A ÉCOUEN
On voit au château d'Écouen quelques vitraux que l'on croit être de Jean Cousin (1); mais c'est surtout dans l'église d'Écouen que se trouvent ceux qui, par leur beauté, méritent de lui être attribués. Conformément à la tradition locale, ces vitraux, rangés parmi les chefs-d'œuvre de l'art, sont à peu près intacts et garnissent les grandes fenêtres de l'apside (2) ou du chœur de l'église. Ils sont peints dans une gamme de couleur très-douce et très-claire, qui s'anime et resplendit aux rayons du soleil. Ils représentent des sujets de sainteté, avec des personnages de la famille de Montmorency, hommes et femmes, la plupart agenouillés, dans le costume du temps. On remarque sur ces vitraux plusieurs dates qui prouvent qu'ils ont été exécutés sous les règnes de Henri II, de François II et de Charles IX. Ces belles peintures, qui ont échappé comme par miracle aux fureurs révolutionnaires, mériteraient d'être reproduites avec soin par le dessin et la gravure. La Commission des monuments historiques a eu l'idée, plus d'une fois, d'entreprendre la restauration de cette admirable vitrerie qui aurait besoin d'être remise en plomb, pour éviter des accidents.
Au Musée du Louvre, sous le n° 194 et le titre : — « Écu de France, provenant du château d'Ecouen, » — on voit sur un vitrail exposé à l'une des fenêtres un sujet qui offre le caractère du dessin de Jean Cousin, et rappelle ce que dit Lenoir, que Cousin excellait dans les grotesques.
(1) M. Charles Blanc, Histoire des peintres, école française, notice sur Jean Cousin.
(2) Abside est un barbarisme que perpétue volontairement l'Académie française, bien qu'elle n'ignore ni la signification ni l'origine du mot. L'Académie des Beaux- Arts dans sou Dictionnaire, et aussi tous les architectes, écrivent apside et non abside; mais, contrairement à leur manuscrit et à leur volonté, les correcteurs d'imprimerie, conformément au Dictionnaire de l'Académie, s'obstinent à changer Vortografœ des auteurs. Il n'est aucunlexicographe, aucun imprimeur qui, force de se conformer servilement à l'usage imposé par l'Académie, ne regrette ce barbarisme .