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s'alarmer d'une transformation qui a .approché des freres éloignés et opéré la fusion pacifique d'intérêts identiques ?
Et cependant n'est-ce pas là une des causes principales des griefs des métis ? Peut-on raisonnablement tenir un gouvernement responsable d'avoir voulu se faire le messager de la civilisation dans ces lointaines contrées au risque de certains froissements et d’avoir travaillé à l'émancipation politique d'nne population indépendante, mais vivant à l'ombre du régime despctique des commerçants de la Baie d'Hudson ? Ce serait injuste.
S'il y a eu des lenteurs et des délais dans l'octroi des titres de propriétés concédées au peuple Métis, le gouvernement avait à protéger d’un autre côté la sanction efficace des lois et l'affirmation d’une politique favorable à la colonisation et au développement de cette lointaine partie du pays.
Les plaintes et les griefs des Métis naissent de cette source. Il est faux de dire, comme nos accusateurs l’affirment, dans un but facile à comprendre, que les métis ont été dépossédés ou expulsés de leurs terres par le gouvernement conservateur. Si des fautes ou des erreurs ont pu être cammises dans l'application de ia législation se rapportant à la délivrance des titres concédés aux Métis, ou dans la remise correcte de tels titres, elles ne constituent pas le crime national de dépossession violente mis à la charge du Gouvernement par ses adversaires. Ce n'est pas un de ses faits qui justifient la révolte d’un peuple, les appels démagogiques des partisans avancés de la cause de la liberté ou les vengeances de l'opinion publique. (C’est une simple fait politique discutable comme tout autre acte administratif, mais insuffsant en luimême pour rendre un gouvernement indigne de la confiance de l'électorat.
Les grands mots de spoliation du patrimoine national, de droits foulés aux pieds, d'oppression, d’injustice, de vengeance, de fanatisme sont de mise pour expliquer les commotions du monde diplomatique, ils ne suffisent pas pour justifier la violence et cette perturbation sociale et religieuse qui ont bouleversé une partie de notre pays. J’en appelle au sens droit de ceux qui m’écoutent et qui réfléchiront à mes paroles. N'est-ce pas prêcher une doctrine fausse et mensongère ; N'est-ce pas tromper sciemment le peuple que de lui présenter la rébellion du Nord-Ouest comme la conséquence naturelle d’une légitime défense contre une prétendue persécution, bien plus comme l'exercice légal d'un droit ? Je dis que oui, et bien coupables sont ceux qui provoquent inconsidérement ou de propos délibéré par leurs paroles ou leurs écrits l’attitude menaçante d’une paisible population vis-à-vis des principes de justice, d'ordre et de paix, unique sauvegarde de l'autorité et du pouvoir établi.
Messieurs, les responsabilités ne sont pas égales, Dieu merci, dans tous les appels qui ont retenti à nos oreilles ; les convictions sincères sont faciles à découvrir. Thèse générale, les partisans de la révolution ne sont pas de notre côté. La démocratie avancée les réclame pour elle. Uné simple agitation eonstitutionnelle dela part de Riel et du peuple Métis était insuffisante à ses yeux. La révolte à main armée, le massacre, le pillage, le fer, Le feu, la torture et le canibalisme: voilà les moyens de défense qu'elle justifie et qu’elle
encourage. Si l'autorité semble persécuter, il faut l’abattre à coups dé fusils;
si le pouver qui commande et dirige n'écoute pas, il faut l’écraser avant même de lui donner le temps de répondre.
Tel estle genre d'arguments employé par les fauteurs de discorde et les suppôts de l’école libérale.
Je ne m'étonne pas, Messieurs, que le parti de nos adversaires ait cherché dans le passé des rapprochements ou des exemples. De tout temps la tactique a été la même. A défaut de prograinme sérieux, les libéraux badi geannent constamment leur drapeau. Un mot, un nom suffit comme enseigne, Il n’ont pas de traditions nationales ; ils ont voulu avec le nom de Riel créer un mouvement qui ressemblât à celui tenté par Papineau. Je n'invente rien; ce sont nos adversaires qui l’affirment. [L'histoire se répète. Depuis l’époque lugubre de 1837 où nos pères luttant pour la cause de la liberté pré-. paraient à leurs successeurs légitimes, les conservateurs, les assises d’une constitution et d’un régime politiques que les vieilles nations de l’Europe nous envient, le parti libéral est resté toujours le même, tout en changeant sans cesse, tantôt devenant radical, tantôt national suivant les besoins du moment,
L'école du journal L’ Avenir a créé le rougisme farouche, intolérant,qui voulait la séparation de l'Eglise et de l'Etat, la rupture du lien colonial et l’annexion aux Etats-Unis. Les chefs de cette école compromise ont été forcés de se retirer pour un temps, le peuple n'étant pas mûr pour leurs idées avancées. Plus tard, les vieux ont fait place à une phalange moins expérimentée et moins auda sieuse qui fonda le parti national. Ce parti effaça de l’ancien programme le titre: abolition de la dîime, et permit aux prêtres de sortir de la sacristie. Antipathique aux institutions britanniques, il combattit l’acte de la Confédération qui donnait plus de force et de cohésion à l'autorité de la couronne anglaise sur ses possessions de l'Amérique Britannique du Nord. Il réussit cependant à tromper le peuple, en appelant clans ses rangs des gens sincères et convaincus. Le radicalisme des vieux jours devait apparaitre à la surface et dissiller les yeux d’un grand nombre. La constitution de 1867, œuvrede sagesse et de diplomatie de nos hommes d'Etat venait de faire son épreuve. Le pays satisfait de cette première expérience du nouveau régime politique, s’aperçut que le parti national cherchait à en entraver le libre fonctionnement et à faire renaître les traditions surannées du libéralisme.
La vague électorale balaya du pouvoir les hommes de ce parti Avant d’être engloutis dans les flots de la vengeance populairs, ils lancèrent à l’autorité religieuse le défi de leur rage impuissante et arborant partout le drapeau rouge, ils y tracèrent en lettres menaçantes ces mots: influence indue religieuse. Depuis cette défaite, ils ont changé d’attitude, sans modifier sensiblement leurs principes. Ne voulant pas s’aliéner l'élément anglai et es sympathies du clergé, ils n’osent pas proclamer ouvertement leurs préférences pour l’annexion aux Etats-Unis; mais ils sont épris d'amour pour les institutions du peuple voisin et transplanteraient volontiers dans notre mécanisme politique l’idée du suffrage universel poussée à ses extrêmes limites. Ils glissent sur la pente du républicanisme et pour arriver à briser plus facilement avec la couronne impériale, ils réclament des changements dans la constitution et la nomination d’un gouverneur général choisi parmi les nôtres.
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Sous une face et des couleurs différentes, c'est toujours le même parti avec les mémes aspirations. Il est là maintenant en face du peuple et il oscille comme une barque, sans savoir là où il va. Je me trompe, Messieurs. Après avoir poussé timidement le cri de l'indépendance, ce parti impuissant à édifier ct toujours fo t à démolir, s’est mis à cultiver une nouvelle industrie; cette industrie, c'est celle des causes populaires. Il a rencontré un échafaud sur son chemin ; il a aperçu un pendu et il a /ancé Riel.