CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LES TECHNIQUES
Nous avons vu à quel point des techniques différentes
amenaient des résultats statistiques différents ; ce qui B.3
revient à dire que la précision avec laquelle un parasitisme intestinal est décelé dépend, toutes choses égales d’ailleurs, de la technique employée.
Donc la question revient à savoir s’il est utile d'enrichir ou de ne pas enrichir les selles.
De longue date on a discuté de l'opportunité des procédés d’enrichissement. Beaucoup d'auteurs affirment que les avantages fournis par ces procédés ne compensent pas la longueur des manipulations qu'ils exigent. Ils les ont donc rejetés. D’autres, au contraire, s’en sont montré partisans convaincus et leur ont donné le pas sur l'examen direct : Harz, Bass, CLAYTON-LANE, Koroiïn, DaRzLiNG, TELEMANN, YAO1ITA ont été de cet avis. Quelquesuns même, allant plus loin, témoins BAUER, CARLES, ont complètement rejeté l'examen direct.
“D'où proviennent ces divergences de vues ? Et quelle opinion peut-on se faire ? D'abord les auteurs ne discutent pas toujours sur le même terrain. Tel auteur qui a créé ou perfectionné une méthode particulière, ne s'appliquant qu’à telle catégorie d'œufs, en parle comme d’une méthode générale.- Il faudrait rechercher systématiquement les avantages et les inconvénients de chaque technique. C’est ce que Piror a fait. Mais il ne s’est véritablement occupé que des œufs d'Helminthes, et, de ce fait, ne s’est pas beaucoup préoccupé de la valeur des techniques pour les kystes de Protozoaires.
Sans chercher à approfondir chaque procédé en luimême, un certain nombre de raisons plaide en faveur des enrichissements et un certain nombre accuse leurs défauts.
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ou
Quels sont donc les avantages du procédé d’enrichis:
sement ?
1) Il enrichit, c'est dire que les moindres infestations parasitaires sont ainsi décelées. Les recherches pour une infestation quelconque sont très facilitées et la fatigue
de l'observateur en est diminuée d'autant.
>) Les préparations sont, en général, claires.
Quels en sont les inconvénients ?
1) Aucune méthode d’enrichissement n'est générale. Si elle est valable pour les œufs d'Helminthes, elle ne vaut pas grand'chose pour les kystes de Protozoaires, et réciproquement. Ainsi Ron classe les procédés d’enrichissement en :
a) Méthodes spéciales ne donnant que les œufs ou les kystes, telle la méthode de SicaLas et Piror ;
b) Méthodes générales permettant la recherche simultanée des œufs et des kystes, parmi lesquelles l’auteur classe les méthodes de CarLes-BARTHÉLÉMY et de TELE- MANN-LanGERON. Mais Rogix dit lui-même : «...nous les. considérons aussi comme étant les plus favorables pour la recherche des kystes de Protozoaires. « Autrement dit il les accepte, mais faute de mieux, et nous avons vu précédemment que ses pourcentages de porteurs de kyÿstes de protozoaires étaient, en général, au-dessous de
la moyenne normale,
>) Presque toutes les méthodes d'enrichissement exigent beaucoup de matériel ; toutes elles exigent trop de
temps.
Temps et matériel sont, en réalité, les deux grands écueils.
Mais, d'autre part, si l'examen direct est, fui, vraiment général, s'il demande un minimum de matériel, on à aussi un certain nombre de faits à lui reprocher.
1: Les infestations minimes échappent à l'observateur le mieux exercé, à moins qu'il ne fasse l'examen complet, quelquefois encore infructueux de 6 ou 7 lames !
2. L'examen direct est embrouillé. Kystes et œufs sont noyés dans un fatras sans forme et sans nom, de résidus alimentaires, de cristaux, de champignons, de levures, tous éléments au milieu desquels il est difficile de s'orienter.
3. On se trouve dans cette alternative : ou la préparation est suffisamment mince, mais la quantité de fèces incluse sous la lamelle est infime — ou bien la prépa: ration est trop épaisse et elle est illisible.
4. L'examen direct est très fatiguant. Pour être correct, il demande au moins 30 minutes. Il faut, en effet, examiner plus de 8o champs microscopiques par lamelle, toujours avec la même attention. Et un examen direct, pour avoir une réelle valeur, devrait être pratiqué sur b ou 6 préparations d’une même selle, soit un minimum de 4oo champs microscopiques par selle.
Le problème est donc insoluble si l’on veut sacrifier une méthode à l’autre. La bonne solution serait de les combiner. Mais quelle serait la longueur des opérations et quel matériel exigeraient-elles ?
En nous appuyant sur toutes ces données, nous avons
tâché de mettre au point une technique qui réponde à
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peu près à ces buts : être brève ; être simple ; être complète.
Pour arriver à ce résultat, nous n'avons pas cherché à supprimer l'examen direct, mais nous l’avons écourté. Nous n'avons pas davantage cherché un procédé d’enrichissement général, ce qui nous a paru impossible, mais nous avons combiné, en les modifiant largement, deux techniques : celles de TELEMANN-LANGERON et de YoRkE-
ÂDAMS.
Par l'examen direct rapide, on «se rend compte de la selle ». Le Telemann-Langeron modifié révèle les œufs d'Helminthes et signale la présence des kystes de Protozoaires. S'il y a effectivement des kystes, nous deman-
dons au Yorke-Adams de les identifier.
Avant de donner l'exposé de notre méthode, nous avons cru bon de rappeler les techniques que nous avons modifiées, telles quelles ont été indiquées par
leurs auteurs.
1° — MÉrHopE DE TELEMANN-LANGERON
1. — Dilulion des matières. — Prendre en 3 ou 6 points de la masse fécale, gros comme un pois où comme une pétite noisette de matières. Introduire ces prises dans un flacon à large goulot, bouché à l’émeri, de 100 cc. Ajouter une vingtaine de billes de verre et assez de solution physiologique pour recouvrir le tout.. Agiter violemment jusqu'à ce que les matières forment une suspension homogène.
2, — Tamisage. — Généralement, il suffit de faire Je passage sur le tamis 25, dont les mailles ont un mm. Il ne faut pas abuser des tamis plus fins qui peuvent arrêter