AVANT-PROPOS
Aristoteles etiam male philosophantibus gratiam habendam esse dicit, quod ansam offerant vera inveniendi.
le crie pas : le résultat est le même. La mère est bientôt accusée d’avoir fait périr son enfant. La police informe : les charges pleuvent sur la pauvre femme. La justice nomme un expert chargé de faire l’autopsie du petit cadavre. Voici ce que constate le médecin légiste : l’enfant ne porte aucune trace de violence sur le corps ; mais, à l’ouverture, les poumons apparaissent parsemés de petites taches ponctuées, d’un rouge foncé, presque noir; il y a dans les bronches de l’écume rosée. C’est tout. L’expert va conclure à la suffocation, comme le veut Tardieu ? Non ; il dira : « Il existe une affection des voies respiratoires, la bronchite suffocante, qui peut présenter les mêmes caractères anatomiques. C’est une suffocation aussi, mais spontanéé et non criminelle. Dans le cas actuel, ne possédant aucun moyen sérieux de diagnostic, je m’abstiens de conclure; si je devais conclure, l’absence de traces de violences extérieures et de toute autre lésion militerait contre la suffocatiou violente et criminelle. »
C’est ce que nous chercherons à établir, après avoir d’abord étudié les œuvres de nos devanciers, et jugé l’état actuel de la question.
Nous ne teminerons pas cette introduction sans adresser à M. Brouardel l’expression de notre vive gratitude pour les conseils et les enseignements qu’il nous a donnés. Nous remercions MM. Damaschino, Legroux et Lutaud qui nous ont fait le plus bienveillant accueil.
N’oublions pas M. Causse, le sympathique médecin légiste d’Albi, pour qui nous avons la plus haute estime et le plus profond respect.