OBSERVATIONS
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Z , Observations d-anurie calculeuse.
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Observation I-
Lithiase rénale.- Accès’ d'anurie ayant duré îrôis jours, suivi de l’élimination de nombreux graviers d’acide urique, de polyurie et d’albuminurie, enfin de . pyurie; Guérison. . - .» P-.
- isq. as:'; (Personnelle). ' " ‘ .
C. (Antoine), forgeron, âgé de 28 ans, entre le 16 avril 1880 dans le jservice de M. le D»" Millard, hôpitai Beaujon, salle Saint-Louis, n® 18.
Cet homme a eu une première attaque de coliques néphrétiques il y a cinq ans. Rien dans ses antécédents héréditaires ne peut en expliquer la cause; il accuse^ies excès alcooliques dans s'a première jeunesse. Depuis cinq ans, il a eu au moins 8 à 10 accès de colique néphrétique; le dernier, six semaines avant son entrée à l’hôpital. Les traitements les plus divers : bicarbonate de lithine, de soude, lait, ne lui ont donné aucun résultat durable. DêsUépreihier accès, les graviers rendus étaient rouges. C’est un homme maigre, mais bien musclé, vigoureux.
Il passe en médecine; le 26:avril, venant du service de .M. le D^ Tillaux où il a été soigné idepuis le 1er avril. Son accès de coliques l’avait pris trois jours auparavant, s^ene Acaractêre spécial. Mais le troisième jour de l’accès, accompagné comme les autres fois de vomissements, il n’urina que quelques gouttes. » ... . t ,
Les le*; 2 et 3 a-vril, anurie complète sans qlfe'lâ^^supprèèsion"d’urine déterminé aucun accident spécial.'Douleurs'toujours vives dans les
reins. ■ ” .. -
ÈS-ioiîiüœ gsüpigGjodJsq ëîùsbsDsîGS hs:' c oms;... ;; ; :U
Le 4. Emission d’un premier gravier rouge, le plus gros qu’il eût rendu depuis le début de sa maladie, puis, successivement, et en plusieurs jours, de quinze autres graviers de différentes grandeurs. Les douleurs de rein ont continué sans interruption, mais sans paroxysmes pendant toute cette‘p)&nqde.^L;urine a yeparu après la sortie du premier gravier', examinée trois jours après, elle renfermait des quantités notables d’albumine, et cette albuminurie a persisté pendant quelques jours. ^
Dans la semaine qui a précédé son entrée dans le service de M. Millard, nouveaux accidents ; accès de fièvre avec frisson et sueurs revenant plusieurs fois par jour. Le dernier accès s’est montré le dimanche 25 avril.
Le 2fi. Pas de fièvre aujourd’hui. Le malade se plaint de douleurs continues dans les reins^ et d’une faiblesse entrême. Pâleur, légère obnubilation intellectuelle.
Il est mis au régime lacté et à l’eau de Contrexéville.
Le 28 Urines, 2,000 gr. Sable rougerreconnu à l’examen chimique et histologique, comme constitué par des cristaux d’acide urique pur.
Le 29. 2 litres d’urine. Moins de douleurs et de sable.
Le 30. 3 litres d’urine. Plus de sable;, amélioration notable.
1®'' mai. Urines moins abondantes, 2 litres. Depuis ce matin, émis sion d’urines purulentes (réaction caractéristique par l’ammoniaque et examen histologique). Et cependant il n’y a pas eu de fièvre ces derniers jours, et il n’y en a pas actuellement. ^
Le 5. Depuis hier, urines normales en quantité et en qualité, ne renfermant plus ni pus ni albumine. Le malade se trouve guéri. Cette pyurie passagère correspondait sans doute à un abcès d’un calice ou d’un bassinet dont la formation avait été annoncée par les accès de fièvre signalés plus haut>
Observation : Ili
; lâtliiase rénale.. Anurie suivie de polyurie et.^albuminurie; Guérison v.'i'i ssu o - . / . après élimination d’un .graviér;,; ^ ''
i. ' (Personnelle),
C.(Louis), cuisinier, âgé de 36 ans, entré le lO août 1878 dans leservicë de M. le D' Empis, suppléé par M. Dieulafoy, hôpital de la Charité, salle Saint-Michel, n® 6.
Cet homme a des antécédents pathologiques multiples.
• Variole en 1864. Choléra en 1865. Deux blennorrhagies dans sa jeunesse. Syphilis bien caractérisée et traitée en 1869. Mais il y a lieu d’insister plus partieolîèrement sur l’alcoolisme ^ïui, chez ce malade, est invétéré et très accusé : cuisinier, et par conséquent très prédisposé à ce genre d’excès, il boit 3 litres de vin et 2 à 3 absinthes par jour. Il est dé plus doué d’une obésité presque pathologique. ■
Ses antécédents pathologiques sont à signaler i H a entendu souvent sa mère se plaindre de douleurs de reins accompagnées de dysurié.'Sdn grand père maternel a eu là pierre.
Depuis un an, cé nialâde se plaint d’uné douleur dans la région lombaire droite, douleur avec irradiations paràissànt suivre le trajet des branches abdpmino-génitales.
Au mois de mai dernier,'il a fait un séjour dé quinze jours dàhs le service de M. Gosselin pour une soi-disant rétention d’urine; il n’ürinait à ce moment que goutte à goutte. M. Gosselin ne constata aucutie lésion du canal de l’urèthre ni de la vessie. Le rhalàde, inis aux bains de vapeur et aux' diurétiques, sortit du service beaucoup amélioré. Mais les douleurs rénales réparurent, et le malade revint le 10 août dans le service de M. Gosselin, suppléé par M. Berger, qui constata à nouveau l’intégrité des voies urinaires (urèthre et vessie) et le fit passer en niédecine. \ ’ ' ' ' .
12 septeinbre. C’est à partir de ce moment que noùsbîjservons lè malade. 11 nous raconté que depuis spn séjour â l’hôpital les douleurs spnt moins fortes. Elles étaient àssez vives autrefois pour empêcher le maladè. de dormir. C’est au morhent de ces dbuleùrs qu’il y a eu dnurie absolue ; Ces.douleurs sont réyeillëéfpar là pression de la région lombaire. . ' ' ’ ' """" •
L'anurie qui est complète par moments, alterné avec des périodes de polyurie. En ce moment, l’urine recueillie, qüi, ïbrs fiés prémiers accifiènts, contenait un peu de sable rouge, est très pâle, comme celle des brightiques, et renferme de l’albumine en .quantité assez notable.
Autre symptôme accusé par le malade et observé dans ces derniers temps : dès que paraissent les douleurs néphrétiques et l’anurie, le malade est pris de vqmisséments 'et d’uhè mifôlérance gastrique absolue ; le lait même n’est plus suppôrtê. ' '
Le traitement consiste en baînsdë Vapeur, pilules de tannin, régime lacté.
Le i.3. Urines, 2 litres 1/2. Albumine en* mpins. grande quantité âtfhier. Plusipurs vomissements 4gns.la journép/M aOiméntaticmi impossible. ■'
Prescrip tion. — -'térébenthine. Bicarbonate de. soude.
Dans la soirée, le malade rend un calcul blanchâtre et friable de forme conique». ^ , v
Le 14. Polyurie très accusée. 4 litres 1/2 d’urine.
Le 15. 3 litres d’urine, .s:
Le 16. 2 litres 1/4. Douleurs lombaires peu •vôtres. Vomissements de plus en plus rares. -
Le 17. Urines, 2 litres 1/4. -
Le 18. 2 litres 1/4. Etat meilleur. Plus de vomissements ni de douleurs. Le malade se plaint encore d’une sensation de brûlure dans l’urèthre. • ■ : ^
Albuminetoujoursenquantiténotable.- Du 18 au 24. 2 Htres à 2 litres 1/2 d’urine par jour.
Le 24. L’albumine n’existe plus qu’en faible quantité dans les urines dont la quantité s’élève en moyenne à 2 litres par jour. Plus de vomissements ni de douleurs de reins, mais douleurs dans la fosse iliaque droitè, sur le trajet du cordon et .aubout de: la verge.
Le 30. G.uérison complète. Pius.d’albumine ni de douleurs.
Le malade demande sa sortie et part pour Vincennes dans le courant d’octobre.
OsSERVATIOïSr III.
Anurie dé quinze jours, Uréniie le dixième jour. Mort, Oblitération calculeuse dé riiretêre droit par un calcul ; Calcul libre dans un dès calices du rein ^uche ayant probablement obturé l’uretère de ce côté. Pas d’bydronéphrosé. ■■ ■ ^ .. . :V .
(Tenneson. Soc. méd. des hôpitaux, 1878).
P., teinturier, âgé de 56 ans, robuste et bien portant^ fut surpris, le 16 septembre 1878, de ne pas urinerIl en fut de même lés jours suivants. Bien qu’il n’éprouvât à aucun degré le besoin d’uriner, cet homme se livra à des efforts de miction violents, répétés, mais impuissants; il ne rendit pas une goptte d’urine. Un médecin, auquel il eut recours, n’en obtint pas davantage avec la. sonde.
Le 25 septembre, P. entra à l’hôpital Lariboisière, salle Saint-Jérôme, n“ 7, dans le service de M, Jaccoud, que je remplaçais à cette
époque. -
Le 26. Je trouvai ce malade avec toutes les apparences de la santé, ne souffrant nulle part, ne se plaignant que dune çhosq, de ne pas uriner depuis dix jours.
Je percutai la région hypogastrique : sonorité parfaite. Une soudg en
gomme pénétra facilement dans la vessie, mais n’amena pas traces d’urine. Le diagnostic du symptôme était dès lors évident : il n’y avait pas rétention d’urine, mais anurie complète depuis dix jours.
Quelle était la cause organique dé cette anurie ? Chez un homme, je devais penser tout d’abord à des calculs rénaux engagés dans les uretères, et je dirigeai mon interrogatoire dans ce sens. Malgré l’insistance de mes questions, toutes les réponses du malade furent négatives. Il n’avait jamais eu de colique néphrétique, jamais d’hématurie, rien présenté, en un mot, qui indiquât l’existence de lithiase urique.
Dans l’abdomen, pas de tumeur, pas d’augmentation appréciable du volume des reins, pas de sensibilité des régions lombaires. Au cœur et aux poumons, rien d’anormal.
Du côté des voies digestives et du système nerveux, aucun symptôme d’urémie. L’appétit était diminué, mais le malade mangeant, ne vomissait pas, n’avait pas de diarrhée. Pas de céphalalgie, pas d’insomnie, pas de somnolence, pas d’amblyopie. Les seuls symptômes que je pus découvrir, furent : un petit tophus sur le bord de l’hélix, et un peu d’œdème aux jambes, dont le malade ne s’était pas aperçu. .
Rien dans ses antécédents qui pût être rapporté à quelqu’une des fc^rmes du mal de Bright. Pas d’alcoolisme, pas de goutte articulaire, pks de rhumatisme.
Si le diagnostic laissait place à quelque doute, le pronostic, en revanche, était facile. J’annonçai aux élèves du service, que d’ici à un ou deux jours, le malade serait pris d’accidents urémiques, auxquels il succomberait, à moins que l’excrétion de l’ùrine ne se rétablisse spontanément.
Diète lactée. Lavement purgatif. Bain tiède prolongé.
Dans la journée, il y eut uh pfeniiér vomissement. Après le bain, le malade rendit, dans un verre, un dé d’urine, la seule qu’il ait rendue depuis dix jours, là seule qu’il devait rendre jusqu’à sa mort; cette uriné était trouble et albumineuse.
Le lendemain 27, langue saburrale, éructations, tremblement léger des extrémités. Température rectale, 36,8.
Les jours suivants, l’urémie s’accentua de plus en plus : langue sèche, hoquet, vomissements, diarrhée favorisée par des purgatifs. Température reétale, au voisinage de 36,8. Respiration accélérée, inégale, suspirieuse, dont l’examen de la poitrine ne rendait pas compte. Secousses réflexès dans les membres, provoquées par les excitations périphériques. Un peu de délire calme. Affaissement progressif de l’intelligence. Enfin, coma de quelques heures, et mort le 1 er octobre.
Température rectale immédiatement après la mort, 36,4.
Au total, quinze jours d'anurie complète (à part les 2 centimètres
cubes d’urine rendus le 26 septembre); sur ces quinze jours, dix jours sans urémie sensible ef cinq jours d’accidents urémiques à partir du premier vomissement.
Autopsie .— La vessie est vide et saine, ‘
L’uretère droit est complètement obstrué â son tiers supérieur par un petit calcul urique, dur, du volume d’un gros pois, allongé et immobile. Au-dessus de ce calcul, les voies urinaires sont très peu dilatées et contiennent un liquide sanguinolent. Un des calices a seul subi une dilatation notable, et fortne une ampoule grosse comme une noix dans le parenchyme rénal. La substance corticale parait sclérosée à l’œil nu. Le rein a son volume uormal et n’est pas déformé.
L’uretère gauche est complètement libre. Le rein gauche est un peu augmenté de volume et congestionné. Dans un calice existe un calcul urique, jaunâtre, dur, en forme de croissant régulier, ayant 2 centimètres 1/2 de longueur et 1/2 centimètre d’épaisseur à sa partie moyenne. Ce calcul est entièrement libre dans le calice; quand on l’engage dans Turetêre, il- l’obture par l’une ou l’autre de ses extre-mités. ------
Pas d’autres concrétions dans les voies urinaires.
Les autres organes h’ont pu être examinés.
Observation IV. '
Hydronéphrose, très considérable formée dans le. rein droit, à la suite de l’obstruction de l’uretère par un calcul ; anurie complète à la suite de l’obstruction de l’uretère gauche. Mort.
(Rayer. Traité des maladies des reins, t. III, p. .490).
M. V. .., âgé de 64 ans, avait ressenti à l’âge de 22 ans, dans la région du rein droit une douleur qui se propageait obliquement vers la vessie en suivant la .direction de l’uretère ; cette douleur persista et augmenta de plus en plus, et les urines étaient parfais sanguinolentes, et même quelquefois d’une teinte noirâtre. Le malade était pâle et maigre. Peu à peu Rurine cessa d’être sanguinolente et reprit ses caractères ordinaires, et lu santé de M. V.ii devint très bonne ; et, pendant une longue suite d’années, il jouit d’une, santé florissante.; Pendant l’hiver de 182.8, il-eontracta une .bronchite qui persista plusieurs mois, et au printemps.-de 1823,une névralgie sciatique.
M. V... commença vers l’année 1820 à acquérir de l’embonpoint qui augmenta de plus én plus : le volume du ventre prit un accroissement Merklen. ' : r 19
fort remarquable, et, dans les derniers temps surtout ce volume dù ventre le gênait considérablement dans la marche.
Le 18 septembre 1834. M. V... éprouva dans le ventre un malaisé qui l’obligea à s’aliter ; des douleurs se faisaient sentir dans tout l’at)domen, mais surtout vers la région du rein gauche. Cette région était douloureuse, au toucher, le malade n’urinait point, n’avait même âu“ cane envie d’uriner et la vessie n’était point distendue. Pendant dix jours, M. V... n’eut aucun besoin d’uriner et au bout de ce temps seulement il rendit deux verres d’une urine citrine. En examinant le ventre, M, Hamel et moi, nous constatâmes la présence d’une tumeur volumineuse qui s’étendait obliquement de l’hypochondre droit vers la fosse iliaque gauche. Cette tumeur présentait une fluctuation obscure, nous pensâmes qu’elle était formée par le rein droit distendu. L’état du malade devint de plus en plus grave. La langue se couvrit d’un enduit limoneux. Les traits s’altérèrent, les nuits furent agitées, le pouls s’affaiblit; il survint des hoquets et le malade expira le 13 octobre 1834, à 9 heures du matin.
A l’ouverture du corps, nous trouvâmes le rein droit prodigieusement distendu et converti en une poche remplie de 7 livres 11 onces d’un liquide filant; la tumeur avait 16 pouces de long de bas en hautla longueur de son bord convexe était de 22 pouces, et celle de son bord concave de 16 pouces; la tumeur avait 7 pouces 6 lignes d’épaisseur à son milieu. L’uretère, dilaté à son origine, se rétrécit bientôt subitement, et dans cette espèce d’étranglement on sentait un petit câlcùl engagé dans ce conduit, qu’il avait-complètement obstrué. Au dessous de cet obstacle, Purétère reprenait" ses dimènéionfi ordinaires.
Le rein gauche était considérablement gonflé et rbugè ; le bassinet était notablement dilaté et arbofisé; l’üretêre gandhe; Comme celui du côté droit, contenait un petit calcul arrêté à 5 pouces environ du bassinet. La vessie était saine et les autres organes de l’abdomen étaient dans l’éteit naturel.
Observation V.
Anurie de vingt-deux jours. Rémission avec polyurie et albuminurie lê treizième jour. Urémie. Calcul -de l’uretère gauche sans hydrônèphrese. Rein droit kystique. - '
(J. Paget. Transact. of the clinical Society in London, t. Il, 1869).
M. P..., âgé de74 ans, fermier, avait toujoursjoui d’une bonne santé jusqu’à une attaque derhumatisme qui dura du 24 juin au6 juillet 1868
Il se rétablit complètement, resta vigoureux, bien portant,, obèse jusqu’au 23 avriM869 où il remarqua qu’il ne rendait plus d’urine. Déjà la semaine précédente il avait uriné moins que de coutume; mais cette fois il y avait anurie absolue. Néanmoins il ne ressentait aucune doueur ni aùciine 'gêne et M. Stevens de Christcburcb à qui je dois ces détails, n’observa pendant la dernière semaine (?) ni distension de la vessie, ni trouble de la santé générale; - '
Le 24. Même état, aucune-émission d’urine, cathétérisme facile sans urine; on pense à une fausse route.
Le 25. Aucun changement. Le malade mange bien, dort comme d’habitude; il ne se plaint d’aucune douleur; selles normales. Nouveau cathétérisme sans résultat.
Le 28. Le malade vient à Londres et est confié à mes soins. Rien de spécial au premier examen. Pouls et température normaux. Fonctions digestives en bon état. Vessie non distendue ; cathétérisme sans résultat. ^
Lesjoi-rs suivants, du 27 avril au l®’’ mai, aucun changement notable. Le malade dormait beaucoup, environ dix à douze heures dans les vingt-quatre heures. A son réveil, pas de trouble de l’intelligence.
Le 29 seulement, il vomit environ trois onces d’un liquide verdâtre, .avec des mucosités. Son appétit avait diminué mais n’était pas perdu. Constipation.,, deux selles obtenues par le calomel et les lavements Pouls 60 à 70, plein, fort. Respiration, libre et naturelle. Quelqnê? .donleurs-dans la région rénale gauche. Cathétérisme toujours négatif. Diurétiques salins sans effet. . : - .
Le 1®^ mai, c’est^à-dire le neuvième jour de l’anurie, je lui conseillai de retourner chez, lui, pensant que la rnort était proche, ce qu’il fit saqs ■accident.; -
Les jours suivants jusqu’au 5 mai, il n’y eut pour ainsi dire pas 4® changement dans son état. On obtint quelques selles par. des lavements mais sans Urine. - . .
Le 5.-Le malade fut plus somnolent. . . 1
Le.^, Il fut difficile de le réveiUer et dans l’après-midi de ce jour, il eut une petite attaqiie convulsive^ premier phénomène appréciable d’une suppression d’urine datant de treize jours.
Durant la nuit du 6 au 7 mai, une quantité considérable d’urine fut rendue par le malade pendant son sommeil, mais on ne put la mesurer, pnisqu’elle s’était écoulée dans le lit. Ensuite le malade rendit 6 onces d’urine pâle, albumineuse et les quelques mouvements convulsifs cessèrent.
Le 8. Aucune urine rendue ; pour la première fois les battements du pouls s’accélèrent.
Le 9. Quelques tressaillements des bras; mains et pieds très froids. Pouls 84 et régulier. Dégoût pour les aliments. Pas d’urine ; pas d’envie d’uriner.
Le 10* Abattement, expectoration d’un peu de mucus teinté de sang. Pouls 110, intermittent. Conscience conservée 5 tremblements des membres.
Le 11. Assoupissement. Quélqüès selles mais pas d’émission d’urine» Pouls 112, intermittent, les tressaillements continuent,
A partir de ce moment,; il s’éteint graduellement, son pouls devient plus rapide et plus faible ; le tremblement des membres se modifie. ( 2 ) de jour en jour, l'intelligence diminue, selles fétides nôires, pasfi’urine. ;
. Mort le 15 mai, après vingt-deux jours de suppression.
Autopsie. — Prostate modérément élargie, mais non à un degré suffisant pour-avoir empêché l’écoulement de l’uriné.'
Vessie vide et contractée. Muqueuse congestionnée et ecchymosée par places. - ;
IJretère droit sain et perméable partout. Urefèrê gàuchè hypertrophié et dilaté dans sa partie supérieure ; ealcül oblitérai à deux pouces delà vessie. Uretère normal au-dessous de l’obstacle jùsqû’âla véssie. Le çalciil pouvait être facilement porté vers le rèin mais non vers la vessie; cependant il n’était pas si exacteinent moulé sur la paroi de
l’uretère qu’un stylet ,ne pût passer sUr ee^côté. > t -
Le rein droit était réduit à Une coque mince pàrsémée de kystes de différentes grandeurs, le plus grand-ayant un diamètrè de 2/3 d’un pouce. Le bassinet, les calices, rinfundibulum étaient dilatés et contenaient environ une demi-pinte de liquide de lOiO (pesant spécif), légèrement acide, probablement urine mal formée, qui s’échappa facilement dans l'extrémité inférieure de l’uretère quand lé rein tut enlevé.
Pour.le rein gauche, le parenchyme paraissait-'h-ypertrophié et congestionné, kystique par places. Aucune apparence de -dilatation des calices et des bassinets ; pas d’urine dans leur intérieur. ' -
slsgsG srsfithioinèû es-v înatvtirs ^ . ...
cor:-;;'-.- ,^^3sbalsxa si. : Bsiq eh es-aglse-SEi; 2.a.;-.£ÎGv r.
Psà-.-r’eélnliq asr ; stcs&àosTq pJ b üiduldmse, sanzs b: ei^rio . .
-J GO înos s3aD]-is.!-^oidqiîcis, auoeaiod ae-' ?■? .asnj'
c,G iC -1 -sup alïol- is liiervso oi^savïpniàrl ;■ mî -
. - Obser'vatiojsi^. VX,: . ; - -
Observation sur une suppression d’urine chez un sujet qui n’avait qu'un rein et dont d’orifice supérieur de l’uretère se trouva hermétiquement bouché par ■ un:calcul. - ^ . -
(Julia Fontenelle. Arch. de méd., t.-II, p. 5TÎ, 1823).
M. J. Jvig négociant, d’une constitution-athlétique, et d’un tempérament sanguin, qprès avoir éprouvLé des chagrins violents, se rendit en Italie d’où il teyint au bout de, troi§, ans, et après avoir recouvré sa tranquillité ; il était alors âgé de 48 ans et jouissait d’une assez bonne santé, sauf quelques jcpliques jqn’il éprouvait de temps en temps et qu’il attribuait aux.yins-nt aux eaux,-de-vie quhl dégustait journellement en raison de commerce. XJn jour, après s’êtrè livré à une cplêre^viplente,. il fut atteint .diune forte eolique et d’une suppression d’urine totale. Quelques bains de corps, le petit lait nitré, etc., firent cesser en peu de-ternpseés deux;états. I.e!iaêniê accident eut lieu trois mois après, et par .une aeîàblahle cause- lé traitement fut suivi du même succès. Enfin, .deux mois..s’étaient à peine écoulés, lorsqu’à la suite d’une çoLêre'violente il éprouva de fortes coliques et une nou- Velle suppression d’urine. : Ee„ traitement antiphlogistique, qui avait. été employé deux fois avec avantage, fut cètte fois sans succès, il he fit que diminuer la eoliquè; sans tappèler Féboulement d’urine. Le Dr Sernin ayant été appelé, s’empressa de sofidéf lë 'maîadé sans trOilver une goutte d’urine dans la vessie. TJn bain de corps, le petit lait et quelques boissons diurétiques sont administrés: sans succès. Le len-' demain le malade est sondé de nouveau : ropêràtidn tfa aucun résultat; la fièvre se déclare et les pt?- Bech et Maury sont appelés. Le troisième jour quinze sangsues sont-appliquées sur la poitrine ;“lé malade paraît soulag4, ;et . rend natureliement, environ -quatre : onces d’une urine claire, incolore et presque-pointl ehargéel dé -ptincipés salins .- 'Le quatrième jour la fièvre augmente et il survient une hémorrhagie nasale très forte ; on pratique une saignée du pied ; le malade sécrète environ deux onces d’urine semblable à la précédente ; les pilules camphrées, nitrées, et les boissons antiphlogistiques sont mises en usage. Le sixième jour, cette hémorrhagie devient si forte que tous les moyens propres à l’arrêter se trouvant insuffisants, il fallut recourir au tamponnement. Une nouvelle saignée, ainsi qu’un lavament émollient sont administrés ; légère émission d’urine ; mais l’état du malade s’aggrave
fortement. Le septième jour il empire encore; les bols camphrés et musqués, un large vésicatoire sur la poitrine, le petit lait, le sirop d’orgeat, etc., sont employés sans produire aucun amendement; enfin le huitième jour le malade meurt.
L’autopsie cadavérique faite par le D” Sarpin n’offrit rien d’extraordinaire dans aucune cavité ni dans aucun organe; mais en parco.urant la région abdominale nous fûmes étonnés de ne trouver dans le côté gauche ni rein, ni aucune trace d’uretère. Nous examinâmes de suite le côté droit, et nous vîmes un rein d’un volume cinq fois plus gros que dans l’état ordinaire, dont l’uretère était distendu à l’orifice supérieur. Ce réin était dans la position ordinaire de cet organe et non transversalement; Nous crûmes que cè volume devait être causé par une hydfopisie à laquelle nous attribuâmes d’abord cette suppression d’urine, rnâis nous fûmes bien surpris de le trouver sain, sans aucun calcul, ni sans une seule goutte de cette sécrétion animale. Parvenus à l’uretère, nous aperçûmes un calcul qui eh bouchait hermétiquement l’orifice supérieur. Ce calcul, d’une couleur jaune fauve, ayant la forme d’une amande et pesant environ 5 grammes, était engagé aux trois quarts dans l’uretère. J’ai mis de côté un fragment pesant 1 décigTâmme qui s’en était détaché en l’enlevant, et je constatai par l’analyse que ce calcul était constitué par de l’acide urique.
