‹ Étude sur HokusaiChapitre 20 sur 33 · ent RS RE · texte numérisé non relu

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(3) C’est le sujet d'un conte très populaire pour les enfants.

(4) Voy. l'Histoire du nouyé, en caractères d'écriture.

(5) Voy. le Chant lyrique de Yorimaca sur le corps du nouyé : etc. (6) Esquisses variées, XIT, 6.

(7) Recueil de peintures vivantes, 8.

288 ÉTUDE SUR HOKSAÏ

accroupi, avec son plumet rouge, n’est plus qu'un troupier grotesque (1). Regardez ses dieux bouddhistes ; ‘ici, le fidèle de Nitchirenn se relève un peu ; et pourtant, il ne résiste pas à la tentation de peindre les seize disciples et Shaka lui-même comme pendants d'une série de bonzes comiques (2). Ce qu'il réussira, ce sont les esquisses de génies, de démons et de fantômes : ses Tennghou, par exemple, sont admirables, avec leurs trognes truculentes et leurs énormes nez frétillants, soit que l’un d’eux se serve de cel appendice pour jongler ayec un vol de porcelaines fragiles (3), soit que deux camarades se réunissent grayement pour porter un fardeau, le nez de l’un appuyé sur l'épaule de l’autre (4), soit qu’une femme Tennghou dessine avec son nez qui s’allonge et s’effile comme un pinceau (5). Descendez encore plus bas, mettez Hoksaï en face des animaux fabuleux, et donnez-lui à peindre des monstres : 1] sera parfait. :

Si maintenant vous considérez l'immense tableau, nature, hommes et dieux, d’un seul coup d'œil, et si yous comparez les sujets à l'expression qu'ils ont reçue, vous remarquez que plus les sujets grandissent, plus l’expression baisse : de la nature aux hommes, elle est tombée d'un degré ; des hommes aux dieux, elle est tombée d’un nouveau degré ; et la partie qui était la plus haute dans l'ordre logique des choses, devient, dans l’œuvre de Hoksaï, la plus faible. Il faut reconnaître cette chute. Mais faut-il la lui reprocher? N’était-il pas un artiste vulgaire ?

(1) Recueil de peintures vivantes, 20.

(2) Esquisses variées, Il, 2 se.

(8) 1d,, KILL 5:

(4) Id., XI, 6.

(5) Id., XII, 4.

LES DIEUX 289 Pouvait-il, dans son pauvre quartier de Hondjô, du seuil de sa demeure misérable, apercevoir autre chose que ce qui se mirait dans le canal de la rue ? Et ce qu'il ignorait le pouvait-il bien peindre ? C’est un vieux proverbe du pays que « la grenouille, dans sa mare, ne connaît pas le grand océan ». Si Hoksaï n’a pu tout saisir et tout comprendre, c’est assez qu’il ait tout tenté, tout entrevu. Sa création, incomplète et inégale, n’en demeure pas moins la plus vaste qu’une main d'artiste ait jamais fait surgir sous le ciel.

HOKSAÏ. LE 19

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