‹ Étude sur Alexandre Vinet;Chapitre 9 sur 29 · NOMBRE ET NATURE · texte numérisé non relu

NOMBRE ET NATURE

les éléments pour espérer de mener à bien en quelques mois une telle entreprise, elle met à la suite les uns des autres les différents cours qui auraient, par une revision plus ou moins complète, formé cet important ensemble. Cette classification n'est pas arbitraire, puisqu'elle range, d'après Tordre chronologique, les leçons du professeur en y ajoutant un aperçu rapide sur des articles isolés, écrits pour les journaux. Voici donc la liste des ouvrages que nous aurons successivement à considérer :

1® La Chrestomathie. Trois volumes in-8. Bâle, 1829 à 1830.

2^ Moralistes Français des XVP et XVIP siècles. 1 volume in-8, 1859.

3** Études sur Biaise Pascal. Un volume in-8, 1848, 1" édition.

4** Mélanges. Philosophie morale et Morale religieuse. Études littéraires et Notices biographiques. Fragments inédits et Pensées. Un volume in-8, 1869; édition augmentée d'une publication qu'il fit lui môme, en 1837, sous le nom d*Essais de Philosophie morale et de Morale religieuse, suivis de quelques essais de critique littéraire.

5® Les Poètes du siècle de Louis XIV. Un volume in-8,

6" Histoire de la Littérature Française au XVIIP siècle. Deux volumes in-8, 1853.

7* Études sur la Littérature Française au XI X^ siècle. Trois volumes in.8, 1849 à 1850, 1" édition.

Deux observations sont nécessaires. D'abord, il ne faut pas s'attendre à trouver ici un tout complet, à plus forte

DES OUVRAGES CniTIQUES DE VINET. 91

raison un enseignement systématiquement exposé. La plus grande partie des matériaux d'un grand édifice sont là réunis, mais ils ne sont pas agencés et il en manque quelques-uns. Nous ne possédons rien de ce que Vinet a pu dire sur le moyen âge, c*est-à-dire sur notre littérature primitive et les origines de notre langue. Il n'a pour ainsi dire rien laissé sur nos historiens et sur plusieurs des poètes contemporains. Ces lacunes s'expliquent par le caractère de son œuvre : il choisissait un sujet spécial pour chacun de ses cours, et c'est de ces cours, ou seulement d'une partie, qu'on a formé ensuite un ouvrage. Ainsi, ses Études sur Pascal sont un fragment de ses recherches sur les moralistes. Néanmoins le seul rapprochement des titres explique d'avance que dans ces livres se trouve une appréciation de toutes les grandes époques littéraires : de Rabelais à Quinet, de Corneille à Victor Hugo, la plupart des esprits supérieurs qui se sont fait un nom dans les lettres sont l'objet d'une étude ou tout au moins d'un jugement. Nulle part, à ma connaissance, la critique ne nous ofTre un tel monument élevé dans un esprit de piété chrétienne.

Secondement, dans ces livres tout est bien de Yinet ; mais on ne saurait dire que tout soit tel qu'il l'aurait voulu s'il avait lui-même présidé à leur publication. On se demande s'il aurait approuvé sans réserve le zèle de ses éditeurs, qui, non contents de grouper d'une manière factice des articles qui n'ont rien de commun que le nom de leur auteur, ont fouillé ses manuscrits, repris ses notes, revisé et complété les uns par les autres les cahiers

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