Observation VU.
Anurie de neuf jours et demi. Urémie. Mort., Atrophie ancienne du rein droit.
Occlusion câlculeuse de Turetère gauche.
(Roberts, On urinary and rénal diseasesj.
Homme de fi7 ans, ayant, douze ans auparavant, été atteint de colique néphrétique, mais sans avoir rendu de calcul. Six semaines avant sa mort il avait présenté les symptômes d’une affection calculeuse du rein gauche avec fréquentes mictions et douleurs au niveau de cette région, etc.: Quinze jours avant, sa mort, après une longue promenade, le malade ressentit'tout à coup une violente -douleur dans le rein gauche; douleur qui persista aussi intense pendant quatre jours et fut accompagnée, de mictÎGns très fréquentes, mais peu abondantes. Au bout de ces quatre jours, la suppression s’établit tout -à coup et ta- douleur cessa quelques heures ensuite. Je ’iis le malade le troisième jour de cette suppression. H ne présentait aucun symptôme en rapport avec la suspension de la fonction rénale. Jè le trouvai
calme, ne ressentant aucune douleur ; ni natisées ni •vomissements, pas d"envies d’uriner ; pouls 80, langue nette, peau sèche, insomnie les deux dernières nuits. On ordonna un bain bhaud, "une mixture saline. On étendit un Uniment le long du trajet de l’uretère et on y fit des massages. Le jour suivant, quatrième jour de la suppression, une pinte d urine pale et limpide fut rendue. Le malade avait transpiré abondamment et dormi quelques heures. En palpant les régions rénales, on sentait la droite aplatie et vide, contrastant avec la gaücbe, qui présentait une surface arrondie et résistante comme à l’état normal.
Le jour suivant (cinquême de la suppression), émission de 12 onces d’urine, claire, presque incolore, d’une densité de 1010 sans albumine, et contenant 1,92 grains d’urée par once. Anorexie, soif, nausée et parfois vomissement, un peu de trouble intéllectuel, mais pas de véritable délire. Pouls 80, rèspiration 24,
Le lendemain (sixième jour), mêmes symptômes avec grande agitation et insomnie. Emission de 16 onces environ d’urine incolore, d’une densité de 1011, contenant 2,08 grains d’urée par once, de nouveaux symptômes apparaissent ; sécheresse de la langue vers la pointe, contraction des pupilles et parfois du hoquet; dans la soirée le malade perdit encore 6 onces d’urine l’impide; densité, 1811. Température axillaire, 98,6.
Dans l’après -midi du jour suivant (septième) grand changement^ mais avec aggravation. Pouls 80, irrégulier, respiration 28, laborieuse, traînante, interrompue:; langue sèche et brune, tressaillements musculaires par tout le corps. Le malade est indifférent, assoupi ; cependant il répond encore intelligemmènt. Pas d’urinh -depltmi dix-huit heures,
La mort survint trente-six heures, après ma dernière visite, neuf jours et demi après le début de la suppression. Pendant ,1a dernière période, les Symptômes furent notés, par l'e.'- Dt Mellor, avec qui-je : voyaisi.e malade.La respiration devintyde plus en pîus lente et laborieuse, à caractère suspirieux ; rindifférence augnicute, mais le malade répondait encore yes ou no aux questions qu’on lui fmsait, mais lentement et à contre-cœur. Pupilles réduites au volume d’une tète d’épingle. Enfin coma absolu. Il y eut peut-être quelques convulsions dans les instants . qui précédèrent la mort.
Autopsie. — Rigidité cadavérique,complête. Corps bien conservé sans odeur urineuse ou ammoniacale. Tous les organes sains, sauf les.reinset les uretères. Le rein droit était complètement transformé en une masse fibreuse parsemée de kystes et pesant 2 onces 1/2 ; Turetère cor-, respondant était oblitéré dans tout son trajet et transformé en une corde fibreuse, A sa partie moyenne, il présentait un épaississement
qui doublait ses dimensions. La partie élargie était fibreuse et solide comme le reste dd conduit. Pas de calcul, ni dans le rein, ni dans l’uretère, mais on suppose que la partie épaissie avait été autrefois le siège d’une oblitération et quq le calcul ou ce qui avait amené cette oblitération avait été peu à peu dét;rüit par absorption.
Le reiri,gauche était très.gros ; U pesait 10 onces. A la section, coloration foncée, congestion intense. L’uretère était aussi large qu’une plume d.’oie et distendu, par l’urine. A son extrémité inférieure setrouvaient trois petits calculs, d’oxalate de chaujx de la grosseur d’un grain de chènevis et pesant à eux trois, environ 1 grain 1/2., L’un d’eux était étroitement adhérent à la partie terminale df^ Xuretère, à son passage dans les parois de la vessie, ét ayait amené l’oblitération. Le liquide retenu dans l’uretère s’élevait, àjl, grammes et consistait en une urine sanglante et grumeleuse. La cavité du rein était seulement un peu dilatée et contenait environ deux drachmes d’une urine sanglante.
La vessie renfermait six onces, d’urine pâle et claire. Ses parois étaient saines. ... -
Observation Vllf.
.Anurie calculeuse de neuf jours. Urémi.e» ;Mort,,;Ijéaion ancienne du rein gauche. Occlusion calculeuse du rein droit.
(Roberts. On urinary and rénal diseases).
Homme de 59 ans, robuste, de taille élevée^ ayant souffert quatre années auparavant de coliques néphrétiques du côté gauche. Après plusieurs sémainés de souffrance, deux calcûls d’âcîde urique avaient été rèndus,-puis'tout s’étaîtéàlmé.- ‘ ■
Après quatre annéés dë bénhé Santé^ le malade fut saisi un matin, sans cause déterminée, d’une douleur soudaine dans la région rénale droite et adssi d’une violente énvié^d’urihérî - La doülèur et le besoin impérieux d’urinév confihdiêrehti jusdha dans - l’aprés-midi. Toiitè la journée, le malade rendît, a^e courts" ibt'ervalleéi de pétites quantités d’une urine sânglâhtèV’s^êlevaht ëtt bcfùt àéiiviroh une demi-pinte. Pémdant-tout ce jour, l’estomac ëè montra^três irritable. Enfin vers le soir l’écoulement de l’urine cessa complètement et la douleur diminua.
Je vis le malade pour-la-prëmièrê fois^ environ cinquante heures après le début de 4â suppression. J^êlâiA assisté de M. Grendrùd^ de New-Mills. Depuis^ je wbîëéàâlâfië chaquè-jour jusqu’à la' mort-qui arriva neuf jours et quelques "hèürës après de l’écoulement
d’urine. Durant tout ce temps, le .malàde n’üriha qu’une seule-fois, le
— iss-
quatrième jour, et il rendit alprs 2 onces d’urine. Après la mort, la vessie fut trouvée vide. L’aspect de l’urine était tout à fait caractéristique d’une suppression par oblitération. Densité, 1,010. Elle contenait un peu de sang et aussi quelques traces d’albumine. L’urine ayant déposé, elle présentait une couleur jaune pâle, analogue à celle de la paille. Le dépôt contenait, outre les globules sanguins, un grand nombre de cellules épithéliales modifiées et ressemblant à celles des cavités du rein.
Le cas observé avec beaucoup de soin pendant toute sa durée, peut être présenté comme un type de mort par anurie. Le Garrod, mandé de Londres, se joignit à nous le cinquième jour de la suppression. Les six premiers joursj les symptômes furent étonuemment bénins, et c’est à peine si l’on pouvait soupçonner que l’une des plus importantes fonctions de l’organisme se trouvait supprimée. La force musculaire avait bien diminué, le sommeil laissait à désirer, mais le malade était calme. Sa langue, sa peau et ses pupilles étaient normales. Il n’y avait eu qu’un peu de nausées et pas de vomiésernents après le qùatriêmé jour; l’intelligence n’était nullement obscurcie. La respiration ni la sueur n’exhalaient aucune odeur, urineuse, pu a,mmoniacale. Pouls plein, 72 pulsations ; respirations, 24. Température s’écartant, à peine de-la normale. Pas d’envies d’uriner. A peine un peu de douleur et de sensibilité dans la région rénale droite ; le malade^ continue à s’alimenter convenablement.
Le septième jour, les symptômes caractéristiques de la suppression commencent à se montrer. Quelques légers tressaillements et tiraillements du tronc et des menrbres j la; langue commence à se dessécher. L’insomnie, marquée dans la première.période, ; devient de plus en plus pénible. Assoupissements de courte..durée, tressaillements dans cet état comme dans l'état de veille. ^ Le .malade; s’alimente convenablement. Ni vomissements,-ni, soif passagèrement, , quelques légères nausées. - \
Le Huitième jour, le malade était- encore calme, son intelligence n’était pas obscurcie et il ne^ témoignait pas d’indifférence lorsqu’il était bien éveillé; mais si qn l’abandonnait à lui-même, il retombait constamment dans son état d’ngitation et d’assoupissement, de réveil? en sursaut. Les contractions musculaires étaient plus marquées que la veille ; la faiblesse musculaire; nyait, considérablement augmenté; cependant le patient peut se lever, s’habiller et passer ainsi une heure et demie dans sa chambre à coucher. Pupilles norrnales. Alimentation aasez satisfaisante : un quart d.e lait, du chocolat, du pain et du beurre, du gâteau de riz. Depuis le. commencement de. la maladie, des sueurs profuses avaient été obtenues au moyen de bainsjchands. Ni nausées, Merklen. 20
ni vomissement. On remarque ce jour-là dans la respiration un caractère suspirieux qui ne fait que s’accroître de plus en plus jusqu’à la mort. La température commence à diminuer.
Le neuvième jour, grand changement, mais en pis. Insomnie et agitation de plus en plus inquiétantes. Contractions musculaires répétées et intenses. Langue et bouche entièrement sèches. Pupilles très resserrées, mais encore un peu sensibles à la lumière. Soif, perte d’appétit. Faiblesse si grande, que le malade ne peut faire un pas sans le secours de deux personnes ; on avait dil le porter dans le bain. Nausees non persistantes, mais vomissements provoqués par l’ingestion d’une poudre de jalap. Quoique l’intelligence fût nette, lorsqu’il était réveillé (il traitait de ses affaires avec son homme de loi), il devenait tout à fait indifférent si on le laissait dans le calme et tombait rapidement dans un état d’assoupissement, la bouche ouverte, la mâchoire demitombante ; respiration suspirieuse avec une longue pause entre l’expiration et l’inspiration.
Le 10® jour, à 1 heure de l’après-niidi, mort du malede. La maladie avait duré un peu plus de neuf jours à partir du début de la, suppression. Deux onces seulement d’une urine très claire avaient été rendues pendant tout cet intervalle.
Les accidents qui marquèrent la terminaison fatale furent des plus pénibles. Augmentation extrême de la faiblesse ; nuit presque sans repos. Le malade était sans cesse sur pieds pour aller à la selle, mais ne put pendre qu’un peu de muCus. Augmentation de la soif, de la sécheresse de la bouche èt des convulsions. A 6 heures du matin respiration très embarrassée, menace de suffocation. Le malade prie instamment qu’on l’assoie sur le bord du lit. Eructations nombreuses et inlènses qui amènent un grand soulagement. Après deux heures le malade se couchait, mais la tête très élevée. Les jambes étaient devenues complètement impuissantes; il disait qu’îl ne les sentait plus. A 9 heures, poulsà80°; respiration àl5“, très laborieuseet interromptie. Pupilles très fortement contrâctéès.Tressaülements incessants dans tout le corps et dans les membres. La respiration devient plus embarrassée. On soulèvele malade sur le bord dulit, puis onle porte dans son fauteuil. Les forces diminuent dé plus en plus la rèspiration devient de plus en plus difficile ; le malaise et l’inquiétude augmentent ; jassoùpissements puis réveils en sursaut. Le malade reste dans son fauteuil jusqu’à 1 heure après midi ; à ce moment il se laisse glisser, on veut l’aider à se relever, il demande à ce qu’on lui frictionne lés mains et retombe sans vie. Ni coma ni convulsions. La nuit il semblait en proie au délire, rnais si on le réveillait, on le retrouvait conscient et avec une intelligence intacte. La respiration avait présenté dans les derniers
jours ua caractère particulier qui s’accentua à mesure que la mort approchait. Inspiration de plus en plus prolongée et laborieuse expiration plus courte et plus suspirieuse ; pause prolongée entre elles. La difficulté de la respiration qui parait avoir été la cause déterminante de la mort était évidemment due à l’affaiblissement de puissance des muscles inspirateurs,
L’autopsiefut limitée à l’abdomen. Tous les organes étaient sains sauf les reins et les uretères. Le rein droit était augmenté de volume et pesait environ 11 onces et demie. Sa surface était parsemée de nombreux points ecchymotiques. Elle était ainsi que la surface de section, d’un pâle pourmelé, anémiée; ce qui contraste fortement avec le rein de couleur sombre, presque noir, trouvé dans la première observation. Les cavités du rein et l’uretère ne présentaient pas la moindre dilatation ; ils contenaient environ deux cuillers-âthé d’une urine sanglante. On trouva dans la partie inférieure de Turetère un petit calcul d’acide urique solidement fixé à sa paroi, juste au-dessus du point où le canal s’abouche dans la vessie. Il avait à peu près la forme et la taille d’un grain de chenevis et pesait 1 grain ,1/3.
Le rein gauche était complètement détruit. On trouva à sa place un sac iobulé à peu près de même dimension qu’un rein normal. A la coupe, ils s’en échappa environ 5 onces d’un liquide d’un blanc opaque tout à fait analogue à du lait frais. Ge liquide d’aspect singulier conserva sa ressemblance avec du lait, même au bout d’un long temps. On constata qu’il était formé de myriades d’aiguilles d’urate de soude nageant dans un liquide très riche en albumine. Les parois du sac ressemblaient à une peau molle, d’une ou deux lignes d’épaisseur, tout à fait dépourvues de structure analogue à celle du tissu rénal. La cause de la lésion fut trouvée à l’origine de l’uretère où l’on trouva un calcul d’acide urique, du poids de 52 grains obstruant complètement son calibre. Le reste du canal était libre et normal.
La vessie était vide et êaine. Lé corps était bien conservé et n’exhalait ni odeur urineuse, ;ni odeur ammoniacàlei
Observation IX.
Anurie de cinq jours précédée de troubles de la sécrétion urinaire. Urémie.
Mort. Calculs des deux uretères.
(Roberts. On urinary and rénal diseases).
Homme de 40 ans, ayant souffert trois mois dp coliques néphrétiquès du côté droit et rendu à la suite quelques petits calculs. Il s’était
bientôt remis de cette attaque et vaquait à ses affaires comme d’habitude jusque vers trois semaines avant sa mort. Il commença alors à souffrir dans la région rénale gauche et cette douleur persista pendant quinze jours. Durant cette période, l'émission de Turine parut aussi abondante qu’autrefois, mais la femme du malade déclara qu’elle avait entièrement changé de caractère ; auparavant elle était foncée, maintenant elle était claire comme de l’eau.
A la fin de cette quinzaine survint la suppressioii complète de l’urine, puisTà Ddort au bout dé cinq jours. , . ^ ^ ,
Je ne vis le malade qu’une fois le jour qui précéda sa mort, et en cohsuitatîbn avec M. Edwards de la même ville. Il était alors sous le coup d’un empoisônneméht urémique manifeste : pupilles réduitës au vôlümè d’ünè fête d’épingle, tressailleinents musculaires dans tout le corps, respiration suspirieusé, lente, ihterronapue.. Langue et bouche ehtiérémeiit èêches. Àgitàtibn continuelle ; indifférence presque complète; cépéndant réveillé il répondait encore intelligemment aux questions. Mort le lendemain de ma visite sans cdma ni convulsions. Une héüré avant sa mort il pouvait encore parler d’une façon sensée. Aütbpsie le léndémàinl;
Le cbi^'s hé présentait pas d’odeur urineuse ou ammoniacale ; il était
sain partout excepte “du côté dés orgàhés urinaires..
Le rein droit présentait un volume à peu près normal. Il était cependant en voie d’atrophie et réduit à une coque formée par ce qui restait de la substance corticale pâle et rnaTade." îhîuhdibula modérément distendus, contenaint environ une once de liquide pâle qui ne fut pas recueilli. L’uretère droit était oblitéré à son origine par un calcul d’acide urique de'forme allongée et pesant environ 22 grains et demi.
Un autre petit calcul gros comme un grain de chenevis fut trouvé dans un des infundibula. ‘ L’uretère au-dessous de l’oblitération était normal. ' " :
Le rein gauche était très gros, mais sain. Il avait l’apparêhce pomméléé du rein" HrôîÛdans f bosèrrtition ll.\Oh t'rouv^^ à^’état libre dans les infundibula trois petits calculs d’acide urique “gros comme “des grains de moutarde qu’on aurait aplatis. L’uretère et les cavités du rein étaient modérément distendï&*pàr^u'liqüîdé. L’uretère paraissait de la grosseur d’une plume d’oie. En l’ouvrant on trouvait des érosions superficielles sur tout son trajet, révélant l’expülsioü -éntérîèùrè d’un calcul. On le trouva en effet âii voislnagpe dé lâ vêssie à la terminaison de l’uretère. Il glissé dans lé “Vessie durant lés'ihànipulations de la pièce. C’était un calcul d’acide urique arrondi, de la taille d’un petit pois et pesant un grain et demi. ■ ■ 30 -: ^ -
Lé vessie étâîLvrde et saine i '
Observation X, '
thiase rénale. Anurie incomplète de quinze jours. Mort.
Pas d’autopsie.
(Roberts. 6n urinary and rénal diseases).
Homme de 65 ans, sujet depuis quelques années à des attaques de coliques néphrétiques et ayant rendu de temps à autre des calculs d'acide urique. Environ quatorze jours avant ma visite des accidents de coliques néphrétiques à gauche étaient survenus, avec douleur dans les lombes et fréquente miction. J’appris que pendant ces quatorze jours, lé malade avait rendu une quantité considérable d’urine mais d’une façon irrégulière, environ deux pintes en moyenne. Il y avait des jours où il n’avait pas rendu d’urine, tandis que d’autres jours il en avait rendu de grandes quantités en deux ou trois fois.
Lorsque je vis le malade, il était dans la dernière période de l’urémie. Pupilles très fortement resserrées. Nombreux tressaillements musculaires dans tout le corps. Pouls 100. Respiration 16, très suspirieuse. Intelligence entière lorsqu’on excitait son attention.
L’hypogastre était saillant et mat. LeH' Jepson et moi nous introduisîmes une sonde et retirâmes deuxjiintes d’urine ayant les caractères de l’urine appartenant à la suppression par oblitération : très pâle, de densité 1006. '
La mort arriva le quinzième jour de la suppression, laquelle du reste ne fut jamais que partielle. L’âutopsie ne fut pas permise, mais il n’était pas difficile de deviner ce qui s’était passé. Le rein droit avait sans doute été détruit à une date antérieufê par l’oblitération de l’uretère par un calcul. Le rein gâüche devenu lé seiil organe de la fonction urinaire avait eu ensuite a subir le même accident . Un calcul engagé dans l’uretère n’avait pu cheminer jusqu’à la vessie, d’où suppression incomplète et mort en quinze jours. ^
JIBI--OSSERYATION-XLci.. ' —am-iG-.--
Auurie.de dix jours. Tumeur de la fosse iliaque droite. Polyurie abondante = ^ et disparition de la tumeur, , i,. -i &C'- , iU'-i- .{Roberts. Loc..oit., d’après Allbutt>..
M. W..., âgé de 56 aus, homme sain et vigoureux visité pour la première fois par M. Wheelhouse, le mercredi 1.1 septembre 1867. Il
se plaignait alors d’une douleur violente dans la région lombaire, d’un sentiment de plénitude et de pesanteur, d’un malaise général, de troubles fébriles.
I.undi 16 septembre. Signes de la descente d’un calcul dans le canal de l’uretère.
Samedi 21, Le calcul suit selon toute apparence sa marche dans le canal de l’uretère.
2 octobre. Depuis la dernière visite le calcul parait s’être arrêté à l’entrée de l’uretère dans Ta vessie; douleur persistante avec paroxysmes jusqu’à trois heures du matin. A ce moment il s’est produit un soudain et complet soulagement. On dit au malade de se surveiller au sujet des accidents possibles d’une pierre dans la vessie qui pouvaient se manifestèr. A 6 heures, il rend une petite quantité d’urine.
Jusqu’à ce jour, la miction s’était faite librement et l’urine était norniale.
Le 3, 9 heures du matin. Aucune urine rendue. Cathétérisme, on ne trouve pas d’oblitération. Vessie complètement vide, 3 heures après midi, mèmè état. Absence complète de douleur, pas d’urine. Aucun signe d’urémie, 10 heures.'Consultation avec le D^^ Albutt, Même état. Température 100°, On ordonne dés bains chaùds et des fomentations.
Le 4 (vendredi) 9 heures du matin, mènae état. Pas d’urine. Pas d’urémie. Beaucoup dé malaise'lbcal et 'd’agitation. Température 98,2. Fomentations, purgatifs salins et délayants. Bromure de potassium avec un peu d’iodure, l’opiùm étant contre indiqué, 9 heures du soir, même état. Expulsion d’une goutte ou deux d’urine juste assez pour faire une taché au fond d’un petit vase. Aucuu symptôme d’empoisonnemént* Malade ayant toute son intelligence et se trouvant beaucoup mieux.
Le 5. M. W... est appelé à 5' heures du matin. Vive douleur au même endroit que les premiers jours. Engourdissement dans les membres du. meme côté. Pas une gôùtté d’^urine quoique fréquentes envies d’ùfiher. Sp. Ether sulfüfiqüè ordonné chaque demi-heure, 8 heures 30, Vù avec lé D"^ Albütt. Là douleur a cédé à quelques doses d’éther. Pas d’urine. Respiration calme. Perspiration normale. En percutant, matité dans toute la moitié gauche de l’abdomen.
Matité modifiée un peu par la positiôh. Malade lucide et intelligent. Pas d’assoupissement, éther et bromure abandonné, 3 heures après midi. Même^tat, La douleur réapparaît. Nf uriné ni urémie, 9 heures 30. Vu avec le Aibutt. Examen physîqüê. Matité dans toute la région hypogastrique au-dessoüs d’une ligne transversale passant par le nombril. Le toucher rectal détermine de la douleur dans un point situé derrière la prostate mais 6h né sent aucune saillîé; Cathétérisme
facile suivi de l’issue de quelques, gouttes d’uriné environ 20 à 30 ; puis à la fin de l’opération expulsion d’un peu de mucus sanguinolent. L’exhalation pulmonaire a une odeur urineuse. Esprit net. Pas de céphalalgie. Pouls un peu plus faihle et rapide. Le pouls et la température avaient toujours été normaux.
Le 6, 9 heures 30. Pouls 96. Amélioré. Température 98,2. Bonne nuit mais pas d’urine. La matité abdominale remonte un peu au-dessus du nombril du côté gauche, mais est descendue du côté droit. L’exhalation pulmonaire ne présente plus d’odeur urineuse. Les purgatifs salins avaient maintenu l’intestin libre jusqu’à aujourd’hui où le malade ne vapas à la garde robe, 9heures 39 du soir. Intelligence merveilleusement nette. Sommeil tranquille de cinq heures. 2 selles fluides. ^Pas d’urine si ce n’est quelques gouttes après beaucoup d’effort. Le malade est gai, peut s’asseoir et se leyer; il se promène dans sa chambre. Il tousse uu peu, ce qui imprime quelques secousses un peu douloureuses à la région hypogastrique. L3ngue. chargée ; le malade mange convenablement mais peu à la fois. Il a mangé une petite, perdrix aujourd’hui. Pouls et température normaux. Respiration.tranquillei Pas d’oedème malléolaire. Matité dans toute la région hypogastrique.
Le 7, 9 heures 30 matin,. Bonne nuit. Pouls normal. Température97». Ni stupeur ni mal de tête,. Sensation d’une, tumeur mobile dans la partie inférieure de l’abdomen. Quelques gouttes d’urine environ une cuiller à thé, rendues après des effqrts répétés, , 10, heures du soir. Sentiment de pesanteur à r.hypogastre du côté, gauche et douleur à cet endroit provoquée par la toux. Malaise pendant la journée Pouls normal ainsi que la température. Pas de signes d’urémie..
Les 8, 9, 10. Même .état. Peut-être un peu d’assoupissement et une tendance à r égarement
Le 11. Ce matin un peu d’urine ; on ne l’a pas mesurée. Beaucoup d’hébétude manifestée au ré.veiL.Mine triste^t assoupissement. Pupilles rétrécies. Matité abdominale à peu près la même. Elle s’est un peu accrue à gauche pour diminuer à droite. Purgation sans qu’aucune médecine ait été administrée.
Le 12. Un peu moins d’obtusion de l’intelligence. Un bainchaud, qui lui fait du bien. Nouvelle diarAée qu’on ne cherché pas encore à arrêter. Langue chargée. Appétît-nul. Température normale.
Le 13. Amélioratipn murquêe-Abondant écoulement d’urine dans la nuit. Intelligence lucide. Soirêeexcellente,-appétit un peu revenu. Matité anormale beaucoup diminuée.
. Le 14 et 15.. -Violente douleur 5 tiraillements intenses et paroxystiques. Elle se montre à la même place que les premiers joürs, au |dèssus et à gauche dupubis'. Malade irritable agité. Expression de fatigue
et d’anxiété. Pas de douleur à l’extrémité de la verge. Pouls 100, faible. Température 100. Comme l’émission <îe l’urinè est maintenant très abondante, nous pouvons ôtddnner du champagne, des injections de morphine, des bains chauds qui font bêaucoup bien. La diarrhée persiste encore.
