A LONDRES, CHEZ H. BAILLIÈRE, 219, REGENT STREET
A Nbw-Yo:k, chez U. Baillière, 290, Broadwaj.
* CHEZ .MU.tt.AU.LI»»,, CELLE DEL PCHOIPE, «.
i P£I c. cç
V*-Wfc-i'A | If c^J— %
!PC LA CU-OTu #£? £Wj<* l'Tov ]
. fp*
PRÉFACE
Les études épidémiologiques ont eu, dans tous les temps, le privilège de captiver au plus haut degré l’attention des esprits sérieux ; mais l’intérêt qu’inspirent ces études n’est jamais plus vivement senti, qu’aux époques de réaction qui suivent, inévitablement la chute de doctrines trop facilement acceptées. C’est que l’histoire des maladies épidémiques met en vive lumière l’insuffisance des théories incomplètes, qu’elle force à élargir le cercle de l’étiologie morbide, qu’elle montre l’identité de la vie pathologique, ne subissant que de lentes variations dans 1 espace et dans le temps, qu’elle lie étroitement la science du présent à la science du passé, en les plaçant l’une et l’autre en face des mêmes questions, qu’etle permet de ressaisir plus sûrement le fil de la tradition violemment brisé, et qu’elle ouvre ainsi de tous côtés aux yeux des hommes intelligents des perspectives nouvelles.
Lorsque l’Académie impériale de Rouen mit au concours le sujet qui sert de cadre à l’ouvrage, que j’ai l’honneur d offrir aujourd’hui au public, Appréciation des ouvrages et éloge de Lepecq de la Clôture, il m’a semblé qu un tel sujet se prêtait merveilleusement à une étude
Yi
PRÉFACE
historique, qui pourrait devenir intéressante, si elle savait s’illuminer aux points de vue divers, que je viens d’indiquer, il m’a semblé qu’en suivant surtout le savant épidémiographe du xvm* siècle dans les nombreuses épidémies qu’il observa, en interrogeant sa pratique, en posant en face de celle-ci les questions les plus controversées de nos jours, ce serait faire une œuvre non tout à fait stérile; et j’ai osé répondre à l’appel du savant aréopage de l’ancienne capitale de la Normandie.
L’on me permettera d’ajouter tout de suite, qu’en suivant cette ligne, je n’ai probablement pas complètement manqué le but que je me proposais, puisque cette honorable compagnie a daigné couronner mon travail, en m’accordant le prix (1), et en me décernant de plus le titre de membre correspondant. Quelque humbles que soient ces distinctions, je n’ai pas dû les taire, précisément parce qu’elles sont humbles : j’ajouterai qu'un membre honorable de l’Académie, un descendant du savant médecin de Rouen, M. de Glanville, a bien voulu, dans l’intérêt de la fortune de mon livre, tripler la valeur du prix que mon travail avait obtenu. Aussi modeste que bienveillant, M. de Glanville eût probablement mieux aimé, que cette marque de sympathie, en faveur du panégyriste de son aïeul, restât ensevelie dans le souvenir d'une reconnaissance muette : je n’ai pas pensé, quant à moi, qu’il en dût être ainsi. L’homme revit dans ses descendants ; remercier publiquement le petit-fils de Lepecq de la Clôture d’un témoignage de sympathie qui l'honore,
(1) Consistant en une médaille d’or de 300 francs.
PRÉFACE
VH
c’est l’éloge de celui-ci continué. Mon indiscrétion n’est donc qu’apparente, elle n’est au fond, et en face d’un souvenir pieux, que de la justice.
En laissant courir ma plume dans cette direction, j’y rencontrerais encore plus d’un témoignage flatteur que j’aimerais à rappeler ; mais le public n’a pas droit à toutes ces confidences, qui d’ailleurs n’intéressent que ceux qu’elles touchent. Aussi bien m’arrêté-je ici dans une voie, où une vaine complaisance pour lui-même peut facilement égarer un auteur; et je vais de suite indiquer sommairement l’esprit dans lequel cet ouvrage a été conçu.
