‹ Étude raisonnée de la versification françaiseChapitre 13 sur 73 · I . Si elle partage en deux un mot ou une locution · texte numérisé non relu

I . Si elle partage en deux un mot ou une locution

DE LA VERSIFICATION Jî

2. Si elle tombe sur une conjonction, un pronom relatif ou un adjectif déterminatif ;

3. Si elle sépare deux mots inséparables par le sens, comme l'article et le nom, le nom et son qualificatif, le verbe et le pronom sujet, le verbe être et l'attribut, l'auxiliaire et le participe, la préposition et ses compléments, un adverbe monosyllabique du mot qu'il modifie.

Au sujet des qualificatifs, toutefois, la césure est reconnue bonne lorsque plusieurs adjectifs se suivent, ou encore lorsque le deuxième hémistiche tout entier forme le complément du nom. On tolère aussi, dans ce dernier cas, la présence d'une préposition ou d'un adverbe non naonosyllabiques à la fin du premier hémistiche. Le mot loin est le seul monosyllabe invariable admis à bénéficier de cette exception, probablement à cause du vers de Racine :

lis s'arrêtent non loin de ces tombeaux antiques...

C'est là, somme toute, une question d'euphonie, et l'oreille doit servir de guide en pareille matière.

C'est elle qui commande de ne pas faire rimer entre eux les hémistiches de deux vers consécutifs, comme aussi de ne point faire tomber la césure sur une consonnance pareille à celle de la rime du même vers ou du vers précédent, ainsi que cela se voit dans les vers ci-après :

Tu viendras avec moi, comme le veut ta foi.

Ces ignobles soldats, je les ai vus de loin Préparer avec soin l'ordre de la bataiHfî.

Il n'est permis d'enfreindre les lois de la césure que lorsqu'on veut produire quelque effet d'harmonie imitative, comme La Fontaine dans les vers souvent cités de Philémon et Baticis :

Elle devenait* arbre et lui tendait les bras:

11 veut lui tendre aussi ... les siens, et ne peut pas !

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