L. CAMOIY. Libraire
Rue Cannebière , 1.
A M. MARCHAL (de calvi)
Ex-Médecin principal de l’Armée,
Professeur agrégé de la Faculté de Médecine de Paris.
Très-Cher et Très-Honoré Maître,
Permettez-moi de placer votre nom en tête de ce petit travail , comme un témoignage du souvenir que j’ai conservé de votre enseignement du Val-de-Grâce.
C’est un résumé de mes recherches et de mes méditations sur un sujet qui ne pourra qu’intéresser le savant professeur, qui du haut de la chaire illustrée par Broussais, nous disait il y a déjà vingt ans : « L’étiologie fouille dans l’individu et dans le milieu qui l’entoure » pour avoir raison des maladies qui l’atteignent. Jamais l’impor- » tance des causes ne fut mieux comprise, à tel point que l’on a pu » proclamer une médecine étiologique (4). »
Et qui dans un concours fameux, après avoir bien défini les questions de contagion et d’épidémie, et établi avec une rare éloquence, qui dût faire hésiter non l’opinion publique, mais le choix des juges, les vrais principes de la doctrine des épidémies, ajoutait : « Dans un temps qui n’est certainement plus très éloigné, la » législation sanitaire, déjà si profondément modifiée, croulera » sous l’étiologie, devenue évidente pour tous, des maladies contre
(1) Recueil des Mémoires de Médecine Militaire , 2* série, tome 3, page 345.
» lesquelles elle est spécialement instituée. 11 sera intéressant alors » de rechercher quelles voies guidaient le législateur et quelles » dispositions il établit dans la suite des temps, pour obvier a un » danger dont la réalité était affirmée par la science et acclamée par » l’épouvante des peuples. Alors aussi les documents que j’ai ras- » semblés seront lus avec quelque fruit, et la voie que j’aurai tracée
» pourra être suivie utilement (1). »
J’espère que j’aurai atteint ce résultat par les considérations particulières et certains développements que renferme cette nouvelle étude du choléra.
A défaut de talent, il y a de la conscience dans mes observations, et, avec Montaigne, pourrai-je toujours dire : Ceci est un livre de
bonne foi.
Veuillez, cher maître, recevoir l’assurance de ma vive et respectueuse sympathie comme de mon entier dévouement.