Avant d’aborder l’examen des ouvrages de Lepecq de la Clôture, et d’étudier, à la lumière de la science contemporaine, les nombreuses et importantes questions, que, dans cet examen, j’ai nécessairement rencontrées sur ma route, j’ai dû esquisser rapidement la vie du savant épidémiograplie de la Normandie. La gloire des médecins n’a pas de ces splendeurs, dont brillent les autres gloires : modeste en son éclat, il semble qu’elle se mesure sur la reconnaissance des hommes. Si les noms de quelques-uns d’entre eux ont résisté à l’action du temps, ils le doivent bien plutôt aux exigences métonymiques du langage, qu’au souvenir toujours senti des services rendus à l’humanité par la plus utile et la plus serviable de toutes les sciences. Lepecq de la Clôture ne pouvait pas même prétendre à la gloire de cette immortalité équivoque; aussi bien, quoique mort hier, était-il déjà à peu près complètement oublié. Cependant, non-seulement le laboi ieux médecin de Rouen fut un homme profondément
PRÉFACE
ifc
instruit, non-seulement il contribua àramenerla médecine dans uhe voie 'dont elle ne s’écarte jamais sans péril; mais il fit plus, sa vie ne fut qu’un long dévouement à la science et à l’humanité. Ce n’est pas, je l’avoue, sans quelque orgueil et sans m’applaudir d’appartenir à une classe d’hommes si prodigues d’eux-mêmes envers la société, que j’ai tracé cette biographie si grande dans sa simplicité. Cette vie si courageuse, si dévouée, eut pourtant un instant de défaillance : Lepecq faiblit devant les intrigues souterraines de l’envie, devant les emportements de la révolution. Il faut être bien jeune pour avoir une foi entière dans la justice des hommes : mais cette science de l’injustice humaine est science vaine, et ne vaut pas la peine qu elle coûte, si elle n’apprend bientôt à pardonner.
Lepecq de la Clôture voyait dans la médecine ce qu’elle est réellement, une charité savante. Aussi, en plusieurs endroits de ses livres, s’élève-t-il avec une vertueuse indignation contre les hommes qui, par leurs basses manœuvres ou leur ignorance, la dégradent, l’avilissent. Ennemi de cette science menteuse, qui se dissimule sous le voile d’une polypharmacie confuse, il cherche à apprendre au peuple à reconnaitre les sous rognés de cette fausse monnaie scientifique (1). Pour ne se plus rencontrer aujourd’hui qu’à titre d’exception rare, ces pseudo-médecins n’ont pas encore complètement disparu :
(1) Lepecq parle dans ses ouvrages d’un de ces hommes qui florissait à Rouen eu 1770, et qui, sans titre aucun, faisait lui seul, dit-il, plus d’ordonnances que tous les médecins et les chirurgiens de la
ville réunis.
PRÉFACE
tx
et ce n’est pas sans à propos que, cent ans après le médecin du xyme siècle, j’ai écrit ailleurs les lignes suivantes, que je demande la permission de rappeler ici : « On est médecin, aux yeux du vulgaire, dès que l’on sait composer des ordonnances hérissées de mots inconnus, de chiffres cabalistiques, dans lesquels la science semble s’être mise en énigme ou en charade : celui-là même est le plus profond, qui montre le plus de fécondité dans ces impromptu faciles. C’est un devoir pour les vrais médecins de redresser une erreur aussi grossière : il faut apprendre au public, que la science n’est pas plus là, que dans les grisgris des Hottentots, ou les signatures des astrologues: il faut bien le convaincre que tout bipède vacciné peut, avec un formulaire de vingt-quatre sous, et juste de mémoire ce qu’il faut pour faire un sot, atteindre à l’idéal de la science de la formule (1). »
Si dès cette préface même, j’ai cherché à assurer d’avance à Lepecq de la Clôture les sympathies du lecteur, c’est que je ne voudrais pas qu’il omît les détails de cette vie simple, austère, dévouée. 11 y apour tous les hommes, et principalement pour les médecins, peut-être, une foule de conditions, où il faut se souvenir, pour échapper aux inspirations malsaines de la misanthropie.
