du nez il existe une contusion profonde avec excoriation; la lôvre supérieure du côté droit est le siège d'une petite plaie ; enfin, la jambe gauche a été traversée au-dessous du genou par un projectile qui a contourné les os. L*état général est bon, mais la dernière blessure n'est pas sans gravité, et exigera au moins une quinzaine de jours pour que la guérison soit complète.
79. Le sieur Decker^ tailleur, demeurant rue Lepelletier, 21, visité le 17 janvier, est atteint d'une seule blessure, consistant en une plaie profonde située au-dessous de la clavicule droite, entre la 3* et la 4^ côte, ne pénétrant pas dans la poitrine, mais se dirigeant obliquement dans l'épaisseur du muscle pectoral, et accompagnée de douleurs, de gonflement, et surtout d'une gêne considérable des mouvements. L'état général est assez bon, mais le blessé restera plusieurs semaines sans pouvoir se servir librement du bras droit.
80. Le sieur DeUUoge^ rentier, demeurant rue de Buffault, 12, visité à la maison municipale de santé le 20 janvier, est atteint de quatre blessures : à la partie externe de la jambe gauche une plaie profonde qui 8*étend jusqu'à Tos, et dans laquelle un fragment de projectile reste engagé ; cette plaie est le point de départ d'un commencement de phlegmon. Sur la joue gauche, à la lèvre supérieure et à la racine du nez sont trois autres plaies plus petites. La première blessure est assez grave pour retenir au lit le sieur Delaloge pendant plusieurs semaines.
81. Le sieur Deottey %exçoxL de salle, demeurant rue Bertin- Poirée, 8, visité le 19 janvier, est au lit atteint d'une blessure; à la jambe gauche plaio contuse superficielle, large de 4 centimètres, recouverte d'une eschare gonflée et douloureuse. Blessure assez grave qui exigera un traitement et un repos assez prolongés.
82. Le sieur Dorly, rentier, demeurant boulevard Beaumarchais^ 70, visité le 22 janvier, est atteint de huit blessures. Une k l'extré-
MA CHOIX DOIJSKUVATIONS l)i: BLKSSLIIKS PAR IMPRUUË5CE.
mité du nez, une à la paupière supérieure, une À la joue du mèmt côté, une à la partie supérieure du front et deux au menton, Uwtts recouvertes d^une croûte épaisse et entourées d*ane large eeehj^ mose. La plante du pied gauche est traTersée par un projectik,«t présente, ainsi que le talon, deux plaies extrêmement douloureniei, qui ont donné lieu à une fièvre et à une insomnie qui a dnrépbsieurs jours. Ces blessures ont une certaine g^rarité et exigenit un repos prolongé.
83. Le sieur Faladiony marchand de charbon, rue de la Victoin, 27, visité le 17 javier, est atteint d'une seule blessure conaistantu une plaie large de deux centimètres, située au sommet du pariéUL du côté gauche, qui a donné lieu à une hémorrhagie abondante, i un étoui'dissement, à une commotion violente, à des douieun^ tète. Ces accidents immédiats ont été conjurés, et, quoique retev à la chambre, le blessé est sans fièvre. Il ne pourra reprendre m occupations avant quelques jours.
84. Le sieur FavartlUy marchand de journaux, demearant r» du Faubourg-Poissonnière, 197, visité À l'hôpital l^ariboisière, k 16 janvier, est atteint de trois blessures, La cuisse gauche est in- Tersée par une large plaie triangulaire, dont Topifice de sortie i été débridé, et dont le trajet est marqué par un gonflement coaiidérable. On a extrait de cette blessure un fragment de projeetiW de la grosseur d'un œuf de pigeon à forme pyramidale, irrégili^ rement triangulaire, et portant sur chaque arête des anglas 1m restes d^un pas de vis. Au-dessus de cette blessure la pets a ^ légèrement entamée. A la partie externe de la jambe gaucfaeeû^ une large contusion; sans être très*grave, l'état du bleue ert assez sérieux, et la guérison se fera attendre au moins trois ie> maines, laissant après elle, pour un temps beaucoup plus kttf. une très-grande gêne dans la marche.
85. Le sieur Flahaut^ peintre, demeurant rue de Gllehj, 102, visité le 19 janvier, est atteint d'une seule ble8sui*e. Au pied gaacke, un fragment très-petit est entré à la base de l'articulation da petit orteil, et y a pénétré profondément. Cette blessure si peu étes4ie détermine d'atroces douleurs, et exigera un repos d'un mois is moins. Le chapeau du sieur Flahaut a été trayersé complétaauat par un autre projectile.
86. Le sieur Fondary^ à l'hospice des Incurables, Tisité k tô janvier, est atteint de cinq blessures. Le mollet droit est trarené en deux endroits, et les orifices des plaies n'ont pas ujoias de deux centimètres. On en compte cinq, qui sont accompagnées d'an goa-
AGtlIDKiNTS PAR COUPS DE FEU, INCKNDIES, EXPLOSIONS. 315-
âement considérable, et d'an épanchement de sang vaste et profond. Il n^y a pas de fièvre. L*état da blessé est assez grave, et il ne pourra pas marcher avant un mois environ.
87. La dame Gœquêr, demeurant rue de Montmorency, 43, visitée le 21 janvier, atteinte d'une seule blessure, consistant en une plaie contuse du sourcil gauche, qui a^âté détaché dans une étendue de six eentimôtres, et forme un large lambeau. La plaie a été réunie en partie, mais elle est le siège d*une inflammation assez vive et d*un gonflement douloureux qui exigeront encore plus d'une semaine de soins.
