‹ Étude sur CicéronChapitre 2 sur 53 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Gomme la littérature, la critique a ses âges différents et ses révolutions. A la Renaissance, elle compare, corrige, commente les manuscrits ;

Au seizième siècle, elle interprète, elle cite, elle imite les anciens : érudite encore, elle est déjà plus docte et plus libre : c'est la critique de Tumèbe et de Montaigne ;

Au dix-seplième siècle, le champ de l'antiquité est débarrassé des ronces et des épines qu'y avaient amoncelées les barbares et le moyen âge ; il est prêt pour la culture, et les plus riches moissons vont de nouveau en sortir, si le goût met en œuvre les féconds labeurs des deux siècles précédents. La critique alors , c'est l'art ingénieux et délicat : on cherche dans les anciens, non plus seulement la vie nouvelle de la pensée, si forte en eux et si saine, mais les secrets mêmes de cette forme naturelle et pure qui donne à cette pensée tant de solidité, de charme et de relief; on leur veut surtout, dérober les beautés du style.

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