‹ Étude ophthalmoscopique sur les altérations du nerf optiqueChapitre 11 sur 84 · Philosoph. Transact. of the roy. Soc. of London · texte numérisé non relu

Philosoph. Transact. of the roy. Soc. of London

L'opinion de Hannover paraît se vérifier dans un fait particulier qui a été observé par M. le professeur Nélaton.

M. Nélaton a présenté à la Société anatomique, en 1833, un cerveau sur lequel le chiasma des nerfs optiques est en partie réduit en une substance gélatineuse au centre, tandis. que les fibres nerveuses se continuent sur les côtés sans interruption avec les nerfs correspondants; ce qui est une preuve, pour M. Nélaton, que les fibres externes des bandelettes et des nerfs optiques ne se croisent point. Il existe en avant du carré optique une sorte d'anse nerveuse continue d'un nerf à l'autre, continuité sans entre- croisement. La vision n'a offert dans ce cas aucune anomalie. Cette pièce semblerait démontrer que l' entre-croisement des fibres internes n'est pas indispensable pour la vision.

3° Bandelettes optiques. — La continuation des nerfs optiques de l'autre côté du chiasma porte le nom de bandelettes optiques. Ces bandelettes sont blanches, assez larges, proviennent directement des corps genouillés externe et interne ; appliquées sur le pédoncule cérébral, elles le contournent horizontalement, et s'en détachent peu à peu, pour former en avant le chiasma. Dans la moitié de leur parcours, elles sont adhérentes aux pédoncules cérébraux.

Les bandelettes sont en rapport avec les pédoncules cérébraux en haut et en dedans ; en bas et en dehors, elles sont libres, et correspondent aux circonvolutions de la partie interne des lobes postérieurs du cerveau. Plus en avant, elles se trouvent en contact avec la membrane perforée et l'os sphénoïde.

Comme on le voit, le chiasma et une partie des bandelettes optiques sont en contact direct avec les os de la base du crâne ; et tous les désordres et toutes les altérations de cette partie du crâne, notamment la carie et les tumeurs syphilitiques de la selle turcique, les collections consécutives du pus dans l'espace sous-arachnoïdien antérieur, et même les transformations fibreuses de cette portion de la pie-mère, très-fréquentes d'après M. Richet , peuvent comprimer les nerfs optiques et occasionner une atrophie ou une infiltration œdémateuse de la papille, et par conséquent diminuer ou supprimer complètement la vision. C'est dans cette disposition anatomique qu'il faut souvent chercher l'explication de l'amaurose, si

fréquente dans l'âge adulte et qui n'offre pas de signes positifs de l'affection cérébrale.

En poursuivant plus loin les bandelettes optiques, on arrive directement aux corps genouillés. Les recherches de M. Gratiolet tendent, il est vrai, à démontrer que les fibres nerveuses, émanant d'une des racines du nerf optique qui contourne la couche optique, s'épanouissent en éventail dans toute la longueur du bord supérieur de l'hémisphère, depuis l'extrémité supérieure du lobe occipital jusqu'au sommet du lobe pariétal d. Nous avons cherché à constater cette disposition dans le cerveau de l'homme, mais il nous a été impossible de la rencontrer.

/j° Corps genouillés externe et interne. — A la face inférieure et postérieure de la couche optique, on découvre deux renflements qui portent le nom de corps genouillés.

Le corps genouillé interne est moins volumineux que l'externe ; mais, en revanche, il est plus saillant. A sa surface libre, il est enveloppé d'une couche blanche très-mince, qui se prolonge en arrière jusqu'au tubercule quadrijumeau postérieur (testes). Dans son épaisseur, on trouve un noyau de substance grise.

Le corps genouillé externe forme une éminence oblongue qui contourne l'extrémité postérieure et inférieure de la couche optique, et, au moyen d'une petite bandelette médullaire blanche, il entre en communication avec le tubercule quadrijumeau antérieur (nates) ; sa surface' libre est blanche aussi, mais d'une teinte plus sale et un peu grisâtre; à l'intérieur, elle est constituée par la substance grise.

L'existence du noyau gris dans ces éminences nous porte à penser qu'elles ne sont pas de simples conducteurs ; mais qu'elles ont, au contraire, un rôle tout spécial dans l'acte de la vision.

5° Tubercules quadr x 'jumeaux . — Us sont constitués par quatre saillies séparées les uns des autres par des sillons. Les deux saillies antérieures portent le nom de nales (g), et les postérieures celui de testes (f). Us se trouvent placés au-devant du cervelet et au-dessus des pédoncules cérébraux avec lesquels ils contractent des adhérences.

La structure des tubercules quadrijumeaux est très-complexe, ils

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