Cette vie de Lepecq , toute remplie qu’elle ait été, il m a suffi de quelque vingt pages pour la raconter. Le reste de mon livre est de la pure science, dont je me suis seulement efforcé de tempérer discrètement l’austérité, en esquissant çà et là quelques traits du tableau moral
(I) Déontologie médicale , liv. 111. chap. i<=r : Du scepticisme médical des gens du monde, et comment les médecins doivent le combattre.
PRÉFACE
de la Normandie, ou en rectifiant sur ce point, comme sur la topographie envisagée dans son ensemble , quelques erreurs évidentes.
Une des premières questions, que j’ai eu à traiter en présence de la philosophie médicale du xvme siècle, est celle des méthodes. Tout en considérant l’observation, comme la base fondamentale des sciences, je me suis efforcé de démontrer que cette méthode ne dispense pas du génie, et ne saurait, en aucun cas, le suppléer, pour atteindre à un certain ordre de vérités. Non-seulement l’analyse de l’entendement humain démontre, que l’intelligence peut devancer l’observation dans la conception des lois auxquelles obéissent les phénomènes, mais l’histoire vient, par ses renseignements irréfragables, témoigner, que l’esprit a souvent pressenti les lois , la raison d’ètre des choses, que l’observation a mises ensuite en pleine lumière. Qu’on n’aille pas conclure delà, que mon but est de ramener la science au régime de l’hypothèse ; ce serait une erreur profonde. Dans mon humble opinion, l’observation reste toujours, je le répète, la hase fondamentale des sciences, soit qu’elle conduise à la notion de la cause par la méditation des faits, soit quelle serve seulement à confirmer la vérité de la conception qui l’a pressentie, mais elle n’est pas le seul moyen dont l’homme puisse se servir pour déchiffrer l’énigme de la nature : et j’ai cherché à le démontrer.
Une autre question, qui se lie étroitement à celle que je viens d’indiquer , et que j’ai également traitée avec quelques développements, c’est la question relative à la part qui doit être faite , dans la production des phéno-
PRÉFACE
xr
mènes de la vie, à l’influence des forces purement cosmiques. C’est, comme on le voit, aller droit au problème le plus difficile de la science, au problème, dont, aujourd’hui surtout, se préoccupent le plus vivement les esprits, qui ne s’arrêtent point à l’écorce des choses. Dans cette voie scabreuse, j’ai dû marcher avec beaucoup de circonspection , pour ne pas m’égarer. J’y ai rencontré bien des idées aventureuses, que je n’ai fait qu’indiquer, ou que j’ai omises, pour ne pas m’exposer aux risques d’une sévérité inopportune. Mais parmi ces idées , il en est une à laquelle je me suis particulièrement arrêté, c’est l’idée spécieuse, et si ingénieusement élaborée, à 1 aide de laquelle M. Pidoux s’est efforcé , dans ces derniers temps, d’expliquer les rapports de l’organisme vivant avec l’ensemble des forces au milieu desquelles il est placé. Abeille de Platon, M. Pidoux est allé butiner sur le mont Hymète les fleurs , dont il a composé sa théorie. Soit : chacun vole avec ses ailes, va où l’entraîne sa nature. Mais mon savant, mon éloquent ami a-t-il, dans sa brillante excursion, dans sa fantasia scientifique, rencontré la vérité ? Telle est la question que j’ai dû me poser, et que j’ai cherché à résoudre. Y ai-je réussi? Je ne sais. Dans tous les cas , il faut bien convenir que, si la vérité est là, elle n’y est encore qu’à l’état de nébuleuse. Lors même que M. Pidoux, comme je le crains, échouerait dans son ambitieuse tentative, il ne tomberait pas sans gloire, lant que l’intelligence humaine sera tourmentée du besoin de connaître, elle se tournera vers ces questions ; elle sait d’instinct, que c’est de ce côté que les plus vives lumières doivent lui apparaître.
