‹ Étude philosophique. L'abbé Simon FoucherChapitre 38 sur 55 · RITE · texte numérisé non relu

RITE

On pourroit peut-être s'imaginer en lisant ces paroles, que ce seroit sans raison que j'aurois accusé cet Auteur de m'avoir imposé dans le dessein de la Recherche ; mais si on veut bien confronter ce qu'il vient de dire avec ce que j'ay écrit dans la Préface de ce Second Volume, ou avec ce qu'il dit lui-même page 9. et 10. de sa Critique, j'espère qu'on en jugera autrement. Voici ce que j'y répons afin qu'on n'ait pas la peine de le chercher.

AI^SNDIGE. XXXIX

« Cependant, comme il luy plaist de me faire entreprendre un des- » sein que je n'exécute pas afin de trouver davantage à redire à ma » conduite, il tâche de prouver que fay eu dessein dans ce Livre de » donner une Méthode : le ne lai fais point de tort^ dit^ilt de regarder » son Livre comme une Méthode pour jetter les fondemens des » sdences : car outre que son Livre le témoigne^ il se déclare sur ce » point en cette manière. Examinons les cotises et la nature de nos » erreurs; et puisque la Méthode qui examine les choses en les consi' » dérant dans leur naissance et dans leur origine, a plus d'ordre et » de lumière, et les fait connoisire plus à fond que les autres, tâchons » de la mettre icy en usage, »

Il me semble que ces paroles, Je ne lui fais point de tort, etc. que je tire de la Critique page 9. et 10. sont assez claires, et qu'il suffit d*entenire le François pour voir que son Auteur m'impose d'avoir voulu donner une Méthode^ et qu'il prétend même le prouver par le titre de la Recherche, et encore par tin passage de ce même livre. Cependant il conclut hardiment cet Article par ces paroles : // est donc évident que l'Auteur de la /^cherche ne sçauroit prouver que je lui impose, etc.

Mais quoi ? il a déclaré positivement qti*i\ ne regardoit la Recherche de la Vérité que comme un Recueil de plusieurs Remarques. Je ne puis nier, dit-il, que je n'aye eu dessein d'apporter quelque chose d'utile pour la découverte de la Vérité, et c'est seulement (remarquez ce mot) ce qu'il m'attribue. Puisqu'il veut se divertir, voici ma réponse.

Vn Peintre a représenté Polyphéme, et se tenant derrière son tableau, il entend dire à quelque Critique : Voyez-vous, Messieurs, l'Auteur de cet Ouvrage a voulu peindre Hercule , mais si vous y prenez garde, c'est là Polyphôme. Le Peintre un peu trop impatient se montre aussi-tost, et fait bien connoltre aux spectateurs qu'il n'a point eu dessein de représenter Hercule et qu'on lui impose. Le Critique surpris apostrophe le Peintre et lui dit : Monsieur, que vous estes chagrin. Qu'avez-vous voulu représenter? Polyphéme, répond le Peintre. Hé bien Monsieur, reprend le Critique, pourquoi ditesvous que je vous impose? le prens ces Messieurs à témoin qne je leur ai SEULEMENT dit que vous aviez représenté Polyphéme. Sur cela le Peintre content se retire et se taist.

le crois donc que je dois me taire après de semblables Réponses, l'ay fait voir par les propres paroles de la Critique, que son Auteur m'impose d'avoir voulu donner une Méthode dans le premier Livre de la Recherche, et qu'il prétend même le prouver. Tay cité le lieu

XL APPBNDIGE.

de la Griti<iae d'où j*ay pris ma preave. G*est un fait. Cependant cet Auteur assure qu'il ne mHmpose pas : Qu'il est évident que je ne puis prouver qu'il m'impose : Qu'il prouve au contraire qu'on ne doit pas m'imputer ce que j'assure qu'il m'impose : Qu'il m'attribue SEULEMENT d'avoir eu dessein d'apporter quelque chose d'utile à la découverte de la Vérité : En un mot , Qu'il a déclaré positivement qu'il ne regardoit la Recherche que comme un Recueil de plusieurs Remarques ^ comme si , de ce qu'il a regardé la Recherche comme un Recueil , on devoit conclure , que je ne puis avoir eu d'autre dessein.

le me tais donc^ mais j'espère que cet exemple empêchera qu'on ne juge sans examiner. le l'ay pris des trois premières pages de son Livre, et je ne me suis pas donné la liberté de choisir : on y doit avoir égard. Cependant je ne prétens pas que cecy passe pour une Réponse, le me souviens de l'obligation que je me suis imposée à la fin de la Préface qui précède^ et j'aime mieux que ceux qui trouvent que je n'ay pas satisfait à la Critique^ à cause que je u'ay répondu au long qu'aux trois premiers Chapitres, disent que ce dernier Livre auquel je ne répons qu'aux trois premières pages, demeure sans réplique, que de fatiguer le monde par des Réponses qui ne tendroient qu'à justifier d'autres Réponses.

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