88. Le sieur Arthur Grif/Hh, rentier, rue de la Ferme-des-Mathurius, 13, visité le 17 janvier, est atteint de Iroiê blessures : une plaie oblique au-dessous du genou droit, large et obliquement dirigée ; à la partie externe de la jambe gauche une petite plaie étroite et très-pénétrante, d*où a été extrait un fragment de projectile; enfin sur le cou-de^pied du même côté, une plaie contuse avec inflammation vive, semble pénétrer dans Tartiôulation tarsométatarsienne. Il n'existe pas de fièvre, mais seulement un peu d'agitation. La guérison est assurée, mais exigera au moins quinze ou vingt jours.
89. Le sieur Guigon^ lancier, visité le 17 janvier à l'hôpital du Gros-Caillou, est atteint de qiiatre blessures : une plaie large oomme une pièce de 20 centimes au niveau de l'apophyse mastolde flo côté droit; une un peu au-dessous, et une à l'oreille droite. L'avant-bras droit et la partie supérieure du bras gauche sont traversés par des projectiles. L'état général est bon, mais la nature •tie siège des blessures, l'inflammation suppurative qui les accom> pagne, leur donnent une certaine gravité, et exigeront un repos at un traitement de 20 jours au moins.
90. Le sieur Hébert^ attaché à la police du château, rue d'Ârgenteuil, 9, visité le 16 janvier, est au lit, atteint de quatre blessures. Au nez et à la joue gauche il existe deux petites plaies superficielles. Aux reins, une contusion énorme avec épanchement de aang considérable. A la partie antérieure de la jambe droite on trouve une plaie pénétrante très-profonde et assez large, accompagnée d'un gonflement très-douloureux. L'état du blessé est assez grave, et la guérison n'aura pas lieu avant 20 jours.
91. La dame Hédiard^ de Sens, demeurant rue du Hasard, 9, visitée le 21 janvier, est atteinte d'une seule blessure. Une plaie à la jambe gauche formée par un fragment de projectile, qui ayant pénétré sur le tibia a contourné le membre, et s'eet arrêté sous le
316 CHOIX d'observations de blessures par imprudence.
mollet, où il détermine de la doulear et du gonflement. Malgré cette blessure assez grave, la dame Hédiard est repartie pour Sens.
92. Le jeune PaulLamoite^ âgé de sept ans, fils du sieur Lamotte, crémier, rue Lepelletier, 21, visité le 19 janvier, est atteint de sif blessures. A la commissure des lèvres, à la partie supérieure dn bras droit, en dedans du seij^ droit et en avant de Tépaule gaache on voit quatre petites plaies arrondies, recouvertes ;d'eschare8, et pénétrant dans les muscles. A la jambe gauche, au-dessus et andessous du genou, deux plaies assez profondes, mais ne pénétriAt pas dans Tarticulation. Le nombre des blessures donne une ce^ taine gravité à Tétat de cet enfant, d^une constitution délicate, et qui sera long à se remettre. Il était à peine g^uéri deux mois et demi après Tattentat.
93. Le sieur Léandri^ inspecteur, demeurant rue Saint- Jacques, 30, visité le 18 janvier, est au lit atteint de quatre blessures. Plaie au-devant de la jambe gauche contournant le tibia à sa partie moyenne, avec gonflement considérable du mollet. Au genou da même cdté, plaie superficielle. Deux autres blessures au cou et à la main gauche. La fièvre est très-forte, Tétat assez grave, et rinipossibilité de marcher se prolongera au moins pendant un moii.
94. Le sieur LoUier^ garçon de magasin, demeurant rue Neove- Saiut-Eustache, 12, visité le 21 janvier, est atteint de cinq blessures. A la jambe droite, à la partie moyenne et antérieure da tibia, une petite plaie peu profonde; au-dessus du genou deux de même forme, et deux encore à la cuisse gauche au-dessus da genou. L*état du blessé n^est pas sans gravité en raison du nombre des blessures, moins encore que de Tinflammation qui les accompagne. La guérisoQ exigera au moins trois semaines.
95. La jeune Marie Lescure, âgée de quatorze ans, demeurant rue Rochechouart, 21^ visitée le 18 janvier, est au lit atteinte de neu/* blessures : une plaie profonde k la joue gauche avec large eechymose ; une au sourcil droit et au nez ; trois à la partie latérale droite du cou, très-superficielles; une à la pai*tie externe de It cuisse gauche, et une autre à la partie antérieure et inférieure delà jambe droite sur le tibia. Il existe de la fièvre, et Tétat de la bleasée est assez grave. Elle ne sera pas rétablie avant 15 ou SOjoors.
96. Le sieur Lequeux ûls^ âgé de dix-huit ans, visité à la Maison municipale de santé le 16 janvier, a été atteint de vingt^deux blessures. A la cuisse gauche, huit petites plaies ; une plus large à It partie supérieure. A la cuisse droite, neuf autres blessures exactement pareilles, petites, ponctuées. Au piod du même côté une
plaie semble pénétrer dans rarticulation tarsienne. A la joue gauche et au front, deux plaies très-petites. L^avant-bras du même cdté est pénétré par un projectile qui a déterminé un grand gonflement et une vive douleur. La main gauche est également atteinte de deux blessures trôs-douloureuses. Ces nombreuses plaies ne sont pas accompagnées d'une réaction trop vive; et Von peut espérer une guérison complète après quinze ou vingt jours.
97. Le sieur Mamy^ tisseur, demeurant rue Saint-Marcel, 123, visité le 20 janvier, est atteint de deux blessures. A la cuisse gauche, une plaie profonde et tuméfiée dans laquelle un corps étranger parait être resté. A la main droite une plaie ponctuée ayant tous les caractères d'une brûlure superficielle. L'état du blessé est assez grave pour exiger des soins et un repos prolongé. Au bout de deux mois et demi la plaie de la cuisse gauche n'est pas encore complètement cicatrisée. Un abcès s^est formé, la marche est toujours très-difficile, et la station qu'exige la profession de tisseur presque impossible.
