‹ Etude Radiologique de l'Amibiase Intestinale ChroniqueChapitre 18 sur 38 · PONS · texte numérisé non relu

PONS

En mars 1938, il affirme dans une communication, comme il l'avait fait antérieurement, que le cæcum est la portion du gros intestin qui est le plus souvent affectée et que ses anomalies peuvent être tenues comme un très bon indice d'amibiase.

— H.-M. Weber, en 1933, donne une bonne description des modifications du gros intestin qui peuvent être vues dans l'amibiase (52). |

A la Clinique Mayo, de Rochester, le lavement baryté est l'examen de choix. Le repas baryté par voie haute ne donne qu'une évidence indirecte de la maladie et par là n'a qu'une valeur diagnostique diminuée.

C'est surtout l'examen radioscopique qui est important. || faut pouvoir manipuler, palper sous contrôle de la vue. Cela permet de noter l'immobilité, la souplesse, les irrégularités du célon.

«& Si la radiographie n'offrait rien de plus que l'évidence objective de la sévérité et de l'extension du processus infectieux et des effets du traitement anti-amibien. son utilisation dans tous les cas d'amibiase semblerait justifié. || y a des segments du gros intestin qui sont relativement peu atteints entre d'autres présentant des lésions radiologiques marquées. La paroi de l'intestin est relativement souple et facilement mobilisable. Le cæcum demande une attention particulière. On note à son niveau la suppression des haustrations avec raccourcissement et rétrécissement pouvant aller jusqu'à complète oblitération de sa lumière, La valvule de Bauhin est franchie rapidement sans distension du cæcum. »

Et H.-M. Weber conclut : « Rien n'a été décrit de pathognomonique à ma connaissance. On note les mêmes aspects pathologiques de l'intestin que dans les autres colites. Les méthodes radiologiques ont peu à offrir dans le diagnostic d'affection intestinale par E. Histolytica. »

— J.-C. Bell étudie, entre 1935 et 1939, treize cas d'amibiase confirmée (6, 7, 8).

Au niveau du cæcum il retrouve les lésions décrites par H.-M. Weber. É

Une vérification après traitement montre un cæcum normal et c'est un fait particulièrement frappant qui ne se retrouve que dans l'amibiase.

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|| retrouve également des portions intestinales apparemment salnes séparant des segments modifiés. Cette méthode de diagnostic radiologique est de première importance pour déterminer l'étendue et la sévérité de la maladie et pour observer la réponse au traitement anti-amibien.

Et Bell écrit en conclusion : « Je ne crois pas que l'examen radio-

logique peut être considéré comme un facteur primaire dans le diagnostic de l'amibiase : non plus qu'un diagnostic radiologique d'amibiase puisse être fait sans l'appui des recherches cliniques et de laboratoire. Je n'ai vu aucun cas présentant des images que l'on puisse croire caractéristiques de cette affection. »

— K. Ikeda, en 1934, tire les conclusions de sa propre expé-

rience (23, 24, 25).

L'image radiologique du côlon peut varier beaucoup selon les stades de l'infection, l'étendue et le degré d'extension et le type de lésion produit.

|. On ne note pas de changement appréciable radiologiquement dans les premiers stades de l'affection. Plus tard, de petites images en dents de scie peuvent apparaître sur la paroi colique

qui représentent probablement de petites ulcérations superficiel-.

les qui peuvent être rapidement oblitérées par un œdème inflammatoire et une exsudation. De petits défauts de remplissage en forme d'épines observés sur une muqueuse indurée signifient probablement un stade plus tardif de la même lésion dans laquelle la sous-muqueuse et la musculeuse sont envahies par un processus inflammatoire extensif.

2. Une déformation quelque peu caractéristique du cæcum et du côlon ascendant est observée durant le stade subaiqu où chronique de l'affection et il peut y avoir à ce niveau un raccourcissement apparent où des contractions de la paroi avec induration et défauts de remplissage, tout ceci à des degrés variables. Ces modifications sont rapidement éliminées par l'institution d'un traitement émétinien.

