XII INTRODUCTION
bornés à examiner rJiacun un point particulier de ses œuvres. Nul ne s'est préoccupé de donner une vue d'ensemble de rhomme et de ses productions. Nous avons tenté de combler cette lacune. Il ne nous parait pas douteux qu'un travail embrassant la totalité des œuvres de Hartmann ne permette une appréciation plus juste de son talent et n'éclaire d'une plus vive lumière certains points obscurs de sa vie et de ses poèmes. Il peut, en tout cas, faire mieux comprendre l'écrivain et mieux aimer l'homme.
Il est, de plus, une question intéressant à la fois Hartmann d'Aue et la littérature française, qui, à notre sens, réclamait des recherches nouvelles : c'est celle des rapports du poète allemand avec les auteurs français qu'il a imités. Les compatriotes de Hartmann, qui seuls jusqu'ici ont entrepris cette tâche, ne nous semblent pas l'avoir conduite à bien. Séduits par une langue dont les beautés leur sont plus familières, par une tournure d'esprit avec laquelle ils ont plus de conformité, ils ont, en comparant l'auteur d'Ivain ot d'Érec avec ses modèles, exalté le premier plus qu'il n'était équitable, et méconnu la valeur des œuvres dont il s'est inspiré. Il y avait lieu de reviser ce procès, où l'une des parties avait seule été entendue. Sans autre souci que de rendre justice à chacun, nous avons minutieusement étudié les textes, mis en regard l'original et l'imitation, et (ait ressortir les mérites de chacun. Le jugement que nous avons porté sur Hartmann est moins enthousiaste que celui des critiques allemands. Notre admiration avouée pour le poète dans le commerce duquel nous avons vécu de longues années est un sûr garant qu'il nous a fallu de bonnes raisons pour le placer moins haut que Chrétien de Troyes.
C'est pour nous un devoir, et très agréable à remplir, que
INTROOrCTlON. XIII
de reconnaître publiquement combien nous ont été utiles les précieuses indications de M. Gaston Paris, dont la haute et vaste compétence nous a suggéré bon nombre d'améliorations, les conseils de M. Henri Lichten berger, qui nous a rendu l'inappréciable service de nous guider, de la façon la plus obligeante et la plus sûre, au début do notre travail, les bienveillants encouragements de M. Bossert, enfin les excellents avis de MM. Droz et Jeanroy, qui, en cette circonstance comme en d'autres, nous ont donné d'inoubliables témoignages de Tamitié la plus dévouée.
ÉTUDE