Les 16 et 17. La douleur a cessé. On n’a pas trouvé de pierre, convalescence.
Le 21. Peut être cohsiâêfe comme guéri. Fonctions normales. Bon appétit. Plus de matité dans Tabdomeh.
: Observation XII.
’ Anurie de neuf jours. Guérison après expulsion de plusieurs graviers.
(Roberts, d’après Duigan).
Robert Duigan, Homme fort, vigoureux,''dans la force de l’âge, marchand dé bétail et vivant â la campagne.^’A souvent souffert de coliques néphrétiques et rendu des calculs d’acide urique. La suppression commença par une douleur dans lés'lombes des deux côtés. Elle durait dépùis trois du quatre jours quand le D” Duigan vit le malade en consultation avec le D'" Smallmann de Willing han. La douleur avait com-
temént disparu et sauf la perte d’appétit et la suppression d’urine, ne présentait rien à noter. On le sonde; la vessie est vide. Il reste dans cet état pendant neuf jours encore sans rendre la moindre quantité d’urine et sans présenter aucun symptôme inquiétant, envies de vomir ou autres signes-d’empoisonnemert urémique. Au bout de ce tempsy les reins se mirent à fonctionner et il rendit une grande quantité d’urine claire, et de densité faible ne contenant du reste rien d’anormal. Avec cètte urine il rendit aussi trois ou quatre petits calculs d’aèide ûriqüe et peu après il fut complètement rétabli .
A;jsrb a-j cü-
Observation XHL 2-. < ;
Observation d’une suppression totale de la sécrétion de l’urine dans les reins. Anurie calculeuse de dix jours.
(Oaultier de Claubry. Biblioth. méd., t.' XLVIIT, p. 368.
Rayer, t. III, p. 21).
La suppression de iurine fut subite et complète. Elle succéda à beau- .Joup-d’erfeurs dA régime, d’excès de tous genres, de chagrins, d’itn-
prudences et à plusieurs attaques de coliques néphrétiques, avec expulsion de petits calculs et quelcjuefois rétention d!urine. Elle a duré deux cent vingt-quatre heures,‘n’a été accorapa^née ni de fièvre, ni de douleurs vives à l’intérieur, ni d’envies d’uriner, ni (au moins d’une manière prononcée) de ces phénomènes graves qui, dans les rétentioiis d’urine, signalent le transport de ce fluide dans toutes les parties de l’éçonp-^ mie ; point de.fiêyre urin^se, de symptônies putrides, de lésions des facultés intellectuelles,'d’èpanchefnent séreux considérable, Àu lieu de tout cela, peu ou point de sommeil, du malaise, de l’inappétence-, un froid aux jambes avec douleurs intolérables aux genoux et aux mollets surtout, qui alternent quelquefois.avec des douleurs momentanées de l’abdomen, des flatuosités, une bouffissure du ventre, enfin une faiblesse qui, extrême dès le début,: s’est accrue chaque jQUr, et à laquelle s’est jointe de l’oppression pendant les vingt-quatre dernières heures de la vie du malade.
A l’ouverture du cadavrei l’épiploon, mollasse et fluant sous les doigts, a paru dans un.état de décomposition -, l’abdomen contenait.une chopine de sérosité, mais, aucune trace d’infiltration ne se remarquait aux environs des reins : ceuxrcij .ensevelis dans une, graiss.e,, comme squirrheuse par sa dureté,' .avaient leurs, veines extrêmement .dilatées par un sang noir et épais,? très .foncé .en couleur et d’une, consistance qui les faisait crier sous, le. bistouri, à la .manière.4es.cartilages (phénomènes moins marqués à l’égard du rein drqit)ils n’ont,pag.fourni à la pression une seule goutte d’urine. Tous deux avaient leurs calices exactement remplis par des calculs, qui variaient de telle sorte,, que le seul qui existât à droite, était formé d’acide urique et de sous^phosphate de chaux, intimement mêlés, tandis que chacun des.quatre trouvés du côté gauche offrait un noyau d’oxaiate de cbaux,?. enveloppé d’une couché d’acide urique. Les uretères, aussi bien que, la vessie, étaient fort resserrés sur eux-mêmes et p.arfaiternent.vides d’urine, un demidé seulement de ce fluide se voyait entre les calculs du rein gauche et à la surface des mamelons ; ceux-ci, dans les deux reins, étaient hérissés de quelques grains calculeux. - . '
Observation XIV.
Urémie par obstacle àTexcrêtion des urines. Calcul vésical enchâtoaué comprimant l’embouchure-des uretères.
(Amodru. Bulletins de la Société anatomique, 1875, t. XX, p. 298,)^
J... (Marie), 68 ans, couchée au n° 11 de la salle- SainterAgathe (Saint-Antoine, service de M. Molland).
Merklen. 21
Cette femme avait été trouvée dans une chambre où elle vivait seule. Les personnes qui l’apportaient à l’hôpital n’avaient pu fournir des renseignements de quelque valeur sur ses antécédents.
La malade était plongée dans un coma profond, d’où on ne pouvait la tirer que par des excitations très vives. Si Von pinçait fortement la peau des membres, la malade les retirait. La pression exercée sur le ventre était particulièrement douloureuse et arrachait à la malade un gémissement plaintif. La respiration était stertoreuse ; le pouls petit, filiforme.
La mort eut lieu pendant ïa nuit.
Autopsie. On a trouvé la vessie fortement rétractée et vide d’urine; le réservoir ayant été ouvert, on a rencontré un calcul du volume d’un petit œuf de poule, occupant le trigone vésical, enchatonné dans rêpaisseur de la paroi, de façon à être imniobilisé et à comprimer exactement l’embouchure des deux uretères.
Les uretères sont d’ailleurs énormément distendus; ils ont à peu près le volume du pouce. La dilatation est plus considérable sur l’uretère du côté gauche, que sur celui du côté droit.
A gauche, la dilatation se continue sur le bassinet correspondant, lequel contribue à former une vaste tumeur fluctuante, pleine d’urine, tumeur dont les parois sont constituées à la fois par le bassinet et par ïa substance propre du rein, refoulée comme une bandelette mince au pourtour de la poché.
L’atrophie du rein gauche ést à peu près totale.
L’'atmosphêre cellulo-graîsseuse du rein gauche contient une certaine quantité de pus vers son extrémité supérieure. Il j a de la pleurésie diaphràgrnatique de ce même côté.
A droite, les lésions ne sont pas aussi accusées. La dilatation de Fùretère droit est un péù moindre ; celle du bassinet atteint à peine le volume d’un gros œuf de poule. Le rein droit, loin d’être atrophié, est le siège d’une hypertrophià manifeste.
Tous les autres organes : cerveau, poumons, estomac, intestins, foie utérus, ont été trouvés'intacts.
Observation XV.
Observation d’anurie. Mort par urémie.
(Weber. Société médicale du Haut-Rhin,. 1869.. Gazette médicale
de Strasbourg,, n? 8^ X870).
(Résumé).
M. (N.), âgé de 59 ans. Accidents néphrétiques il y a dix ans.
21 juillet. A la suite d’un refroidissement, douleur dans la région
lom'baire gauche avec picotemeat aaus les bourses ; gêne de la miction et émission avec les urines d’ün petit caillot sanguin. Courbature, inappétence complète; apyrexie.
Le 22. Embarras gastrique prédominant ; ni selles, ni urines. Eau de Birmenstzoff. presque sans effet.
Le 23. Infusion laxative de Vienne qui produit quelques garde-robes aqueûsés, mais sans soulagement pour le sentiment de plénitude que le malade éprouve dans le ventre.
Le 24. Huile de ricin qui enfin produit en abondance des selles faciles et soulage le malade. Persistance de la douleur du flanc gauche. Anurie complète.
Les j^ours suivants, absence persistante d’urine. Le malade prend peu de boisson parce qu'il se trouve toujours le ventre embarrassé et gonflé, que la bouche est mauvaise et la langue très chargée. Soulagement vers le dixième jour et émission d’urine après administration d’une émulsion d’huile de ricin. . -
Le malade est vu en même temps par MM. Klippei et Ehrmann, de Mulhouse, Picard de Guebwiller.
Le 31. Les ürines se supprindént tie nouveau et cela pendant une douzaine de jours, pendant lesquels .apparaissent des symptômes de plus en plus graves d’urémie : agitation continuelle, malaise général, insomnies, refroidissement de la peau, pouls ralenti et faible, déroapgeaisôns'eh différents points, dyspnée sans signes à l’auscultation,, enfin Oedème des pieds et commencement d'épanchement abdominal.
Insdccèk des diurétiques, etc. Tout a coup, sans cause appréciable^ les ufinést cômméhcent à couler en abdndancej, et pendant deup ou . trois jours, le malade eh rend prusîeurs lîtrès par jour. Cette urine est claire, cifrine ; elle n’a pas de mauvaise odeur ; l'acide nitrique n’j décèle'point d'albhniihe. Lès phénoinènes'urémiques disparaissent.
Le malacTe paraît sauvé, mais la bêpügnancè pour tout aliment, les spasihès du pharynx, les éructations et duelq.néfois lés vOmissements rendent'raîimentatibh difficile. De plus, îé/màlade est excessivement irritable et très faible. . . ...
15 août. A l’occasion d’ùh;accès dé colère, nouvelle, suppression d’urine qui cède au bout.dè quatre jours sous rînfluence probable des antispasmodiques. Lé malade rend en peu d’heures plusieurs litres d’urine. \ i ■> L
Le 20. A là suite d’ané contrariété, nouvèlle suppression qui ne dure qu’un jour et derhi. . .
Revenues le'22; lés ùrihes se ralentissent Îë 2lr, et se suppriment
complètement dans la soirée de ce même jour.
Depuis le 23 jusqu’au 28 août, anurie absolue. Affaiblissement ex-
trême, agitation, insomnie. Soulèvements d’estomac dès que le malade veut avaler le moindre aliment. L'hydropisie ne réparait pas.
Le 28. Sur les conseils du professeur Hirtz, de Strasbourg, le malade prend un bain avec douche froide sur la région rénale gauche. De retour au lit, le malade est pris de frisson, puis de douleurs violentes dans les membres inférieurs qu’il sent comme paralysés. Cependant la sensibilité et le mouvement n’ont pas entièrement disparu. Il s’éteint la ntiiî'suivahte, en pleihe connaissance, sans avoir présenté ni coma ni convulsions.
L’autopsie n’a pas été obtenue.
L’aütehr pense" qu’il s’agissait d’une anurie calculeuse, mais les rémissions et les aggravations, l’absence de modifications dans les caractères des urines l’ont fait hésiter pendant quelque temps, entre les deux hypothèses d’obstacle matériel et de phénomène spasmodique.
Observation XVI.
Rétention d’urine par la présence de calculs dans les uretères.
(Prus. Société anatomique'.
[I s’agit d’une femme de 80 ans qui, entrée à l’infirmerie de la Salpêtrière, n’offrait d'autres symptômes morbides-qu’une douleur lombaire assez intense et une suppression complète de l’émission des urines. Cepéndànt la vessie était vide, ce que démontraient l’absence de toute tumeur dans la région hypogastrique, la sonorité de cette région et enfin le cathétérisme. Cetté fërnmé rèstâ dix jours sans uriner et mourut en quelques heures. A l’ouverture du corps, on reconnut que la mort était due à une hémorrhagie cérébrale des 'plus; considérables.
Quant à l’appareil urinaire, on le trouva vide d’urine, aucun des réservoirs ou conduits d’émiissibu de ce liquidé h’àvàit subi de dilatation ni de rétrécissement, soit au-dessuS, soit au-dessous des deux calculs qui qbstru aient Complètement iés deux" utéf ères à une petite distance des reinsi Lés uretères et les reins n’ofifraiéht aucune altération de tèxture. Lé bassinet du rein droit contenait environ 12 grammes de sang très-liquide ou d’Ufine fbrtemént sânguinolënté. Lé poids et le volume du rein étaient 11 peu près dans ^ l’état hornaal. ' Lé rein droit pesait 90 grammes et lê réih gauche 105 ; le'grand diamètre dü premier était de IL centimètres et celui du second dé 13 centimètres, 5 millimètres.
Observation XVII,
Aniirie calculense de vingt jours, suivie dé'pol3rurie et de guérison. Mort : plusieurs mois après. Guérison.
(James Russell. Medicai Times and'Gazette, mai et novembre 1880).
^ ' (Résumée).
Homme de 49 ans. Antécédents de rhumatisme et de gravelle ; coliques néphrétiques répétées surtout à gauche. Malade, vu par James Russell le douzième jour d’une anurie survenue avec des douleurs accompagnée de vomisséments.; A ce, mpme^rd, abattement, pas de phénomènes urémiques ; sueurs profuses malgré le froid. Le malade sans cesse sur pieds transporte ses traversins de côté et d’autre, ne trouvant nulle part de position convenable. Soif vive; œdème considérable des membres inférieurs vers le vingtième jour.
Le vingtième jour, envie d’uriner. Polyurie abondante ; près de dix litres d’urine en vingt-quatre heures. Urine pâle. Expulsion d’un calcul. Guérison. :
Mort plusieurs mois après d’accidents mal déterminés.
Autopsie. .-«-Atrophie;du rein gauche ; bassinet gauche distendu par un calcul. Hypertrophie du rein droit. Dilatation du bassinet et de l’uretère; occlusion de l’extrémité inférieure, de ce conduit par un calcul. ... .
Observation XVIII.
Néphrite calculeuse dans un cas de rein unique.
(Bulletin de thérapeutique, 1861, t. LX, p. 433).
M. L..., âgé de 6(1 ans environ, d’une bonne constitution,.a eu, à des époques différentes de sa vie, des coliques néphrétiques dont le caractère ne saurait être douteux,œn présence des petits calculs qu’à diverses reprises il a rendu spontanément dans plusieurs de ces attaques. Jusqu’à l’époque où, pour la première fois, nous observons le malade, il ne paraît-pas qu’il se soit présenté rien du côté de la fonction urinaire qui ait pu mettre sur la voie de la lésion pathologique, donir nous parlerons tout à l’heure. Il y avait déjà plusieurs jours que le malade souffrait de ses coliques ordinaires, lorsque nous le vîmes. Il y avait
des vomissements fréquents, des douleurs intenses du côté des reins, une fièvre vive, insomnie et un sentiment de malaise général, beaucoup plus grand que dans le cas de néphrite calciileuse ordinaire, mais ce qui frappe surtout notre attention, c’est que le malade n’avait pas rendu la plus petite quantité d’urine et non seuletnent eette sécrétion avait manqué d’une manière absolue, mais én ptàlpant l’hypogastre on ne sentait point la vessie qui, si elle eût contenu de l’urine, aurait dû former une tumeur manifeste, èi çoi«idérer le longtemps depuis lequel M. L... n’avait point uriné.
Bien que ce symptôme négatif ne nous laissât aucun doute sur le fait qu’il dénonçait, nous n’en crûmes pas rnoins devoir introduire une sondé, c’est â peine sî celle-èi ramena quelques gouttes de liquide urinaire. Fort incertain sur là cause qui produisait un tel résultat, et bien que ne comprenant pas qü’üne néphrite calculéuse si probable, mais existant déjà depuis plusieurs jours, eût abôüti à une anurie si complète, nous n^en conseillâmes pas moins uné saignée du bras, des bains, des diurétiques abondants, èfc.
Tous ces moyens échouèrent et lâ vessie resta vide jusqu’à la fin. Mais d’un autre côte, lés symptômes généraux marchaient avec üne rapidité effrayante; lé déliré surviht et la malade né tarda pas à succomber. '
Nous obtînmes dé faire'l’aûtbpSie, à uhé éonditibn toutefois, c’est qué nous bornerions nos investigations à- constater l’état des voies urinaiïés. ■ - -
Lés résultats fûrénl les suivants : le rein droit était complètement atrophié, son tissu dense ; le volume n’en dépassait pas une grosse noix; l’uretère correspondant était réduit à une sorte de cordon ligamenteux. Le rein gauche, àu'cbntràfre,’é^ moins doublé de vo¬
lume, il était rouge, enflammé, ramolli dans ses deux éléments et contenait une gravelle abondante lOt inégalemeat répantie/^ L’uretère du même côté ne nous a pas semblé plus dilaté qu’à l’état normal et il contenait égalemëht uné certaine quantité de sable fin, mais en quantité insuffisante pour empêcher mécaniquement l’écoulement du liquide urinaire, aux cas où ce réin l’eût sécrété comme dans l’état de santé.
' Observation XIX.
Anurie calcuhiuse, suivie de polyurie.
. (Anglada. Bibliothèque du médecin praticien de Fabre, 1844, t. II, p. 525).
M. J...,: ancien bonlanger, Yuans; bonne santé habituene ; pas d’excès. Fièvre.muqueuse eui842p.
En 1826, premières douleurs lombaires légères; à partir de 1832 s^et 1833, véritables attaques de coliquesnépbxétiques.
Le 9 août 1842, à la suite d’uu travail pénible, apparition de douleurs lombaires avec vomissements et suppression d’nrine. -
Le 10 . Pas de malaise, mais anurie absolue qui inquiète vivement le malade -, un peu de sensibilité à la pression dans la région lombaire droite.
Prescription. —Bains, eau de seltz, diiendent nîtré.
Du 10 au 15- Anurie persistante sans accidents ; cathétérisme toujours négatif.
Le 15. Douleurs pongitives dans les régions lombaires. Sangsues.
Le 16. Pas de selles depuis quatre jours. Huile de ricin sans effet. Léger ascite et œdème des membres inférieurs, malléolaire.
Le 17. 0,60 centigrammes de calomel produisent 4 ou 5 selles abondantes ...L’épanchement abdonalnal augmente.
Les 18, 19 et 20. Le malade prend chaque matin 20 centigrammes de calomel, ce qui détermine chaque fois deux gardes-robes. Il ne prend que de l’eau de Seltz, de l’eau vineuse, du bouillon.
Le 20. Un peu de transpiration pour la première fois. Le soir, ventre souple, l’épanchement séreux a diminué, l’œdême malléolaire a disparu, Pouls fréquent plein, large, résistant. Grande altération. Une cuillerée d’urina claire, non coagulable à une haute .température, rendue la nuit.
Le 21. Selles et vomissements bilieux; pas de calomel.
Le 22. Plus d’ascite.
Le 23 dans la nuit. Besoin violent d’uriner ; expulsion de 5 litres d’urine contenant à peine quelques filaments de matière muqueuse sanguinolente sans albumine. Betour de la sécrétion urinaire à partir de ce'moment.
Mort un mois après par hecticitê,
• Pas d’autopsie.
Bretonneau avait porté le diagnostic d’atrophie ancienne d’un réin
avec oblitération calcuieu'se de l’uretère opposé.
Observation XX.
Anurie de treize jours, suivie de polyurie, Atrophie d’un rein. Occlusion
calculeuse de l’uretère , du .côté opposé.
(Anglada). Recueil des travaux de la Société inéaicàle-d"rndre-et-L'dire,.
2 ® série, p. 8); -
Un négocient de Tours fut pris d’une suppression d’urine. Cet acci-
deot ne le força pas à garder la chambre ; et comme il se trouvait à une époque de l’année où ses affaires l’appelaient dehors, il put y vaquer comme si de rien n’était. Tout à coup et vers le treizième ou quatorzième jour de cette suppression, il rendit en une seule fois plusieurs litres d’urine et la miction,put s’opérer ensuite comme par le passé. Il se croyait guéri, lorsque, à peine quelques jours écoulés, la fièvre le prit ; il ne tarda pas à succomber.
L’un des reins était complètement atrophié; à peine avait-il le volume de la dernière phalange du petit doigt. L’autre rein, au contraire, avait augmenté de volume, et l’uretère, jusqu’à sa partie moyenne, était dilaté énormément Immédiatement au-dessus de cette dilatation existait un calcul oblong, terminé inférieurement en une pointe qui se trouvait arrêtée et comme enchaînée par un repli de la muqueuse. Le liquide, par la pression incessante', s’était enfin frayé un passage pour arriver jusqu’à la vessie sans dilater davantage la partie inférieure de Turetère, ni déplacer l’obstacle.
Observation , XXI,
Urémiei avec suppression complète pendant seize jours de la sécrétion urinaire,
à la suite de quelques crises névralgiques. Anurie probablement calculeuse.
- Mort. Pas d’autopsie. : . - . : ,
(Observation tirée d’un mémoire du doctéur Fbîssàc. Considérations pratiques sur le traitement des névralgies. Union médic,, 1876).
M. . de L..., 25 ans, issu d’un père goutteux, doué d’un embonpoint considérable, hypochondriàque et sujet à de légères attaques d’asthme.
10 février. Violente crise névralgique dans la fosse iliaque droite. Nuits suivantes, même douleur, mais très affaiblie ; insomnie.
Du 17 au 22, aucun accident.
Le 22. A 10 h. du soir, “douleur déchirante'dans le mollet gauche, puis dans les lombes, ensuite dans la fosse iliaque gauche.
L’accès se renouvelle le 2Ï à lu même heure ; le malade est comme un fou. , . ,
Le 24 et le 25. 1 gr. de sulfate de quinine. L’accès douloureux ne revient pas ; mais insomnie et angoisse; inexprimable.
A partir du mars, changement de caractère, mélancolie, rêveries. Suppression complète d’urine. . . ,
Le 2. Pas d’anurie. Purgatif.:3 selles liquides.
Le 3. Pas d’urine.
Le 4. Cathétérisme sans résultat fait par Amussat.
Le 5. — pendant lequel malaise et refroidis¬
sement. Diète lactée; au 3® d/2 verre, êtouffementj dégoût et vomissements. -
Le 6. Aucun changement ; parfois transpiration géhèfale du s'ueurs aux pieds, fait fréquent chez le malade eh santé. Les seuls symptômes sont l’inappétence, les nausées, un grand malaise, et les rêveries nocturnes ; aucune fièvre.
Le 7. Consultation de Nélaton. Anurie persistante. Pas cTœdème. Diagnostic indécis. Des perles de térébenthine, ordonnées par Nélaton, occasionnent un vomissement violent et un affreux dégoût; la potion de digitale est seule supportée et calme les nausées.
Les 8 et 9. Anurie. Hoquet fréquent, svriont la. nuit. Lavement purgatif suivi de plusieurs garde-xohes. Asperges mangées sans dégoût et bien digérées ? ; , ^
Le 10. Toujours anurie. Un vomissement brun ; vésicatoire à l’épigastre.
Le 11. Nuit dernière, hoquet fréquent et, après chaque crise de hoquet, vague des idées et rêveries. Matin, pouls, 68. Engourdissement des membres inférieurs. Nausées intenses. Un lavement purgatif détermine une selle abondante, au moment de laquelle le malade croit avoir rendu quelques gouttes d’urine. Les boissons provoquent des vomissements de mucosités filantes.- Aucun œdème.aux pieds. Figure pas altérée. Asperges supportées.
Le 12. Pas de souffrance aiguë, mais nausées continuelles. Deux vomissements, l’un de bile jaune, l’autre avec quelques filets de sang noirâtre. Le malade recherche la digitale, qui calme les nausées.
Selle, copieuse après lavement.
Demi-cuillerée à café d'urine albumineuse, seule rendue en l’espace de seize jours.
Le 13. Anurie. Pouls, 68. Chaleur de la peau naturelle. Visage peu altéré. ,
Le 14. Sommèil tranquille, mais réveils fréquents.Egarements passagers. Hoquet. Dyspnée. Etouffements, nausées, crachements sans vomir. Respiration pure. Pouls, 68 à 80.
Electrisation par Duchénhe, de Boulogne. Sans résultat.
Le 15. Les accès de dyspnée redoublent. Râles sous-crépitants à la base du poumon gauche. ' , . '
Rien dans les selles, rien dans de très légères sueurs ne rappelle T odeur de l'urine.
Le 16. Le malade n'a pu rester dans son lit à cause de la dyspnée et Merklen. 22 '
passe la nuit dans un ia atenil. Expuition sans toux de crachats san<guinolents. Rien aux poumons. Pouls, 72. Respiration, 25 à 32. Chaleur normale. Pas d’cedème.
Dans la nuit du 16 au 17, plusieurs crises de dyspnée. Mort le 17 à 5 h. du matin, sans une conTulsion et avec sa plèine connaissance.
L’auteur attribue Panürie, soit à la névra.lgie ayant paralysé les plexus rénaux,(?) soit plutôt à la polysarcie d où fcnUTersion des reins en une.niasse graisseuse (‘^:)
Observation XXII.
Lithiase rëùalé. Àmi'riè d'é neuf jours 'aVett rémission dè douze heure le sixième jour. Pas d’accidents urémiques. Guérison.
(Rutchinson. Lancet, 1874).
(Résumée).
ÎEîomme, âge moyen. Lithiase rénale datant de pidsieurs années- ; il est probable qu’une pyêlite caîculeüse avait détruit depuis longtemps Un de ses reins..
■fflâlade vu le qUatrièmë jour d’une suppression d’urihè. Vessie vide. Pas de douieUrs. P'as dé phénomén'es urémiques. Prescriptions î diurétiques, diaphorétiques, purgatifs.
Eîaghostîc. ' —XJn seul rein, obstruction calcuieuse de son uretère.
Le sixième jour, vomissement bilieux"; pas d’urine. Bain -suivi du retour des urines pendant dou^e heures.
Le septième jour, nouvelle suppression d’iirine de quarante-huit heures. . - . - ;
Le huitième jour, Potion purgat.
Le'néü"éiême jour, effet purgatif et urinés. Mictions fréquentes et urines abondantes de demi-heure en demi-heure. Urine limpide, pâle, sans odeur. •
"Gnérison complète.
Observation XXIII.
Vomissements incoercibles. Rétention d’urine due à l’existénCe de culCüls ' du rein.
(Kostlin. Arch. de med.', t. XX, 1869).
