Études sui le système nerveux. Paris, 1838, p
Observation XXXVIII. — Mademoiselle D.., âgée de 31 ans, ressentaitdcs douleurs dans le derrière de la tôle, qui allèrent toujours en augmentant jusqu'en 1833, époque à laquelle elle succomba. Au mois d'octobre 1831, les accidents furent portés au point de donner lieu à tous les symptômes d'une attaque d'apoplexie. Toute la face est devenue le siège des douleurs. Graduellement la vue baissa, les pupilles se dilatèrent et la malade ne pouvait plus distinguer qu'une faible lueur. La déglutition était difficile et souvent impossible. Les douleurs se prolongeaient au bras du même côté, ainsi qu'à la jambe et à la cuisse. La paralysie se déclara des deux côtés. Épuisée de souffrances, elle succomba. — Autopsie. On reconnaît sur la ligne médiane, sur le vermiformis inférieur, à la face postérieure de l'extrémité céphalique de la moelle, une tumeur, dont une partie était pleine, et dont l'autre renfermait un liquide. Cette tumeur, de la grosseur d'un œuf de poule moyen, s'était creusé une loge profonde dans le lobe gauche du cervelet, dans le pédoncule du même côté, dans l'intérieur du ventricule, jusqu'aux tubercules quadrijumeaux qu'elle pressait et qu'elle avait atrophiés, en traversant par conséquent la valvule de Tarin, qu'elle avait agrandie. La paire ganche des tubercules quadrijumeaux avait plus souffert de la compression que la droite; aussi l'atrophie était-elle plus marquée d'un côté que de l'autre. Il est résulté de cette pression postéro-antérieure un rapprochement des quatre tubercules, ce qui leur donnait une forme pointue et effaçait leur sillon.
M. Serres1 cite des cas d'apoplexie cérébelleuse, dans lesquels on a trouvé les tubercules quadrijumeaux antérieurs très-légèrement pblogosés, et les postérieurs à un degré beaucoup plus considérable ; la masse médullaire , désignée sous le nom de processus cerebelliad testes, était d'un rouge veineux ; on y trouvait un foyer sanguin, qui pouvait contenir une balle de fusil. Mais le malade, quand on le visita, était sans connaissance et on ne pouvait avoir aucun renseignement sur sa vue.
Nous avons rapporté plus haut le cas d'un malade atteint de dégénérescence cancéreuse des lobes cérébraux postérieurs suivie d'une amaurose ; l'ophthalmoscope ne nous a dévoilé qu'une injection capillaire d'une papille ; et, à l'autopsie, nous avons trouvé avec M. le docteur Renaud un ramollissement des tubercules , accompagné de disparition des noyaux gris qui existent à l'état physiologique, comme nous l'avons fait voir.