PRÉFACE
Où vous voyez les aigles assemblés , allez-y, car c'est là qu'est le soleil. C’est la destinée de l’homme, peutêtre, d’ignorer toujours ces choses : n’importe ; c’est sa gloire de chercher ; et la noblesse de l’esprit se mesure à cette généreuse inquiétude de la pensée.
Je désire que, dans cette critique, ma plume ait été légère : ce que je puis assurer au moins, c’est que, me souvenant d’une épigraphe d’un ami de Platon , je n’ai voulu qu’être vrai.
Lepecq de la Clôture , au milieu de ces discussions , disparaît un peu : c’est que sa doctrine est très-simple, c’est F hippocratisme pur ; les livres du médecin de Cos sont pour lui la Bible de la médecine. Il a comme la nostalgie du passé : quand, dans ses disquisitions d’hippocratiste, orthodoxe jusqu’au scrupule , il remonte un peu loin dans l’histoire de la science, son style larmoie et tourne à l’élégie. Voilà pourquoi, dans plus d’un cas, il m’est arrivé de le laisser un peu dans l’ombre. Mais quand, après en avoir fini avec ces discussions, je suis le médecin de Rouen dans les épidémies diverses qu’il observa, il reparaît sur le premier plan, et nous le retrouvons avec toutes ses qualités d’observateur laborieux, sagace, correct. La plupart de ses observations sont si complètes , bien qu’il y manque quelques traits qu’une analyse plus profonde y ajouterait aujourd’hui, que la maladie s’y dessine presque toujours de la manière la plus tranchée. Comme la plupart des médecins des siècles antérieurs, Lepecq de la Clôture donne un assentiment complet à la doctrine des constitutions médicales : mais comme presque tous ces médecins aussi , le médecin de
PRÉFACE
Rouen s’affranchit souvent, dans la pratique, du despotisme de cette doctrine : c’est que les constitutions médicales sont un peu comme certaines constitutions politiques, la nature y règne, mais ne gouverne pas.
Cette pratique a fixé d’une manière toute particulière mon attention ; et je me suis efforcé de faire sortir de cette étude des enseignements, dont puisse profiter la thérapeutique contemporaine. Comme c’est là un point capital dans la conception de l’ouvrage que je publie aujourd’hui, qu’on me permette d’en détacher un passage, qui marque bien l’esprit dans lequel cette étude particulière a été faite. «Transporter la clinique dans l’histoire, ce n’est pas se priver des lumières qu’ont projetées sur la médecine les découvertes modernes ; ce n’est pas placer la tradition avant l’expérience directe, sacrifier le principe immortel du libre examen, en matière de science, à l’autorité : c’est tout simplement déplacer pour un instant le champ de l’observation, et étudier à un autre point de vue les faits, qui se passent encore tous les jours sous nos yeux. Il y a à cette étude rétrospective un avantage, c’est que, comme je le disais ailleurs, un de ces derniers jours (1), les idées contemporaines, nos préjugés peut-être, n’ont pas déteint sur ces faits d’un autre temps, et ne sauraient, dans ce sens au moins, en voiler, en dénaturer l’expression. Je sais bien que , si les faits évoqués de l’histoire offrent à l’étude cet avantage, qu’ils se présentent dégagés du joug de nos préoccupations, ils portent presque toujours la marque d’un joug plus pe-
(i) Union médicale.