Une femme âgée de 54 ans, souffrait depuis plusieurs années de douleurs dans la région de la rate et du foie. Absence totale de signes de
lithiase biliaire. Elle avait éprouvé des douleurs pé^diques très violentes dans les reins, et les urines étaient alors teintes de sang. Le 28 mars 1869, après un violent refroidissement,^ elle; fut prise d’une rétention d’urine qui dura onze heures et de vomissements incoercibles, La rétention d’urine dura, treize jours et la. malade futonjportée par un œdème du poumon.
A l’autopsie, on trouva une hypertrophie des deux reins 5 le rein gauche avait un volume double de celui du rein normal. Les bassinets et les calices étaient dilatés et ne renfermaient cependant qu’une quantité relativement minime d’urine,^ La première portion de l’uretère gauche était dilatée 5 à ce. niveau se. trouvait qn calcul très volumineux. A l’entrée de ruretère droit existait également un calcul un peu plus petit; dans le calice inférieur et dilaté du rein droit, on trouva encore quatre calculs étoilés. Tous ces calculs étaient formés d’oxalate de chaux, combiné à une faible proportion d’acide organique.
L’obstruction dès uretères avait entraîné une dégénérescence brightique aiguë avec suppfessioh delà sécrétion urinaire étproduction d’ürémie.
Observation XXIV.
Anurie de douze jours. Mort par urémie. Calculs des deux bassinets. (Nunneley. Trans. bf the- pâth. Society, v.XI, cité parHhteMnsoBj tàhcet, 1874) (Résumée).
Femme de 33 ans. Anurie totale de douze jours. Le sixième jour., quelques soubresauts ,des tendons et anéantiasenienL Soif, vomissements. Conscience parfaite jusqu’à la mort.
Antécédents de lithiase rénale „
A l'autopsie, calculs des deux reins ; les deux organes étaient , tellement malades qu’on pouvait à peine retrouver des-traces de.Leur structure normale...
L’intention de l’atiteur est de déixioiitrer que TanuFie peut exister quand les calculs n’ont pas quitté les reins.
Observation XXV.
Anurie de huit jours, probablement colculeuse. Urémie. Mort. Pas d’autopsie.
(Hutchinson. Lancet, 1874).
(Résumée).
Voyageur de commerce, 50 ans. Excès.
Mort le septième ou huitième jour d’une attaque d’anurie.
Pendant la première semaine, symptômes légers ; naus » ment de faiblesse, tendance à la transpiration ; mais nen a .
Les derniers jours, assoupissement subdélirium. Mort dans Sueùîrs urineuseé.
Pas d’autopsie. Anurie calculeuse probable.
Observation XXVI.
Anurie de huit jours. Retour de la sécrétion uriiiaire et guérison après ^ expulsion de nombreux graviers.
(Tournadre. Gazette des, hôpitaux, 1874).
(Résumée).
Malade rhumatisant, rendant depuis quelque temps des urines rouges. Début d’une anurie sans douleur lombaire, avec diarrhée sér reuse.'- i.-- ..
Le troisième jour ventre ballonné ; accès de dyspnée dans la nuit ; douleurs àd’épaule gauche et sous le sein gauche; envies de vomir. Pouls lent.. .. ‘ . ‘ ,
Cathétérisme,négatif, .mais amenant dès graviers très ténus. Diurétiques, bains.
Quatrième jour. Nuit mauvaise, dyspnée, tympanisme : douleurs erratiques.
Cinquième jour. Purgatif. Nuit meilleure ; un peu de sang et d’u-
Sixiême jour. Aggravation. Pouls petit à. 60 ou 65. Respiration suspirieuse. Léger subdélirium, sommeil.
Septième jour. Un peu de sang et d’urine, diarrhée.
Huitième jour. Nuit très mauvaise. Douleurs généralisées. Météorisme, dyspnée intense. Lavement d’éther et bain prolongé.
Sous cette influence, expulsion de gaz pat ranUSj de 12 â 15 graviers par l’urèthre. Le cours de l’urine se rétablit et le'malade urine toute la soirée et toute la nuit presque sans relâche. Guérison.
Observation XXVII.
Fait remarquable d’obstruction périodique d’un uretère dans un cas de lein unique. Autopsie.
(Wilcox. The medic. Record. New-York, mai 1880).
(Analyse de la Gaz. hebd., n“ 30, 1880).
Le malade présentait comme symptômes principaux à chaque nouvelle attaque une suppression plus ou moins complète de la miction, une violente douleur dans le côté gauche, s’étendant de l’hypochondre à la région inguinale, L’attaque se terminait par des vomissements et par l’émission d’une quantité plus pu moins grande d’urine claire, sans albumine. La température restait normale, le pouls conservait sa fréquence habituelle, il était seulement plus faible. Les accidents se répétèrent avec quelques - variantes pendant plusieurs années, mais prirent une gravité exceptionnellë aux mois de février et de mars 1=880^ Le malade mourut sans avoir présenté de phénomènes urémiques; ■ . : ■ . - ,?:'j ■■■:■ ■ ' ' ..■ ■. ■
A ràiitopsiei on trouva environ trois pîntés d%rïhe épanchée dans l’abdomen ; cette urine claire contenait de l’albumine. Il n’y avait pas trace de rein droit. Le rein- gauche occupait %a pésition normale ; il était congestionné, semé de taches livides à sa surface et présentait à sa partie supérieure et antérieure une petite perforation par laquelle l’urine s’était épanchée dans le péritoine. Le bassinet qui présentait les tracés} d’une distension considérable contenait 2 ou 3 onces d’urine. L’uretère était obstrué au voisinage de la vessie par une petite masse ovoïde contenant dans une capsule fibreuse deux calculs d’acide
urique. ^ ■ -- - .
Observation XXVIIL
Un cas de lithiase rénale suivie de mort. Anurie de neuf jours.
(Secondo Mancini. Lo Sperimentale, juin 1875).
(Résumé).
Femme de 60 ans, prise subitement de coliques revenant par accès et s’irradiant aux lombes et aux cuisses. Anurie absolue dès le premier jour de la maladie. Les jours suivants, les douleurs se calment ; surviennent des vomissements; l’anurie persiste. Sixième jour convulsions et coma.
Mort le neuvième jour.
A l’autopsie, reins un peu augmentés de volume. Chacun d’eux renferme dans le bassine"^ in calcul ovoïde appliqué simplement sur les orifices des uretères, sans être engagésdans leur cavité.
OBSJERVAXiaNiXXIX* ;
.;088I ,0n ‘1- . ■ (siL , : ^ ■ J' nA.
Anurie de onze jours. Kyste hydatique remplaçant le rein droit. Obstruction . : -œiftplèt& du.-bassinetrgaaicha par un calcul, sons hydronéphrose. (Mührbeek. ©raefè u. Walther Journal Bd. XVIh tiré de Naumann,
■ ' r i'; i:b tnshE'iô'rJpGi,citi,, p.-^70)..' - . . ■ .
; , hsfa :-rEq jiar,;. liu . j.. - ,
Homme; de 60 ans,. Lithiase rénal© datant de trois ans. Anurie de onze j-ours avec douleur vive dans ila région rénale gauche. Sueurs copieuses, diarrhée ; coma. Mort. ; ■
P Rein unique. Bassinet complètement rempli par un calcul sans liquide. ^ •
Observation XXX.
iOT,:. '■ \ - ' : ■ : ■ ■ ^ ‘ \ '
- Amme calculeuse-de sept jours. Mort, Rein uniqua Oblitération calouleuse de ruratère correspondant. ^ J
fEverârd Homei Traité-des maladies de la prèsfate. Traduction - , ; • 'françaisey par Marchanty 1820i,. p..52).
iq ir;..- : ■ : : (Résumée); . ,
deune homme de 24 ans, atteint subitement d-anurie SEvec. douleurs néphrétiques.. . ImpuissacAé de tous les moyens thérapeutiques. Mort le septième jour.
Pas de trace du rein gauche.; oblitération de Puretêre droit par un calcul. Vessie vide.
Observation XXXI,
iO
Anurie avec rémissions et récidives. Urémie. Mort. Calcul des bassinets.. ^
.(-Dittel* cité par Ebstein,; loc. cit.).
. (Résumée). . , .
- . .. .'8150 f;;-:; . ' CC-
Un homme de 39 ans est pris subitement de coliques néphrétique^, avec hématurie. Même accident un mois après, upe pligurie et bientôt
anurie accompagnée de d’élire, de coma, dé vomissements. Guérison et récidive au bout d’un mois'. Mort.
A l’autopsie calculs des deux bassinets.
Obsërvatiok XXXII.l
Anurie de treize JouiSi Guérison après l’expulsion d’un calcul.
(Salgado, cité par Ebstein dans Ziemssen^ loc.-cit., p. 157]. ,
Anurie de treize jours chez uné femme de 63j’ans, souffrant depuis quinze ans d’une Kthiasé rénale ; guérison après élîminatioh d’un calcul de la grosseur d’un haricot et de graviers.
si II.
,üOO,.v , . . ^ :
Observations d’anurie dans le cancer de Futèrus et quelques autres variétés d’ocçlusion des uretères.
Observation XXXIII. '
Anurie de 24'jours dans" un cancer de l’utérus. Retour incomplet de la sécrétion urinaire dans les derniers jours. Mort.
(Dehove et Dreyfous. Société médicale des hôpitaux, 1880).
' ' IRésumê)'.
Femme de.70 ansa/entrée -le 25 août à l’H-ôtel-Dieu» Pas d’Antécéd^PiS* Douleurs vagues depuis-quelques mois.
Première atta;^que d’anurje detroisjoars.3.ui.vie du retour de laeéçréjion urinaire. Anurie définitive-depuis le 23.-.aoùt. Pas de phénomènes particuliers à l’entrée.
Du 25 au 31 août, les seuls faits .à noter sont les suivants : ,.
1“ La température axillaire s’abaisse et varie de 37 à 36“,3.
2“ LThaleine est infecte, odeur de poisson pourri..
Le 31 août, huitième jour de l’anurie, nausées, vomissements^ lourdeur de tête. T. inat. 36°,4 spir .36°,S. .
1er septembre. T. mat. 36°,4, soir 36*?,4;
Le 2. Selles fétides, glaireuses. Vomissements bilieux. Sensation de chaleur interne. T. 36o.5; 36°,6.
Le 3. Injection sous-cutanée de 0 gr. 02 de nitrate de pilocarpine suivie de salivation abondante et de vomissements ; 400 gr. de salive renfermant 5 gr. d’urée pour 1,000 gr. Ce sang analysé avant l’injection de policarpine renfermait 2 gr. 64 d’urée pour 1,000, après 2gr. 66 Temp. le soir35°,5.
Pas d’effet thérapeutique appréciable.
Le 4. douzième jour. Diarrhée, inappétence, insomnie.
Le 5. Somnolence. Gémissements.- Vomissements. Pouls irrégulier, inégal, petit. T. 360,3 ; 370 , 2 .
Le 6. Même état. Ecoulement de sang par le vagin.
Le O.dix-sept.iême jpur. Semircoma. Les urines reparaissent.. Le sang renferme 4gr. 04 d’urée pour 1,000 ; les matières fécales en contiennent 0,139. T. 35°,4. 36.
Le 10. Nausées, vomissements. Le sang renferme 3,989 d’urée pour
Le 11. Le sang renferme 4,186 d’urée pour 1,000 ; 150 gr. d’urine. D. 1,012 renfermant 892,50 d’urée pour 1,000.
Les vomissements et la somnolence persistent.
Epistaxis légère le soir.
Le 12, Moins de somnolence. Epistaxis. Constipation. Nausées.
Le sang renferme 4 gr. 441 d’urée, 155 gr. d’urine renfermant 10,75 d’urée pour 1,000.
Le 13. Cris. Urines involontaires. Haleine moins fétide. Le sang renferme moins d’urée (3,90) et l’urine en contient plus (15 gr. 50). Albumine. Pus. 37°; 37°,5.
Le 14. Même état. Soif extrême. Moins de vomissements ; 37°,5, 38o.5, Sang renfermant 2 gr, 62 pour 1,000 urinés (148 gr.) 15 gr,
Le 16. Mort par affaiblissement progressif.
Autopsié . Cancer du col de l’utérus sans propagation à la vessie ; dilatation considérable de l’uretère droit qui renferme 250 grammes d’u rine sanguinolente contenant 7 gn 30 d’urée par litre. Dilatation de la grosseur d’un poing du bassinet du même côté. Rein pâle ; atrophie de la substance corticale v cercles hémorrhagiques ■ entourant les pyramides.
Uretère gauche moins dilaté, renfermant 4 gr. de ' liquidé pufulêht. Calice et bassinet dilatés. Rein œdématié, moü, points hérhôrrhàgiqu es à la base des pyramides. ..... . ,
Liquide'des plèvres renfermant 4 gr. 459 d’urée pour 1,000 gr.
Cerveau contenant 1 gr. ^27 d’urée pour 1,000,
Observation XXXIV.
Attaque d’anurie et d’urémie survenue dans Le cours d’un cancer de Lutérus.
Rémission des accidents.
(Observation recueillie par M. Hue, due à l’obligeance de notre ami et collègue Faisans.)
D.....(Angélique), âgée de 38 ans, entrele 25 février 1880 dans le service de M. le Daguet, hôpital Saint-Antoine, salle Sainte-Geneviève.
Pas d’antécédents. Règles régulières depuis l’âge de 15 ans; deux fausses couches et cinq anfants dont l’aîné a 13 ans.
Il y a un an, cette femme a eu pour la première fois des pertes sanguines avec caillots qui ont duré trois jours. Çes pertes étaient assez abondantes pour obliger la .malade à s’aliter.Ces métrorrhagies se sont renouvelées plusieurs fois depuis cette époque, à des périodes indéterminées. Dans l’intervalle des pertes sanguines,, écoulement blanchâtre et fétide, puis roussâtre. Cachexie et arnaigrissement depuis quelques mois^:, - - l . ; :
Avant son entrée à l’hôpital, cette femme avait de l’œdème des membres inférieurs, qui disparaît par le repos au lit. Avec cela, diminution des urines depuis quelque temps et diarrhée incoercible.
Le 25 février au matin, l’œdème des jambes avait augmenté. La malade perdit complètement connaissance dans l’après-midi, et on la transporta à l’hôpital, ayant alternativement des convulsions et du coma. L’interne de garde appelé immédiatement sonda la malade, et n’obtint que quelques gouttesM’urine ; les attaques éclamptiques se rapprochant de plus en plus, il pratiqua une saignée de 400 grammes. Après cette saignée, on n’observa plus que trois attaques convulsives, mais la malade resta longtemp s encore dans le coma,, et ne revint à elle que le 27. Pendant ces trois jours il y eut anurie. ( . , ;
Én examinant la malade, M. Duguet trouva un cancer ulcéré du col de l’utérus, immobilisé par des adhérences.
Les jours suivants, la naalade urine de 120 à 200 gr. d’urine; elle ne digère pas ; elle a continuellement des vomissements et de la diarrhée. Elle se plaint également de douleurs dans les feins et dans les membres inférieurs. . , . ^ ^
4 mars. Vomissements. Râles sous-crépilants aux deux bases. Expectoration abondante, un peu de dyspnée, près de un litre d’urine.
Merklen. 23
Le 6. CEdème de la face. Vomissements répétés. Expectoration abondante, diarrhée incoercible.
Le 8. L’expectoration a un peu diminué ; la malade n’urine pas un litre.
Lè 11. Diarrhée très abondante et séreuse. Urine albumineuse La malade sort vers le 15, se trouvant toujours dans le même état.
Observation XXXV,
Anurie de 15 jours. iTrémie. Cancer de l’utértis.
(Roberts. Qn urinary and rénal diseasés.)
P..., âgée de 56 ans, sujette depuis dix-huit mois à des hémorrhagies utérines dues à un cancer du col de l’utérus.
. Le 15 janvier 1876, Turine devint très rare, et le jour suivant elle cessa complètement. Depuis cette époque jusqu’à sa mort, le 30 janvier, pas une goutte d’urine ne fut rendue. Je la vis le dixième jour de la suppression avec mon ami le D' Lloyd Roberts à qui je dois cette observation ; état de la malade étonnamment calme ; alimentation et sommeil comme d’habitude ; langue humide ; pupilles normales 5 pouls 84 ; température 99 ; de douleur nulle part.
Le Di" Roberts m’apprit que la inalade avait présenté les deux premiers jours de la suppression une légère anasarque, plus marquée à la face. Ce symptôme avait complètement disparu le troisième jour, mais le jour qui précéda la mort, il se montra un léger ôedèrne dii côté des pieds. ^
Au toucher, on trouvait chez la malade une production squirrheuse étendue, ayant envahi le col de l’utérus, et les parties avoisinantes du vagin dans le point qui correspond à la base de la vessie. Ceci expliquait la suppression. Les uretères, à leur passage à travers lè 'trigone, étaient sans doute compris dans la production cancéreuse et comprimés. La vessie fut trouvée vide.
Les symptômes étaient restés à peu près les mêmes jusqu’au È9 janvier. A ce moment ils devinrent plus alarmants : pupilles rêtréciès ; tressaillements musculaires dans la face ; affaiblissement rapide des forces musculaires, d’abord dans les bras et les jambes, puis dans le tronc. La malade mourut tranquillement le 30 janvier, au matin, apparemment par paralysie des muscles respirateurs. La température du 29 était tombée d’un degté au-dessous de la normale.
On ne put faire l’autopsie.
Observation XXXVT,
Urémie dans un cas de cancer de Tutérus. Analyse du liqmdâ retenu dans Turetère.
(Raymond. Soc. anat., 1875.);
Hugonnier, 59 ans, entrée le 11 juin 1874 â la Salpêtrière, service de M. Charcot ; cancer de l’utérus ayant eu son évolution habituelle ; dans les quatre derniers jours de la vie, là malade urine difficilement; diarrhée abondante, puis coma qui précède la mort de deux jours.
Autopsie,, Li’uretêre, du côté droit, est comprimé par lé cancer utérin ; le rein, du même côté, très atrophié dans sa substance propre, présente un développement çonsidérable du bassinet. Les deux uretères sont gros comme l’intestin grêle; ils sont remplis d’un liquide clair, aqueux.
Ce liquide a été analjsé par M, Regnar, interne des hôpitaux.
Quantité du liquide...... 125 gr.
Deositê.....,,..1 0Î2
Co uleur,jaune citrin.
Dosage rapporté à 1,000 gr animes.
Fau., miÿT.
Vrée..................... 3 85
Albumine. 7 60
Chlorures alcalins.......;. ^ 10
Phosphates, sulfatés, etc.. 5 45
1,000 gr.
Observation XXXVlI,.
Anurie et urémie dans, an- cancer de rutérus. (Garpentier-MérleouFt. Soc. aü.at., 1874.)
... Cancer du vagin et'de rutérus ayant détruit la portion vaginale du col. '
Au bout de quelques jours dè séjour ê ^hôpital, la malade fait re-
marquer qu’elle urine bien moins ; en mêine temps, elle a des nausées plus fréquentes; puis, elle se met à vomir les jours suivants; ces vomissements ne présentent pas de caractère spécial, pas de coloration noirâtre ; ils surviennent aussi bien avant qu’après l’ingestion des aliments. L’examen attentif de la région épigastrique ne fait constater aucune tumeur ni à l’estomac, ni au foie.
La malade a perdu tout appétit, accuse une soif vive; elle ne prend plus que du lait, de l’eau de Seltz et de la glace. Mais les vomissements persistent, fréquents dans la journée, alternant avec des hoquets qui fatiguent cruellement la malade. Cet état et les douleurs lancinantes dans le petit bassin, dans les cuisses, empêchent tout sommeil, et la malade prie instamment qu’on la fasse dormir. Deux injections de chlorhydrate de morphine sont faites ; mais on ne les continué pas, sur la demande de la malade, qui les accuse de la rendre « toute drôle » et de ne pas la faire dormir du tout.
La. persistance des vomissements, en même temps que la lenteur du pouls, l’abaissement à la main de la température du corps, portent M. Beaumetz à diagnostiquer des accidents d’urémie, tenant probablement à une compression des uretères par la tumeur du bassin.
La température axillaire prise le 21 février, au matin, est de 30° ; le soir, à la visite, la malade était morte ; eilè' s’était éteinte, pour ainsi dire, par surprise, après avoir causé avec sâ voisine, avec la religieuse du service, ayant conservé sa connaissance, jusqu’au bout et sans avoir rien présenté d’extraordinaire, ni coma ni convulsions. Dans la journée, elle paraît cependant avoir eu moins de nausées, mais des hoquets fréquents sans vomissements * Elle se plaignait, aussi d’être fatiguée et essoufflée.
Autopsie, vingt-neuf heures après la mort. — Cadavre ayant un notable embonpoint, face pâle, anémiée, mais pas de teinte jaune paillé ; à la coupe, épaisseur considérable du tissu adipehx.
Poumons. — Rien. Un noyau induré au sommetgauche seulement.
Cœur. —Couvert d’une couche considérable de graisse. Cor boris. Hypertrophié considérable des parois du ventricule gauche. Dilatation uniforme de l’aorte avec signes d’aortite, plaques jaunâtres, molles sous la séreuse, non-indurées. Rien aux valvules, pas de caillots.
Foie, rate, intestins. —^Normaux/ . . .. .
Estomac. — Vide, un peu de lait caillé seulement. Pas d’altération.
Organes génito-urinaires. — Reins différents.de volume et d’aspect.
Le rein droit, plus volumineux, plus allongé, est très chargé de graisse!
11 est assez difficile d’enlever l’enveloppe des reins; elle est très épaisse, très adhérente en certains points, à l’extrémité supérieure par exemple,'
où elle recouvre une sorte de cicatrice du rem. En ces points, la face interne de la capsule est très vasculaire.
M. Liouville, quia examiné les reins, y a constaté de la néphrite, une sclérose qui paraît également prononcée dans la substance corticale et la substance médullaire, avec atrophie d’un certain nombre de glomérules de Malpighi. Les réihs présentent les dimensions suivantes : rein gauche, un peu atrophié, paraît légèrement arrondi 5 longueur, 11 centimètres ; largeur, 4 centimètres; épaisseur, 3 centimètres.
Rein droit, assez volumineux, allongé ; longueur, 13 centimètres ; largeur, 7 centimètres 5 millièmes ; épaisseur, 3 centimètres.
Uretères dilatés. Aspect de deux cordons blanchâtres, transparents, ressemblant à l’intestin grêle de l’enfant. Comme les reins, ils offrent entre eux des différences ; à gauche, bassinet très dilaté, aplati, il a une longueur de 3, 5 centimètres; Uretère très dilaté aussi : 4 centimètres de circonférence. . ; • -
A droite ; bassinet peu dilaté, aplati, 1 centimètre; uretère moins dilaté, plus à la partie inférieure, 3 centimètres de circonférence. On peut Suivre le trajet des uretères et les isoler des parties voisines jusqu’au point où ils-vont contourner l’utérus ; là, ils sont englobés dans une niasse dont il est impossible de les isoler : ils ne. sont pas froncés, ils ne paraissent pas brusquement rétrécis. En pressant fortement ]de haut en.bas sur l’uretère distendu, on peut faire sourdre dans la vessie quelques gouttes de liquide entraînant avec lui de petits grumeaux blanchâtres, identiques à ceux que nous retrouvons dans la masse can« céreuse. L’uretère gauche contenant plus de liquide, on fend le rein, et le liquide recueilli est examiné au laboratoire de l’Hôtel-Dieu par M. Roux.
On a constaté la présence d’un peu d’ammoniaque, et peut-être y avait-il de l’urée, mais l’examen a„été.fait trois jours après la mort, la présence dans le liquide de matières organiques, cellules épithéliales, globules blancs et rouges, pourrait expliquer là présence de l’amnaoniaque. Pas de cristaux d’acide urique au microscope.
Vessie. — Peu d’urine, , dans laquelle . flottent quelques grumeaux blancs ayant l’aspect;de.grains de semouiHe agglomérés ; graisse détachée d’une plaque cancéreuse, dure,/occupant le bas-fond de la vessie : on distingue sur cette plaque deux saillies, en forme de. virgule, dont la base regarderait l’orifice desuretères qu’elle oblitère et dont le sommet su reliant à celui du côté opposé forme une sorte de rigole conduisant à l’orifiçecvésical;de rurêtbre. Les autres portions de la vessie sont indemnes; .L’urèthre a sa muqueuse congestionnée et. striée, de fins vaisseaux parallèles à sa direction.
Utérus. — Envahi à peu près totalement par le cancer, sauf dans le tiers supérieur qui est mollasse et contient dans la cavité un liquide roussâtre, avec détritus blancs jaunâtres. En pressant entre les doigts la vessie, la portion inférieure de l’utérus et le vagin, onne sent qu’une tumeur dure, faisant deux saillies notables de chaque côté de la ligne médiane. Si l’on fend l’utérus et le vagin, on voit que ce dernier se confond insensiblement avec le corps de l’utérus (on ne distingue plus le col), transformé en une masse cancéreuse blanchâtre, granitée. Au niveau de l’orifice vésical de l’uretère droit, il y a un ramollissement et une désagrégation notable delà tumeur; U s’est formé là une sorte de caverne qui n’est séparée de l’intérieur de la vessie que par une mince cloison que l’on romprait facilement. Il se serait, en ce point, bientôt formé une fistule vésico-utéro-vaginale. Les ovaires portent chacun un kyste plus volumineux à droite (un œuf de poule). Par la pression, on fait refluer uu peu de liquide dans la trompe droite.
Rectum. — Pas d^altération d.e la muqueuse. Le cancer n’a pas encore gagné ses parois.
Observation XXXVIIL
Anurie de sept jours, suivie du retour de la Sécrétion Urinaire dans un cancer de Tutérus. '
(Soherts. -On urinary and rénal diseases.)
Il s’agit d’unë vieille dame d’environ 60 ans, que je visitai avec le D' Gardhner d’Asiton. Elle était attei nte d’un cancer de i’utérus et du vagin ayant envahi la base de la vessie et probablement l’extrémité terminale des uretères. Quand je la-vis, elle n’avait pas rendu d’urine depuis ^atre jours et la suppression continua encore trois jours, ce qui fait en tout sept jours de suppression. Au bout de ce temps, l’urine reparut et fut rendue normalement durant les quatre semaines que la malade vécut encore. A l’époque de la suppression, il y avait de l’in-
somnie et de l’agitation; la physionomie de la malade exprimait l’excitation et l’anxiêtê. Aucun tressaillement des muscles, ni convulsions, ni coma.
