‹ Étude sur l'AnonycheChapitre 9 sur 22 · DD · texte numérisé non relu

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La chute des ongles peut être la conséquence d'actions très diverses. É

En premier lieu, elle peut résulter d’actions physico-chimiques qui annihilent la vitalité des tissus générateurs de l’ongle.

Elle se montre. par exemple, à titre de complication tardive après les congélations, ou succède aux traumatismes, aux brûlures. Les rayons Rœæntgen qui entraînent souvent, à doses excessives, des désordres profonds dans la nutrition des tissus, ont. parfois danné naissance, surtout au début de leurs applications, à des accidents cutanés qui ont, dans certains cas, entrainé la perte des ongles.

D'autre part,toute inflammation du derme unguéal, qu'elle succède à un traumatisme (onyxis traumatique) ou qu’elle soit la manifestation de l'infection syphilitique (onyxis syphilitique) est susceptible d’entrainer le décollement de l’ongle et, lorsque la suppuration s’est étendue à toute la surface du lit de l’ongle, le derme devient plus ou moins impropre à la reproduction de la lame cornée.

Un grand nombre d’affections aiguës, fébriles, enrayent la nutrition de l’ongle et peuvent même amener sa chute complète : telles sont notamment, la fièvre typhoïde et plus rarement, lé typhus, les fièvres éruptives, la pneumonie, le scorbut, etc.

Eufin, nous ne saurions passer sous silence les altérations trophiques des ongles dues à des troubles - de l’innervation générale ou locale. Pitres, Roques et Joffroy ont signalé la chute spontanée des ongles

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chez les ataxiques. Heller a observé la chute de presque tous les ongles des doigts après une commotion cérébrale. Les troubles ‘trophiques conséculifs aux lésions nerveuses périphériques sont également connus ; Longet et Brown-Séquard expérimentant sur des animaux opt pu constater la chute des ongles après la section du nerf sciatique.

Si les altérations acquises des ongles sont gommunes, il n’en est pas de même des altérations congénitales. Celles-ci ont été assez rarement observées. Notons d’abord que Nicolle et Halipré ont relaté 36 cas de malformations unguéales survenues dans une même famille, au cours de six générations. Dans cette observation, ainsi que dans d’autres Cas analogues qui ont été signalés, les ongles étaient simplement développés d’une manière incomplète. Il ne s'agissait que de dystrophie unguéale congénitale plus ou moins prononcée et non d’anonychie vraie.

L'absence congénitale complète des ongles ou anonychie vraie est une lésion tout à fait exceptionpelle. Heller, dans son ouvrage sur les maladies de la peau, en rapporte un certain nombre d'exemples ; mais, comme cet auteur le reconnait Jui-même, ces cas sont loin d’avoir une égale valeur, Par exemple, une de ces observations due à Von Ammon se rapporte manifestement à un cas de simple onycha- .trophie, car, dit l’auteur «les ongles présentaient au moment de la naissance un développement très rudimentaire. L’ongle du gros orteil ressemblait assez à un ongle de chien ; sur.les autres orteils n’apparais-

+ of — sait à leurs extrémités qu’une pointe à peine marquée. Le second orteil, légèrement déplacé évidemment par suite de la pression, était posé en grande partie sur le gros orteil. Le troisième orteil offrait un exemple d’amputation congénitale ».

Voici les cas typiques d’anonychie vraie qui ont été signalés par divers auteurs.

Maiecki décrit une préparation (n° 2888) du musée anatomique de Breslau qui est un exemple d'absence des ongles congénitale et complète aux pieds et aux mains. La mention de ce cas est signalée ainsi par Heller sans aucun autre détail. Un cas identique, exposé au musée anatomique de Berlin est cité par Blech, également sans détails. Wilson dit, dans son Manuel des maladies de la peau, avoir observé plusieurs cas d'anonychie. En 1894, Pétersen présenta à la Société de Syphiligraphie et de Dermatologie de Saint-Pétersbourg, un malade âgé de trente ans, syphilitique récidivant qui avait une absence congénitale de tous les ongles, sauf aux annulaires; la matrice était kératifiée. Au cours de la discussion à propos de cette présentation, le professeur Tarnowski fit observer qu'il possédait dans son musée une préparation de doigts sur lesquels on pouvait constater une absence congénitale complète des ongles : les doigts y étaient comme engainés par la peau. -

Ammon reproduit dans une figure de son Atlas des maladies congénitales et chirurgicales de l’homme un cas d’anonychie limitée aux deux gros orteils, observé parle Dr Zeiss. Sur les deux gros orteils,

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onne constate presque aucune trace d’ongle; le

second, le troisième et le quatrième orteils ne pré-

sentent guère que de minuscules rudiments d'ongles.

La malformation est absolument symétrique'Autant

que le dessin tout à fait schématique permet d’en juger les rudiments d’ongles qui persistent sur le deuxième et sur le quatrième orteils ne sont pas

absolument insignifiants. Il s’agit dans ce cas d’un

développement insuffisant plutôt que d’une absence vraie, congénitale des ongles.

Nous avons examiné deux préparations exposées au musée de l'hôpital Saint-Louis (n° 1362 et n° 934). Ce sont deux moulages qui ont été faits à cinq années d'intervalle. On voit que les ongles des doigts et des orteils manquent presque complètement ; tous les lits des ongles présentent de petites écailles cornées, très faiblement développées; les phalangettes de la main droite sont légèrement tuméfiées ; la main ellemême est rouge. Le cinquième orteil du pied droit présente de petites ulcérations dont la surface est rouge. Ce cas, nous semble t-il, ne saurait être considéré, non plus, comme un exemple d’anonychie, si nous donnons à ce lerme la signification d'absence congénitale et définitive de l’ongle. D’ailleurs les préparations sont étiquetées « lésions trophiques congénitales des ongles, »

Des observations plus récentes,concernant des cas d’anonychie vraie, sont dues à Eichhorst, Most et Jacob. Le D: Scherwell, de Brooklyn, a également communiqué un cas d'absence à peu près complète

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des ongles des pieds et des mains. Fukushima a rapporté, le 5 décembre 1908, à la Société de Dermatologie et d'Urologie de Tokio, un cas d'absence totale des ongles dés doigts. Un autre cas est cité par Tisserand. M. le D' Henry nous a communiqué l'observation d’un cas d’anonychie partielle. Enfin en 1912, MM. le D' Bergé et Weissenbach ont publié, dans les Annales de Dermatologie et de Syphiligraphie, un article dans lequél ils ont décrit avec beaucoup de détails un cas intéressant d'absence congénitale complète des ongles de tous les doigts qu'ils ont observée chez une malade admise à l'hôpital Broussais. C'est surtout sur cette dernière observation que nous nous bäaserons pour décrire les caractères cliniques de l’anonychie.

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