‹ Étude sur Alain ChartierChapitre 14 sur 30 · XVIII AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

XVIII AVANT-PROPOS

manuscrit authentique qu'il a eu entre les mains les lignes supprimées dans tous les autres, le style seul d'un pareil ouvrage, quand on n'aurait lu que quelques pages de la prose d'Alain Chartier, suffirait pour prouver qu'il n'en peut être l'auteur. Quoi de plus insipide, en efifet, que cette série de bulletins commençant invariablement, soit par la date de l'année, soit par cette perpétuelle formule empruntée aux Evangiles : « En ce temps-là, » etc., etc., et dans lesquels les noms des personnages que l'auteur fait défiler sans cesse devant nous tiennent beaucoup plus de place que le récit des événements? Jamais Alain Chartier n'aurait pu écrire ainsi sans faire une violence continuelle à ses habitudes littéraires et en quelque sorte à son tempérament d'orateur. Jamais surtout il n'aurait parlé de l'Université comme le fait l'auteur de ces bulletins, qui, à propos de l'afiFaire où le prévôt de Paris fut condamné à faire amende honorable pour avoir fait pendre deux clercs estudiants parce quils avaient tué un homme d'assez mauvais faict, nous dit que Y Université avait grande puissance pour ce temps à Paris, tellement que quand ils mettaient la main à une hesongne il fallait qu'ils en vinssent à bout; à quoi il ajoute dédaigneusement : Car se voulaient mesler du gouvernement du roy et d'autres choses. On reconnaît bien là le langage que devaient tenir sur l'Université les maîtres d'un hérault d'armes; mais celui qui s'appelle Alain Chartier n'en a jamais parlé sur ce ton.

Page 1