Pas d’autopsie.
OssERVATroN XXXrx.
Néphrite, avec suppression prolongée de la sécrétion urinaire et oblitération des uretères, consécutives à une affection cancéreuse de l’utérus.
fTournié. Union médicale, 186Q.)
Le 23 juin 1849, je fus prié d’aller aux Ternes, rue de Villiers, pour voir une femme qui avait été au service d’une dame de mes clientes.
Cette femme était malade depuis plusieurs jours ; elle avait eu de la diarrhée et des vomissements bilieux •, is diarrhée avait cessé» mais les vomissements continuaient. Pour tout traitement, eEe avait bu de l’eau de riz, et appliqué sur la région de l’estomac des cataplasmes de farine de graine de lin.
Au moment de ma visite, la région épigastrique était douloureuse, le ventre souple et indolent; la langue était rouge à la pointe et un peu sur les bords ; il y avait de la soif, peu de fièvre, sans chaleur à la peau.
Je prescrivis quinze sangsues â l’épigastre, des cataplasmes émollients, de la limonade au citron et un bain d’eau de son.
Trois jours après, les vomissements avaient cessé, il y avait encore delà sensibilité à l’êpîgasire, la langue était moins rouge; le pouls était à 76; il y avait eu une garde-robe la veille.
Je revis la malade le 5 juillet; la malade avait pu pendant quelques jours se lever et prendre quelques potages, mais depuis deux jours, les vomissements bilieux avaient reparu, et cette femme se plaignait de douleurs vives dans les régions lombaire et inguinale; depuis trois jours elle n’avait pas uriné. Cependant l’hypogastre n’est nitendu ni sensible à la pression; la vessie ne fait point saillie au-dessus du pubis. Le cathétérisme est pratiqué et il ne s’écoule pas une seule goutte d’urine.
Questionnée sur ses antécédents, voici ce que cette femme m’apprit : elle est âgée de 52 ans, mariée à l’âge de 20 ans, elle a eu sept enfants;
tous ses accouchements ont été heureux. Jusqu’à ce jour, elle n’a jamais eu de maladie; elle a toujours été bien réglée jusqu’à l’âge de 46 ans. II y a six ans, elle a cessé de voir ses règles, et peu de temps après, est survenue une leucorrhée abondante, sans que sa santé en ait paru altérée ; elle n’a rien fait pour l’arrêter.
11 y a quelques mois, elle a perdu un peu de sang par le vagin, mais elle ne se plaignait alors ni de douleurs de reins, ni d’aucune autre souffrance, ni de pesanteur dans la région lombaire.
En pratiquant le toucher vaginal, je trouve le col de l’utérus et une partie du corps de cet organe, le quart environ, atteint d’un engorgement squirrheux. Il s’élève de la lèvre antérieure une excroissance fibreuse, en forme de champignon, de ta largeur d’une pièce de 2 francs. L’examen au spéculum confirme celui qui a été opéré par le toucher, et ces deux explorations sont la cause d’une légère hémorrhagie.
Jamais la malade n’a rendu de graviers ; jamais elle n’a eu de rétention d’urine. : „
Diagnostic. — Suppression de T urine dans la vessie due à une oblitération des uretères par l’extension de l’affection squirrheuse de l’utérus. Quinze sangsues à l’anus; frictions d’onguent mercuriel sur les régions inguinales, et de liniment iaudanisé sur la région lombaire.
6 juillet. Les sangsues ont fourni beaucoup de sang, la malade est faible, les vomissements continuent. Pas de miction, douleurs vives dans les reins et les anus; fièvre légère.
Le 7. Pas d’urine, mêmes douleurs, vomissements persistants,la malade ne répond que lentement aux questions que je. lui adresse, elle a l’air hébété.
Le 8. Pas encore de miction, la nialade est très faible, les mêmes phénomènes persistent. Quelques cuillerées de bouillon froid n’ont pas été supportées. . \
Dans la soirée, la malade uririe, et,, dans le courant de la nuit elle a uriné dix fois, mais chaque fois en très petite quantité ; à . peine si en tout, elle a rendu 200 grammes d’une urine claire, limpide, blanche, sans coloration ni trouble d’aucune espèce.. Les vomissements ont cessé immédiatement comme pâf ènchantémênt ; les régions lombaires et inguinales sont peu douloureuses; pas de fièvre. La malade se sent complètement soulagée. Les matières vomies n’ont pas la moindreddeur d’urine.
Jusqu’au 13 juillet, la miction a continué- facile et peu abondante,
avec les mêmes caractères de limpidité, sans odeur ni dépôt d’aucune espèce. La malade se lève, et se promène dansna.chambre; elle a retrouvé sa gaîté, prend avec plaisir un peu de bouillon qu’elle digère
parfaitement. Cet état satisfaisant dure pendant dix jours; mais le 13, les urines manquent encore une fois, les vomissements bilieux reparaissent.
Depuis ce jour jusqu’au 4 août, c’est-à-dire pendant vingt et un jours, malgré de prétendus besoins d’uriner, pas une goutte d’uriné ne s’écoule. Pendant tout ce temps, les vomissements biliéüx, verdâtres, porracés, redoublent de fréquence et de violence. Les douleurs de réîns sont parfois si violentes, que la malade pousse des gémissements continuels et s’arrache les cheveux; son; air hébété s’est transformé en stupeur. Le cathétérisme a été pratiqué plusieurs fois sans résultat.
Traitement. — Tous les jours, bains de siège émollients, deux futnigations avec la vapeur d’une décoction de feuilles de jusquiainé, de racine de guimauve et de tèinturé de scille. Trois pilules contenant chacune 10 centigrammés' de scille, 2 centigrammes d’extrait de belladone et d’opium. ; ^ .
Les douleurs ne s’apaisent que médiocrement, la malade s’afPâblit de plus en plus, ies yeûx Vexcavent, la voix est altérée, le teint est devenu d’un jaune paille, terreux, et-la patiente va succomber, lorsque le vingt et unième jour, ^10 hèürès du'soir, elle rend avec beaucoup de douleurs un demi-verre d’urine èlàire et limpide.-
Aussitôt après cette miction, quoique l’urine soit peu àbondanté, les vomissements s’arrêteht, te pouls-qui était fréquent; petit et faible, devient moins fréquent et plus fortî - ' v ; r ,
Depuis le 4.août jusqu’au 16; la malade a uriné unpéu tous les jours; elle n’avait pas eu de fièvre,-mais éprouvâitîdujOürs des-douleurs dans la région lombaire. Pendant ces douze jours, elle a pris du bôuillbn, puis du potage, un peu de - café, et n’avait pas eu de nouveaux vomissements.
Le 16. La miction est de nouveau supprimée, et tous' les accidents ordinaires reparaissent : douleurs vives, vomissements, affaiblissement extrême, stupeur profonde,
-Mort le 17 août..
Observation XL.
Oblitération des uretères et, .hydronéphrose consécutive-au cancer de l’utérus.
(Gauchet. Union médicale, 1859.)- • -
Lel®'^ avril 1859, une femme, paraissant âgée d’environ 35 ans,’fut trouvée par M;.jAran, à sa visite, au n° 32 de là'salle'Sainte-Thérèse.
Merklen. - ' ' 24
Aucun renseignement n’avait été donné, qui pût mettre sur la voie du diagnostic de l’affection dont elle était atteinte, et elle était absolument incapable de répondre aux questions qui lui étaient adressées. Elle présentait des phénomènes convulsifs épileptiformes, et était dans un état extrêmement grave, si grave qu’elle succomba dans les vingt-quatre heures qui suivirent son admission, sans avoir un instant repris sa connaissance.
Or, à l’autopsie, malgré les phénomènes qu’on avait observés, l’on ne tiouva aucune lésion des centre nerveux encéphaliques ni de leurs enveloppes. C’était dans les organes génitaux Urinaires que siégeaient les altérations matérielles appréciables de l’affection qui avait entraîné la mort.
A l’ouverture de la vessie, il s’écoula uu peu d’urine purulente, .mêlée de flocons membraneux, jaunâtre. Le bas-fond était occupé, à gauche principalement, par une ulcération qui avait mis à nu la tunique musculaire dans l’étendue d’une pièce de 1 franc ; autour de cette ulcération, la muqueuse était couverte de granulations rougeâtres, et ses bords, détachés, des tissus sous-jacents, étaient flottants lorsqu’on y versait de l’eau. Au côté droit du trigone vésical, se voyait un petit noyau du volume d’une noisette, formé de substance encéphaloïde en voie de ramollissement. La cloison vésico-vaginale, notablement épaissie, avait près de 2 cent, d’épaisseur. Dans le côté gauche de l’excavation pelvienne, de nombreuses adhérences unissaient entre elles les annexes de l’utérus, comme ratatinées vers le bord extérieur de cet organe. Les deux ovaires étaient atrophiés, les trompes oblitérées. L’utérus était le siège d’une inflltration cancéreuse qui remontait presque jusqu’au fond de l’organe ; les deux lèvres du col étaient complètement détruites par une ulcération à fond rougeâtre, empiétant sur le vagin dans une étendue de 1 centimètre environ, mais qui n’avait pas gagné du côté du rectum ; celui-ci n’était que très faiblement adhérent au vagin. Les deux reins étaient transformés en un grand nombre de petits kystes à parois épaisses; ce qui restait de la subslance -rénale était complètement décoloré et induré. Les bassinets et les uretères étaient dilatés, les deux dernières ayant au moins le volume de l’index; mais cette dilatation n’existait pas à la partie inférieure de ces conduits, qui, dans leur trajet terminal pour gagner les reins, passaient au milieu de tissus ramollis, et d’une matière jaunâtre et épaisse ; leurs orifices vésicaux étaient libres.
Au devant de la colonne lombaire, se trouvaient des ganglions volumineux, infiltrés de substance cancéreuse.
Les organes digestifs contenus dans l’abdomen ne présentaient aucune altération, à l’exception du foie, qui était comme ratatiné. Quant
aux viscères thoraciques, il existoit seulemeut des adhérences anciennes au sommet du poumon droit dont, le parenchyme était parsemé de quelques tubercules crétacés.
Observation XLI. ^
Cancer de ruterus. Urémie. Compression des uretères et hydronéphrose.
(Gauchet. Union médicale, 1859.) ^
Une femme âgée de 43 ans, pâle, amaigrie, entrée à l’hôpital Saint- Antoine le 6 septembre 1858, avait depuis cinq mois des pertes sanguines et muqueuses par les parties génitales. Il était d’ailleurs impossible d’obtenir d’autres renseignements, tant elle avait d’hébétude et de difficulté à rendre compte dè son état. Le toucher vaginal fit reconnaître l’existence d’Un cancer ulcéré dii col de l’utérus, propagé à la partie supérieure du parois du vagin. Pas de rétention d’urine; mais urine rare, peu abondante, sans trace d’albumine. Restée dans le service, cette malade continua à présenter de la torpeur, de l’hébétude à un degré remarquable. Dans lés premiers jours d’oclobre, on s’aperçut qu’elle devenait de plus en plus absorbée ; elle demeurait presque constamment accroupie, silencieuse, et indifférente à tout ce qui se passait autour d’elle. Elle tomba enfin dans un coma complet et mourut le 16 octobre. " ' ,
Frappé de la torpeur haMtuelle et surtout des phénomènes cpmateu?: que préséhtait cette malade, phénomènes" qu’il avait remarqués dans des cas analogues, M. Aran n’hésita pas à affirme;r qu’il existait chez elle une dilatation des uretères et des bassinets ayant, entraîné la destruction plus ou ihôins complète du tissu rénal.
Autopsie. — Çàvîté abdominale. Après l’enlèvement de la masse intestinale, on trouva les deux ürètêres énormément dilatés, surtout dans leur partie supérieure, le gapebe un peu moins que le droit dont le volume était celui de rintestih grêle. Au voisinage de la vessie, ces epU'duits se rétrécissaient' et leurs parois, ramollies et.transformées,e.n/une sôrtè de niatrère pûltacéé, , se déchiraiept avec la plus grande faci^ litê.' ■ ■ ; ■ ■ ' . ' . .. .. - .
Le' rein gauche, décoloré et conàme hpsselé, à sa surface,, .mesurai^
13 centimètres; leJjassinet, dilaté et ayant unê dimensionde^dSp?ii|limêtfes ’verticâlémènt et transvérealêin.ent, contenait un..^ liquid|. purulent'. La dilâtatiôn du bassinet se'continuait dans le caîiçe. e^^aps l’intérieur 'de là glande, refoulant je tissu ' rénal dé^^oré .et,cjlbléj^e,
petits foyers purulents ayant le volume d’un pois ; il ne restait plus trace de la substance tubuleuse du rein.
Le rein droit mesurait 10 cent. 1/2, était presque entièrement transformé en une poche kystique multiloculaire, à parois minces, et ne présentait plus que très peu de tissu rénal décoloré. Le bassinet était fortement dilaté, comme l’uretère correspondant.
Des adhérences filanienteuses unissaient la face antérieure du rectum, resté exempt de toute altération, à la face postérieure de l’uterus, surtout à gauche et en approchant du fond du cul-de-sac recto-uterin; dans ce cul-de-sac, au-dessous dès adhérences, il y avait un peu de pus.
En avant des adhérences s’éténdaient également de la vessie vers le milieu de la face antérieure de l’organe utérin; et, au-dessous, il existait ünè ulcération large environ comme une pièce de 5 francs, au milieu de laquelle le bas-fond de la vessie était presque perforé par suite de ramollissement et d’ulcérations des parois; la. muqueuse à ce niveau était en bouillie, f
Le vâgin était transformé en une espèce de putrilage, et la portion vaginale du col était tout à fait détruite ; le reste du col était entièrement infiltré de substance encéphaloïde; les parois du corps utérin étaient amincies, ramollies, et dans sa cavité,'la muqueuse présentait de noihbreuses végétations cancéreuses dans sa moitié inférieure, et une injection assez vive dans le reste de son étendue.
La trompe droite flêxueuse, adhérente à la partie supérieure du bord externe de rutérus était distendue par :une matière demi-liquide, de couleur chocolat, et était complètement oblitérée à son orifice péritonéal. 'V -'- i. ': ;-r r-
L’ovaire droit, étroitemént appliqué contre l’utérus, par des adhérences, se trouvait dratt^ormé : en un kyste du volume d’un œuf de poule, à- parois minces et transparentes, et rempti de sérosité citrine; le pédicule^ de çet ovaire n’avait pas plus de L centimètre de longueur.:-^ L :c r.:;.. ; .
La trompe gaüche fléxùeuse, également adhérente à l’ovaire et au
ligament large, contenait un liquide couleur chocolat.
L’ovaire gauche atrophié, réduit à une espèce de moignon informe couvert de cicatrices^-présentant des parois épaisses et comme fibreuses, était surmonté: d’un petit kyste ; il existait dans son épaisseur un follicule contenant un petit caillot.
Foie décoloré. Rate, intestin, rien de notable. Poumons, emphysémateux . Cœur surcharge de graisse. Pas d’altération valvulaire.
Cerveau : assez grande quantité de liquide séro-sanguinolent dans la cavité de l’arachnoïde.
Observation XLII.
Caucer de l’utérus. Cachexie profonde. Troubles urinaires. Phénomènes urémiques. Refroidissement progressif. Coma, Mort. Compression et oblitération des uretères. Hydronéphrose. Néphrite. Atrophie rénale.
(Liouville. Soc. anat., 1873.)
Marie L..., 53 ans, réglée à 12 ans ; règles abondantes et régulières ; ménopause à 51 ans.
En 1870, première perte de sang ; développement d’un cancer de Tutérus.
A son entrée a l’Hôtel-Dieu, le 1®*' janvier 1872, on note : anémie profonde, cachexie cancéreuse, diarrhée rebelle, cancer de Tutérus.
Le 2 janvier, la naalade accusait une 'sensation interne et pénible de refroidissement général et la température axillaire était remàrquablément basse (36,8); On remarqua ensuite dés troubles de rurination qui était irrégulière,peu abondante, et aussi quelques désordres momentanés de rintelligence, de l’agitation et de là dyspnée. La malade est morte dans là nuit du 12 au 13. janvier. Elle s’est éteinte lentement dans un état comateux profond qui avait été remarque dès raprês-midi. Pendant de longues heures sa respiration a été bruyante et sifflante. La malade paraissait ne plus voir ni enténdre. La fonction urinaire était suspendue. On a observé un refroidissement progressif du corps, très accentué, augmentant de plias en plus à mesure que l’agonie se prononçait. Pour nous elle paraît avoir succombé avec les principaux signes du coma urémique. ; ; v ^ -
Autopsie. — Nous ne relèverons que les lésions relatives aux voies urinaires. Distension énorme de la vessie; par 1 litre environ dé liquide puriforme de couleur vërdâtre, avec dépôt par le repos. Les uretères sont distendus au point d’avoir presque le volume de l’intestin igrèle et contiennent un liquide clair, transparent, laissant un dépôt blanchâtre au fond dû vase, et donnant par la chaleur et l’acide azotiquè, un précipité abondant d’albumine. L’analyse chimique de ce liquide, faite par M. Hoeppfner^ ÿ a dénoté la présence de Turée. La muqueuse des uretères était altérée ; on voyait nettement â sa suface des colonnes et des anfractuosités. ‘
Les uretèrés, â leur iésuè dans la vessie, étàieht 'comprimés par une sorte de mamelon cancéreux, qui avait amené une oblitération presque absolue, assez cOmplèfe pour ne laisser passer qu’avec peine, un crin de cheval. ;
Les reins sont durs, ont un aspect lardacé. Aü microscope on reconnaît une désintégration granulo-graisseuse, portée quelquefois très loin, et qui est due à l’étouffement des éléments comprimés.
Observation XLIIl.
Cancer de l’estomac et du péritoine. Propagation aux uretères et oblitération
de ces conduits. Anurie rapide et complète. Urémie à forme algide. Mort.
Autopsie. ... ;
(Bartb. Bullet. de la Société clinique de Paris, 1879.)
Marron (Louis-Joseph), âge de 40 ans, horloger, entre le 20 mars 1879, à l’hôpital Cochin, dans le service de M. Bucquoy.
, Les antécédents héréditaires sont négatifs ; en tait de maladies antérieures, le malade ne signale qu’une fièvre 'intermittente, contractée à Rome en 1865, et qui aurait duré deux ans. Il s’est bien porté depuis. Il n’est pas alcoolique, il ne présente aucun antécédent syphilitique.
Depuis six mois environ, il â commencé à souffrir dans l’abdomen, surtout au niveau, du creux épigastrique ; il a eu des alternatives de constipation et de diarrhée, parfois des vomissements. En même temps il a maigri, a perdu ses forces ; il garde le lit depuis près de deux mois. Il y a six semaines, il aurait eu une hématurie qui ne s’est pas reproduite.
Au moment de son entrée, le 21 mars, le malade présenté ûn faciès Am aigri, effilé ; la maigreur est extrême, la peau bistrée, sèche et terreuse. Pouls régulier, un peu dur, peu fréquent. T. 35,4.
La langue est normale, l’appétit est conservé, rnais les vomissements sont fréquents, et se répètent depuis quelques jours après chaque repas il y a souvent des renvois aigres, L’abdomen est fendu, douloureux, uniforrnément ballonné ; la palpation, très difficile, ne. révèle aucune tumeur; le malade accuse une sensibilité excessive au niveau des.lombes.et à l’épigastre. Qn constate un peu d’épanchement ascitique dans la cavité du péritoine; pas de frottemèntsjiéritonèaûx àTauscultation. Il n’y a.pas de diarrhée, mais plutôt un peu de éonstipation...', . . , .
L’examen du thorax ne révèle rien d’ânorrnal, sauf une très légère diminution de la sonorité avec respiration rude au sommet gauche, il n’y a pas de toux, jamais d’hémoptysies. "
Les battements et les bruits du'cœur sont sains.'Lés membres inférieurs sont légèrement œdématiés • il en est dé même des bourses et
des parties déclives ' de l’abdomeii ; tontefois les veines superficielles du ventre ne sont pas dilatées.
Les urines claires, peu abondantes; d’aspect normal, ne renferment pas d’albumine.
Les jours suivants, le même état persiste, sans modification notable; les vomissements diminuent de fréquence. La température reste normale.
25 mars. Vomissements alimentaires de nouveau plus fréquents, se faisant sans effort, par simple régurgitation. Le malade accuse un peu de dyspnée ; la tension et le gonflement du ventre ont augmenté, ainsi que l’œdème des membres inférieurs.
Le 26. Les vomissèments continuent avec les mêmes caractères. Urines rares, colorées, non albumineuses.
Le 27. Les vomissements sont devenus fétides, noirâtres ; cependant ils ne renferment pas de sang ; ils se reproduisent avec une fréquence excessive toutes les fois que le malade veut avaler quelque chose. Légère hématurie ; les urines sont colorées par une notable quantité de sang. Abattement marqué ; refroidissement des extrémités.
Le 28. L’abdomen, toujours, tendu, est très douloureux à la pression; sensibilité excessive au niveau des flan es j rendant la percussion impossible. Encore quelques vomissements; constipation, La miction, depuis “hier, a été difficile et douloureuse ; fréquents besoins d’uriner; l’urine rendue est en très petite quantité, et renferme encore un peu de sang. .
Le malade est depuis hier dans un état ,d’algidité remarquable; les extrémités, la face sont cyanosées. T. 35P. P. petit, régulier, 60.
. Soir, T. 34,9. Pas de céphalalgie , j)as de délire, aucun phénomène nerveux . Depuis lé.matin, le, malade n’a pas uriné; son .haLeine exhale une odeur fétide., ammoniaçale, toute particulière. .
Le 29 matin. Même état; le malade n’a pas uriné une seule fois depuîsi vingt-quatre heures ; le cathétérisme pratiqué sans aucune difficulté n’amène pas .une goutte d’urine ; la vessie est vide et rétractée. La fétidité de l’haleine .a encore augmenté. T. 35° ; aucun trouble cérébral ; la connaissance est entière, et le malade, bien qu’un peu affaissé, répond aux questions.
Soir. L’algidité augmente rapidement.' T. 34,7 ; l’anurie est toujours complète. Le malade s^affaisse déplus en plus, et succombe le 29 mars â il heures du soir, sans accidents convulsifs.
Autopsie. Les povirhbhs sont sains, sauf un petit noyau tubercpleux ancien, au sommet du poumon gauche.
Le cœur né présenté rién de réihârquable, le péricarde est marbré d’ecchymoses.
La, cavité péritonéale cootient environ 2 litres de liquide citrin, sans flocons; le péritoine est sain dans la plus grande partie de son étendue, sauf en arrière, où il présente des lésions sur lesquelles nous reviendrons tout à l’heure.
L.'estomac étant, ouvert, on constate au niveau de la petite courbure, à 4 ou 5 centimètres de l’orifice du pylore, une masse cancéreuse formée par cinq ou six bourgeons, du volume d’une noix à peu près, tomenteux à leur surface, qui est recouverte d’une couche blanchâtre ces bourgeons offrent la consistance du squirrhe, et les caractères histologiques du carcinome alvéolaire.
Au voisinage de la tumeur stomacale, les ganglions, qui entourent l’aorte sont le siège d’une dégénérescence de même nature; toute la masse des ganglions mésentériques est également envahie ; les glandes qui la composent, énormément hypertrophiées, forment une tumeur considérable qui englobe le pancréas, la veine cave, l’aorte, et s’étend en bas jusqu’à l’angle sacro-vertébral, de chaque côté jusqu’au hile du rein. -
ï^e péritoine qui recouvre la face postérieure de l’abdomen est parsemé de petits noyaux blanchâtres, durs, arrondis, très semblables à des granulations tuberculeuses, mais qui au microscope sont reconnus nettement pour du cancer,
L.es rèins, volumineux, ne présentent aucune adhérence avec les masses cancéreuses voisines ; leur surface est pâle, lisse; leur aspect normal ; mais en les incisant par leur face convexe, on constate uné dilatâtîbh marquéé des bassinets et des calices, d’où s’écoule un liquide aqueux, légèrement trouble. Ce commencement d’hydronéphrose est dû à une oblitération des conduits excréteurs, par propagation du carcinome*aux uretères. En effet, l’uretère du côté droit, au niveau où il se continue avec le bassinet, est envahi par un bourgeon squirrheux qui remplit entièrement son calibre et oblitère la lumière ; quelques bourgeons de mêrne nature sont disséminés sur la’ paroi du bassinet dilaté; au-dessous de l’Obstacle, l’uretère est revenu sur lui-même et, bien que parfaitement sain,' Offre un diârnêtre très inférieur à l’état normal.
L’uretère du côté gauche est libre et intact dans les trois quarts supérieurs de son étendue ; plus bas, au moment où il va plonger dans le bassin, il présente également un nodule cancéreux qui a végété dans la paroi, et a transformé, sur une longueur de 5 à 6 millimètres, le canal uréthral en un cordon plein ; au-dessus de l’obstacle, l’uretère est légèrement, mais manifestement dilaté j à 1 centimètre environ du bourgéon principal, un autre petit noyau cancéreux fait saillie à l’inté-
rieur du conduit, il semble indiquer le mécanisme par lequel celui-ci s’est oblitéré.
La vessie est parfaitement saine -, elle est rétractile sut elle-même, et ne renferme pas une goutte d’urine, . -
Il est à observer que lès noyaux carcindmàteüx dès' uretères, bien que situés au voisinage des ganglions cancéreux, nè font pas corps avec ceux-ci; ils s’en détachent facilement à Paidè du manche du scalpel; il y a contiguïté et non continuité de tissu. '
Le foie et les autres organes abdominahx ne présentent aucune lésion digne d’être notée ; les ganglions périphérîquès, axillairès, inguinaux, etc., ne sont pas atteints.
