‹ Étude sur J.S. Bach, 1685-1750Chapitre 46 sur 69 · Oeuvres, tome XXIX, page iy5 (cantate burlesque · texte numérisé non relu

Oeuvres, tome XXIX, page iy5 (cantate burlesque

3. Voy. plus haut, chapitre XIV; Oeuvres, tome XX. livraison 2.

Phébus et Pan»1. Phébus, le représentant du grand art, c'est le maître lui-même; Pan personnifie la musique populaire. Quant au personnage persifflé sous le nom de Midas, c'est probablement un certain Scheibe, qui critiquait les compositions de Bach et cherchait à lui nuire dans l'opinion du public et surtout des étudiants. Après l'air de danse chanté par Pan, Midas se déclare ravi et ajoute que la mélodie « lui est de suite restée dans l'oreille». C'est encore aujourd'hui le critérium de tout un public qui veut, en sortant, pouvoir siffler ou chanter de mémoire la musique qu'il vient d'entendre! Dans la seconde partie du solo de Pan, Bach luimême fait avec beaucoup d'esprit la charge de son propre style. Il est juste d'ajouter que plus tard le malheureux Scheibe changea d'attitude vis-à-vis de Bach et regretta son opposition haineuse.

1. Oeuvres, tome XI, livraison 2, page 3. M. Lamoureux a eu le courage de reprendre cette cantate (de'cembre 1 883) . Le succès ne paraît pas avoir répondu aux efforts de l'éminent directeur des Nouveaux concerts.

Nous avons déjà vu que plus d'une fois Bach détacha de ces œuvres passagères les morceaux qu'il estimait les meilleurs et qu'il les reproduisit dans des compositions d'église: nous savons aussi que là ils paraissent souvent mieux à leur place que dans leur cadre primitif. La plupart de ces ouvrages ne sortirent guère de Leipzig ou des environs ; seule une cantate burlesque en l'honneur du café l trouva son chemin jusqu'à Francfort sur le Main.

La productivité de Bach dans le domaine de la musique instrumentale ne s'arrête pas non plus un seul instant. D'abord, comme on peut s'y attendre, il s'occupe tout particulièrement de l'orgue; il donne la forme définitive à d'anciens ouvrages; il en crée de nouveaux. Puis il continue à perfectionner la technique du clavecin. Ce sont les Suites anglaises2 ainsi nommées parce qu'elles auraient été écrites pour un riche amateur anglais, puis les Partite ou Suites alle-

i. Oeuvres, tome XXIX, page 141.

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