‹ Étude médico-légale sur les blessures, comprenant les blessures en général et les blessures parChapitre 59 sur 82 · ÉLÉMENTS D^APPRÉGIATION MÉDICO-LÉGALE · texte numérisé non relu

ÉLÉMENTS D^APPRÉGIATION MÉDICO-LÉGALE

précaution de Tentourer, car pas plus que ceux qui ont été cités anciennement et qui ont pendant si longtemps encombré la science, il ne supporte Texamen.

6^ Morsures.

Enfin, pour terminer cet exposé des différents genres de blessures accidentelles au point de vue de l'expertise médicolégale, je rappellerai que les morsures offrent principalement à considérer pour l'expert le siège et la profondeur des plaies qu'elles ont produites.

Celles-ci se reconnaissent aisément à leur forme et à leurs dimensions qui produisent très-exactement celles des dents de l'animal, dont la morsure peut être ainsi contrôlée ; à leur existence dans deux points opposés d'un membre correspondant exactement avec les rapports des deux mâchoires. Tantôt elles n'ont fourni que des déchirures superficielles, tantôt elles s'accompagnent de contusions profondes et de broiement, non-seulement des parties molles, mais des os, entraînant ainsi à leur suite les complications inflammatoires les plus graves et pouvant nécessiter des opérations chirurgicales et des mutilations, c'est-à-dire trop souvent la mort ou du moins la plus cruelle infirmité.

Une autre question se pose invinciblement dans ce cas, <;'est celle de savoir si la morsure n'a pas servi de véhicule à la transmission d'une maladie \irulente, la rage pour le riien, la morve ou le farcin pour le cheval. Mais cette question que j'ai traitée en parlant des maladies accidentellement et involontairement [)roduites par imprudence, négligence ou transmission contagieuse *, ne rentre pas dans les limites de la présente étude.

Je ferai seulement remarquer que les caractères et la marche des blessures faites par les dents de chien sont très-habituellement modifiés par les précautions qui sont prises et que l'on a grandement raison de prendre contre l'inoculation du virus rabique. Le médecin expert appelé à se prononcer dans

1. A. Tardieu, Ei%tde médieo-lègalê tur lês maiadiêi produite* occidtntilUment ou iw^oUmkiirfment par tmpnNUffM. Paris, 1879.

v|32 RÈGLES A SUIVRE ET ÉLÉMENTS d' APPRÉCIATION.

des cas pareils doit toujours avoir en vue la possibilité de la contagion et ne conclure que sous toutes réserves. Il ne doit pas ignorer que des symptômes d'hydrophobie peuvent se déclarer spontanément et en dehors de toute morsure virulente, et qu'il faut par conséquent s'enquérir, autant que cela est possible, de Tétat de l'animal qui a fait la morsure, et tenir grand compte du temps qi4 s'est écoulé entre la morsure et l'apparition des accidents, . la durée de l'incubation de la rage inoculée à l'homme ne dépassant pas en général trois mois et étant plus courte encore chez les enfants.

Je rappellerai à cet égard un fait bien propre à montrer quelles chances d'erreur on peut rencontrer dans la pratique. Un jeune enfant était mort d'une méningite vingt et un jours après avoir été mordu par un chien. L'état de l'animal n'aviiit pas été suspecté un seul instant ; j'étais cependant consuUé sur la question de savoir s'il y avait lieu d'engager une action en responsabilité contre le propriétaire du chien ; en d'autres termes, si une simple morsure sans gravité avait pu produire une méningite. (Obs. GXVIV.)

Pour ce qui est de la transmission de la morve ou du farcin par une morsure de cheval, le fait n'a rien d'impossible. Mais il faudrait, pour l'admettre dans la réalité, que, d'une part, l'existence de l'une ou de l'autre affection fût parfaitement établie chez l'animal, et que le blessé présentât d'autres symptômes que ceux d'une fièvre purulente, ainsi que j'en ai cité un cas où Terreur n'avait pas même de prétexte. (Obs. CXXI.)

§ 2. Appréciation des maladies et affections consécutives AUX blessures par imprudence.

J'ai indiqué en passant les complications qui peuvent survenir dans le cours des blessures accidentelles ; mais il est certaines conséquences plus générales, certaines affections dépendant de ces blessures auxquelles il est bon de consacrer une place à part dans cett^ étude. Ces affections sont, les unes immédiates, les autres secondaires, et il importe, à un haut degré, que l'expert apprécie en connaissance de cause la part qui doit leur être faite dans le jugement définitif qu'il

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convient de porter sur Taccident lui-même et sur ses véri« tables suites.

i"" Effets immédiats.

Parmi les effets immédiats de tout accident de quelque nature qull soit, il faut ranger en première ligne un certain ébranlement, une secousse plus ou moins forte, et surtout plus ou moins vivement ressentie, suivant la disposition personnelle de ceux qui réprouvent. De là des impressions trèsdiverses de saisissement, de frayeur qui peuvent aller jusqu'à déterminer la syncope, le spasme, Tattaque de nerfs. Ce sont là des troubles en général passagers, qui cependant peuvent persister sous la forme d indisposition ou même de maladie plus ou moins sérieuse. Douleurs vagues, brisement général, douleurs épigastriques, étouffement, palpitations, céphalalgie^ fièvre et délire, tels sont les symptômes caractéristiques de cet état qui suit le plus ordinairement les grands accidents, et qui atteint son summum d'intensité à la suite des accidents de chemins de fer, dans ces cas où se trouvent réunies tant de causes de naturelle terreur. Je parlerai plus loin, à propos de l'influence du sexe, des désordres spéciaux que l'on peut observer chez les femmes.

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