98. La demoiselle Zéline Mantin^ ravaudeuse, demeurant rue Tirechappe, 11, visitée le 19 janvier, est au lit atteinte de nevf blessures. Au cou et à la face, cinq plaies très-étroites et superficielles. La jambe gauche est traversée au-dessous du jarret par une double plaie, dont l'orifice .a la largeur d'un franc, et dont les bords sont tuméfiés et enflammés. A la partie antérieure de la cuisse gauche, une plaie superficielle. Il existe d'eux blessures au pied gauche. Le quatrième orteil est brisé et profondément déchiré; une autre plaie existe à la plante du pied. La fièvre et la douleur rendent l'état de la blessée assez grave, et elle sera retenue au lit et forcée au repos pendant au moins un mois.
99. Le sieur Mellerio, bijoutier, rue de Chabrol, 25, visité le 18 janvier à l'hôpital Lariboisière, est atteint d'une seule blessure. Plaie très-pénétrante formée par un éclat qui est entré au côté externe de la jambe droite et a contourné les os sans les atteindre, en déchirant profondément les muscles. L'état du blessé est assez grave, et cependant on peut espérer qu'il guérira, mais seulement dans une quinzaine de jours.
100. Le sieur Mercier^ demeurant rue Grenétat, 38, visité le 18 janvier à la Maison municipale de santé, est atteint de trois blessures. Au bas-ventre, sur le pubis même, une plaie large comme une pièce d'un franc, qui heureusement ne pénètre pas dans l'abdomen, mais qui s'accompagne d'un épanchement de sang considérable et d'un gonflement douloureux. Il existe en outre, en
318 CHOIX d'observations de BLESSUIES PAR 1UPRUDK2ICE.
haut et en avant de la cuisse droite, deux petites piftîas avec ecchymose très- étendue. LMtat général est bon, mais la blessure prii» cipale conserve une certaine gravité, et ne pourra être guérie avant quinze ou vingt jours.
101. La dame Mercier^ placée comme son mari à la Maison municipale de santé, et visitée le 18 janvier, est atteinte d*un$ Benb blessure, qui consiste en une petite plaie trôs-étroite, situéi À la partie inférieure de la jambe droite, au-devant du tibia, pénétrant jusqu^à Tos, et ayant déterminé un gonflemeut inflasmatoire du périoste. Cette blessure n'est pas sans gravité, el exigera un repos et des soins prolongés pendant une vingtaine dt jours au moins.
102. Le sieur Meyer^ sergent de ville, demeurant rue Grenelle- Saint-Germain, 57, visité le 18 janvier, est atteint de quatre blessures qui le retiennent au lit. A la tempe gauche, une plaie fortement ecchymosée et tuméfiée. A Tavant-bras gauche, une plak profonde formée par un fragment qui a pénétré à travers toot* l'épaisseur des membres jusque sous la peau du c6té opposé. Ai genou droit on voit encore deux plaies pénétrantes. Le blessé eit agité et en proie à la fièvre, son état est assez grave et il ne » relèvera pas avant quinze ou vingt jours.
103. Le jeune Michaut^ Agé de 16 ans, demeurant chez sa mèn. blanchisseuse, rue Lamartine, 37, visité le 21 janvier, est attaùl de trois blessures. En avant de Toreille droite, une plaie trtepénétrante, notablement gonflée, une autre sur le bord de ForetUai A la partie externe de la cuisse droite une plaie recouverte d^flOM profonde eschare très-douloureuse, et rendant la marche trètdifficile. Cet état est assez grave et exigera un repos de quelqoit semaines.
104. Le sieur Migneret^ officier de paix, demeurant rue Bellefond, 20, visité le 22 janvier, est atteint d'une seule blessure : aie plaie située à la partie inférieure de la jambe gauche, au niveaods péroné, recouverte d'une eschare épaisse, et entourée d\ine larte aréole inflammatoire. Cette blessure, aggravée par Teffort qu*a fril le sieur Migneret pour continuer son service^ est assez sérievie pour exiger des soins et un repos d'une quinzaine de jours au moins.
105. Le sieur Mutzigây concierge, rue de la Cihaussée-d'Antin, 8. visité le 17 janvier, est atteint dectn^ blessures. Le mollet gan^ est traversé de part en part; deux autres plaies existent à la même jambe gauche, et une dernière à la joue du même côté. Enfin la
cuisse gauche est fortement contuse. Le blessé est dans un état assez grave et en proie à la fièvre ; il ne guérira pas avant une vingtaine de jours.
106. Le sieur Otitn, attaché à la police du château, visité le 17 janvier, est atteint de trois blessures et*retenu au lit. A la partie externe de la cuisse droite, il existe uue petite plaie irrégulièrement triangulaire, très-douloureuse et très- pénétrante. L^angle interne de Tceil droit a été légèrement atteint. Enfin il existe une contusion aux reins. L^une de ces blessures n'est pas exempte de gravité, et empêchera le blessé de reprendre son service dUci à quinze jours au moins.
107. Le sieur Philip-BonneU fabricant au Puj, demeurant rue de la Bourse, 9, visité le 19 janvier, est atteint d^ne blessure : un projectile s'est engagé très-profondément au-dessus du pli du ooude, du côté droit, et n'a pas été extrait. Malgré la douleur, le gonflement inflammatoire et la tension du bras qui rendent son état assez grave, le blessé a voulu retourner dans sa famille.