Gette observation présente un double întéïêt : au point de vue ànatomique et au point de vue clinique. Le faiLanstomique de la propagation d’un cancer mésentérique aux uretèrës* sans altération des reins ni de la vessie, a été rarehàènt signalé ; il est â rèmàrqùer qu’il ne s’agit pas d’une simple propagation de proche èh proche, mais d’une sorte de généralisation, d’un véritable cancer secondaire, développé sans doute pas la voie des lymphatiques. ■ *
Quant à l’évolution clinique qui a été:là conséquence de cette double lésion, elle n’est pas moins remarquable ; il y a eti supppression complète et rapide de l’urine et ce fait ne peut s’expliquer que par un développement extrêmement prompt des bourgeons cancéreux qui ont oblitéré.les uretères. Une;urémie rapide à-forme gastrique a été la con- séquence de l’anurie, et la mort est survenue en quelques jours, avec des phénomènes d’algidité qui ont dominé la scène morbide, et imprimé jusqu’au bout à la maladie un cachet tout spécial.
Observation XLIV,-
Anurie d’abord intermittente puis définitive. Urémie. Squirrhe de la base de la vessie englobant les deux uretères. - -
(Roberts. Loc. cit.) .
Homme de 59 ans, visité par moi avec le D^' HerUert Renshaw de Salé, le 10 juillet 1871. Six mois auparavant il avait commencé à se plaindre d’une douleur dans le dos, de perte d’appétit, d’affaiblissement des forces, de constipation. La douleur dorsale était continue et pré. sentait un caractère très aigu nécessitant l’emploi d’injections hypodermiques de morphine. Urine pâle et abondante, mais rendue d’une façon irrégulière. Jamais jusqu’à ma visite elle n’avait contenue de sang ni d’albumine.
Merklen. 25
Ün mois auparavant, le malade avait présenlê une Suppression complète d’urine pendant quatre jours. On en vint à bout en forçant le malade à marcher entre deux assistants, La miction revint et la douleur disparut, A partir de ce moment cependant, la miction devînt très irrégulière et on remarqua que, lorsque l’urine coulait librèment, la douleur dorsale était soulagée, mais qu’elle augmentait au contraire lorsque l’urine était supprimée pour quelque temps. Après l’attaque de quatre jours dont nous venons de parler, le malade se trouva beaucoup mieux et alla à Soutbport. Là il fut pris dé diarrhée et forcé de retourner chez lui.
Au moment de ma visite, il souffrait beaucoup dé sa douleur dorsale. Grande faiblesse, jambes îégêrè'menl œdematiêes. Il rendait alors quotidiennement une ou deux pintes d*une urine claire, contenant Une légère trace d’albumine. Je priai qu’on rècueillit l’urine de chaque jour et qu’on me rapporta chacun des trois jours suivants. Le premier jour le malade rendit deux pintes, le deuxième une pinte et le troislème- 8 onces. Les' trois jours suivants l’urine fut complètement suppriniée et le malade mourut. Les caractères de l’urine furent toujours les mêmes; elle était pâle èt dilüèè, d’uné densité variant'entre 1009 et 1010. Elle était âcidé et contenait des traces d’albuminé.
Les symptômes durant les trois derniers jours, furent lès suivants (ils furent notes par lé D'r Rënshaw et Ta femme du mâladé, car poûr mon compte je.he lé vis q'ù’ûn'e fois") : Àugnientâtîon de"la faiblessê, réspîration suspirieus'é, diarrhée les deux derniers jours, soubresauts dés muscles, délire lorsque le"m'àladé était laissé à Tui-mêmé, mais conscience parfaite jusqü’^â là fin lorsqu’on excitait son attention. Ni COma, ni convulsions.
Autopsie. — Corps ne présentant aucune odeur ammoniacale ou urineuse. Tous les organes sains, sauf l’appareil urinaire. L’origine des déeordires était une masse squirrheuse très dure, de la, grosseur d’une orange et remplis^njfe. -à moitié Te bassin.. Cette tumeur embrassait la base de la vessie et la prostate. Elle était adhérente et le comprimait dans l’étendue d’un pouce, mais on pouvait encore passer deux doigts dans la portion, la plusrétrécie. Le siège du squirrhe dans la paroi vésicale était le tissu sous-muqûeux. Ni la muqueuse, ni le péritoine n’étaient envahis^ mais présentaient,des p et déa vides dus à la contraction de la paroi tésicale liypertrophîéé.,. Tout le trigone était ‘envahi. La lésion, s’étendait..au-dessus, du trigone, se terminant pan un IjprdAbrupt^et épms. Les parois de la vessie dans la région envahie , mesuraient'.lli 'à 3/4 .de pouce en - épaisseur . Le basfond delà vessie était complètement sâin ; sa capacité était d’environ une demi-pinte d’urine. L’urèthre traversait dans la longueur d’un
pouce environ, la prostate plus dense et pr^entant une épaisseur d’en^ viron un pou 2 e et-demi. Le canal était, du reste, tout à fait libre -, on avait pu pendant la vie passer à plusieurs reprises une son4e sans la moindre difficulté. .
Les extrémités terminales des deux uretères traversaient dans Ja Ion. gueur d’un pouce environ la masse sqnirrbeuse; leur trajet à ce- niveau était tortueux et leur calibre rétréci par îe tissu . environnant, mais on pouvait encore y passer un: stylet, ni l’un ni 4’autre u’étant complètement obstrués. .Au-dessus de-la yessie, les uretères étaientdilatés et aussi larges que le petit doigt (le gauclie l’était, plus que 4e droit) et étaient distendus par de rurine. Rem gauche très atrophié, pesant seulement 2 onces 1/2. Plus de traces de pyramides, ce n’était plus qu’une coque formée par la substance cprtieale réduite à une lapae de tissu homogène d’jàppareneè;charnue. Le rem droit était augiqenté de volume, et pesait 7 onces ; il était aussi creuse a son intérieur rnais non aussi complètement. Lès pyramides avaient disparu et la suhstance corticale commençait aussi à dimmuer.-.-Le hassinet avait les dimensions d’un, œuf etûtait distendu, par de l-Mihè-
II.était évident, que.le rein gauche ayqit cesfé de fonotionner depuis plusieurs mois^ que la eonservàtion de. la vie m’nyait été duq qu’é l’hypertrophie du rein droit, jusqu’à ce ;qu’enhn: ruretêre, çorregpunt dant eut été englobé dans le développement. de.4a lume:Ur vésicajlê.,';
La;.tumeur avait contracté 4eS : ad;héreu.Gès'et s’était étendue aux parties voisines dans le bassin. Les .vaisseau3.4jiaqu.es traversaient la masse squirrheuse et avaient été plus .ou .ïnoinsi çQmpritnés c’est ce qui explique évidemment l’œdême des jairfcbes. ; . .. ,1 :- v. . ^ jÇ
Observation XLV,. /,
.Mif0.me utér’mc.à.vec,.nerfs gt.smus.veiaaus- <iUhèi4éi’àhle%'Urémie: avee;;
. .abaissementde la lei^ér^nre, . z;
; - : iRâimLBuileiins de ià SociétéaaâiæaniqneciS'lâ..) ^ - . a
Veldem..,, âgée de 40 ans, est entrée le 6 février 1873 à i’bopital Ô.bcïin, sallè Saint-Philip pe,’n''23 (service dé fdlÉudquby). -
Cétté'fèmmé av'aît toù|oufs êU ühe 'honnè^'Sàiitê jusqu’à son denïiér àçcbucTïéinënt. EUê' avait' éii'cin'q ufifaiits ï èMiq accbüchèmettts ïaBbriéux.'Élïe accb.ucha pour la'dernière foisil y-'d ciïiq'mois; A'parfir-dé ce mbment elle perdit abondamment chaqufe mois etmême dans Fin-
valle des règles ; en même temps elle s’aperçut que son ventre était dur et tuméfié.
Les hémorrhagies utérines devinrent plus fréquentes et plus abondantes. Le 3 février, une nouvelle perte prit les proportions les plus considérables, et quoi qu’on fît, ne céda pas. On conduisit la malade à l’hôpital où. l’on pratiqua immédiatement le tamponnement du vagin.
V.,. est exsangue, abattue; la peau a une teinte cireuse; les muqueuses sont absolument décolorées, le pouls presque imperceptible.
Le 8 février on note quelques vomissements.
Le 9. Quelques vomissements et frissons toute la journée.
Le 11. Etat général alarmant, Polydypsie, polyurie; urines pâles, mais ne contenant pas d’albumine.
Le 12. V... est encore plus pâle, plus abattue; mêmes caractères de rurine. La langue est humide comme elle l’a toujours été ; le tégument donne au toucher la sensation de chaleur qu’il a> toujours donnée. La malade a vomi toute la nuit ; pas de diarrhée. Crises nerveuses survenant à chaque instant pendant lesquelles la malade se met tout à coup à crier : « Maman ! maman ! je vais mourir ! », à grincer des dents, à agiter les bras comme une femme énervée. Quand, à ce moment, on lui demande si elle souffre, elle répond que non, si ce n’est un peu dans lès talons. A chaque instant il semble qu’elle va tomber en syncope. La peau est froide. Soir, T. 38,2 ; P. 98 * R, 24.
Le 14. Même état; mêmes crises nerveusesvomissements toute la nuit ; pas d’albumine dans l’urine.
Matin. T. 38,1; P. 128 ; R, 28.
Soir. T. 37°; P. 116 ; R. 24.
Le 15. Crises nerveuses pendant la nuit ; peau froide ; constipation plutôt que diarrhée.
Matin. T. 36,8 ; P, 108 ; R, 16 ,
Soir. T, 35,2 ; P, 104 ; R. 16 .
Le 16. Même état. T. 34° ; P. 104 ; R. 12. Vers midi agitation extrême ; la respiration s’embarrasse. Mort à 2 heures-de l’après-midi.
Autopsie. — Tumeur utéfihe à peu près sphérique de 0 m. 12 de diamètre, d’aspect rosé, parfaitement, lisse à sa surface. Elle est fortement adhérente au segment gauche du bassin, point du tout adhérente à droite.
I.e vagin est d^té à dr^pite,.contourne tout le bord droit de la tumeur et rejoint ainsi le col utérin qu’on trouve à droite .de la portion de là tumeur la plus éloignée du pubis. Le vagin, dans cette étendue, était comprimé entrera tumeur et les parties : osseuses correspondantes du pubis ; sur la paroi du canal,-accolée à^la tumeur, est- une ulcération circulaire de 0 m. 003 millimètres de diamètre, qui conduit dans un
des sinus "veineux qui, partis de la tumeur, rayonnent dans tous les sens et Tont se perdre dans la tumeur où bientôt on ne peut plus les suivre à l’œil nu.
La vessie est aussi déviée à droite ; l’uretêre gauche, pour la rejoindre, s’accole, en y adhérant intimement, à toute la portion gauche de la tumeur sur laquelle il forme comme un canal creusé à sa périphérie. Les deux uretères comprimés par la tumeur ont un diamètre en-viron quatre fois plus grand qu’à l’ordinaire, et leurs parois ont triplé d’épaisseur. L’uretère gauche, ayant son embouchure dans le bassinet, sur une étendue de 0,003 millimètres présente sur sa face interne des sortes de valvules conniventes, limitant entre elles des culs-de-sac plus ou moins saillants en dehors ; il est impossible de faire pénétrer directement un stylet dans la cavité du bassinet. La substance des deux reins est criblée d’une multitude de petits abcès.
La tumeur est presque exclusivement constituée par des fibres lisses, disposées par faisceaux qui. s’entrecroisent dans tous les sens; il en est qui ont jusqu’à quatre fois la longueur ordinaire, et qui sont contournés en spirale.
Observations d’anurie dans les néphrites et les maladies des reins.
Observation XLVl,
Néphrite parenchymateuse aiguë. Pleurésie double et péritonite. Hématurie ' et'anuri'e. Hypértrophie dü ventricule gauche. Mort. ■ - (Personnelle), . . ^
D,.. J..., âgé de 20 ans, garçon maçon, entre le 16 avril 1880'dàns le service de M. le D»' Millard, liôpital|Beaùjon, salle Saint-Louis, h° 14.
Ce malade ne présente aucun antécédent héréditaire qui mérite d’ètre noté ; il y a deux ans, il a eu une pleuro-pneumonie.
Actuellement,'Cet hommé est malade depuis quatre Ou cinq jours. Pas de scarlatinè antérieurè, pas de téfroidissement appréciable ; mais il y a eu lieu de tenir Compte de l’abaisseihent subit de la température qui s’est manifesté ces jours derniers. La màladié a débuté par Un àedêihe de là face ; après un repos de deux jours, puis une reprisé de tràtaii, œdème des jambes ef bronchite légère sans phénomène général, ni accident nerveux. Lé malade ne s’estapérçùd’aüeünemodiflcatioh dans la quantité de ses urines.
16 avril. On constate à son entrée une bôuffissuré caractéristique, avec pâleur blafarde de laface^ de l’cedème dés jaibbés ; pas d’éruption. Léger trouble de la vue. Bronchite légère. Bruits-du cœur exagérés.
bruit de galop s'eûtendant par moments seulement dans toute la région précordiale, plus accusé à la pointe, où il existe un léger dédoublement du premier temps. Urines foncées, renfermant des nuages comparables à du mucus, se prenant en masse par la chaleur èt l’acide nitrique. Quantité : 8 â 900 grammes.
Prescription. — Régime lacté. Ventouses scarifiées sèches sur la région lombaire.
Le 23. Le malade, probablement à la suite d’ün nouveau refroidissement, a été pris de douleurs à la base du côté gauche. On constate actuellement du frottement pleurétique aux deux bases, surtout à gauche.
Le 24. Sigîdes d’^un épanchement pleurétique double ; souffle, égophonie, suppression des vibrations aux deux hases. Ventouses sèches. Purgation.
Le 25. Etat stationnaire de l’épancheihent pleurétique, progrès de l’hydropisie, qui gagne les bburseç'dé l’ah'domen. Vésicatoire à ne laisser que quelques heures sur le côté gauche.
Le 27. Disparition complète du souffle ; persistante des frottements. Urines toujours albumineuses, foncées.
mai.:ie rualade, après une. période d^méiioration, est pris d’un violent frisson avec vomissemeU-ts. -
Le 2. T, 39,8. Pas de localisation autre que des douleurs abdominales ; vomissements assez fréquents. ^ '
. Le SipUrines rares, sanguinolentes; Œdème, çpnsidérabie des diverses régions,,VeMtre.douloureux à la pressipa.r.Péritonite probable.
Rien au cœur. Urines, 450,gisàmm€s. 1
Le 4^,,Urines, .des vingt-quatre heures: 125. gra,mmes, sanglantes. Examinées au mierpscop^ eUen renferment de. très pQmbrëux cylindres, les uns purement fibrinô-globulaires, les autres recouverts de cellules épithélialesç,^^^ ,
Le malade a.pria hier un vornitif.. Il np. se plaint .d’aucun phénomène, nerveux, ni céphnlée, ni troubles de la vue, mais de, douleurs violentes reyenant sous,,forme, denpliques, surtout, vers la nioitié supélieure de l’abdomen,, et d’une gêne . respiratoire assez grande. Rien à , noter. du côtê4p,.thorax,^Çoeunnormal comme bruits ; mais sa matité est augmentée dans je, sens vertical,, et dépassé inférienrement ies li-
mités.normales.. Œdème <y?ns.idérab(e et asciite*.. .V
Soir. Pas d’urine depuis hier soinàj4.h,rie eathétérisfpe ne donne i?^®sfln’à i5Q:gramm:es de m liquide .toujours ,,très nanguin o Jent ,;*mais . ^enfermanrimpins de çylj^çe3, fi eu contraiie^ de nombreuses .cellules,granuleuses. .
Pas de dieurhées ni de vomissementsn^is nausées continuelles.
Pas de sueurs ; peau sèche. .
Numération des globules sanguins : 2j583,000.
Lavement purgatif. Ventouses sèches.
Le 5. Le malade se trouve mieux. Néanmoins, depuis le cathétérisme d’hier soir, il n’a rendu que 40 à 50 grammes d’urine toujours sanguinolente, mais moins foncée que celle d’hier.
Le lavement purgatif a agi; moins' de douleurs et : moins, de dyspnée.-, .
24 respirations. Pouls, 72.
Cœur ne présentant rien de spécial ; premier bruit un peu prolongé.
Angine érythémateuse. Langue très sale, saburrale.
M. Millard prescrit un éméto-cathartique, puis de l’eau de Contrexéville, dans le but d’activer la sécrétion urinaire.
, Soir. Amélioration- Urine rare, renfermant très peu d’urée : 4 grammes par litre environ. .
La 6. 5as de miction dans la nuit. Le malade meurt à 8 h. du matin, se disant étouffé. .
Autopsie,—L’œdème persisteaprèsvla paort. On constate sur le cadavre une dilatation très prononcée des veines du thorax et des membres supérieurs, : .
Poumons et plèvres. — Adhérences assez complètes du poumon droit, naissantes et peu :aolides,. A gauche, épanchement séro-sanguinolent peu considérable ; les deux poumons sont très congestionnés.
Ecchymoses sous-pleurales à:^ la base des deux poumons. Emphysème de leur'bord antérieur.
Gceur. — Pesant 375 gr. non ouvert,, vidé des caillots principaux, Dilatation de l’oreillette droite. Hypertrophie considérable du ventrh cule gauche. - - , .
Abdomen. Péritonite avec .épanchement séro-purulent, fausses membranes à la partie postérieure. ■ -
P’oie.Grasv présentaut de nombreuses petites ecchymoses vers
son bord postérieur, ainsirqu'à la face inférieure du petit lobe. Poids, 950 gr. A lacoupe, congèstiOBi-toormé.
Maté . — Rien à noter, à part un peu de développement des vaisseaux de la capsule. ^ , .
Reins. — Triplés dé volume, d’un rouge vineux.- ,
Poids : le gauche, 350 gr.; le droit, 325 gr.
La capsule, peu adhérente, présente des vaisseaux très développés. La surface du rein décortiqué est lisse, présente un granité rougeâtre, due évidemment à des vaisseaux très développés. A la coupe des reins,
on constate une tuméfaction prononcée, avec pâleur de la substance corticale, et une congestion violacée des pyramides de Malpighi, Au niveau de la zone limitante, les vaisseaux radiés sont particulièrement saillants sur le fond pâle de cette substance.
Estomac. — Vascularisation très prononcée de la muqueuse. Petites taches ecchymotiques agglomérées.
Intestin grêle. — Développement très prononcé des vaisseaux de la muqueuse.
Cerveau. — Stase veineuse très considérable des méninges ; état criblé et sablé de la substance cérébrale. Pas d’excès de liquide céphalorachidien.
Examen histologique des reins et du cœur. — Sur des coupes faites après séjour des fragments du rein dans l’acide osmique au 1/100 et l’alcool absolu, on constate que la plupart des tubuli de la substance médullaire, et une bonne partie des tubes, contournés sont absolument obstrués par des globules sanguins au milieu desquels on voit çà et là des vacuoles claires et arrondies, qui ne peuvent être que les boules albumineuses décrites par Gorhih On peut, du reste- retrouver cette lésion en voie de formation, en examinant avec soin répithélium des tubes contournés. L’altération veiêüolaire s’y retrouve dans ses divers stades. Sur un grand nombre de 'points, l’épithélium de ces tubes est détruit ou desquamé et libre dans la cavité de ces canalieules, tandis que répithélium des tubés collecteurs paraît intact. L’hémorrhagie n’est pas seulement intrartubnlaire^ mais ^par place, elle est interstitielle, , ' 'f -v •: • ■ ■- ‘ - -,-
Dans les espaces lymphatiques qui entourent les tubuli, il existe des jçellules lymphatiques en grand nombre. -
Sûr des coupes durcies par l’acide picrique, là gomme et l’alcool, et colorées par le picro-carminate d’ammoniaquej on constate qu’il n’existe aucune trace de néphrite interstitielle chronique ; c’est à peine si on rencontre çà et là des traces de prolifération embryonnaire.
En résumé, les lésions histologiquest-de ces reins.consistent en une ■néphrite exsudâtivej avec engouement sanguin et dilatation des tubuli.
Des fragments du ventricule gauche examinés au microscope ne permettent pas de constater de lésions aiguës du myocarde ; les .fibres musculaires très développées sont intactes ; la seule particularité à noter, c’est l’existence de cloisons fibreuses assez nombreuses, qui séparent les faisceaux musculaires^ et d’un peu de sclérose périvasculaire. , .
Observation XL Vil.
Pneumonie du sommet droit chez un vieux saturnin. Anurie et phénomènes urémiques. Roséole. Mort. Néphrite.mixte.
(Personnelle). :
B... (G.), étameur, âgé de 38 ans, entre le 17 septembre 1878, dans le service de M. le Df Ënapis, supplée par M, Dieulafoy, hôpital de la Charité, salle Saint-Michel, n? 22.
Ce malade est atteint d’ozêne depuis une fièvre, typhoïde qu’il a eue il y a douze ans. Il a eu il y a cinq ans une attaque de coliques de plomb.
Depuis quelque temps i malaise, fatigue, extinction de voix. Début de l’affection actuelle il y a cinq jours par un frisson suivi de fièvre, une courbature générale, une douleur localisée dans le sommet droit. Toux avec expectoration de crachats jaunes, épais.
Depuis deux jours, diarrhée abondante avec colique; défaut absolu de soins jusqu’à l’entrée du malade à Thôpital.
17 septembre. Faciès abattu. Vésicules d’herpès sur la paupière supérieure droite. Conjeçlives rouges et recouvertes d’une couche de de mucus vitreux.
Langue saburrale sans caractères spéciaux. Haleine fétide. Ventre doaloureux, métêorisé. Diarrhée persistante. Pas détachés. Signes d’une pneumonie du sommet droit ; en avant, obscurité du son, respiration rude, avec quelques râles nauqueux ; en arrière, matité vraie, avec exagération des vibrations ; souffle tubaire, pectoriloquie au niveau de la partie interne de l’épine de l’omoplate. T. 39,5.
Prescription : Vésicatoire. Potion Tood avec teinture digitale, 15 gouttes.
Le 18. T. matin, 38,9. Soir,. 39,2.
Crachats jaunes, typiques. Mêmes signes. .Abattement moins prononcé. . -
Le 19. T. matin, 38,2. Soir, 38o.
L’herpès de la paupière a gagné la conjonctive, il existe sur la cornée des exulcérations sans doute consécutives à la rupture de vésicules.
Les signes locaux de la pneumonie restent les mêmes; l’état général est meilleur.
Le 20. Le malade se plaint d’avoir été très souffrant pendant la nuit ; il a vomi à plusieurs reprises ; il se plaint de douleurs vives dans le ven- Merklen. 26
tre, surtout au niveau de la région hépatique. Plus de diarrhée. Crachats jus de pruneaux.
Hypothermie. — T. matin, 35,9; prise à plusieurs reprises avec deux thermomètres.
T', soir, 35,7. P. 66.
Cet abaissement de la température et les vomissements sont d’abord attribués à la digitale qui est supprimée.
Le 21. T. matin, 35,2. Soir, 35,7.
NôusMerhahdOhs les urines d:d malade pour voir si cet abaissement . de Ih température riè peut êtré'attribué'^^à uhé' ïésion rèhàïe. L’ihfirmïèf du service nous dit à ce moment que le haalade n^à uriné qu’une seùîe ' fôïé depuis son séjour à rhôpitâl. ' ' ■ ■ ■ i s. , ^ .
‘Le éâthétérisme pratiqué à plusieurs reprises ne donne issue^qu’à quelques gouttes d’urine. Il y a donc anurie,
Lavétnént purgatif.‘Potion Tood èt acèt.'àmmoniaque.
Le 22rTeinpéràt. irtatin 35,8. Soir 36,â. ‘ '
Dépression profonde. — Ventre très douloureux, surtout dans les régions hypogastrique et hépàtiqUe. Hyperesthésie des" cuisses." Lang'ue
déptiüîllée, sèche. ".
Vomissements continuels et abondants, — Anurie^ absolu^. Souffle au prernièr temps êh arriéré' du sternum, s’entendant dans toute la hauteur de la région précordiàle, mais prédominant au niveau des orifices artériels.
■^Üès' signes; de là pneumonie persistent toujours les mêmes : matité, souffle hrônchiqué, plus de crachats.
Layëment'purgatif.
Le 237"'Ün peu d’amélioration. 100 grammes environ d’qrine sans, , albumine. " ■ "
Tempérât, matin 36,5 ; soir 37,3, Pouls 60.
'Vomisséinénfs énormes sans efforts et sans nausées. Constipation toujours opiniâtre, ne cédant qu’aux lavements purgatifs,
Hypéresthésie abdominale et des membres inférieurs, Quelq.ues soubresauts dés tendons. „ .
Persistance des signes de la pneumonie.
Le malade est indifférent, ne demande fien, se plaint quand on le déran*gé.ll’ihtelligence est dû reste conserVéè, ' '
En l’airsence d’albuminûrié et dû lésion rénale, cet abaissement du pouls et'üé la température, et ces mèmès phénomènes typhoïdes pourraient peut-être être attribués à un état cérébral, à une granulie mé-" nih^è'él '
LÛ24^ T. m
latiu 36,8. Soir 37.
Malade un peu plus éveillé ; plusieurs selles diarrhéiques, sans caractère spécial.
Apparition sur l’abdomen étles cuissés, de taches rosées, irrégulières, donnant à la peau un aspect marbré. Véritable roséole. 100 grammes d’urine. Io,d. pot, 1 gr. , .
Le 25. Bronchite généralisée. Souffle persistant à la base du cœur. Ventre affaissé, mat dans sa moitié inférieure. Hyperesthésie persistante des c,uis^es..Plus de vgmissemenfs, ; 100 .gr. . .dlurine,. 1 selle.-Un peu.d^ contractile dans les membres supérieurs ; -tressaillements dans les extrémités. Etat de somnolence continuelle. T. matin 36,7. Soir 37“.,,Pouls60 à06. - ,, ... - .
