hoc. cit., p
lies, ce qui ne se rencontre, du reste, qu'exceptionnellement, il y a alors une gêne beaucoup plus grande et même impossibilité pour le travail ; en même temps, la faculté de se diriger est sensiblement diminuée.
A en juger par cette description,, l'hémiopie homonyme ou croisée, et par conséquent l'hémiopie cérébrale, doit toujours être latérale ; en effet, c'est une règle générale et absolue, nous ne connaissons, pour notre part, aucun fait positif, dans lequel l'affection cérébrale ait occasionné une hémiopie supérieure ou inférieure isolée, à moins que cène soit une forme de rétrécissement simultané et circulaire de tout le champ visuel. Une hémiopie supérieure ou inférieure est, selon nous, le symptôme constant d'une affection oculaire, telle que décollement rétinien, ou choroïdite exsudative, amenant une compression partielle de la membrane nerveuse. L'un et l'autre casse sont présentés, il y a peu de temps, à notre observation ; ils pouvaient être facilement confondus avec les affections centrales.
Quelle est la cause directe de cette diminution régulière du champ visuel ? Nous la trouvons dans la structure anatomique des bandelettes optiques et dans leur entre-croisement dans le chiasma.
Nous savons, en effet, que l'entre- croisement des fibres du nerf optique dans le chiasma ne s'opère qu'entre les moitiés internes, tandis que les fibres externes ne sont point croisées, et se rendent directement d'un hémisphère à l'œil correspondant (voir la figure, p. 29). D'où il résulte que, lorsqu'une hémiopie est homonyme, ce qui est le plus fréquent, et qu'il y a une abolition de la vue du côté droit de chaque œil, l'hémiopie est évidemment due à une lésion située dans l'hémisphère cérébral gauche, parce que le champ visuel externe ou droit de l'œil droit et l'interne ou droit de l'œil gauche correspondent à la moitié interne de la rétine droite et à la moitié externe de l'œil gauche. Gr, l'une et l'autre partie reçoivent leurs fibres de l'hémisphère gauche, comme on peut en juger par la même figure. Dans une hémiopie croisée, par exemple quand le champ visuel externe à droite et à gauche est paralysé, la compression doit se trouver au centre du chiasma ou dans les tubercules postérieurs, qui donnent des fibres aux moitiés internes des deux rétines. Dans
une hémiopie interne des deux côtés, il faut que ce soient les fibres externes des bandelettes optiques, ou les tubercules quadrijumeaux antérieurs qui présentent des lésions.
On voit combien est simple et ingénieuse l'explication de ce phénomène curieux, qui a déjà si vivement préoccupé Wollaston. Il est vrai que cette manière de voir n'est pas complètement partagée par quelques-uns de nos savants confrères ' ; mais les observations journalières confirment cette opinion. Si quelques doutes subsistent encore à ce sujet, notamment quand il s'agit d'expliquer une hémiopie supérieure ou inférieure, il suffira d'examiner attentivement la rétine et la choroïde, et on trouvera, nous en sommes persuadé, la cause de ce symptôme.
Tels sont les caractères essentiels de cette forme d'amblyopie, qui perte le nom (¥ hémiopie, visus dimidiatus, et que Ton considérait, it y a peu d'années encore, comme une affection idiopathique. Actuellement, elle n'est avec raison considérée que comme un symptôme très-caractéristique de certaines affections cérébrales.
§ 111. — Dysdromatopsie.
La dysdromatospie est l'état dans lequel l'œil perd la faculté de distinguer les couleurs ; comme nous l'avons déjà remarqué, c'est un des symptômes utiles dans les affections du nerf optique, notamment celles qui se lient aux affections cérébrales. Pour mieux faire comprendre la signification pathologique de ce phénomène, nous rappellerons quelques notions générales et physiologiques.
La physique admet deux sortes de couleurs : 1° la couleur physique ou matérielle, répandue dans le monde extérieur et qui arrive sans changement à la rétine ; 2° la couleur apparente, que l'œil perçoit sous l'influence des lois de la réfraction ou d'une sensation individuelle du système nerveux visuel. L'une et l'autre présentent des couleurs principales ou primitives, qui ne se décomposent point et dont le mélange concourt à former la lumière blanche; et les couleurs complémentaires, constituées par le mélange des deux cou-