108. Le sieur Prouère, domestique, demeurant rue Saint-Dominique, 32, visité le 21 janvier, est atteint d''une seule blessure. La jambe gauche, sur son côté externe, a été traversée par un fragment de projectile qui a profondément déchiré les chairs et déterminé une double plaie ulcérée et très-douloureuse ; blessure assez grave qui empêchera la marche pendant plusieurs semaines. La plaie est à peine fermée deux mois et demi après l'attentat, et la marche reste très-pénible.
109. Le sieur Rae^ing^ valet de pied, rue de Sèvres, 81, visité le 16 janvier, et que nous trouvons au bain, est atteint de dix-sept blessures. Une plaie au-dessous de Toreille gauche, pénétrante et accompagnée d'un gonflement dû sans doute à la présence d'un fragment de projectile. Une contusion assez forte au côté gauche de la poitrine. La partie inférieure de la jambe gauche a été traversée de part en part par un projectile assez volumineux. La cuisse et la jambe présentent en outre quatorze petites plaies superficielles. Ces blessures nombreuses ont amené une fièvre assez vive, et retiendront le blessé au lit et éloigné de son service pendant quinze ou vingt jours.
110. Le générai Rogtut^ visité le 16 janvier au palais des Tuileleries, a été atteint d'une blessure qui consiste en une contusion très-violente à la partie supérieure et latérale droite du cou audessous de l'oreille. Le coup a été assez fort pour déterminer un épanchement de sang, énorme qui s'étend jusqu'à la clavicule, et
320 CHOIX d'observations de blessures par imprudence.
qu'accompagne un gonflement considérable. Cette blessure, dont les suites pourraient être graves en raison de rinflammation profonde qui peut survenir, s'est compliquée de fièvre, et a exi^ on traitement très-énergique. L'état du blessé est assez grave, M I0 forcera à un repos de plusieurs jours.
111. Le sieur SamuW, maréchal des logis de la garde de Paris, visité au Yai-de-6ràce le 16 janvier, est atteint de deux blessures : une petite plaie à la paupière inférieure gauche, une forte contosion de rœil et infiltration sanguine de la conjonctive ; une plaie irrégulière arrondie à la partie supérieure du bras di*oit, pénétrant profondément. La réaction est modérée et la guérison doit s^accomplir dans l'espace de quinze k vingt jours.
112. La demoiselle Mêlante Sansoin^ âgée de 19 ans^ fleuriste, demeurant à Montrouge, rue de la Pépinière, 67, visitée le 22 janvier, est atteinte de quatre blessures. A la partie antérieure de la poitrine, au-dessus du sein droit, une plaie superficielle. Une autre au poignet droit très-près de l'articulation , et qui détermine des douleurs dans la main. Eu dedans de la cuisse droite, vert le tiers supérieur, une plaie profonde, pénétrant dans Pépaisseur an muscles, accompagnée d'une infiltration de sang considérable, et rendant la marche impossible ou du moins très-pénible. En dedans de la cuisse gauche, presque en face de la précédente, une petite plaie toute semblable, dans laquelle est resté un fragmest de projectile qui la rend douloureuse. L'état de cette jeune fille est assez grave, bien qu'il n'y ait plus de fièvre: les blessures exige^ ront un repos de plusieurs semaines. Elle n'a guéri qu^après plos de deux mois.
113. Le sieur Louis Sauger, domestique, qui s'est fait transporter à Maintenon, où il réside, a reçu à la jambe droite (rocf blessures consistant en plaies assez profondes et assez gravei. sur lesquelles des renseignements ultérieurs plus circonstanciés font défaut.
114. Le sïear Saval, menuisier, rue du Faubourg-Saint-HonoK, 144, visité le ITjanvier, est atteint d'ifittf seule blessure, consistant en une plaie de la malléole interne de la jambe gaucbe, accompagnée d'un gonflement très-douloureux, et d'une inflammation vite due à la pénétration d'un fragment de projectile probablement fixé dans l'os. L'état du blessé est assez grave, et exigera un traitement attentif et un repos de plus de quinze jours.
11p. Le sieur Serraut, teneur de livres, demeurant rue des Vieux-Augustins, 50, visité le 21 janvier, est atteint de dêms blet-
ACcmsnTS pae coups de fbo, ikcssdies, sxplosiohs. 321
«ares : au sourcil droit, une petite plaie d^où Ton a extraii un corps étranger ; à Tayant-bras gauche^ une plaie pénétrante, avec gonflement et infl animation considérable, dus à la présence d^un fragment de projectile non encore extrait. Uétat du blessé n^est pas exempt de gravité, et exigera un traitement et un repos assez prolongés.
116. Le sieur Serrté, lancier, visité le 17 janvier à TEcole militaire, où il est resté, est cependant atteint au niveau du troisième doigt de la main gauche d*une plaie très-tuméôée et très-douloureuse qui pourrait devenir assez grave. LMtat général est d^ailleurs assez bon, mais la guérison doit éti*e considérée comme devant se faire attendre assez longtemps.
117. Le sieur Strauss- Wolf^ demeurant rue Grenier-Saint-Lazare» 18, visité le 21 janvier, est atteint d'une seule blessure. Plaie située à la région lombaire, et d^oii un fragment de projectile a été extrait le jour même. Le siège et la pro.un Itur de la blessure lui donnent une certaine gravité et exigent un repos prolongé.
118. Le sieur Thoignelte, employé, demeurant rue Saint-Séverin, 16, est atteint Vune seule blessure constatée le 21 janvier. A la partie interne de la cuisse gauche il existe une plaie qui a pénétré très-profondément et a déchiré les nerfs de manière à causer des douleurs très-vives, et à rendre tout mouvement du membre trèspénible. L^état du blessé est assez grave, et le retieudra au lit plusieui*s semaines.
