‹ Étude ophthalmoscopique sur les altérations du nerf optiqueChapitre 66 sur 84 · Anat. etphysiol. du syst. nerveux. Paris, i84"2, p · texte numérisé non relu

Anat. etphysiol. du syst. nerveux. Paris, i84"2, p

M. le docteur Renaud, qui suppléait à ce moment. M. Bar th. a eu l'obligeance de nous appeler pour examiner les yeux de la malade. Celle-ci nous raconta qu'il y a quatre ans, au moment où ses menstrues se sont arrêtées, elle fut frappée d'apoplexie, avec perle de connaissance et vomissements, qui durèrent plusieurs jours. Quatre mois plus tard survint la paralysie de la septième parie droite, et perte totale de la vup. Après l'application des ventouses sèches et scarifiées sur le dos pendant plusieurs semaines, la vue de l'œil droit fut complètement rétablie, tandis que l'œil gauche est resté jusqu'à ce jour amaurotique. La mémoire était complètement perdue, et la parole embarrassée ; maintenant ces facultés sont revenues, mais la paralysie de la septième paire persiste. Nous constatons avec M. Renaud, que les pupilles des deux yeux sont dilatées; l'œil gauche est complètement perdu, et, à l'ophthalmoseope, la papille apparaît blanche; les vaisseaux capillaires sont seuls atrophiés; la veine et l'artère centrales conservent leur volume normal. — Même état dans l'œil droit, quoique moins accusé. La malade lit de l'œil droit le n° 8 de l'échelle de Jaeger et distingue toutes les couleurs.

§ VI. — Amaurose due aux altérations du cervelet et de ses pédoncules.

Depuis les belles recherches de M. Flourens, le cervelet est considéré comme le coordinateur des mouvements des membres. En le cautérisant, M. le professeur Bouillaud a produit des désordres des fonctions locomotrices. Quelquefois cependant, dans ses expériences, il a obtenu le strabisme et l' amaurose, et il explique cette coïncidence, par le voisinage des tubercules quadrijumeaux. « Il n'est « pas rare, dit-il, qu'ils soient lésés en même temps que le cervelet, « ou que l'irritation de celui-ci se communique à eux, et dès lors « on observe des troubles dans la vision et des dérangements dans « les mouvements des yeux !. »

Nous sommes tout à fait de l'avis du savant professeur de la Charité, et quoique les faits pathologiques ne soient pas rares, dans lesquels la lésion du cervelet a été suivie de la cécité, elle ne peut être considérée que comme une affection secondaire produite par l'inflammation consécutive se communiquant du point morbide primitif aux parties environnantes et notamment aux tubercules qua-

1 . Archives gén. de méd., 1838. Recherches expérimentales et cliniques, etc.

drijumeaux. C'est aussi de cette façon que M. le professeur Hérard explique l'amaurose observée dans un cas de tumeur tuberculeuse du cervelet. Ayant trouvé un tubercule de la grosseur d'une cerise au niveau du vermissuperior, il a déclaré à la Société anatomique1, en montrant la pièce, que « la tumeur est assez rapprochée des tubercules quadrijumeaux, pour pouvoir expliquer les troubles passagers de la vue et la dilatation de la pupille dans les derniers jours. »

On ne peut attribuer l'amaurose, dans les affections cérébelleuses, qu'à la propagation de l'inflammation secondaire jusqu'aux centres optiques. L'idée que le cervelet est le siège de la vision ne peut être soutenue ; il suffit de lire attentivement toutes les observations des altérations de cet organe, pour se convaincre que l'abolition de la vue n'arrive que rarement alors, et encore n'observe-t-on ce phénomène que dans les cas où l'altération était très-rapprochée des tubercules quadrijumeaux. Sur quatre-vingt-six cas d'altération du cervelet, recueillis dans les divers auteurs, vingt fois l'amaurose a été signalée, et presque toujours l'affection siégeait au voisinage des centres optiques. Pour reconnaître une amaurose qui se déclarerait dans une affection cérébelleuse, on devra nécessairement prendre en considération les symptômes de la maladie cérébelleuse ; la conservation de l'intelligence, les douleurs de tête vers l'occiput, les vomissements, qui, d'après Andral, se rencontrent dans un tiers des cas, des érections fréquentes, des contractions involontaires, des étourdissements, le manque d'équilibre et l'hémiplégie. Cette dernière peut pourtant faire défaut.

Parmi les signes des affections cérébelleuses, M. Duchenne, de Boulogne, signale la titubation vertigineuse et la diplopie monoculaire 2; deux fois nous avons pu vérifier, en effet, la présence de ce symptôme chez des malades considérés comme atteints d'une maladie cérébelleuse.

Quant aux signes ophthalmoscopiques, ils sont le plus souvent négatifs, lorsque l'affection du cervelet est récente, par exemple dans une apoplexie. Mais dans une tumeur, un ramollissement ou toute

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