‹ Étude monographique des pleurotomaires actuelsChapitre 16 sur 24 · NN · texte numérisé non relu

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Fig. B.

Système nerveux hypothétique intermédiaire entre celui des Chitons et celui des Pleurotomaires.

P, nerfs palléaux ; A, anus.

dons palléaux s'arrêtent à l'extrémité antérieure de cette chambre

dont les bords sont innervés par deux nerfs anastomosés qui sont les

prolongements, à peu près dépourvus de cellules nerveuses, des cor-

dons palléaux. Telle est l’origine des nerfs palléaux primitifs; des

branches nerveuses moins puissantes partent aussi de la commissure viscérale pour se rendre dans le manteau. En même temps, la

coquille gagne en importance, les muscles columellaires se développent et se superposent au pied, dont ils constituent la partie supérieure, Les muscles columellaires et pédieux forment, de plus en plus, un ensemble morphologique distinct, et, par un raccourcissement progressif des anastomoses palléo-pédieuses, les centres ganglionnaires de ces muscles se rapprochent de plus en plus. — La forme orthoneure, qui réalise ce type, ne nous est pas connue ; intermédiaire entre les Chitonidés et les Diotocardes, elle devait avoir un système nerveux peu concentré, et différait par conséquent beaucoup du Prærhipidoglosse, à ganglions condensés, tel que l’a conçu M. Plate.

Deuxième stade (fig. C). — La cavité palléale est plus profonde et vient peu à peu se placer dorsalement en arrière de la tête, ce qui amène le croisement de la commissure viscérale et le déplacement en avant de ses racines, qui sont issues, Comme on sait, des Cor-

dons palléaux. Grâce au processus de

Fig. C. condensation qui continue, ces der- Syslème nerveux du Pleurotomaria quoyana.

P, nerfs palléaux primaires ; p, nerfs eur longueur, avecles cordons pédieux, palléaux secondaires ; A, anus.

niers ont fini par se fusionner, suivant

pour former, de chaque côté, entre les muscles pédieux et une partie des muscles columellaires, un cordon unique où les deux centres nerveux apparaissent, l’un sous forme de ruban palléal, l’autre sous la forme d’un ruban pédieux séparé du premier par un profond sillon. Au reste, la condensation ganglionnaire, dans le sens de la longueur, est encore fort peu avancée, et les deux rubans se prolongent en une corne, en avant de la grosse

commissure des cordons, jusqu'aux connectifs cérébro-pédieux et

cérébro-palléaux. Le Pleurotomaria quoyana se trouve précisément au stade que nous venons de signaler,

Troisième stade (fig. D). — Ce stade ne diffère du précédent que par la condensation plus grande de tous les centres nerveux, et, dans bien des cas, par l’atrophie de la branchie droite des Pleurotomaires. Du ruban supérieur de chaque corne des cordons, et probablement aussi des parties voisines de ces derniers, se sépare une corne dorsale exclusivement palléale ; des deux cornes qui se trouverit, dès lors, en avaut de chaque cordon, celle qui est située du côté dorsal tend de plus en plus à grandir et à s’isoler, tandis que la corne ventrale se réduit progressivement, tant par le passage de sa partie palléale dans la corne dorsale, que par la condensation en arrière du ruban pédieux qui s'y trouve. En même temps s’atténue le sillon qui sépare les deux rubans de chaque cordon. Les Fissurellidés, Haliotidés et Trochidés se trouvent à ce stade; leurs nerfs palléaux d’origine commissurale sont

assez peu importants, mais s’anastomosent

déjà avec les nerfs palléaux primaires. Fig. D. Quatrième stade (fig. E). — Les rubans Système nerveux dialyneure des Trochidés, palléaux et pédieux de chaque cordon se fusionnent complètement et l’on ne voit plus trace des sillons qui les séparent; les cornes ganglionnaires dorsales forment des ganglions palléaux plus ou moins isolés et les cornes ventrales ont disparu. Les Patellidés, les Néritidés, les Hélicinidés, les Paludinidés, les Cyclophores et les Cyprées sont à ce stade.

Cinquième stade (fig F). — Les cordons palléo-pédieux se condensent suivant leur longueur et forment des ganglions palléo-pédieux

ovoïdes, plus connus sous le nom de yanglions pédieux ; les cornes

palléales deviennent des ganglions palléaux très distincts qui se rapprochent de plus en plus des centres cérébroïdes, du moins dans la majorité des cas. En même temps, on voit, chez les Prosobranches, les nerfs palléaux secondaires contracter des anastomoses de plus en plus étroites avec les nerfs palléaux primaires correspondants, ce qui conduit à la zygoneurie. Chez les Gastéropodes orthoneures,

Fig. E. Fig. F.

Système nerveux presque zZygo- Système nerveux zygoneure du Trilon. neure du Cyclophorus.

le complexe anal revient du côté droit, et la distorsion du système

nerveux se produit à divers degrés.

Telle est, croyons-nous, l'idée la plus nette et la plus exacte que l'on puisse se faire de l’évolution du système nerveux chez les Gastéropodes. Muni de cordons palléo-pédieux profondément sillonnés et dépourvu de cornes palléales doubles, le P/eurotomaria quoyana se trouve à un stade, inconnu jusqu'ici, qui permet de concevoir tous les autres, et qui rapproche singulièrement les Gastéropodes archaïques des Amphineures, dont ils paraissent tirer leur origine.

Au reste, ce n’est point seulement par son système nerveux que le Pleurotomaria quoyana se place, avant tout autre, en tête des Mollusques Gastéropodes. Avec ses branchies presque rigoureusement symétriques et égales, ses orifices rénaux (et génitaux ?) également pairs et symétriques, sa radule à régions mal délimitées, ses yeux en cupule ouverte à l'extérieur, et ses nombreux otolithes toujours petits et de dimensions inégales, il fait songer aux formes les plus primitives du groupe et permet de concevoir, mieux que par le le passé, les formes plus primitives encore dont les Diotocardes sont issus.

Il est à présumer que des recherches anatomiques entreprises sur d’autres espèces du genre viendront combler les lacunes nombreuses que laisse forcément notre travail, et étendre plus sûrement le champ de généralisation que nous avons ouvert. A ce propos, qu'il nous soit permis de signaler aux zoologistes l'intérêt tout particulier qui s'attache aux origines de la commissure viscérale chez les Pleurotomaires ; situées sur les connectifs cérébro-palléaux dans le P/eurotomaria quoyana, elles sont certainement fort curieuses et ne ressemblent guère à celles des autres Gastéropodes. Mais avant de chercher la raison de ces origines remarquables et d’en tirer parti pour expliquer l’origine des Gastéropodes, il faut être bien certain qu’elles ne sont pas spécifiques et secondaires, mais primitives el caractéristiques du genre, C’est un point important, sur lequel nous fixeront bientôt, il y a lieu de l’espérer, d’autres anatomistes.

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