119. Le sieur Gottlieb Trebert^ domestique, demeurant rue de rOratoire, 1, visité le 19 janvier à Thôpital Beaujon, est atteint d'une seule blessure. Au-dessous de l'aine gauche, une plaie profonde pénétrant dans les muscles, très-enflammée et rendant impossible les mouvements du membre. L'état du blessé est assez grave, et il ne sera pas guéri avant trois ou quatre semaines.
120. Le sieur Vaticenat^ lancier, visité le 17 janvier à l'hôpital du Gros-Caillou, est atteint de quatre blessures. L'avant-bras gauche a été traversé en arrière, et une inflammation erysipélateuse s'est développée autour des deux plaies, et détermine un gonflement assez considérable du membre. Deux autres petites plaies existent en dehors de la jambe gauche, et une au tibia. Il y a de la fièvre, et l'état du blessé peut s'aggraver encore de telle sorte que la guéri son se fasse attendre.
121. Le commandant Vincent^ inspecteur divisionnaire de la police municipale, demeurant rue de l'Ouest, 7, est atteint de cinq blessures constatées le 22 janvier. A la partie inférieure du cou une
Tardisu, BUstuns. 21
322 CHOIX d'observations de blessures par mPRUDEKCK,
petite plaie recouverte d^une eschare assez épaisse. A la hase du petit doigt de la main droite une plaie pénétrante dans laquelle est resté un fragment de corps étranger, et qui cause un engourdissement douloureux dans la main. A la partie antérieure, et yen le milieu de la jambe droite, une plaie profonde qui a traversé, outre des vêtements épais, une plaque de plomb employée à la compression d^une blessure ancienne. Cette plaie, qui est le siège d^une ifr flammation très- vive, détermine des douleurs jusque dans le pied. Le mollet du même côté présente encore une autre plaie. Enfin, il en existe une dernière k la jambe gauche, en dedans du genou,! la tête même du tibia. Uétat du blessé est assez grave, hien quels fièvre et les symptômes généraux soient tombés, il sera encore plosieurs semaines avant de pouvoir marcher.
122. Le sieur Zinkernagel^ découpeur, demeurant rue des Amandiers, 20, visité le 19 janvier à l'hôpital Saiut- Antoine, est atteint de trois blessures. L^avant-bras droit être traversé par un fragment carré, irrégulier, extrait à la face opposée, mais qui n s pas lésé les os. A la partie interne de la jambe droite est ose petite plaie coutuse. Une plaie au genou gauche a traversé Ua parties molles au-dessous de la rotule. L^état du blessé est asse: grave et exigera un traitement d*un mois au moins.
123. La dame Zinkernagel, rue des Amandiers, 20, femme à\i contre-mattre déjà visité par nous, a été blessée en même temps que son mari. Les blessures, au nombre de trois^ consistent en one plaie au bas-ventre, pénétrant profondément mais trôs-oLIifu^ meut dans Pépaisseur de la paroi abdominale et déterminant une pesanteur très-douloureuse dans cette région. Une plaie à la partie interne du genou droit pénétrant dans la synoviale et ayant amené un épanchement assez abondant. Après un mois, la plaie n^est pas fermée ; une douleur assez vive se fait sentir dans le jarret et la marche n'est pas facile. Une dernière plaie moins profonde à la partie externe de la cuisse droite. Ces trois blessura ne sont pas sans gravité, et, outre Tincapacité de travail de six semaines environ qu^elles entraîneront, laisseront pendant longtemps encore des douleurs et de la gêne.
3* Catégorie. — Blessures graves. — Cette troisième caté* gorie comprend 18 personnes gravement atteintes dont les blessures, exposées à des complications dangereuses, et dans tons les cas lentes à guérir, entraîneront une incapacité de travail pro*
longée, et pourront laisser après elles des infirmités plus ou moins pei*sis tantes.
124. Le sieur Antiê (Félix), compositaur typographe» demeurant rue d^Amsterdam, 21, visité à la Maison municipale de santé, le 20 janvier, est atteint d'une seule blessure. Une plaie profonde à la partie inférieure de la jambe droite au-devant du tibia, compliquée d^un phlegmon qui s^étend vers le pied et d'une fièvre voilente. Cette blessure est grave et le sieur Anne sera longtemps retenu au lit, en supj^osant môme quUl guérisse.
125. Le sieur Andouart (Frédéric), sellier, demeurant rue du Marché-Sain t-Honoré, 17, visité à Phôpital Lariboisière, est atteint de sept blessures. A la partie antérieure de la jambe gauche, deux plaies ont intéressé le tibia qui est le siège d'une fracture incomplète avec gonflement très-douloureux. A la cuisse gauche il existe trois petites plaies. L'œil droit et la lèvre supérieure présentent aussi deux petites excoriations. La blessure de la jambe ne laisse pas d'être dangereuse. Elle s'accompagne de fièvre et ne doit pas guérir avant six semaines ou deux mois.
126. La dame Auger (Cécile), de Rueil, visitée le 17 janvier à l'hôpital Beaujon, est atteinte de (rots blessures. La lèvre inférieure est traversée par une plaie pénétrante, très-fortement contuse. A la cuisse droite, il existe en outre deux plaies très-étroites dont Tune pénètre très-profondément avec un décollement et un épauchement très-étendu. Cette dernière blessure est grave et entretient une fièvre assez forte. Elle sera d'ailleurs longue k se fermer.