, constate dans Iqs urines,, une quantité moyenne d'albumine ; elles
renferrqent Sà 9,grnmm,esd^arée par litre^j . j;, L:..,
pe 26. Urines 25,0 grammes. Çpnstipation, ,P.as de .vomissements. Somnolence continuelle. Bouche %èçbê, fuligineuse..j :B.oséoie persistante,. quoiqu’un peU:Plds. pâle. jrv,matin,37y.8. Soir 38,2.: . L. . ^
Lefl7, SoninoZence de .plus en plus prononcée. T. 36, 8. Vers 5 heures
du, soJr çon.uuZsions .et mort,- - ..a.ôùr iii- . i. .. . ^
Autopsie. — Cervepu. Liguée .eéphalo-racbLdien.plus abondant que de coutume. Pie-mère injectée, ^asde méningite vraie, . - -
Pouvions. AAh éreuçje^-, ple.ural.es trè.s pTononcées à droite. -Les
deux tiers supérieurs du poumon dïqittSpnt l.eoSiège d’une hépatisation grise nianifeste. Dans le poumon gauche,; noyau caséeux .au sommet.' Hépatisation rouge avec ramollissement à la base; les fragments decepoumon tombent au fond de l’eau, ü -, is ' • . - -
Cœur. — Très dilaté, sans hypertrophie. Un peu d’insuffisance pUl-monaire. ; ^ . q. ' ^ ^ ‘
P’aie, — D.e consistance lisse, gras au toucher, violacé,
Haie. — Grosse, diffluente. .
ReinSi —- Gros, blancs. Substance corticale.jaunâtre, mais diminuée d’épaisseur.; capsule un peu ^adhérente.; surface .du -rein granuleux.* (Pièce malheureusement égaré e, et non examinée histologiquement.)
L'intestin examiné-par sa surface externe.ne paraît pas être lè siégé d’ulcération. Les ganglions du mésentère sont normaux.
Observation XLVIII.
Néphrite aiguë afrigore. Anurie initiale. Roséole. Bruit dé galop. Passage à l’état chronique., (Personnelle.)
Laurent (Sylvain), âgé de 15 ans,entre le 11 août 1879 dans le service de M. le D' Ernest Besnier suppléé par M. Quinquaud, hôpital Saint- Louis, salle Saint-Léon, n® 10.
Le 19 août. Ce malade est entré il y a huit jours dans le service, pour unrhumatisme articulaire subaigu datant de trois jours, siégeant sur la plupart des grandes articulations et se caractérisant par de la douleur et de la rougeur au niveau dé ces jointurés. Peu de fièvre et aucune manifestation cardiaque à ce moment.
L’administration pendant trois jours consécutifs d'une potion contenant 3 grammes de salycilate de soude, calmé rapidement les douleurs, et le malade, .qui est en même temps atteint de teigné tondante, recommence à partir do go moment à se promener dans-lés jardins.
Ce matin, sans que le petit malade se plàighe d’aucun malaise, l’attention est attirée :par la pâleur et la bouffissure de la face 5 les urines, immédiatement examinées, renferment dés quantités énormes d’albumine; : au microscope cylindres granuleuxj '^as de cellules épithéliales. -, ,■ ‘ - J ‘ .
Le malade cependant n’éprouve aucufiè douîéur et aucun trouble digestif. Interrogé spécialemènt âû point dè Viie dé rexistéhce ahtériéure d’une scarlatine à laquelle se rapporteraient et les douleurs rhumatismales et l’albuminurie, îi affirme n’àvoîr eu nf maûi‘ de gorge, ni éruption avant l’apparition de ses douleurs, .
Cette albuminurie est donc jusqu’à nouvel ordrëf rapportée à un refroidissement. Il est à noter cependant que la mère dü petitmalade est morte phtisique, que lùimême a été atteint pendant toute son enfance de scrofule; ganglionhâirë: du coùi II y à donc des rèsërves à faire au point de vue du rein: serofuléuxv . ^ ^ ^ ,
L’auscultation du cœur permet dé constater un léger dédoublement du premier temps à la base. Rien au poumon.
Le 20. Le malade qui a été mis immédiatement aü régime lacté a eu hier un vomissement très abondant et deux selles diarrhéiques. Par contre, la quantité d’urine rendue depuis hier à 4 heures est insignifiante et peut être évaluée à 50 ou 60 grammes. Il y a donc anurie. Cette urine est toujours aussi chargée d’albumine.
Nous constatons encore le bruit de galop perceptible surtout dans la région rétro-sternale, du cœur. La matité du cœur est assez étendue.
Pas de céphalée ni de phénomènes nerveux.
Nous remarquons, pendant l’examen de la région thoracique, l’existence d’une éruption maculeuse, à’apparence rubéolique, surtout marquée sur la partie antérieure du thorax, e1 sur les côtés du ventre. Quelques taches rosées sur la face.
Prescriptions ; Régime lacté. Bains.de vapeur. Perchlorure de fer 20 gouttes.
Soir. — Pas d’urine depuis ce matin, 3 selles diarrhéiques ; pas de vomissements, bouffissure persistante de la face, et léger œdème des jambes. T. s, 37,4. -
21 août. Hier soir, accès dyspnéique ayant duré plusieurs heures ;
nous avons vu le malade après cet accès ; il était endormi, mais sa respiration était fréquente (42), dé temps en temps interrompue par une pause expiratoire. , ^
Pouls 66, sinapisme, lavement purgatif.
Ce matin le malade esl plus calme, mais n’a uriné que 100 gr. environ depuis hier; uns seule selle,
Quelques obscurités passagères de la vue; surdité également interr mittente. Plus d’éruption.— T. 27,4. —- P. 66. — Respiration calme. Soir, T. 37,4. Pouls 66. Pas d’urine. Bruit de galop persistant.
8 ventouses scarifiées, appliquées sur la région lombaire, ont déterminé une diminution de la gêne respiratoire.
22 août.—100 gr, d’urine toujours très albumineuse. 3 selles diarrhéiques dans la-journée d’hier ; pas de vomissements.
23.août. — 500 gr. d’urine. Arnélioration très réelle. Le bruit de galop n’est plus entendu ; il existe actuellement un bruit prolongé au premier temps, û la pointe.
Moins d’albumine. : ,
24 août. — 650 gr. d’urine. Etat satisfaisant. , .
6 septembre. —- Etat stationnaire. Lu maladie parait ayqir passé , à l’état chronique. Urines 100 gr. environ par jour . Au cœur, souffle,à la pointe. ÇEdème .léger du scrotum, et,des naernbres inférieurs.,
5 décembre. — Après plusieurs essais thérapeutiques infructueux, (bains de vapeur, tannin, etc.), le maîade est envoyé à l’hôpital Sainte- Eugénie.
OBSERVAtlON XLtX,
Néphrite pareachymateuse. LibTieh aigu el èfythèàe survenu à deux reprises aVeè accidents ûréiniqüès.
(Inédite, due à l’obligeance de notre cher maître, M. le D*' Quinquaud),
Le nommé Ch... (Jean), 38 ans, homme de péiné, ehtrèie 8 juin àl’tiôpitHÏ ’Saint-Àhdôine, sâtlê Saiht-Lôdïs, hé 'serficé de fâ. 4e Laboulhène.
Ce malade fàcohlè qu’il travaillé souvent dans les puits ; ne hoit q^un litrè dé vah par jour, h’à pas de pituite, ni dé câuchernâ'rs. îl ÿ â un mois, à la suite d’un refroidissement, il fut pris d’œdème géhéralisè avec urinés fàrès et fohcééh ; eh même temps, la fespiratioh devenait gènêé. il éprouve ùhé ddülèut lombaire peu ihtéhsé, mais persistante.
En èè momèht, oh côristâté üné àhasàfqüé pé'd îhtëhsé, ihàié très nette. Les urines foncées, précipitent abondamment'pâr là cbàlèut èt l’acide nitrique. Le microscope dèhôte de hombréUxcÿlindrés grahulogràissèux. La cépbalagië est bafcitùêllé, s’exasjaéràht dé terhpd â àutrfe ; à peine quelques palpitations ; rien d’anormàl aü ‘cœut. L'e mâlâdë âé pluint dé vbir qüêlqûeh brouillards. Il éprouvé éh înêm'efémpà quelques n'ausèés àVëft ina'ppétenéë. La respiration est gêhéé (3(1 par minuté) avec quelques râlèà s'ôus-icféditants d’œdênié.
Le 12 juin, ce malade fut pris sUbitéînëht dè SdihiiôïéüCé invincible, avec dêrbî-Côrhâ. lï fî’ürîha qüd 300 gi'àmrtïés Ü'vxvkè fortement albumineuse. Dé plüs', ôn tfoüvë, dissêmihéë ëüt ï’âbdbiîiën lèé bras et les cuisses, une efflorescence caractérisée : 1° par des pâpüles délichen aîgu' sUrtüüf très abôriàâhfés §ur l’âvdht-hrks" droit ; 2° des taCfieS éryfbéhiâtëtisës dîsp'atëîss'âDt, sôifé fâ preSsiôff dU doigt, sür -lè côté droit de l’abdomen. Au centre de plusieursdèéêé tachés 6u h côte, existent des papules.
Il y avait donc danc cé cas" co'ë^te^nçé de V êtùptiùn àvecïé màdiirfiüm des troublés Airinàités. ÂU nîôrne'ht oh l’àhürié était lu plus ihtéhsé, à ce mêrné moiheUt âppuraissà'itl’étüpfiôn cutâèéé, cé qui môhtré fh flfétion de cause à etféL ^ué fMUéhcédh féphteïâcfé, déshe¥uîsifi, des diurétiques, les Syïuptôrnés s’drhélidrént' répidéïhérit. Dans î^édphce de huit à dix; jéUrs, rérUptiéh âvait disparu a^èc ï’âîhèliôÿéfidh des ttôh-* blés de sécrétion urinaire.
Mais le 17 juillet, sans cause bien appréciable, l’œdème augmenta, la respiration devint gênée, la sécrétion urinaire diminua, le malade fut pris de son coma et de la meme éruption licbénoïde et érythémateuse.
Le régime, laçlté ex^ç^y.sif,e,u^^encore.i;ajson;.def tous , ces. aeçideBts, et à la fin d’aoùt le malade put sortir guéri de ses accidents cérébraux, et des symp^ô^gS ,ciitané5j,^m§is cojj^^ery^nl encpre.^une, g^^de qp.anttté d’albumine dans les urines.
Observation L,
Hydropisie scarlatineuse, sans albuminurie. Anurie presque absolue pendant sept jours. Pé^^aÆditje-,. ît%>rfir,
{Rpberts. Lancet,. 18b8j et,- On .urinaiy,, e^qga|,i di^.ases* p. .24. ). : (Régipné..)
Enfant de 7 an§ atteint d’upp^s^^lat-ine normafe.ConyaJescenceaubout dedixjpursi le treiz^meJou.r,apparition d!une.anasarq,ue générale accompagnée de vomissements ^tde diayrhée.Urine, rare^ presque supprûnée^ très cçAcentrée^couleur^safran foncé et ççntenant des cylindres,maispas d’albumine.. Pupilles, fortementcontractéesjdangues ,et peau, frès sèches.
Amélioration sous -l’influence debains; de. vapeur,-, mais urine touj ours • rare. Le sixième jour ..vojmisspments intenses„et -frottement péricardique.Mqrtle septième jpur.nprçs une grande agitation, mais sans. coma, ni, convulsions.
é ou 7 onces d’urine avaient été rendus dans les sept jours.;
Pas d’autopsie.
Observation LI.
Anurie scarlatineuse.çConyulsiqas.Amaurose. Mort.
(Willau. Cases of Ischuria renalis In children-medical feats and observations vol, III, Lçndqn, 1792. —.R^iVl;. 1, p,. 418,1,
(Résumé.)
Garçon, de 9 ans, atteint, < an. nDmmence.Qîent-,d’oGtobra= 1786ü:d’ une scarlatine, angineuse, rapidement gu&rieïX.’enfant sortit au boutdepeudeijours,.et se porta bien pendant:huit.joùrs,ian;ibout desquels apparù— rentdeladiarrhéei.des..vomissemen.ts,dela.perte.desforc€s..-
Le 25. Anurie complète.;, -
Le 26. Anurie persistante.Etat ,gén.éral bQn.,Bouffissijre-de-rlacface5' langue sale.
Purgatif et bain cba.nd de vingt minutes.,i.après.iequel i’enfant rend un petit verre d’urine limpide.
Le soir. Nouveau bain. Quelques gouttes seulement d’urine.
Le 27 , Bain chaud de trois quarts d’heure, sans résultat. Attaque d’éclampsie. . ;
Le soir. L’enfant paraît dans un état satisfaisant, mais anurie persistante. Nouveau bain chaud.
A minuit, amaurose subite et mort dans une attaque convulsive.
Pas d’autopsie.
Observation LU.
Anuriè^scarlatineuse. Guérison.
(G. Pisano. Giornale di medicina militare,,mai 1876. Analyse Revue des sciences médicales, 1879i)
Il s’agit d’un enfant de 3 ans qui, à la suite d’une scarlatine légère, eut de la fièvre, des vomissements, des douleurs lombaires et de la diminution des urines. Du 27 janvier au 6 février l’excrétion urinaire fut absolument nulle. Pendant ces dix jours, les sueurs étaient abondantes; il y avait de là constipation et le malade ne vomissait que si on lui faisait respirer des liquides. Pas d’œdème. Le 6 février, le malade rendit un verre d’urine rougeâtre, acide, albumiueuse, renfermant un grand nombre de cellules épithéliales, de- cylindre albumineux et de globules de sang altérés. Les jours suivants, l’excrétion urinaire redevint normale.
Observation LUI.
Un cas d’anurie ayant duré vingt-cinq jours et terminé par la guérison.
. , (Whitelaw. Lancet, 1877,) -
Au mois de mai de l’année dernière sur six enfants qui vivaient dans une maison récemment bâtie et dans d’excêllentés conditions, deux furent atteints de la scarlatine à forme bénigne et guérirent. En revenant des bains de mer, au"Commeneémeàt de septembre, les quatre autres tombèrent malades à leur tour.'Trois d’entre eux guérirent parfaitement; mais le quatrième, un vigoureuxr énfant 'de-S 'ans, présenta une série de phénomènes extraordinaires. Le i 11 septembre, mal de gorgé très marqué, langue ayant l’apparence d’uné fraise ; température ne dépassant jamàis 101 , reste presque imperceptible, desquamation très peu considérable.'La' coexistence des trois autres cas ne laissait cependant , aucun-doute sur la nature du diagnostic.
L’enfant allait bien tout en conservant un peu de faiblesse. Rien de particulier jusqu’au-3 décembre. A ce moment on remarqua que les urines étaient devenues plus rares que d’habitude. Le 5 décembre, je fus appelé; je trouvai l’enfant jouissant en apparence d’une santé parfaite : appétit meilleur que d’habitude, langue nette, pouls 80, température 98,5. Il existait un peu de douleur et de sensibilité à la pression ,sur les deux régions lombaires. On ne remarquait aucun gonflement de la face, des mains, des pieds ou de l’abdomen, et durant les vingt-quatre heures précédentes, émission de 10 onces d’urine, haute en couleur, de densité 1018 et sans albumine.— On ordonna un bain chaud, des cataplasmes aux reins, des boissohs'aussi abondantes que possible, une potion contenant de l’acétate de potasse, de là scille, digitale et genêt. Le 6, je trouvai le malade ayant rendu seulement 2 onces de liquide, mais ayant sué abondamment après le bain; il mangeait et dormait bien. Le T, l’enfànt renditseulement l drachme d’urine, et à partir de ce moment jusqu’au 20 pas une seule goutte ne fut émise, et cependant à l’exception de quelques légers maux de tète la santé restait excellente ; durant ce temps radininistratioh de la poudre de jalap détermina 3 ou-4 selles liquides ; la diaphorêse fut maintenue au moyendebains et dé cataplasmes. -
Lel9. LeD?'Lumgair dê Largo vit]avecmoi le malade et avait de la peine à croire que la suppression d’urine ait pu durer si longtemps, sans qu’il fdt survenu de l’hydrôpisie- ou quelque symptônie d’urémie. Il conseilla un vésicatoire sur les reins, qui dans les 24 heures qui suivirent son application amenèrent l’émission de 2 onces d’urine, sans albumine. J’espérais que les reins allaient être ainsi délivrés de leur torpeur, état auquel on avait, je le croyais, affaire, bien plus qu’à une véritable néphrite. Gepèudànt aucUné 'autre quantité d’urine ne fut rendue. Le 27, nouveau vésicatoire, mais cette fois sans résultat. On cessa de prescrire des bains, des cataplasmes et du jalap, dans la croyance qu’ils servaiènt à Uémission -de l’urée, et que celle-ci ne.pouvant plus s^liminer pai ces moyênaï la vessie serait forcée de reprendre sa fonction. On continua .cependant les .diurétiques. Ce changement dans le traitement fut sans résultat. Les intestins continuèrent à fonctionner spontanément ; l’enfant continuait à ise bien porter.
; Le 31 décembre, on nota un peü d’oedème aux pieds :et aux chevilles, et le 2 janvier au matin 1 drachtae d’urine fut rendue. Le même jour, assisté du Fraser, superintendant de l’asile de Kinross, j’électrisai la colonne vertébrale et la région rénale; un petit cathéter fut aussi introduit dans la vessie, dans l’espêrancé! de provoquer un réflexe.
Le 3 et le,4 janvier,- émission de la même quantité;.mais le 5, une pinte entière fut renduej par petites quantités, en huit fois différentes.
Merkien. 27 .
Depuis ce temps les reins ont repris leut fortctionUéiftent normal et l’enfant est tout à fait rétabli.
Les points suivants méritent d’être notés danS cette Observation :
1 “ Les 12 semaines écoulées entre lé début de la scarlatine, — (à forme bénigne) et l’établissement de la suppression;
2® A l’exception de 2 onces rendues le treizième jour, l’anurie fut complète pendant 25 jours.
3° Excepté un peu de mal de tête, un peu d’œdème vers la fin de la maladie, il n’y eut pas de signes d’hydropisie ou d’urêmie.
4® Pas d’albuminurie. Pas de fièvre.
Les reins semblent avoir subi une sorte de torpeur, et avoir été suppléés dans leur travail par les intestins, la peau et les poumons.
5® Il est difficile de dire la part du traitement dan* la guérison. La vésication avait d’abord paru efficace, puis impuissante. 1 drachme d’urine avait déjà été rendue avant l’application de l’électrieité et le bénéfice de, la guérison ne peut lui être attribué. II est probable que la cessation des diaphorétiques et des purgatifs, en forçant les reins à se charger de la sécrétion de l’ürée, joua un rôle très favorable, quoi qu’il semble qu’il y eût quelque risque à employer ce procédé.
Je puis ajouter que l’enfant était surveillé de près nuit et Jour par ses parents et ses domestiques • qu’on lui offrit de le récompenser s’il voulait uriner ; en sorte qüe toute tromperie fut écartée. Les pr® Lumgâir et Fraser, tout d’abord sceptiques sur ce sujet, sont aujourd’hui parfaitement convaincus de l’authenticité du cas que je viens de rapporter.
Observation LIV,
Atrophié ancienne du rein droit par hÿdronéphrôse. Néphrite aiguë suppurée avec gangrène du rein gauche hypertrophié. Anuriè et urémie-. Mort.
(Personnelle.)
C... (Marie), âgée de 28 ans, couturière, entre le 8 janvier 1876 dans le service de M. le D” Isambert, hôpital Lariboisière, salle Sainte-Marie, n® 34.
Les renseignements obtenus sur l’état de cette malade avant son entrée à l’hôpital sont incomplets. Sa santé a tOujoursété .bonne jusqu’au mois de novembre dernier^ mais à partir de ce moment elle a souffert d’un état de malaise continuel, nvec céphalée, toux et douleurs dans les côtés de la poitrine. Néanmoins elle n’a pas maigri, et son état général est resté satisfaisant.
Quinze jours avant son admission la malade a eu. une hémoptysie assez considérable, et il y a trois jours elle a été prise assez subitement de douleurs violentes à la base du thorax, avec dyspnée, fièvre, céphalée plus intense que de coutume; enfin plusieurs accès de tremblements convulsifs auraient été constatés ces jours derniers.
8 janvier. Soumise à l’observation, la malade présente les phénomènes suivants :
Fièvre très violente. Pommettes colorées. Fades dénotant une dyspnée très intense. Hoquet continuel. Prostration très grande. La malade ne répond que par des gémissements plaintifs aux questions qu’on lui pose. Mise sur son séant pour l’exploration du thorax, elle ne peut se soutenir, et le moindre contact 'provoque des cris. L’hyperesthésie est générale ; c’est ainsi que la palpation abdominale n’est pas possible, mais la douleur parait la plus vive à la partie inférieure du côté gauche du thorax. Et cependant la percussion et l’auscultation du thorax' ne dénotent rien d’anormal.
Troubles gastriques très prononcés, constipation complète depuis trois jours. Langue sale, reqouve.rte d’un enduit limoneux épais.
Le 9. Même état, hoquet persistant. La maladq a eu dans la nuit des voraissements et du délire. Les pupilles sont fortement contractées. Il y a absence d’urine depuis l’entrée de la malade, et cependant le cathétérisme ne donne issue qu’à 100 grammes à peine d’une urine trouble, chargée de phosphates, probablement purulente, mais ne contenant pas d’albumine.
On pense à une méningite tuberculeuse, bien que les symptômes pré sentés par cette malade soient très obcurs.
Le 10. Plusieurs frissons dans la nuit, Persistance du hoquet et des phénomènes précédents. Signes toujours nuis du côté du thorax.
Le soir la malade est beaucoup plus calme, et T.our la première fois répond d’une façon Lucide aux,questions qu’qn lui pose. Le hoquet e disparu, mais revient à.çhaque ingestion de boisson ; la température, qui le matin, était de 88,6, est descendue à 36,4,
Cette amélioration peut être nttribuée à l’administration d’un ipéca stibié qui, a déterminé des selles très abondantes.
Le cathétérisme donne issue comme hier à 100 grammes environ d’urine.
Métrorrhagie peu abondante. : ■
Le il. Nouvelle exacerbationdessymptôçaes du4^but- Vomissements. Hoquets. Çontraction des pupilles. Stupeur, Convulsions générales, mais surtout prononcées dans le côté droit de la face et du corps.
Métrorrhagié persistante, Te sang est rendu en caillots par le vagi .
La malade crache également, pendant qu’on l’examine, un caillot sanguin, foncé et assez volumineux.
Constipation. Langue et lèvres sèches et, fuligineuses. Température du matin 40,4.
Le soir, la température est revenue à 36,4; le hoqueta disparu, mais les mouvements convulsifs persistent.
Les 12 et 13. Perte de connaissance complète. Tremblements convulsifs très fréquents.
L’urine obtenue par le cathétérisme est toujours en faible quantité, mais, est remarquable par sa couleur rosée et son odeur fétide.
Persistancede la métrorrhagie. Crachats sanguinolents.
Le 13 au soir, l’état fébrile a reparu. Peau chaude et couverte de sueurs.
Le 14. Mort dans le coma à 9 heures du matin.
Autopsie. — Poumons. Les lobes inférieurs sont très congestionnés et présentent un état marbré dû à là présence d'un grand nombre de petits foyers apoplectiques.
Cœur. Aucune àitératiôn notable. Pas d'hypertrophie.
Cerveau. Etat criblé très prononcé, surtoiit manifesté dans les parties médiahés de là base dé T encéphale, à savoirla protubérance, le bulbe et les pédôhcules cérébraux;
Reins. Ée réih droit est réduit au 'quart environ de son volume normal, et cette atrophie paraît due au refoulement de la substance rénale par les càlices et le bassinet dilatés.
t’artère et la vèîne téhale de/cè côté sont perméables, et présentent leur disposition habituelle. :
Le rein gauche présente une hypertrophie très considérable, il est certainement doublé de vdlümé; Très congestionné, il laisse voir à la coupe ûn grand Oombre de petits points blanchâtres, qui paraissent constitués par des abcès miliaires et deux cavités anfractueuses remplies d’un liquide brùhâtre et fètidei;i.a7surface interne des calices et du bassinet, qui- sont dilates,-présentenineMnfection vasculaire, et sur certains points une extraVasation'sanguine très'rQanifeste.
Remarques. — Nous'reprodüisotis cette observation telle que nousïl’ayons recueillie en .1876, Par suite, d’une omission regrettable, les orgailes 'pelyiens n’ont pas été examinés, en sorte que l’origine de cette double pyclb--néphrite reste obscure. Les métrorrbagies observées à la fin, et que nous étions tentés à cette époque de rapporter à
Turémie pourraient faire penser à une anurie par obstruction cancéreuse des uretères, bien que différents détails ne concordent pas avec cette hypothèse. Le diagnostic pyélonéphrite secondaire est le. seul que l’on puisse affirmer.
Observation LV. - -
Oblitération de la veine sus-hépatique droite, de la veine cave inférieure et de
ses branches afférentes. Infarctus des reins par arrêt de la circulation vei-
neuseï sans oblitération artérielle. Anurie.
(Nottin. Société anat., 1869.)
(Résumée.) . ;
Femme de 25 ans entrée le 10 novembre 1868 à l’hôpital Saint-Louis, service de M. le Dr Lailler.
Cette femme, scrofüleûse dans son enfance, était soignée dans le service pour une éruption d’àcné,- quand, le 26 . décembre, elle accusa des phénomènes h’émbarras ^astriJque fébrile, une névralgie temporo-cervicale à accès périodiques. Puis, le 29 décembre, elle fut prise subitement d’ühë faiblésse- généfàle avec pâleur et refroidissement des extrémités.-" ÿ ; riz-
Le lendemain, à la visite du matin, elle présentait une cyanose très pronôhééé ed Fon constatait üne ariùrie à peu près complète, le cathétérisme ne donnant que quelques gouttes d’une urine fortement albumineuse. Pouls petit, vomissements le soir.
A 9 heüres du soir^accès de dyspnée très violent.
Le 31 décembre. Anurie persistante. Vomissements de boissons. PôUrls petit. Râidèar dans la jambe droite. Selle sans caractère.
l®r janvier 1869i Pôùls petit, fréquent. Vomituritions.
