LE LIVRE DU POÈTE
c/f mes amis Taul tAlbert et Taul (Mangin,
An sein de tes splendeurs, que j'aimerais à vivre, Nature enchanteresse aux mille aspects divers ! Oh ! qu'il me serait doux de feuilleter ce livre Dont chaque page entr'ouvre un coin de l'Univers !
C'est le livre de tous, livre oik chacun peut lire, Car il frappe surtout l'imagination ; Seul livre où le poète, au souffle du zéphire. Puise à coup sûr la grâce et l'inspiration !
Là, tout parle à sa muse et dilate son âme :
Parfois c'est un insecte et parfois une fleur ; Tantôt le gai soleil l'anime de sa flamme.
Tantôt l'hiver glacé vient attrister son cœur.
Il chante avec Poiseau, butine avec l'abeille, Mugit avec la mer. tonne avec Pouragan ; Sa voix est un écho que chaque objet réveille, Et son cœur un miroir, un monde, un océan !...
Courez à vos plaisirs, courez à vos ivresses, O vous qui dédaignez les concerts des oiseaux ! Vous qui n'entendez pas les voix enchanteresse:» Que le poète écoule au milieu des roseaux !
DE LA VRSIFICATION I95
Le besoin d'idéal dont son âme est éprise Lui fût prêter l'oreille aux riens harmonieux : Au murmure de Tonde, aux soupirs de la brise> Aux accords incompris de l'azur radieux !..
Rien n'égale pour lui ses chères rêveries !
Qu'on ne lui parle pas de vains amusements :
11 délaisserait tout pour de vertes prairies, Pour des sentiers scabreux, pour des flots écumants.
Cest au bord d'un ruisseau qu'il vit et se délecte, Cest sur un mont perdu, c'est dans un bois désert ; C'est en suivant des yeux quelque brillant insecte Qui s'ébat follement au sein du gazon vert !
C'est là, dans cette immense et sublime retraite, Qu'il célèbre de Dieu la gloire et les bienfaits ; C'est de là que son âme, un instant satis&ite, Peut sonder le séjour de l'éternelle paix !
Pareille à l'aigle altier qui plane dan les nues, Sa pensée aiçrandit le cercle de son vol Et, franchissant d'un bond les régions connues, Pour les splendeurs du ciel délaisse notre sol !..