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Ce tableau indique nettement que la prostitution est responsable à elle seule de 60 à 78 cas de chancres mous sur 100 cas observés.
Ces chiffres sont très fortement supérieurs à ceux que l’on obtient lorsqu'on fait les mêmes recherches des sources de contamination dans les chancres syphilitiques. Le D' Pépin donne par exemple pour l’année 1925 les chiffres suivants :
Prostituées rencontrées dans la rue 41 %.
Prostituées &e maisons 4 #,.
Si l’on rapproche ces chiffres, des statistiques publiées au début de ce travail, concernant le sexe des malades atteints de chancres mous, et qui montraient que le nombre de femmes venant consulter pour un chancre mou est infime par rapport au nombre des malades masculins venus pour la même raison on ne peut que s'étonner de ce que ces rares femmes aient pu contaminer un aussi grand nombre d'hommes.
Mais on sait que, chez la femme, le chancre mou vulvaire « se présente comme une ulcération de très petite importance. Il peut facilement passer inaperçu » dit le Dr Fernet de Saint-Lazare Quant aux bubons — qui attireraient plus aisément l’attention, — ils sont extrêmement rares. On peut donc estimer qu’un certain nombres de femmes, et particulièrement de prostituées, sont atteintes de chancres mous et l’ignorent. Elles sont une première source de contamination.
Enfin, quelques auteurs, entré autres le D' Lépi-
nay de Casablanca, ont pu observer des femmes accusées d’avoir contaminé leur partenaire et chez lesquelles on n’a découvert aucune lésion, « An quartier spécial de Casablanca dit le Df Lépinay, nous voyons constamment des contaminations par des femmes qui, mises en observation,ne présentent pas aux examens répétés de lésions visibles ».
Le Professeur Pautrier et le D' Rœderer de Strasbourg, disent que « chez la femme, le bacille de Ducrey peut vivre comme saprophyte banal dans la vulve. Cette théorie est défendue par de nombreux auteurs allemands. L’un d’eux en a même donné la preuve. Bruck en effet a recueilli des streptobacilles dans la vulve et dans l’urêtre des femmes ne présentant elles-mêmes aucune lésion, il en a fait l’inoculation et la culture. »
Cette théorie permet de s’expliquer très aisément que ces « porteuses de germes » soient la cause la plus fréquente des contaminations.
C'est pour cette raison que les prostituées de maisons, qui sont pourtant les prostituées les mieux surveillées, peuvent être accusées de 13 contaminations sur 100, alors que pour les chancres syphilitiques, on ne les rend responsables que de 4 contaminations sur 100, car gràce à la réaction de Bordet-Wassermann, pratiquée régulièrement ,quoique trop peu fréquemment chez elles, les prostituées de maisons sont rarement atteintes de syphilis contagieuse.
Il faut donc admettre que la prostitution et sur-