‹ Étude sur l'anurieChapitre 3 sur 14 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Grâce aux progrès réalisés par les sciences-qui lui prêtent leur appui, la clinique possède des données précises sur les altérations qualitatives et quantitatives'desurinesdans les maladies. Ces modifications, d’autant plus profondes que les fonctions des reins sont plus directement intéressées, soit par une lésion matérielle de ces organes, soit par un trouble de leur circulation et de leur innervation, peuvent aller jusqu’à l’anurie complète, c’est-à-dire la suppression de la sécrétion urinaire. C’est ce symptôme avec ses causes et ses conséquences que nous nous proposons d’étudier, b Le sujet est vaste et nous n’avons pas la prétention de l'avoir épuisé. Les conditions pathogéniques de l’anurie tout autant que la physiologie pathologique des accidents qu’elle détermine,- comprennent une série de problèmes dont la solution demande encore de nombreuses recherches.

Notre but est de rapprocher les faits connus, d’y ajouter le tribut de nos propres observations et d’esquisser ainsi une description générale de la suppression d’urine.

Nous avons donc à envisager les conditions variées dans lesquelles peut survenir ce symptôme, à l’étudier tour à tour comme phénomène passager - accessoire, et, comme phénomène persistant, capital devenant par lui-même l’origine d’accidents graves et souvent de la mort par urémie. Cette forme d’urémie est d’autant plus intéressante à connaître qu’elle est la conséquence vraie et pure de la rétention dans le sang des produits extractifs normalement éliminés par les urines, et qu’il n’y a pas lieu de tenircompte des éléments complexes qui concourent à produire les accidents urémiques dans le mal de Bright, diminution progressive de la dépuration urinaire, appauvrissement de l’organisme par des pertes incessantes d^albumine, hydropisies, lésions viscérales multiples, etc.

Après le symptôme et ses conséquences, nous étudierons le mécanisme qui le détermine, en recherchant dans les notions de physiologie et d’anatomie normales l’explication de certains faits obscurs, et nous aurons ainsi à faire intervenir les trois facteurs de toute sécrétion et du rein en particulier: Vépithélium, élément spécifique et noble qui fait choix, des produits dont l’élimination est nécessaire, épithélium en contact immédiat avec un système vasculaire qui lui fournit à la fois les éléméntsde sa nutrition et ceux de sa sécrétion, enfin ïe système nerveux, influence directrice présidant à la fois au fonctionnement de l’épithélium et à son irrigation. Pour se faire normalement, la sécrétion urinaire suppose l’intégrité de ces trois facteurs ; la suppression ou l’altération de l’un d’eux, peut déterminer l’arrêt complet de cette sécrétion. Il importe aussi que les con-

duits excrétêUTS soient libres, que le cours des urines, avant leur arrivée dans le réservoir vésical, ne soit troublé par aucun obstacle ; l’occlusion des uretères est en effet l’une des principales causes de l’anurie.

Tel est le but de ce travail ou du moins de cet essai dans lequel nous n’avons d’autre prétention que celle d’appeler l’attention, chemin faisant, sur des faitsoubliés ou négligés. La marche de l’anurie calculeuse, les phénomènes qui suivent le rétablissement du cours des urines, certaines conséquences de l’occlusion des uretères, enfin l’anurie dans les néphrites, sont de ce nombre.

Avant de commencer, nous adressons tous nos remercîments à notre ami M. François Franck, qui a bien voulu nous aider de ses conseils avec une rare bienveillance.

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