‹ Étude sur J.S. Bach, 1685-1750Chapitre 22 sur 69 · Oeuvres, tome XXVII, livraison i. p · texte numérisé non relu

Oeuvres, tome XXVII, livraison i. p

de Beethoven sont souvent de vraies symphonies avec solos. Au siècle dernier, on avait en plus le concerto grosso, dans lequel plusieurs instruments à la fois, en général trois, concertaient avec les tutti : ce groupe se nommait le concertino.

Le concerto est d'autre nature que la suite ou la sonate; s'adressant à une multitude, il sera plus brillant que profond ; il visera à un extérieur agréable, il laissera une plus grande place à la virtuosité des exécutants, il cherchera à charmer, à divertir plutôt qu'à émouvoir; il se prêtera bien à l'expression d'une joie grandiose , héroïque, communicative, comme le concerto pour piano en mi bémol de Beethoven, mais il ne sera pas, selon nous, le cadre approprié à des sentiments aussi subtils et intimes que ceux du concerto en la mineur de Schumann. Bach s'est aussi assimilé cette forme musicale, et selon son habitude, il ne l'a pas abandonnée avant d'en avoir tiré tout le parti possible, la développant et la perfectionnant sans relâche, tout en maintenant le plan traditionnel, un adagio entre deux allegro : c'est celui que garda

aussi la sonate jusqu'à Beethoven. Il a écrit des concertos pour violon ', pour clavecin, et les six «concerts pour plusieurs instruments», comme il les appelle, dédiés en 1721 au margrave de Brandebourg, Chrétien- Louis, fils cadet du Grand Electeur2. Il varie à l'infini le concertino; tantôt il le compose de trompette, hautbois, flûte et violon, tantôt d'un violon avec deux flûtes, tantôt de clavecin, rlûte et violon.

Une fois arrivé à posséder pareillement toutes les ressources de l'instrumentation, Bach n'avait plus qu'un pas à faire pour écrire pour orchestre seul, et il Ta fait. Nous avons de lui quatre suites ou partite pour l'orchestre, dont celle en ré majeur est devenue populaire, surtout à cause de l'admirable mélodie de Y air qu'elle renferme 3.

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