3. L'image radiologique du célon dans l'amibiase intestinale peut suggérer ou faire présumer l'affection, mais n'est pas l'élément d'un diagnostic positif sans collaboration avec les données cliniques et bactériologiques. Dans l'ensemble, elle ne ressemble

pas aux images habituelles de la colite ulcéreuse banale ou de la

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colite tuberculeuse et ne simule pas, en général, l'image typique 1 A d'un cancer du côlon.

4. L'examen radiologique du célon est un moyen positif de déterminer la localisation, l'étendue, et le degré d'extension de l'amibiase intestinale et d'observer (de temps en temps] l'amélioration de l'affection pendant un traitement spécifique. La réactivation de vieilles lésions peut être prouvée radiologiquement, pendant une période de stabilisation clinique et d'examens de selles négatifs. Dans ce cas, la radiographie du célon se montrera supérieure et plus exacte que d'autres moyens tendant à démontrer la présence de lésions actives dans des cas traités ou confirmés d'amibiase intestinale.

5. La valeur de l'examen radiologique du célon dans l'amibiase réside donc plus dans son utilisation comme guide dans la conduite générale à tenir que comme moyen de diagnostic positif.

— Manson-Bahr (Londres) estime que ces expériences. sont désappointantes.

— Mather Cordiner écrit à Manson-Bahr : « Les déformations intestinales décrites ne me semble pas permettre un diagnostic d'amibiase. Nous pouvons seulement affirmer radiologiquement la présence d'une colite mais je suis incapable de trouver aucune manifestation radiologique indiquant la nature spécifique des lésions. »

— A.-A. de Lorimier (zone du canal de Panama) dit que le cæcum est la partie du gros intestin qui est le plus souvent touchée. I! note la perte des haustrations, un tacheté résiduel, mais ne retient pas le passage rapide du lavement à travers la valvule iléo-cæcale à moins qu'elle ne se fasse sans aucun délai.

— Reeves et Ruffin (Duke University) trouvent des anomalies considérées comme dues à l'amibiase dans 68 %, des cas confirmés et 38 %, d'atteinte cæcale.

En aucun cas le diagnostic d'amibiase ne peut être définitivement établi uniquement grâce aux images radiologiques.

__ J, Cash-King (Tennessee) trouve des anomalies du gros intes- +in de nature amibienne.

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‘— A, Druckmann et S. Schorr (Jérusalem) (17), en 1945, distinguent deux types de manifestations radiologiques {le lavement opaque est préféré au repas opaque).

— Le type diffus. Les lésions sont éparpillées sur tout le côlon et les signes sont identiques à ceux des colites ulcéreuses idiopathiques.

— Le type localisé avec atteinte par ordre de fréquence du. cæcum, du côlon ascendant jusqu'à l'angle droit, du sigmoïde et du rectum.

Une collaboration étroite est nécessaire entre la clinique, le laboratoire et la radiologie pour donner un diagnostic définitif concernant l'amibiase.

— E. Samuel (1948) (41).

Au stade chronique, l'image normale du cæcum est remplacée par un rétrécissement graduel de la lumière des parois jusqu'à une image en cône. Les parois deviennent irrégulières et granuleuses. D'autres parties du côlon, le côlon ascendant et le célon transverse spécialement, montrent un rétrécissement localisé et un dessin irrégulier de la muqueuse.

On peut noter un spasme persistant d'un segment localisé. Dans la moitié gauche du côlon, ce spasme n'a pas la même signification (en ce qui concerne une étiologie amibienne) que des manifestations semblables dans la moitié droite-du gros intestin.

Tout le célon peut montrer une irritabilité marquée et l'évacuation est anormalement complète. Durant le stade chronique, l'image muqueuse est sans relief et elle est remplacée par une apparence granuleuse uniforme secondaire à la fibrose de la paroi. Dans les cas très anciens, le côlon est en tuyau de pipe.

— E. Samuel, A. Shedrow et A.-M. Beemer de Johannesburg (Afrique du Sud) décrivent ainsi les signes radiologiques d'une infection amibienne du gros intestin. Les lésions sont localisées surtout au côlon droit et au cæcum (42).

Modifications du contour.

Le cæcum est déformé en entonnoir, ne'se dilate pas, présente des rétrécissements irréguliers. Speder a classé ces modifications en donnant le nom de « type en accordéon » à la lésion localisée

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