‹ Étude monographique des pleurotomaires actuelsChapitre 3 sur 24 · Pleurotomaire tuberculeuse (Defr · texte numérisé non relu

Pleurotomaire tuberculeuse (Defr

En 1824, Defrance ne fait que citer le genre Pleurotomaire dans son Tableau des corps organisés fossiles (24) ; enfin, en 1826, il donne la description du genre et cite cinq espèces:

Pleurotomaria tuberculosa Defr., PL, anglica Defr. (Trochus anglicus et similis Sow.); PI. granulata Defr. (Trochus granulatus Sow.). Pl. ornata Defr. (Trochus ornatus Sow.), PI. elongata Defr. (Antrochus elongatus ? Sow.). ;

J. Sowerby (34), dans un fascicule de son (Genera of recent and fossil Shells, publié fin 1830 ou commencement de 1831 *, donne la diagnose du genre et figure deux espèces (Pleurotomaria reticulata et PI. elongata). I ajoute : « On the genera distinguished by a more or less deep fissure or notch in the upper part of the outer lip, the Pleurotomaria of De France has no canal... » Ce passage de Sowerby lui-même reconnaît formellement la pricrité à Defrance. Une deuxième fois, en 1844, Sowerby (44) cite Defrance comme l’auteur du genre.

C’est à l’aide des documents précédents que nous devons attribuer

‘ Voir, pour la date de publication des planches du vingt-sixième cahier de l'Atlas du Dictionnaire des sciences naturelles, la Bibliographie de la France ou Journal général de l'imprimerie et de la librairie, Pillet aîné, Paris, 1823.

2 Voir, pour la date de publication du trente-deuxième cahier de cet ouvrage : D. SHERBORN, On the dates of Sowerby's genera of recent and fossil Shells (Annais

and Magazine of natural history, vol. XIII, 1894, p. 370; R. B. NewTon, Syst. List Edwards Collection (Catal. Brit. Mus., 1891, p. 321).

la priorité soit à Defrance, soit à Sowerby. Il nous semble que, dans le cas actuel, l’application stricte des lois de priorité est impossible ; la citation des Z'ableaux systématiques doit être écartée; la description de Zrochus Gibsi par J. Sowerby (24), avec les remarques qui l'accompagnent, renferment, au contraire, une bonne définition; mais il y aurait encore là matière à discussion, car le nouveau terme Pleurotomaria n’est pas proposé à titre définitif par l’auteur, qui se contente d'annoncer qu'il l’adoptera peut-être plus tard.

La première définition réellement complète et indiscutable du nouveau genre est celle qu’a donnée Defrance en 1826, précédée par la planche publiée en 1823. Il faut donc choisir entre les deux notations : Pleurotomaria J. Sowerby 1821 et Pleurotomaria Defrance 1896 : la première a l’avantage de la priorité, mais sa valeur n'étant pas absolument démontrée, la question nous paraît insoluble, comme nous le disions plus haut.

Il faut donc renoncer à faire ici l’application étroite des règles de la nomenclature. Il nous semble que l’idée première du genre nouveau revient à Defrance, qui l'avait reconnu depuis un certain temps déjà, sans le publier; Sowerby eut naturellement connaissance de la nouvelle coupe générique, grâce aux rapports qu'il entretenait avec Defrance; on lit, en effet, dans la préface des 7ableaux des corps organisés fossiles, que ce dernier avait obtenu‘ de J. Sowerby la communication d’un certain nombre de fossiles ; on comprend très bien, dans ces conditions, que Sowerby, en 1821, ait parlé du nouveau genre, sans d’ailleurs se prononcer complètement sur sa valeur, et qu’il ne l’ait adopté définitivement, en 1831, qu’après la description de Defrance, et en lui rendant entière justice. Il nous semble donc tout indiqué de nous ranger à l'opinion de Sowerby lui-même, et de considérer Defrance comme le véritable auteur du genre ; nous croyons avoir ajouté quelques arguments à l'appui de cette manière de voir, que nous partageons avec He

1 DEFRANCE (24, x).

Woodward (85). En résumé, nous admettrons, comme références originales, à la fois la citation de Férussac (24), prouvant que le genre était adopté par Defrance en 1821, et le passage du Mineral Conchology de J. Sowerby (24), évidemment inspiré par Defrance, et qui met en évidence les caractères du nouveau genre. Nous adopterons donc la notation suivante :

Pleurotomaria Defrance (in Sowerby [1821/).

En terminant ce chapitre, nous adressons nos vifs remerciements à MM. Deniker, de Paris, Sherborn et Gude, de Londres, qui nous ont fourni de précieux renseignements sur les dates de publication

des premiers ouvrages où il est question du genre Pleurotomaria.

PLEUROTOMAIRES FOSSILES.

Le genre Pleurotomaria est largement représenté dans les terrains sédimentaires. En 1885, Etheridge et H. Woodward (85) ont fait le recensement des espèces fossiles et en ont signalé 411456 : ce nombre a été un peu augmenté depuis.

La première espèce connue se rencontre dans le cambrien inférieur (zone à Olenellus) des États-Unis, c'est-à-dire dans les plus anciens sédiments fossilifères : c’est le Pleurotomaria (Raphistoma) Attleborensis Shaler et Foerste (88), décrit d’après un fragment trouvé à North Attleborough, Mass. Les Pleurotomaires sont donc contemporains des plus anciens Trilobites et des plus anciens Brachiopodes, qui ont été longtemps considérés comme les plus vieux animaux.

A l’époque silurienne, les espèces sont déjà très nombreuses, surtout en Amérique ; leur nombre augmente encore au carbonifère et atteint son maximum pendant la période jurassique (367 espèces d’après Woodward). La diminution commence à se faire sentir au crétacé. Les sédiments tertiaires ne renferment que très peu d’espèces, et, pendant longtemps, on n’en connaissait que quelquesunes dans l’éocène; l’absence complète du genre à partir du miocène

avait même fait supposer que les Pleurotomaires étaient complète-

ment et définitivement éteints : ceci explique le vif intérêt qu'a excité la découverte de la première espèce vivante ‘. Gette lacune est maintenant en partie comblée. E. Vincent (90) signale, en 1896, treize espèces éocènes ; H. Crosse(S2, 6) en indique deux dans le miocène : Pleurotomaria Sismondai Goldfuss du miocène de Bünde et P/. tertiaria Mac-Coy d'Australie. Deux autres espèces ont été trouvées dans les tufs madréporiques quaternaires de la Guadeloupe : Pleurotomaria Fischeri Mayer ms et Pl. Duchassaingi Schramm (69); malheureusement elles n'ont pas été clairement définies. Nous ajouterons à cette liste une forme des terrains tertiaires récents d'Italie: Pleurotomaria gigas Borson et une espèce miocène de l'ile Santa- Maria (Açores) : FL. atlantica Gotta?.

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