I. DE LA CÉSURE
On nomme césure tout repos observé dans le corps d'un vers.
La césure est obligatoire, dans certains cas, et facultative dans d'autres.
Dans l'alexandrin, la césure obligatoire est au milieu du vers, qu'elle partage ainsi en deux parties égales appelées hémistiches.
50 ÉTUDE KAISONNÉB
Dans le vers de dix syllabes, la césure doit se trouver après la quatrième. La placer au milieu du vers, comme le font quelques poètes de nos jours, c'est engendrer une désespérante monotonie, attendu que le décasyllabe est loin d'avoir l'élasticité remarquable de l'alexandrin.
Dans les vers de moins de dix syllabes, il n'y a point de césure fixe, afin d'éviter l'uniformité qui résulterait d'une coupe trop régulière pour des vers aussi courts. C'est au poète à couper habilement la phrase tantôt à un endroit du vers et tantôt à un autre.
Examinons maintenant les règles concernant la césure dans les cas où elle est obligatoire.
Que toujours dans vos vers, le sens, coupant les mots. Suspende l'hémistiche, en marque le repos.
Tel est le précepte de Boileau, relativement aux alexandrins.
II n'en faut pas déduire que le poète est astreint à finir le sens de sa phrase à chaque hémistiche, non : la césure est le plus souvent faible et n'a pas besoin d'être marquée par un signe de ponctuation ; mais le repos n'en doit pas moins être sensible dans une certaine mesure.
. Dès lors, la césure est défectueuse non seulement lorsqu'elle porte sur une syllabe muette ne pouvant s'élider, ainsi que nous l'avons dit à propos de l'élision, mais encore dans les cas suivants :