Absèncé presque complète d’urine ; pas de selles. Douleur vive au niveau du flâne gauche. Oppression et anxiété vive.
Le 2.100 Puis. Même état.
Quelques gouttes d’urme albumineuse sanglante et sans tubes d'épithélium . .
Le 3. 80 puis. Douleur diaphragmatique vive. Inspiration brusque et convulsive. Amaurose, Pupilles dilatées . Douleurs et œdênae des membres inférieurs.
Anurie. Pas de selles.
Le 4. 76 puis. Insomnie. Hoquet. Régurgitation. Pas de garde-robe.
Urines très rares et sanglantes. Léger œdème avec des mem¬
bres roférifcurs.
Le 5, Diarrhée abondante. 68 puis. Pas de fièvre. Urines moins sanglantes et moins rares. Hoquet continuel.
Le 6 . Pouls, 68 °. Bégurgitations continuelles d’un liquide incolore. Œdème et douleur des membres inférieurs plus prononcés ; dilatation des veines superficielles de l’abdomen.
Mort subite à midi, sans convulsions, ni cyanose, en pleine intelligence.
Autopsie. — Rien aux poumons. Cœur graisseux ; cavités droites rempUes de caillots.
La veine cave inférieure et ses branches afférentes (iliaques, rénales, utéro-ovariennes, capsulaires et lornbaires) sont oblitérées et remplies comme par une injection de suif noir. L’aorte et ses branches sont libres.
Pas de phlébite de la veine cave mais de la veine sus hépatique droite, point de départ probable de l’obstacle au cours du sang dans la “veine cave.
Les reins sont très tuméfiés et d’un rouge brun, surtout celui de gauche. Entre la capsule fibreuse et l’enveloppe cellulo-graisseuse, on voit des ecchymoses multiples. Dans quelques points le tissu cellulaire est induré et adhère à la capsule ; à ce niveau, on trouve à l’extrémité supérieure du rein gauche un large infarctus j aunâtre, de forme irrégulière, limité par un liséré rouge sombre, très sinueux et très net 5 deux autres infarctus sur lé rein gauche; un seul snr le rein droit.Ces infarctus font une saillie à la surface du rein, et leur tissu est d’une consistance plus ferme à la coupe. Le tissu du rein est d’un rouge livide très prononcé, et l’infarctus, d’un jaune pâle, s’étend en profondeur jusqu’à la substancè tubuleuse. “
■ A l’extérieur des veines, les divisions du rein sontremplies de caillots que la pression fait sortir. Les artères, suivies aussi loin que possible ne sont pas oblitérées, même dans les branches qui correspondent aux infarctus.
Bassinets et uretère libres, mais très injectés,'Vessie vidé.
Observation LVI.
Tentative de lithotritie. Cystite. Taille suivie de lithotritie. Anurie.
Mort. Abcès rénaux.
(Malherbe. Soc. anat., 1872.)
M. Malherbe présente les organes génito-tniriâires d’un homme âgé de 40 ans, atteint de calcul vésical et soumis à la taille et à la lithotritie. .Le malade souffrait de la pierre depuis deux ans. Il aurait eu des accès de fièvre et n’aurait jamais été sondé. Après quatre essais infructueux de lithotritie suivis de cystite et de fièvre légère, il est soumis à la taille. ‘ ^ ^ ^ ^ ^ ^ ^ ^ ^
La difficulté d’extraction de la pierre exige la lithotritie employée avec succès.
Le soir même survient de la fièvre ; la température s’élève â 39®,9. Dans la nuit Vanurie se manifeste. Le cathétérisme ne donne pas 100 grammes d’urine purulente. La mort survient deux jours plus tard.
A Vautopsie on trouve à Tangle gauche du fond de la vessie, une cavité non perforée,qui paraît être une cellule vésicale. Au-dessous du péritoire à ce niveau, existe une ecchymose marbrée.
Le rein gauche est très petit; les calices sôht congestionnés, Le rein droit offre des abcès en voie de formation. Le foie ne paraît pas altéré. ' ^. .
Observation LYII.
Cystite chronique. Anurie survenue s l’occasion d’an eathêtérisme. Mort.
-Dégénérescence graisseuse du rein gauche. Infarctus , dans, le rein droit. In,-
version des viscères. ' . : ,
M. Girard montre les reins et la vessie d’un homme mort à TAge de 74 ans. Les urines étaient mueoso-purulentes, la miction douloureuse. -
On éut recours à Tapplicâtion d’une sonde â demeure età des injections d’eau fraîche. U se développe un'accès de fièvre ; Vxmurie se produit, la température s’élève à 38®.
Le malade succombe avec de la-carpbologiè.
L’autopsie permet de constater une inversion complète des organes avec inversion des cavités du cœur, la dégénérescence graisseuse du rein gauche, l’existence d’infarctus dans le rein droit.
Le présentateur attribue la mort à l’anurie brusque survenue sous l’influence du cathétérisme. La sonde aurait déterminé une congestion rénale suivie d’hémorrhagie ; d’où diminution du champ de la sécrétion urinaire.
In¬
observations d’anurie hystérique.
Observation LVIII.
Hystérie. Phénomènes d’anurie et vomissements urémiques. Développement graduel d’une paraplégie considérée comme hystérique. Accès convulsifs et comateux. Mort. Méningite spinale à l’autopsie.
(Observation due à l’obligeance de notre cher maître M. le D"^ Rendu.)
Elisa C..., âgée de 45 ans, née à Paris, entre le 19 juillet 1874 dans le service de M. le D'^-Potain, hôpital Necker, salle Sainte-Anne, n® 16.
Gette femme est amenée le 19 juillet. Elle se plaint dè maux de tète et de vomissements depuis près de deux mois. Au début elle s’est plainte de douleurs lombaires, Depuis quatre semaines, elle est au lit, elle n’a pas de fièvre notable. Ce matin, elle a eu 84 pulsations, le pouls faible, régulier. Elle se plaint de douleurs de tète extrêmement intenses, et on peut à peine la reinuer, La respiration est bonne, le bruit vésiculaire, normal. Le cœur .ne présente aucune alféràtion.
Ce qui domine chez cette malade, c’est un air égaré, un peu d’incohérence. En ce moment, elle n’a pas les jambes enflées, ni la moindre anasarque. Elle se plaint dé maux de tête considérables ; elle n’a pas de diarrhée, mais quelques vomissements. Elle dit qu’elle urine peu. En même temps on constate un notable degré de dyspnée, bien que l’auscultation ne. révèle rien.
Pendant qü’on l’examine, la malade a une sorte de crise nerveuse sans convulsions, mais avec des maux de tête très intenses. Ceci au prenaier abord, paraît répondre à de l’hystérie. Toutefois, la malade affirme qu’ellé n’a jamais eu d’attaques de nerfs avec perte de connaissance. Purgatif. . '
20 juillet. Bien que la malade ait bu considérablement toute la nuit, elle n’a pas uriné .plus de deux cuillerées à bouche d’une urine trouble,' foncée, contenant une très, légère quantité d’albumine, ayant un peu l’odeur de bouillon.
Ce matin, on trouve la malade afEaissée, avec de la dyspnée, la voix cassée, se plaignant d’un violent mal de tète, sans fièvre; soif excessive.
Prescription. — Eau-de-vie allemande. Tisane d’nva ursi. Eau de Seltz et glace. Régime lacté exclusif. Trente ventouses sèches et six scarifiées dans la région lombaire;
Les jours suivants, bien que la malade continue à uriner 30 à 40 grammes d’urine par jour, il y a une amélioration notable dans l’état général. L’embonpoint et l’appétit se conservent.
Le 24. On constate qu’il existe des zones hyperesthésiques très évidentes. Ainsi, la douleur de la nuque dont elle se plaint est une rachialgie ; la pression sur les apophyses épineuses est excessivement pénible. Elle a aussi de l’épigastralgie et de la pleuralgie. En revanche, la pression sur lès ovaires n’est pas douloureuse. Dans la journée, un vomissement bilieux. -
Evidemment, la. malade est une hystérique avec de l’ischurie et de l’anurie sans phénomènes urémiques autres que le vOniissement.
Le 26. Dans la journée, la malade a deux attaques d’hystérie convulsive.
Les jours suivants, bn ne peut plus douter qu’on n’ait affaire à une hystérique.,Il y a une mobilité de symptômes fort remarquable. Lorsqu’elle n’urine pas, elle he plaint de douleurs de tête, dans la nuque, dans le dos, presque, intolérables Ses aliments ne sont point tolérés par l’estomac et réjetés par" le vomissement. D’autres fois, elle ne souffre presque pas, se lève et Semble convalescente.
On remarque que toutes les fois qu’elle a des vomissements elle urine à peine 30 grammes ; ceci coïncide àvec la recrudesce de ses douleurs rachidiennes, ' ' -
7 août. On a ridée d.e, lui ap.pliquer dans le dos, le long de id colonne vertébrale, à titrer de révulsif, sur la moèllé, un large vésicatoire. Le lendemain, la malade uririe un demi-litre, chose qui ne lui était pas arrivée depuis son entrée dans la sàlle, et elle ne vomit pas.
L’effet persiste le 8 eLle 9, temps que met le vésicatoire à sécher, après quoi, anurie, nouveaux Vomissements.
Le 10. On réitère l’application d’un vésicatoire, cette fois au devant du sternum. Il y a encore une amèlibration passagère' d’une demijournée : la malade urine un peu moins d’un demi-litre.
Pour prouver qu’il s’agit bien de l’efficacité de la révulsion sur la colonne vertébrale, qn remplacé, le 12, le vésicatoire par un cataplasme sinapisé.le long d.e la colonne vertébrale. La malade Urine-trois quarts de litre, et se trouve assez bien pour se lever telle n’a pas dé vomis- Merklen. 28
sçments. Ceux-ci reparaissent trois jours après, le 15, avec le éortège habituel (rachialgie, point douloureux occipital, été.).
Du 15 au 18, on réitère l’expérience qui toujours réussi : l’urine atteint, même le 18 août, le chiffre de 1 litre.
Le 20. Application de cautères dans le dos, au nombre de quatre.
Le 21. La malade n’a pas vomi ; elle a la figure assez calme, mais se plaint beaucoup de la tête et de la nuque; pas de vomissements.
Le 24. Les vomissements n’ont point reparu, et la maiadejurinemaintenant de 1 litre âl litre 1/2 par.vingt-quatre heures.
.Elle souffre moins de la tête et mange avec meilleur appétit. Mais la marche est extrêmement pénible. La malade est presque paraplégique ; elle peut à peine se tenir sur ses jambes, titube, tremble de ses exttérnités inférieures, et soulève le pied d’uue façon très incomplète. Toutefois, aucun trouble de la, sensibilité.
Le mieux se continue au point de vue des urines, jusqu’au 26 ; ce jourrlà, ,élle est reprises de ses vomissements et urine moins.
Dans le courant du mois de septembre, aggravation notable de la maladie ; même mobilité dans lès symptômes; alternatives de mieux et de pire; attaques d’hystérie convulsive de temps à autre. Mais la paraplégie s’accentue de plus en plus ; la malade né peut plus se tenir debout, elle s’amaigritj rèstê constamment couchée dans son lit, souffrant beaucoup du dos et de la colonne vertébrale. Elle'se plaint surtout d’un point fixe au côu en permanence. — ‘V’entôüses scarifiées le long de la colonne vertébrale.
Je la retrouve au commencement d’octobre. Pair égaré, vornissant encore fréquemment, complètement paraplégiqûè, ayant perdu beaucoup de ses forcés, remuant ses bràs difficilement. Ses accès convulsifs la reprennent encore fréquemment ; ils affectent les allures d’un coma profond avec lenteur du pouls et refroidissement des extrémités, sueurs abondantes. Evidemment, derrière ce fonds hystérique, il y a une affection centrale de là moelle. Celle-ci s’accuse surtout par des troublés moteurs : pourtant, malgié ramaigrisSement, il n’ÿ a pas d’atrophie proprement dite des masses musculaires-; la Sensibilité et les mouvements réflexes sont tout à fait normaux. Pas dë trouble pupillaire.
Appétit conservé, mais capricieux.
6 octobre. Même état, quoique les urinés soient un peu plus abondantes. — Potion avec 20 gouttes de teinture de noix vomique.
A partir de cette époque, Un peu de mieux; les bras commencent à reprendre graduellement quelques mouvements; elle serre faiblement avec ses mains, et remué facilement ses jambes dans son lit. Toutefois, il lui est impossible de se lever et même de se tenir debout.
Cet état de choses persiste pendant tout le mois d^octobre; il y a un mieuî réel dans les deux dernières semaines.
Dans les premiers jours de novembre, on faradise légèrement les muscles de la malade, pour lui rendre l’usage graduel de ses membrès. On constate que les muscles de ses bras et de ses jambes répondent normalement à l’électrisation ; nieds ceux des gouttières vertébrales sont tout à fait atrophiés et presque insensibles à la faradisation. Il y a un amaigrissement extrême de tous les musclés, et la malade, tout en n’ayant point de fièvre, perd l’appétit et s’affaiblît de plus en plus.
Vers le 15 novembre, la malade se plaint d’uneydouleùr dans le côté droit, vers la base de la poitrine. L’auscultation et la percussion ne révèlent aucune lésion. Comme il existe fine vive douleur rachidienne, on considère ce point de côté comme de la pleuralgie ou de la névralgie intercostale. ' i ' ' =: ■ ?
Le 16. La malade prend un bain sulfureux qui ne paraît lui faire aucun mal sur le mouient. ' ' r - ^
Toutefois, le 17 au soir, elle se plaint d’un peu d’oppression et surtout d’une grande faiblésse ; éllë s’aperçoit qué ses bras sont alourdis, et qu’elle ne péùt les mouvoir avec autant de facilité.
Le 18. La malade a toujours de la faiblesse : bras presque complètement paralysés-; jambes normales, répondant bien à l’électrisation. Sensibilité intaète. , i-
Dans la nuit, accès nerveux analogues à ceux -qu’elle avait présentés à plusieurs reprisés, avec raideur, tétanisme.
Le matin elle est très fatiguée,' somnolente, répondant à peine, en partie anesthésique. ' - “ ' ' r - ‘ --
- Lé 19. Nouvelaëcês pendant la nüif; Là malade se réveille complètement paraplégique, incapable de remuerles bras, et remuant difficiléinènt lés jambes. Pourtant la journée se passe sans accidents.
Dans la nuit survient un nouvel accès. Le lendemain matin, 20 novembre, on Ta trouve dans un état très grave : cyanosée, la respiration haletante, demi-coniateuse, avec dü râle trachéal ; elle rejette pat la bouche de TèCumé bronchiqüe, et paraît en agonie. La respiration diaphragmatique sé fait mallà paraplégie ést absolue; les membres retombent inertes. En rècberchant la cause de ces râles tracbéo-bronchiques, on constaté qu’il existe une anesthésie' absolué du voile dU palais, et de la muqueuse-des voies aérîennés la malade s’asphyxie par accumulation des mucosités qu’elle ne sent pas. Le pouls ést très lent, à 54 pulsations.
Electrisation du phrénique. Sinapisinés. Ventouses.
Ls soir, même état r cyanosé, respiration stertoreuse ; expectoration fort abondante; là respiration diaphragraatiqué paraît se faire moins
mal que le matin. Toutefois, le pouls qui était lent le matin s’est notablement accéléré (100). Il y a un peu de chaleur fébrile. De plus, un nouveau symptôme est apparu : c’est une rotation alternative des yeux et du nystagmus transversal sans dilatation des pupilles. Cœur battant d’une façon précipitée, et faiblement. Faut-il admettre que la lésion médullaire a atteint les. centres d’innervation du cœur l
Mort dans la nuit.
Autopsie le 22 novembre.
Enveloppes de la moelle. Face antérieure, —Pas d’adhérence ni de congestion des sinus rachidiens. Sur deux points seulement, vers la troisième vertèbre dorsale et à la partie supérieure de la région cervicale, on constate une cohérence intime entre la dure-mère et l’arachnoïde..
Il y a une congestion appréciable de la moelle au niveau du renflement cervical, et vers la partie supérieure, on aperçoit un petit foyer hémorrhagique au niveau des racines antérieures de la troisième paire cervicale. Ceci correspond par conséquent à l’origine des nerfs phréniques, et, il y a peut-être un rapport entre cette lésion et la gêne des mouvements du diaphragme observés les derniers jours de la vie.
Un pareil foyer ecchyrnotique, plus petit que le précédent, se voit dans la région lombaire, à l’origine des nerfs de la queue de cheval.
Face postérieure. — A première vue cette face est malade. La duremère est épaissie, très congestionnée, surtout dans la région dorsolombairé et sillonnée de grosses veines variqueuses. Lorsqu’on veut la sectionner sur la ligne médiane, on se trouve arrêté ? presque au début de la région cervicale, par des adhérences très intimes avec l’arachnoïde spinale. A partir de la septième vertèbre cervicale, jusqu’à la région lombaire, ces adhérences deviennent tellement multipliées, qu’il faut disséquer complètement les deux membranes, pour les dissocier: encore ne peut-on le faire qu’au moyen de sections artificielles, à travers, des tissus complètement organisés. C’est exactement le même aspect et la même structure que quand il y a sj-mphyse complète du péricarde. Sur les points où les adhérences manquent, on peut voir que l’arachnoïde est profondément altérée dans sa constitution. Elle est doublée d’épaisseur, opaque et transformée' en un tissu fibreux, jaunâtre, coriace, peu vasculaire, disposé,par plaques irrégulières. Dans toute l'étendue de ces plaques, l’arachnoïde paraît faire corps avec la pie-mère sous-jacente. .
Les lésions que nous venons de signaler existent seulement sur la partie médiane de la face postérieure : elles empiètent plus ou moins latéralement; pourtant, au voisinage des racines nerveuses, les adhérences manquent presque complètement, de sorte que le racines
postérieures, au moins à l’œil nu, ne paraissent pas comprimées ou atrophiées.
En résumé, on trouve, chez cette femme, les lésions les plus manifestes d’une méningite spinale chronique adhésive, portant presque exclusivement sur la partie postêneùre des enveloppes de la moelle, II est probable qu’il existe de la myélite, mais a priori, on peut presque affirmer que la substance grise centrale est peu altérée, d’où la conservation de la sensibilité, et l’absence d’atrophie (sauf dés muscles de la gouttière vertébrale). '
Les rmiscles sont examinés comparativement au microscope. Les fibres du grand droit de l’abdomen sont parfaitement normales. Celles des muscles spinaux au contraire, sans être atrophiées notablement, sont dèvenues granuleuses pour la plupart, et leur striation longitudinale apparaît d’une façon très oîjscurfe; i)u reste, pas de prolifération évidente des noyaux du sarcolemme.
Poumons. — Adhérences pleurales anciennes, surtout à gauche : pas de tubercules. Congestion et splénisation considérables du poumon surtout vers la base, bronches remplies d’écume, sahs mucosité. De plus, te parenchymé pulmonaire n’est nullement friable comme dans les congestions inflammatoirès . Le poumon ressemble absolument, par ses lésions, à un poumon des animaux auxquels on a coupé le pneumogastrique: ‘ - - ■ ••r' ;
Cœur petit; un peu graisseux et flasque . Cœur droit rempli de caillots moulés sur les valvules sigmoïdes. Dans le coeur gauche, épaississement et induration de la valvule mitrale sans insuffisance. '
Foie. Pas d’altération.
Reins. Congèstionnés et ' volumineux. Les pyràmidés de Malpighi sont d’un rouge lié de rin ; les glémêrulés se ; détachent à l’œil nu. La capsule du rein sè décbrtique difficilement, et' l’ob enlève Une partie de la couche corticale du parenchyme rénal. Il n’est donc pas douteux "qU’il n’y ait certaines lésions. Toutefois l’examen histologique à l’état frais né montré pas de stéàtôse ni d’altérations épithéliales bièh évidentes. • ^
An point de vüé étiologique, renseignements fort insuffisants. La malade ndéfiait une éonduite irrégulière, et avait rhàbitude de boire de l’eau-de-vie et du vin. Elle avait été scrbfuleüsè dans son enfance ét portait âù coii dés cicatrîcës. - , , -
Elle ne paraîtpas avoir eu la syphilis. 11 y a quatre ans, elle avait eu déjà une affection singulière qui semble avoir été une néphrite, pendant lâquellè elle avait eu de l’anasarque.
En somme, ralcoolisme est ce qu’il y a dè plus net dans ces renseignements étiologiques.
Observation LIX.
Tétanos a frigore. Anurie. Mort, Ramollissement de la moelle dorsale.
(Observation due à l’obligeance de notre ami et collègue Leduc.)
V,., (Constance), blanchisseuse, âgée de 38 aiis, entre le 22 avril 1880 dans le service de M. le D' Guyot, hôpital Beaujon, salle Sainte-Claire, no 33.
Comme antécédents, péritonite il y a 5 ou 6 ans à la suite de couche^. Guérison complète.
Le mardi 15 avril, en faisant sécher du linge, cette femrne fut mouillée et resta ainsi jusqu’au soir ; elie eut â ce moment un frisson qui dura une heure •, le lendemain, quoique fatiguée et naal en train, elle continua à travailler.
Le 15, c’est-à-diredeux jours après le refroidissement, elle commence à s’apercevoir qu’elle a de la difficulté à ouvrir la ,bouche (trismus) ; elle continue néanmoins de travailler et est de nouyeau mouillée jusqu’aux os par une pluie d’orage i elle n« change pas de vêtements jusqu’au soir. - .
Le 16, pendant son travail, frissons à plusieurs reprises.
Le 17 elle s’alite. Nouveau frisson dans la journée ; augmentation du trismus. La malade commence à T'^sentir de la raideur dans Je cou, et sa tête, .dit-alle, tend à se pencher eu arrière,
Le20, débutdeTopisthotonos. .
Elie ;reste couchée jusqu’à son entrâe à rhôpitah ayant de la fièvre, une soif ardente^ des sueiirs profuses.. Les symptômes tétaniques augmentent de jour emjour, et anvahissant, peu à peu bras et jambes, mais sans paroxysmeseonyulsifs.
22 avril au soir. Nous trouvons .la ma^de dans l’état suivant : opisthotonos assez marqué:; ventre plat par contracture des.muscles abdominaux ; contracture en extension des quatre membres. Les moindres mouvements imprimésù M malade, sont doul oureux et aont la cause de secousses convulsives toniques, qui tendent à exagérer l’extension de toutes les parties contracturios,.
Rire sardonique peu marqué. Léger degré detrismus î ilaurait beaucoup diminué d’après lamalade. Les.dentapeuvent être écartées de 1 à
2 centimètres.
Pas de dyspnée ni de dysphagie..
Rien au cœur ni aux poumons.
Pas de selles depuis trois jours. Sueurs profuses.
R. 34, P.116. T. ax. 39“.
Chloral, 8 gr.
23 avril. Temp.mat. 38°, 4. Soir 37°,8.
Même état; la malade ne souffre pas quand on ne latioage pas; mais, aussitôt qu’on la remue, elle se plaint dé douleurs qui sont accornpagnées'de secousses convulsives toniques.
Sueurs profuses. —"Peu d'urines.
3 lavements avec 4 gr. de cMbral chaque.
24 avril. — L’opisthotonos est un peu moins marqué, ainsi que le trismus.
Temp, mat.‘éts.,'38°.
2 lavements avec 6 gr. de cMôral.
La malade n’a pas uriné depuis dix-huit heures; le cathétérisme donné 2ti0 à 250 grànimés d’urine.
2i5 avril. La'malade est assbupîé, ne sbuffre pas quand bn la laisse |,mmobile. Pas de secousses convalsivès depuis quarante-huit heures. Encoré ün pëu dé cbùtthcture des ihénd bres supérieurs, surtout du droit. Pas de miction ; urine obtenue par le cathétérisme, un verre. T. M. 37,8.
Pas de selles. Trois lavements avec 5 grammes de chloral chaque. Le 26. N’a eu que 10 grammes de chloral hier dans la journée. Opistothonos et contracture des membres plus marqués qu’hier^
La malade n’a pas uriné depuis hier, et le cathétérisme ne donne que 60 à 80 grammes d’urine.
Pas de selles depuis son entrée. Lavement purgatif et de chloral 15 grammes. T. M. 38,2. S. 38,4.
Le 27. Opisthotonos et trismus très accentués. Face rouge vultueuse. Le poids des couvertures fait souffrir la malade.
Respiration fréquente. Secousses convulsives à 10 h. 1/2 et 4 h. 1/2.
T. 38°. Urine, 60 à 80 grammes. Mort le 28, à 1 heure du matin. Autopsie lé 29 avril, à 10 heures du matin.
Organes thoraciques. Adhérences pleurales assez résistantes à droite et entre les lobes de ce côté ; à gauche, très peu d’adhérences.
Congestion assez intense des deux lobes inférieurs; écoulement de sang presque pur par la surface de section.
Cœur. Un peu d’induration de la valvule mitrale.
Foie. Ilots de dégénérescence graisseuse disséminés ; stéatose intralobulaire; adhérences peu résistantes de la face convexe au diaphragme par des fausses membranes vasculaires.
Rate. Rien à noter.
Reins. Un peu volumineux: congestion intense de la substance médullaire moins marquée de la substance corticale, à la surface de la-
quelle cependant les étoiles deVerheyen sont beaucoup plus marquées que de coutume : commencement de dégénérescence granulo-graisseuse par places.
Pas d’athérome des artères.
Utérus un peu gros ; adhérence des trompes à la face postérieure par des fausses membranes lâches et minces. Petits kystes ovariques.
Encéphale. La substance blanche des hémisphères est un peu ramollie dans son ensemble. La consistance est moindre que celle de la pâte de guimauve.
Moelle. Sut une longueur de 15 centimètres environ, ramolissement de la substance nerveuse qui est réduite en une,bouillie laiteuse. Aux limites de ce ramolissement, la substance médullaire a une consistance un peu moindre que normalement.
Examen ftistoZogrigue. Pratiqué à l’état frais, il démontre l’existence d’un très petit nombre de corps granuleux de Glüge et d’une quantité considérable de graisse libre.
A la surface de la pie-mèrej vaisseaux plus accusés, que de coutume.