127. Le sieur Chaussât^ sergent de ville, demeurant quai Monte* bello, 19, visité le 18 janvier, est aussi atteint de douze blessures. Au front, une plaie profonde accompagnée d'étourdissements. Une plaie à la tempe gauche avec ecchymoses des paupières, et une petite écorchure au sourcil du même côté. A la partie antérieure
' et moyenne de la jambe droite, une plaie profonde d'où un frag-
* ment de projectile a été extrait. Trois autres au bas de la jambe,
^ au pied et à la partie interne de la cuisse gauche. Deux à la jambe
droite, peu profondes, et deux tout à fait superficielles. La fièvre
68t très- forte et les blessures de la tête ont une réelle gravité; des
accidents sont à craindre. La guérison, dans tous les cas, n'aura
'. pas lieu avant une vingtaine de jours.
' 128. Le sieur Courtet (Victor), d'Avignon, detneurant chez son ^ beau-frère, cité d'Orléans, 8, Trisitô le 19 janvier, est atteint de
324 CHOIX D'OBSERYATIOnS DK BLESSURES PAB QIPBUDEIfCB.
d4ux blessures. Deux plaies situées à Tangle interne de Tœil droit et pénétrant dans le nez, avec gonflement considérable des paupières, épanchement sanguin très-profond et fièvre ardente. Cette blessure est grave, et si le blessé conserve roail, il se passera plusieurs semaines avant quMI soit guéri.
129. Le sieur Dèshayes (Jules), âgé de trente-quatre aoa, brocanteur, demeurant rue de Dunkerque, 83, visité à la Maisoa municipale de santé, est atteint de quatre blessures. A la partie supérieure droite du front, une plaie fortement contuse avec gonflement. A la joue gaucbe, une plaie large de 4 centimètres, profonde, et d^oîi a été extrait un fragment de projectile. La joue est dure, gonflée et très-douloureuse. A la cuisse gauche, uue trètpetite plaie semblable à une piqûre, mais très-profonde. Au pied gauche, le deuxième orteil a également été atteint ; le cuir de U chaussure est largement déchiré. La fièvre est très-vive, Tétat grave ; cependant, à moins de complications impossibles à prévoir, la guérison aura lieu dans Tespace d*un à deux mois.
130. Le sieur Ducamp^ sergent de ville, visité à PUÔtel-Dieu, la 16 janvier, est atteint de quatre blessures. A la cuisse gauche, une plaie profondo située ix la pai'tio postérieure et d^où Ton a extrait uu fragment de projectile. A la jambe droite, à la partie extama et en arrière de la malléole, on trouve deux plaies de petites dimensions, mais pénétrantes. Enfin, sous le menton, le projectile, après avoir déchiré les parties molles, s'est arrêté et fixé dansTos maxillaire. Ces quatre plaies sont accompagnées d'une très-forte contusion. Elles ont déterminé une violente inflammation et peuvent amener de graves complications sans lesquelles la guérison se fera attendre })lus d'un mois.
131. Le sieur Diimest, contrôleur à TOpjra, demeurant rue de Lorient, U\ à Montn;ai'tre, visité le 21 janvier, est atteint de deux blessures. Deux plaies à la hanche droite, dont Tune pénétra t:csloin dans la cuisse, et détermine une douleur profonde qui s^éteud jusqu'au mollet et empêche tout mouvement du membre, en même temps qu'elle a détruit le sommeil. Cet état est grave et peut persister.
132. Le sieur Hébert^ officier de paix, place Dauphine, 21, visité le 15 janvier, est atteint de huit blessures ; il est au lit. Quatre petites plaies ponctuées, superficielles sous le menton et à la partie antérieure du cou, sans pénétration de corps étranger. Une autre plaie, présentant les mêmes caractères, au petit doigt de la main gauche. Le pouce de la main droite est gonflé, douloureux; au
ACCIDENTS PAR COUPS DE FEU, INCEimiES^ EXPLOSIONS. 3S5
niyeaa, une petite plaie pénétrante. Une plaie profonde, irrégalièrement triangulaire, dans laquelle un corps étranger est resté engagé, existe sous la partie moyenne du bras droit. Les environs de la plaie sont le siège d'une tuméfaction considérable et (rune trôs grande sensibilité. Enfin, une plaie dont Porifice d'entrée a la largeur d'une pièce de 50 centimes, a traversé le mollet droit de part en part sans atteindre les os. Le l)lessé, dont Tétat est grave^ est dans une vive agitation. On peut craindre quelques complications, mais en supposant môme qu'il n'en survienne aucune, la guérison se fera attendre au*moJns six mois, et il restera pendant beaucoup plus longtemps de la douleur et une grande gêne dans la marche.
133. La dame Kaindler^ rentière, demeurant rue de Miroménil, 37, visitée le 19 janvier, est au lit atteinte de huit blessures. Au côté gauche du nez, deux petites plaies; et à la joue gauche une troisième, tout à fait superficielle. A Tavant-bras du même côlé, une petite plaie irrégulièrement arrondie^ taillée à pic, par suite de la chute d'une eschare, entourée d'une large ecchymose et d'un gonflement douloureux. — Le bras gauche est traversé au-dessus du coude par une large ouverture. L'os n'a pas été intéressé, mais il existe un épanchement sanguin trôs-étendu et une violente inflammation à la jambe droite, en dedans du mollet, une plaie qui n'a pas moins de 3 centimètres de diamètre et qui, après le débridement qui a été opéré, laisse voir toute sa profondeur, et a donné lieu à une vaste infiltration sanguine. Les quatre derniers orteils du pied droit sont déchirés profondément sur leur face dorsale. A la jambe gauche, sur la tête du péroné, il existe encore une plaie très-douloureuse, avec gonflement et ecchymose. L'état de la dame Kaindler est grave; elle est en proie à la fièvre et dans une grande agitation; elle ne peut être guérie avant six semaines ou deux mois. Revue après deux mois et demi, elle conserve une immobilité presque complète du pied gauche et une névralgie douloureuse dans le pied droit. La marche est impossible et la plaie de la jambe droite s'est déjà rouverte.
