‹ Étude sur l'AnonycheChapitre 13 sur 22 · AS · texte numérisé non relu

AS

OBSERVATION Il

(M. G. Tisserand, interne des Hôpitaux, service du D' Martel, Loire médicale, 1904, p. 117-119.)

Sur un cas d'ahonygchie congénitale

Marguerité P.., quarante-huit ans, ménagère, entre à l'hôpital de Bellevue le 4mars 1904 pour un pañaris superficiel du pouce droit: cette affection survenant chez üne femme albüminurique ne présenta d'autre particularité qué celle d'évoluer avec des phénomènes douloureux trés intenses et dura environ un mois.

Rien de spécial à noter du côté dés antécédents héréditaires ; la malade ést, en effet. néé de parents encore jeunes, bien portants ét ne présentant aucune malformation congénitale. Elle est la plus jeune de quatre enfants dont deux garcons et deux filles. Les deux cadets sont normalement constitués.

L’ainé des enfants, paraît-il, présente au niveau des ongles la même anomalie qué notre malade et 4 été pour ce fait exempté du sérvice militaire. Nous n'avons pu voir le frère ; mais, au dire de la mälade, ceite malformation serait absolument semblable à celle qu'ellé présonte et remonterait comme chez elle à la naissance.

Les doigts de notre malade sont nôrmatx quoique un peu rénflés én baguétte de tambour à leur extrémité. Sur Icur face dorsale à cé nivéau of ne remardtie aücuné trace dé production cornéé ; le lit de l’ongle est très réduit comme surface et

“figuré par une petite dépression rectangulaire ou ovalaire au niveau de laquelle la peau est normale.

Aux doigts de pieds, les ongles manquent aussi, mais pas d’une facon aussi complète ; en effet, à ce niveau, ils sont remplacés par de petites masses cornées globuleuses ou coniques du volume d’une tête d’épingle en verre environ; ces productions, rappelant une sorte d'onychogryphose rudimentaire, tombent entièrement, paraît-il, deux ou trois fois par an à

l'occasion de bains de pieds chauds.

Rien d’anormal au point de vue nerveux n’a pu être constaté .

chez notre malade.

De même nous n'avons rien trouvé à signaler de particulier du côté des poils ou des dents. Pas d’autres malformations congénitales. Notre malade n'éprouve d’ailleurs aucune gène du fait de cette absence totale d'ongles. Mariée à la campagne elle se livre sans peine aux travaux du ménage et de la culture; elle a eu cinq enfants dont trois sont encore vivants ;tous sont

nés pourvus d'ongles normaux et parfaitement constitués.

OBSERVATION Ji

(D: Hermann Eichhorst de Zürich Centralblalt füs Klinische. Medizin, 8 avril 1893, 289.)

Un cas d'anonychie congénitale.

J'ai pu récemment observer chez un jeune Tyrolien de vingtsix ans, qui exerçait la double profession de maçon et de joueur de cithare, une absence congénitale de tous les ongles : le cas

m'a paru assez intéressant pour être brièvement rapporté.

os

Cet homme s'était fait admettre à la clinique médicale de

Zurich pour rhumatisme articulaire chronique; il en sortit au bout de six semaines. On remarqua tout de suite que tous les doigts de ses pieds et de ses mains étaient dépourvus de leurs ongles. {1 déclara, à ce sujet, qu'il n'avait jamais eu d’ongle à aucun de ses doigts, et que de tous ses parents il n'y en avait pas un seul qui présentât la même anomalie ; que, du reste, cela ne le génait point, ni comme maçon, ni comme joueur de cithare, ni dans aucune autre de ses occupations.

Partout le lit de l’ongle et sa rainure sont parfaitement conformés : si je me contentais de reproduire, sans commentaire, la photographie que j'ai fait prendre de cet homme, c'est à peine si on pourrait remarquer son anomalie. Et même un examen superficiel du malade pourrait laisser l'impression

que les lits des ongles sont revêtus d’une lamelle d’ongle

extrêmement mince ; car la surface du lit des ongles a, dans ses

deux premiers tiers, un aspect brillant et une couleur d’un rouge vif. Mais quand on fait glisser dessus un objet dur, comme uné éguille émoussée, on s'aperçoit aisément que la peau non seulement n'offre aucune résistance, mais qu’elle y est même beaucoup plus délicate et plus molle que dans les régions qui avoisinent l’ongle. C’est seulement dans le tiers antérieur du lit des ongles que la peau présente un peu plus de rudesse et la même consistance et la même couleur que l’épiderme avoisinant ; et le sujet est aussi sensible aux contacts et aux piqûres à un endroit qu'à l’autre. La température de la peau est partout la même.

I faut souligner que les lits des ongles, quand on les compare à des lits normaux, sont moins réduits dans leur largeur

que dans leur longueur ; si bien que leur bord antérieur est

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