Giraud-Teulon, loc. cil., p. 536 et
leurs principales qui sont, d'après Brewster et Young, le rouge carmin), le jaune (gomme-gutte) et le bleu (bleu de Prusse). Les couleurs complémentaires sont ainsi composées : le violet, du bleu et du rouge; le vert, du jaune et du bleu ; l'indigo, du rouge et du bleu; et l'orangé, du jaune et du rouge.
Toutes ces couleurs sont dénaturées par des couleurs voisines ; et, de même que le noir paraît plus noir près du blanc, de même, les autres couleurs changent de nuance lorsqu'elles se trouvent à côté d'autres. Ainsi, le rouge reflète du vert ; le bleu répand de l'orangé, et le jaune du violet. D'après M. Chevreuil, ce sont aussi des couleurs complémentaires. C'est donc un phénomène physiologique qu'il ne faudrait pas confondre avec les apparitions morbides.
L'œil normal possède la faculté de percevoir toutes les différentes couleurs principales, aussi bien que les couleurs complémentaires, mais à un degré très-varié et souvent incomplet. En général, la rétine normale distingue difficilement l'homogénéité et les différentes nuances d'une même couleur.
Quelquefois la rétine réunit les impressions produites par deux couleurs différentes, placées à côté l'une de l'autre, et ne les perçoit que comme une seule couleur composée ; mais cela s'observe surtout dans une rétine dont la sensibilité est exagérée par suite d'un état pathologique quelconque.
Un œil normal doit percevoir toutes ces différentes couleurs ; et il n'est pas fréquent de rencontrer des personnes chez lesquelles cette faculté soit abolie, ou sensiblement affaiblie de naissance, ou par l'effet des maladies ; c'est à tort qu'on a donné à cet état le nom de daltonisme; nous préférons l'appeler avec les Anglais cécité des couleurs (colour blindness). Le célèbre chimiste Dalton a décrit le premier cette affection dont il était atteint.
M. Szokalski ' distingue dans cette maladie cinq différentes classes ; il prend pour base de cette classification le nombre plus ou moins grand des couleurs qui font défaut. Tout en rendant justice au travail laborieux de notre compatriote, nous partageons l'opinion de MM. Desmarres et Fol lin qui ne reconnaissent que deux variétés : ou les individus ne distinguent point de couleurs, et les objets leur