134. Le sieur Lanet, commissaire de police de la section de l'Opéra, visité le 15 janvier, est atteint de quatre blessures. Il etH retenu au lit. Au-dessous de l'oreille droite, une plaie à bords déchirés et l'autre longue de 1 centimètre et demi, profondes et accompagnées d'un gonflement considérable ayant donné lien à une hémorrhagie abondante. A la partie supérieure et interne de la cuisse droite, une plaie assez régulièrement caractérisée, a la dimension d'une pièce de 20 centimes et dans laquelle un frag-
326 CHOIX d'observations de blessures par mPBUOBRCK.
ment de projectile est engagé. La plaie est très-douloureuse st tuméfiée. En dehors de la cuisse gauche, une plaie semblahle on peu plus large et pénétrant très profondément. Au-dessous de It rotule gauche, une plaie plus petite, mais offrant les mêmes caractères, paraît avoir pénétré dans Tarticulation du ^enou. îje blessé est en proie à une agitation fébrile très-vive ; son état est gra^e, et lors même qu^l ne surviendrait aucune complication, la goérison se fera attendre au moins un mois, et il restera pendant beaucoup plus longtemps de la douleur et une grande gêne dans la marche.
135. Le sieur Lavenne^ inspecteur des garnis, visité le 17 janvier à rhôpital de la Charité, est atteint de onze blessures. A la partie antérieure de la poitrine il présente deux plaies contuses. Audessus du pli de Taine gauche, une plaie large de 4 centimètres i bords brûlés et déchirés. D'autres plaies moins profondes existant encore à Tépaule gauche; à la partie supérieure, interne et postérieure de la cuisse gauche; à la partie antérieure de la coisst droite; deux, en dehors et en dedans du genou droit et uneto genou gauche. L'état du blessé est grave, tant à cause du nombre de plaies que de la vive inflammation et de la fièvre qui Ui accompagne. Il sera au moins un mois avant d^être g^éri et stra longtemps gêné dans sa marche.
136. Le sieur Martin (Claude), sergent de ville, demeurant ras du Jardinet, 2, visité le 17 janvier, est au lit atteint de <MZf blessures. La lèvre inférieure est traversée par un éclat de projectUe. Â la joue gauche, il existe une contusion. Le bras droit est traversé par une plaie étroite. La face dorsale des deux mains présente deux plaies superficielles. La cuisse gauche est trayersée par un projectile qui a fait une double ouverture très-large. Deux autres plaies plus petites se retrouvent au-dessus et au-dessous de la précédente. La cuisse gauche est également traversée et ofGre en outre une autre plaie. Enfin la jambe droite est le siège de quatre blessures dont une, à la partie inférieure, traverse de paît en part. Le blessé est dans un état grave ; il a de la fièvre, et la multiplicité et la profondeur de ses blessures le mettront pendant deux mois au moins dans Timpossibilité de reprendre son service, en supposant qu^aucune complication ne mette sa vie en danger.
137. Le nommé Moire, lancier, visité le 17 janvier à Thôpital da Gros-Caillou, est atteint d'une seule blessure qui consiste en une plaie contuse reçue en pleine poitrine et qui a détenniné un era* chement de sang très-abondant et une douleur persistante, avte
fièvre, sans qu'il j ait d^ailleurs de signes appréciables d*inflammation pulmonaire. Une plaie plus petite et superficielle existe à la joue droite. L^état du blessé est grave, et peut se compliquer d'accidents sérieux.
138. Le sieur Planque, garçon épicier, âgé de dix-sept ans, visité le 17 janvier à l'hôpital Beaujon, est atteint de ^ttt( blessures. L^œil gauche est considérablement tuméfié ; deux plaies existent aux paupières et ont déterminé une très-violente inflammation. Un« plaie existe à la lèvre supérieure. Au côté droit du cou, deux plaies très-régulièrement quadrilatères. Au genou gauche, trois petites plaies très-contuses avec profondes ecchymoses. Le blessé est dans un grand abattement et en proie à une fièvre violente. Son état est grave; ets^il guérit sans perdre Toeil, ce ne sera qu'après plusieurs semaines.
139. Le sieur Prudhommt^ brigadier de lanciers, visité le 17 janvier à Thôpital du Gros-Caillou, est atteint d^utie seule blessure, consistant en une plaie du pied gauche qui pénètre dans Particulation tibio-tarsienne et y a déterminé une vive *infiammation. Blessure grave, qui peut se compliquer d^accidents plus graves encore, et qui dans tous les cas sera longue à guérir complètement, et laissera une grande gêne dans les mouvements du pied.
140. La dame Thunau, concierge, demeurant rue Geoffroy-Marie, 1, visitée le 21 janvier, est atteint d'une seule blessure. Plaie profonde au-dessus de Taine droite, avec gonflement très-douloureux dans le ventie et impossibilité de mouvoir le membre correspondant. Un. corps étranger a été extrait de la blessure, mais il existe une fièvre violente et Tétat de la blessée est grave.
141. Le aieur Tulleau^ propriétaire, demeurant rue de Sèze, 13, ▼isité le 21 janvier, est atteint de quatre blessures. La lèvre supérieure a été traversée, la gencive déchirée par un fragment de projectile qui est resté fixé dans Tos maxillaire et dont rextraction non encore opérée a exigé Tavulsion d^une dent. Cette plaie est très-douloureuse. Le pouce gauche a été traversée par un fragment qui a produit une déchirure. La cuisse droite présente en outre une double plaie très-large, très-profonde, très-irrégulière. Enfin une plaie plus petite au bord interne du pied gauche. La fièvre est très-vive, Tinsomnie constante, Tétat est grave ; la gnérison exigera au moins deux mois. Après deux mois et demi, il reste une fistule au niveau de la dent brisée. La cuisse droite est
ès-douloureuse et la jambe rétractée. La marche reste
3S8 CHOIX D*0BSERYÀTI01?S DE BLESSURES PAR IMPRTTDBIfCE.