PRÉFACE
sant encore, celui des théories erronées d’un autre âge, et offrent surtout dans leur exposition une foule de lacunes, qu'y laissa nécessairement une science moins avancée que la nôtre. Toutes ces difficultés imposent à la critique, qui ose s’aventurer dans une voie si obscure, une grande sévérité d’appréciation, mais n’ ôtent pas leur originalité aux recherches, qu’elle poursuit dans une direction trop abandonnée. Dans un certain nombre de cas d’ailleurs, les lacunes mêmes, dont je viens de parler, sont la source d’enseignements originaux, dont nous eût privés une science sous ce rapport plus complète. C’est ainsi, pour ne citer qu’un exemple, que l’ignorance, où étaient les anciens, des lésions que nous a révélées l’anatomie pathologique dans une foule de maladies, donna souvent à leur thérapeutique, vis-à-vis de ces maladies, une audace dont les résultats peuvent être utilement interrogés, dans l’intérêt de la pratique contemporaine. C’est là une sorte d’expérience, qui nous est désormais interdite peut-être, et dont les enseignements, par cela même, doivent être plus religieusement recueillis. »
J’ai tâché de faire profiter du bénéfice de ces leçons posthumes la thérapeutique encore incertaine de plusieurs affections, et surtout la thérapeutique de la fièvre typhoïde. Dans l’intention de préciser davantage les leçons, qui sortent de ces enseignements de l’histoire, en faveur du traitement de cette dernière maladie, j’ai même consacré un chapitre spécial à l’étude comparée de ce traitement, tel qu’il se pratiquait au xvni0 siècle, et tel qu’il se pratique encore aujourd’hui. Si je ne me fais illusion, les questions, que je me suis posées sur ce point,
PRÉFACE
seront bien près d'être résolues, aux yeux de quiconque voudra bien examiner sans prévention la valeur des arguments, sur lesquels je me suis appuyé, pour laisser pressentir au moins les solutions dont ces questions me paraissent susceptibles.
Chemin faisant, j’ai rencontré beaucoup d’autres problèmes, dont la solution intéresse au plus haut degré la pratique médicale, ou l’hygiène publique. Sans prétendre avoir triomphé de toutes les difficultés qui s’amoncellent, à mesure même que la science marche, autour de ces problèmes ardus, j’espère au moins être arrivé à quelques conclusions, qui contribueront peut-être à les simplifier. Je n’indiquerai parmi ces questions, toujours posées, et jamais résolues, que celles qui ont trait à la réduction à 1 unité des diverses formes des fièvres conti-
nues, à la contagion de la fièvre typhoïde, à l’antagonisme prétendu, qui existerait entre cette dernière maladie et les fièvres intermittentes, à la théorie extraparlementaire de la substitution despyrexies graves à la variole, par suite delà pratique de la vaccination, etc. Il suffît d’énoncer ces questions, dont tout le monde comprend l’imporance, pour que le lecteur intelligent conçoive que l’histoire épidémiologique peut jeter de vives lumières sur la p upar d entre elles, et que quelques-unes même ne peu-
mentfd6 !T l ^ idtité* qUe Par les enseignements de la tradition.
cheT,n,eSUe bul,quejeme su>s proposé ; telle estlamar-
fùt 1 1 a‘ Cr,U deV0‘r SUIVre p0Ur ratteindre- Quelle que conviction, qu’en suivant cette voie peu explorée
au moins du point de vue auquel je me suis placé, je £
PRÉFACE
vais, dans mon étude laborieuse, rencontrer quelques vérités, le sentiment de mon insuffisance m’eût probablement conduit à m’abstenir, si mon livre n’avait eu la fortune de pouvoir se produire sous les auspices d’urie assemblée aussi honorable que l’Académie impériale de Rouen. Cette bonne fortune m’a peut-être rendu audacieux : j’attends maintenant le jugement de mes pairs, pour savoir si j’ai été téméraire ; et j’attends ce jugement non sans quelque crainte, car si l’homme qui, comme moi, vit dans une solitude érémitique, y trouve un avantage, celui de l’indépendance, il y rencontre aussi un péril, celui d’une trop grande complaisance pour ses propres conceptions.
Un mot encore, et je finis : un admirateur de l’épidémiographe du xvme siècle a désiré, que mon livre fût orné du portrait de ce médecin illustre ; j’ai souscrit avec empressement à ce désir, expression d’un pieux respect ; puisse cette image de Lepecq de la Clôture, rappelant plus vivement à la pensée le souvenir du savant médecin, et de l’homme dévoué, disposer à l’indulgence envers son humble commentateur !
Aumale, juillet, 1854.
HAX SIMON.