INTRODUCTION
Presque tous les classiques allemands du moyen âge ont été, en France, Tobjet d'études spéciales. De savants travaux ont paru sur Wolfram d'Eschenbach, Godefroi de Strasbourg, Walther de la Vogelweide, le Nibelungenlied et Gudrun. Seul ou à peu près des grands poètes que l'Allemagne a enfantés au xii' et au xiii'' siècle, Hartmann d'Aue, le délicat et charmant auteur d'Ivain, à'Érec, de Grégoire^ du Pauvre Henriy est resté ignoré du public français ^ Nul de ses contemporains ne mérite plus que lui pourtant d'attirer notre attention. Il a été en Allemagne le plus pur représentant de notre génie national. Ses qualités sont celles que nous estimons le plus : bon sens, clarté, gaieté, mesure, harmonie. Il a aimé nos poètes et leur a rendu le plus délicat hommage en s'efforçant d'acquérir leurs mérites. Il s'est fait dans son pnys l'intermédiaire le plus efficace de notre civilisation et a contribué h porter au loin le respect de nos idées, de nos mœurs et de nos goûts.
D'autres raisons, moins particulières, justifient notre essai. De nombreuses études ont été consacrées en Allemagne à Hartmann : mais les critiques qui les ont entreprises se sont
1. Il serait injuste cepenclant de ne pas mentionner les pages intéressantes consacrées a notre poète par M. Bossert dans son ouvrage intitulé : La littérature allemande au moyen àye et les origines de Vèpopèe germanique, Paris, 1882.