4« Catégorie. — Blessures irès^raves — Cette quatrième catégorie comprend 6 individus atteints de blessures très-graves qui it mis leurs jours en danger, et qui ne guériront pour la plupart qu'après un temps très-long et en laissant à leur suite des infirmiles incurables.
142. Le sieur Chanoine (Louis), pédicure^ rue du Faoboor^ Montmartre, 30, visité le 17 janvier, est atteint de six blessax^es qoi le retiennent au lit. La verge a été traversée de part en part pff un projectile qui a décbiré Turèthre et les corps caverneux. Li double plaie est large comme une pièce de 50 centimes ; les bore en sont tuméfiés, très-douloureux, irrités par Turine qui s'ceonîf d'une manière incessante. Les douleurs causées par cette blessun sont atroces, et le blessé est dans une grande anxiété en mlzne temps qu^en proie à une fièvre ardente. 11 présente en outre une petite plaie superficielle au scrotum. Deux aussi peu profondes i la face interne de la caisse droite et de la cuisse g'auche. L^oreîDe gauche est également atteinte, et sur le côté gauche du nez on voit une plaie assez profonde. L'état du blessé est très-grave ; il eslexposé à une infirmité cruelle, et la guérison, dans tous les cas, ne pourra être obtenue qu'après un temps très-long:. Revu après •îenx mois et demi, il présente sur la face dorsale de la verge unefistcle nréthrale par laquelle Turine s'échappe violemment, à chaque émission, pendant qu'elle coule goutte à goutte par le méat. Lt testicule gauche est atrophié.
143. La demoiselle Desaint, sœur de madame Mercier et nntée le 18 janvier à la Maison municipale de santé, est atteinte de hmt blessures. Au côlé gauche de la tête, deux petites plaies. L'œil droit, frappé par un éclat de projectile, est le siège d'une inflammation trèsaigué, avec gonflement énorme des paupières, boursouflement considérable de la conjonctive. L'œil gauche est contus et ecchnnosé. A la joue gauche, il existe une petite plaie. En avant de l'aisselk gauche, uneplaieplus grande, pénétrant assez loin dans les muscles. Au-devant du tibia du côté droit et au-dessous du g-enou, anepliie petite et peu nrcfonde. Enfin au poignet gauche, une plaie étroite, mais très-profonde, avec tuméfaction douloureuse, due à la présence d'un corps étranger. La fièvre est très-forte, Tétat trtfgrave, la vue compromise; et l'on ne peut espérer qu^une guérison incertaine et très-éloignée.
144. Le sieur Frank, inspecteur au service actif da dispensaire, demeurant rue Neuve-dea-Poirées, 7, visité le 22j9Lnrier^ «t att«nl
AGCIDElfTS 7AB COUPS BE FEU, INCBNDIES, EXH^OSIONS. 329
d'une seule blessure. Uœîl a été atteint par un éclat de projectile, la cornée est intéressée, la conjonctiye tuméfiée la recouvre et forme un chémosis énorfbe, les paupières sont gonflées, dures et trôs-douloureuses. Une fièvre très-forte accompagne cette yiolente inflammation et ajoute à la gravité de cette blessure, qui doit inspirer des craintes sérieuses, au moins pour la vision de Fœil gaucbe.
145. Le sieur Peynotj âgé de dix-buit ans, marbrier, demeurant rue de Bréda, visité à la Maison municipale de santé, le 16 janvier, est atteint d'une seule blessure. La jambe droite est le siège d'une fracture comminutive des deux os, avec double plaie, large de 4 à 5 centimètres à l'entrée, et de 2 à la sortie, — La fièvre violente, Fétat est très-grave et l'on ne peut se prononcer sur l'issue qu'aura cette blessure qui entraînera nécessairement une incapacité de travail de trois à quatre mois et peut-être une infirmité incurable.
146. Le sieur PontaiHer^ employé à la préfecture, visité le 17 janvier à l'hôpital Beanjon, est atteint d'une seule blessure consistant en une plaie, large de 3 centimètres, qui a traversé la jambe droite à sa partie moyenne en brisant le péroné en plusieurs éclats. Cette blessure très- grave est compliquée d'inflammation très-aiguë et de fièvre, et Ton doit craindre des complications trèssérieuses. Dana tous les cas, la guérison ne sera obtenue que dans deux mois au plus tôt, et le blessé peut rester infirme.
147. La jeune Richard (Ëlise)^ Agée de douze ans et demi, demeurant rue de l'Université, 42, visitée à la Maison municipale de santé le 16 janvier, est atteinte de deinx blessures. L'une sans gravité a été faite à l'oreille droite par un très-petit éclat de projectile. L'autre extrêmement dangereuse, située à la partie antérieure de la poitrine à quatre travers de doigt au-dessus du mamelon gaucbe. Cette plaie est pénétrante, et il y a lieu de supposer que le projectile est resté dans les organes tboraciques qui sont le siège d'une inflammation très-aiguê avec fièvre, crachement de sang, point de côté, oppression. Malgré un traitement très-énergique, les accidents résistent et les jours de la blessée sont en danger. La guérison, si on parvient à Tobtenir, peut n'être jamais complète.
5« Catégorie. — Morts. — Dans la dernière catégorie nous avons rangé les 9 victimes de l'attentat qui ont succombé à leurs blessures, en les plaçant dans l'ordre suivant lequel la mort les frappées.