‹ Étude sur Jean CousinChapitre 30 sur 72 · A ROME · texte numérisé non relu

A ROME

Seroux d'Agincourt, dans son Histoire de l'art par les monuments, attribue à Jean Cousin le Martyre de Saint-Étienne et une autre composition historique que l'on voit dans l'église Saint-Louis des Français.

On ne doit pas s'étonner si de tout côté on s'adressait à Jean Cousin, savant dessinateur, pour obtenir des compositions qu'exécutaient ensuite des praticiens connus sous le nom de maîtres verriers.

Voilà tout ce que j'ai pu recueillir jusqu'à présent sur les vitraux de Jean Cousin ou qui lui sont attribués.

Ce qui frappe surtout en lui, c'est qu'il me semble avoir été l'auteur d'une révolution dans la peinture sur verre, en ce sens qu'il a donné une plus grande dimension aux pièces de verre, qui sont moins fréquemment découpées par les ligatures en plomb. Malgré l'art et l'habileté des anciens maîtres verriers

pour lutter contre cette difficulté, l'inconvénient d'intercepter la lumière, obscurcie déjà par la teinte souvent très-intense de la couleur et par le nombre et l'épaisseur de ces ligatures, devenait de plus en plus sensible à mesure que le peuple voulait pouvoir lire ses prières dans les livres ; Cousin , par sa peinture plus claire, eut donc un grand mérite, et qui répondait à ce besoin. Ce caractère qui distingue plus particulièrement sa verrerie m'a frappé , lorsque tout récemment on a replacé à Saint-Gervais le vitrail représentant le Jugement de Salomon, qui, selon moi, doit être attribué à Jean Cousin. Le ton en est bien plus clair que celui des vitraux attribués à Pinaigrier. Ce même contraste m'a frappé à Sens , en voyant le grand et ancien vitrail du chœur de la cathédrale comparé à ce qui reste du vitrail de Jean Cousin : la Sibylle montrant la Vierge à Auguste.

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