Annales d'ocul., t. III, 1840, p
2. Journal universel des sciences médicales, t. I, p. 71, et Médical Repertory, 3* vol., n° 1,-1815, N.-Y.
rétinite pigmentaire, puisqu'il n'y avait poinl de signes d'héméralopie; c'était une amaurose progressive avec ntropliic fie la papille. Un cas de même genre s'est présenté au mois d'août dernier à notre observation ; nous croyons utile de le rapporter en abrégé :
Observation III. — Madame R...., demeurant à Paris, âgée de cinquante-sept ans, d'une bonne et forte constitution, jusque-là toujours bien portante, s'est aperçue il y a deux ans que sa vue s'affaiblissait d'abord dans l'œil gauclie, et six mois après dans l'œil droit, sans douleurs de tête ou tout autre signe d'affection cérébrale. Sa \ue baissait de plus en plus, et au moment où nous la vîmes, elle pouvait à peine se conduire. A l'examen ophtlialmoscopique, nous avons constaté une atropine progressive des deux papilles, avec conservation des vaisseaux centraux. Aucun désordre du côté de la choroïde ni aucun dépôt pigmentaire dans la rétine. Les signes d'héméralopie n'existent pas. En questionnant sur les antécédents, nous avons recueilli des indications très-importantes au point de vue de l'hérédité. La malade nous a déclaré que sa sœur et son frère ont perdu la vue au même âge qu'elle, et que sa mère est morte par suite d'une attaque d'apoplexie.
Il y avait dans ce cas une prédisposition héréditaire à l'apoplexie cérébrale, qui, pour la mère, s'est terminée par la mort, tandis que pour les enfants n'a amené que la cécité, l'apoplexie atteignant une des parties du cerveau qui concourent à la production du sens de la vision.
ANATOMIE PATHOLOGIQUE, ÉTIOLOGIE, DIAGNOSTIC, PRONOSTIC ET TRAITEMENT DES ATROPHIES DE LA PAPILLE.
Analomie pathologique. — D'après H. Mùller et Schwaigger, l'atrophie du nerf optique et de la rétine amène les modifications suivantes : On reconnaît à l'œil nu que les nerfs optiques sont amincis et atrophiés jusqu'au chiasma ; au microscope, on voit qu'ils sont constitués en grande partie par du tissu conjonctif hypertrophié et une masse moléculaire avec des corpuscules nucléolaires. Sur la papille elle-même, il se forme une excavation peu profonde et que M. Schwaigger a très-bien représentée dans son travail sur l'ophthahnoscopie l. Cette excavation n'a pas de bords bien tranchés,
1. Leçons d' ophthalmoscopie, trad. de M. Hersckell, 186^, p. 130.
mais elle présente une dépression superficielle, qui ne dépasse pas ordinairement, selon Mûller, le niveau de la choroïde. Par conséquent, la lame criblée ne subit aucun déplacement et n'est recouverte que d'une couche très-mince des débris de la papille, C'est sur cette même surface qu'on voit aussi les vaisseaux former de légères saillies au niveau de la rétine.
Dans cette membrane, Mûller a constaté une atrophie presque complète des couches ganglionnaires et des fibres nerveuses, coïncidant avec la conservation d'autres couches dans toute leur intégrité1 Les vaisseaux sont diminués de volume et leurs parois souvent épaissies.
Dans une atrophie de la papille consécutive à une névrite optique, la tuméfaction disparaît pendant la période régressive. Le tissu de la lame criblée est distendu, comme l'a démontré Schwaigger2. Les fibres nerveuses se perdent presque complètement sur la papille. Il y a, en outre, près de la papille, certaines fibres nerveuses hypertrophiées, dont le volume peut atteindre des proportions trois et quatre fois plus grandes qu'à l'état normal. En même temps surviennent l'épaississement et l'hypertrophie du tissu conjonctif. Plus tard, la substance du nerf lui-même et de la rétine environnante devient opaque. Les vaisseaux sont variqueux et pourvus, en outre, d'une couche adventice très-développée.
L'atrophie que l'on rencontre dans une excavation glaucomateuse est remarquable à plusieurs points de vue; la lame criblée est fortement déprimée, les fibres nerveuses sont comprimées au voisinage de cette lame criblée et près des parois de l'excavation. C'est à leur passage sur la rétine que les fibres nerveuses sont presque complètement atrophiées ou au moins très-remarquablement amincies ; elles semblent même coupées près du bord de l'excavation ; ce qui produit une interruption de continuité entre la rétine et le cerveau. La couche ganglionnaire et la couche des fibres nerveuses s'atrophient inévitablement comme dans une atrophie simple.
Les mêmes désordres que nous avons observés à l'extrémité intraoculaire se rencontrent dans tout le trajet du nerf optique jusqu'au