CONTRASTE
En ce temps-là, c'était charmant, L'Amour nous guidait sous les branches, Et, prenant nos allures franches.
Nous nous enlacions tendrement.
En diplomate et gentiment Je baisais... le bout de tes manches.
En ce temps-là, c'était charmant :
L'Amour nous guidait sous les branches.
Et nos pas suivaient doucement
Le gazon vert plein de fleurs blanches.
Oh ! le cher bouquet des dimanches
Que Ton conservait saintement !
En ce temps-là, c'était charmant.
En ce temps-ci, c'est autre chose.
Et l'automne a fait la moisson.
Au bois^ il n'est plus de chanson ; Au jardin, il n'est plus de rose.
En ce temps-là, sans fait ni cause, On se becquetait sans façon .
En ce temps-ci, c'est autre chose^ Et l'automne a fait la moisson .
Quelle étrange métamorphose !
Le cœur s'est pris comme un glaçon.
En ce temps-là, fille et garçon Ne savaient pas écrire en prose ; En ce temps-ci, c'est autre chose !
Jules DAVEIGNO.