AVANT-PROPOS. XIX
Enfin l'auteur nous apprend lui-même qu'il s'était donné de très-bonne heure une mission parfaitement conforme aux attributions d'un hérault d'armes : celle d'accompagner autant qu'il le pourrait, partout où il se passerait quelque chose d'important, les princes et seigneurs dont il recueillait soigneusement les noms par lui-même ou par des agents à son service là où il n'aurait pas pu être présent. On voit, du reste, qu'il n'a rien négligé pour accomplir cette mission, et qu'il a pu tenir constamment à jour les bulletins et les listes de noms qu'il nous fait connaître dans ses récits absolument dépourvus de vie et de couleur. Que ce travail ait son utilité, surtout aux yeux d'un généalogiste de profession comme André Duchesne qui y trouve matière à de savantes et longues annotations, c'est ce que peuvent admettre ceux mêmes pour qui la lecture d'une pareille histoire finit par être insupportable. Mais qu'un secrétaire du roi, qui se plaint d'être souvent forcé de muser ocieux des journées entières, ait pu trouver le temps de faire tant de voyages en toutes sortes de lieux et de rédiger un pareil journal sans que dans ses autres ouvrages et dans tout ce que nous savons de sa vie il y ait la moindre trace d'un tel travail, qui convient si bien au contraire à un hérault d'armes, voilà ce qu'on ne saurait accorder sans choquer les plus vulgaires vraisemblances. 11 faut rendre d'ailleurs à notre hérault d'armes, quel que soit son nom, cette justice qu'il a fait de ses attributions un emploi consciencieux et tout-à-fait con-