RÊVE D'AVENIR
t (Marie.
Tel qii^un oiseau capricieux Mon cœur craint l'hiver monotone.
Oh rêver le soir, sous les cieux.
Quand finit la saison d'automne ?
Mon cœur craint l'hiver monotone, La froide bise et les autans.
Quand finit la saison d'automne.
Bien loin encore est le printemps.
La froide bise et les autans, C'est là ce que l'hiver nous livre.
Bien loin encore est le printemps, La saison qui fait tout revivre.
Cest là ce que Thiver nous livre...
Mais le printemps aura son tour, La saison qui fait tout revivre :
Fleurs des prés et chansons d'amour.
Mais le printemps aura son tour, Et j'irai cueillir à la ronde Fleurs des prés et chansons d'amour, A ton bras, dans la paix profonde.
Et j'irai cueillir à la ronde Tous mes songes délicieux, A ton bras, dans la paix profonde^ Tel qu'un oiseau capricieux.
SEXTINE
La sextine est formée de six stances de six vers, plus un tercet final, et tout cela avec les mêmes mots à la rime ; l'ordre seul varie. Ainsi, la dernière rime d'une stance devient la première de celle qui suit, la I ^^ devient la 2™®, la 5"*« se trouve la 3"^®, la 2™® passe au 4°*® rang, la 4™^ au 5™*, et la 3"^ au 6"^®. Le tercet final est la reproduction du i®"* tercet de la stance précédente. Au reste, voici deux strophes qui feront mieux saisir ce mécanisme compliqué :
Quand vient la tin da joar. j'aime le cimetière ; Dans oc champ du repos finissent les douleurs, C'est pourquoi je m'y plais : la mort m'est familière, Et calme, indifférent, je foule la poussière De ceux qui ne sont plus : pourquoi verser des pleurs Sur eux ? Ils dorment la, paisibles, sous les fleoit I
Beauté, jeunesse, amour, passent comme des fleurs ! Chacun vient k son tour peupler le cimetière. Les morts sont regrettés, le temps sèche les pleurs Et Poubli Tient bientôt qui calme les douleurs,.. Morts, ne vous levez plus ! restez dans la poussière : L'oubli, chez les vivants, est vertu familière !
Victor Coudrier
A notre avis, la sextine n'est autre chose qu'un casse-tête. C'est une gymnastique intellectuelle dont l'esprit peut tirer profit pour s'assouplir ; mais la sextine la mieux tournée endormira toujours le lecteur, parce que sa structure est tout à fait rebelle à l'harmonie.
Nous préférons de beaucoup une sorte de pièce composée d'autant de strophes qu'il y a de vers dans la première, chacune d'elles commençant par un des vers de la stance initiale. Ainsi^ la deuxième stance commence par le 2"^® vers de la première, la troisième par le 3"*® vers, et ainsi de suite.
Toute la pièce roule sur les mêmes rimes, mais non sur les même5 mots, et le premier vers termine aussi la pièce, comme dans le pantoum.
Ce genre, qui n'a pas été défini, croyons-nous, est en somme une sorte de rondeau ou de ballade. Il dérive peut-être de nos anciens lats et virelais, fort heureusement abandonnés depuis longtemps, car ces pièces se composaient d'un grand nombre de stances sur deux rimes au plus.