‹ Étude sur 580 cas de chancres mousChapitre 13 sur 14 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

De létude portant sur 580 cas de chancres mous observés au dispensaire Bazin pendant les années 1929 et 1930, on peut tirer les conciusions suivantes :

Au point de vue statistique, les cas de chancres mous qui étaient restés peu nombreux pendant les années 4921, 1922, 1923 et 1924, ont progressé jusqu'en 1927. Les années 1927 et 1928 ont vu une légère diminution de leur nombre qui s’est accru à nouveau en 1930.

Le chancre mou est surtout l'apanage du sexe masculin. Les femmes qui viennent consulter pour un chancre mou où un bubon sont rares.

La proportion d'étrangers attéints de chancres mous est sensiblement la mêmé depuis 1936 ; elle oscille entre 20 et 28 pour 100 dé la totalité des cas observés. Les Nord Africains et les Italiens y tiennent la plus large place.

Là rechérche dés sources de contamination nous a permis de notér que la Prostitution est, comme pour la Syphilis, la grande pourvoyeuse de chancres mous. C’est surtout la prostitution de la rue, moins surveillée, qui est coupable. (65 fois sur 100 cas.)

Eos

Les prostituées de maison sont accusées 13 fois sur 100.

Ces contagions par des prostituées surveillées, et rarement atteintes de chancres mous, semblent être, en partie, causées par des « porteuses de germes » chez qui le bacille de Ducrey vit comme un saprophyte banal dans la vulve ou l’urêtre.

Le bubon chancrelleux est une complication qui a été observée 126 fois (soit 22%); le traitement de choix est le vaccin anti-chancrelleux de Nicolle (Dmelcos).

17 malades ont été hospitalisés. Pour les autres, un traitement semi-ambulatoire a été institué.

18 malades ont déserté le traitement alors qu'ils n'avaient reçu qu’une ou deux injections de vaccin.

Les résultats ont été excellents: 91 malades soignés régulièrement ont guéri; un seul a vu son bubon récidiver.

La guérison des bubons a été obtenue avec des séries d’injections de vaccin variant de 4 à 12 injections pour 81 malades.

Chez 10 malades, il a fallu prolonger le traitement jusquà 20, 24 et même 29 injections pour obtenir leur guérison complète.

Parmi les 580 chancres mous observés on compte 56 chancres mixtes, soit environ 10%.

15 fois, le diagnostic de chancre mixte fut fait par la réaction de Bordet- Wassermann.

L'étude des résultats de la réaction de Bordet-

Wassermann chez les malades atteints de chancres mous a montré que, 30 fois sur 126, la réaction pouvait devenir légèrement ou fortement positive d’une façon éphémère.

Il semble donc qu'on ne doive pas se hâter de porter le diagnostic de chancre mixte ou de syphilis latente sur le vu d’une seule réaction positive.

Ce n'est que la persistance de la positivité qui permet de conclure formellement à la syphilis.

Vu : le Président,

GOUGEROT.

Vu : le Doyen, BALTHAZARD

Vu et permis d'imprimer :

Le Recteur de l’Académie de Paris,

S. CHARLÉTY.

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