A ROUEN
Eglise de Saint-Patrice.
Dans cette église, bâtie en 1535, on a réuni aux beaux vitraux qui la décorent ceux de l'église de Saint-Godard (1).
Ce n'est pas sans de grandes probabilités que l'on attribue à Jean Cousin le beau vitrail du Triomphe de la Foi. On peut juger de son style par les -deux gravures qu'en a données M. H. Langlois dans son Essai sur la peinture sur verre (p. 51 et suivantes). Il n'hésite pas aies attribuer à Jean Cousin. « Ce vitrail représente le Triomphe de la Foi. On y voit « la Religion représentée assise sur un char richement orné « où elle précède un Christ en croix. Elle tient une palme à la « main. Deux autres femmes d'un grand style , au-dessous « desquelles on lit les mots amour, obédience, portent aussi « des palmes, et entraînent le char que précède un groupe de (( personnes d'états divers ; on y reconnaît le style de Jean « Cousin. »
Rigollot, dans son Histoire des arts du dessin , tome II, p. 500, rapporte ainsi l'opinion de M. Langlois :
« Henri Langlois, du Pont- de-P Arche, attribue à Jean Cousin, mais seulement comme probabilité, les belles verreries de l'église de Saint-Patrice de Rouen, qui offrent, sous le voile d'une allégorie sacrée, le triomphe de la loi de grâce. Ces vitraux sont exécutés dans une grande manière et tout à fait dans le style de ce célèbre artiste qui, pour faire trop parade de la science anatomique, nuit quelquefois à la grâce féminine. »
Il serait désirable que l'opinion de M. Langlois fût confirmée par quelques documents. L'examen que j'en ai fait ne me permet pas de rien affirmer à ce sujet. Jean Cousin , ainsi que je l'ai dit plus haut, a dû faire partie des artistes convo-
(1) Alex. Lenoir. — E. Baudry, Monographie de l'église de. Saint' Patrice,
qués lors de l'entrée de Charles IX, dont il a reproduit les circonstances dans les gravures qui accompagnent cette Entrée, imprimée à Rouen en 1551 ; il n'est donc pas impossible qu'il ait laissé des traces de son passage à Rouen.
VILLE DE CHATJMONT.
Abbaye de Gomer- Fontaine.
(( À côté de la sacristie il y a un vitrail représentant YAdo- « ration des mages; le dessin, la couleur, indiquent qu'il est « de Jean Cousin. » Telle est l'opinion de Millin , Antiquités * nationales, t. IV, ch. lxit, p. 5.
Abbaye de Vauluisant.
Au commencement du seizième siècle, l'abbé de Vauluisant, Pierre-Antoine, fit décorer l'église abbatiale de peintures dues au pinceau de Jean Cousin. Voici ce qui se trouve à ce sujet dans un mémorial manuscrit de cette abbaye :
« Item le dit abbé a fait faire la table du grand aultel de la dite église, de menuiserie, imagerie et peinture; laquelle menuiserie fut faite par ung nommé Jacques Millon; les images par ung nommé Jehan Blotin ; et les peintures par ung nommé Jehan Cousin (1). »
Ces peintures , ou plutôt ces verreries, ont disparu , et le domaine de Vauluisant, transformé par M. Léopold Javal en une vaste exploitation agricole , n'a plus son église, démolie à la fin du siècle dernier.
(1) Extrait d'un manuscrit des Archives de l'Yonne. Ce manuscrit , publié par le Bulletin de la Société des sciences, tome IX, est ainsi intitulé: «État des ouvrages, décorations et autres réparations que l'abbé frère Antoine-Pierre a faisl faire durant qu'il a esté abbé de la maison de Vauluisant, le tout recucilly par le frère François Tlionellier, religieux de la dite maison.» La couverture porte la date de 1028, mais l'archiviste. M. Quantin, croit le manuscrit plus ancien
a moret, près Fontainebleau.
Il y a dans l'église de Moret des vitraux qu'Alexandre Lenoir attribue à Jean Cousin (1).
Villeneuve- sur- Yonne .
Un beau vitrail de l'église représentant le Jugement dernier a été attribué à Jean Cousin (2), mais M. de Caumont croit qu'il lui est antérieur d'un demi-siècle.
Château oYEstissac.
Je possède deux vitraux provenant du château d'Estissac, représentant, l'un, le printemps sous la figure de Flore, l'autre, l'automne sous la figure dePomone. M. Pilinski les a achetés pour moi à Glermont-Ferrand, en Auvergne. La tradition les attribue à Jean Cousin.